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Risposte possibili domande Lingua e linguistica francese – corso avanzato magistrale

2019/2020 di storia + morfologia + sintassi

Les serments de Strasbourg

Les Serments de Strasbourg (842), qui signent l’alliance militaire entre les empereurs

Charles le Chauve et Louis le Germanique contre leur frère aîné, Lothaire, constituent une

étape fondamentale pour que le français devienne langue nationale. Un échange de

langue les a suivis : les deux empereurs ont juré dans leur propre langue et dans celle de

l’autre. L’historien qui les a transcrits, Nithard, a utilisé une langue qui doit être comprise

par le peuple, pas le latin des littrés. D’après Balibar la conservation de ce texte n’est pas

due au hasard mais à sa fonction institutionnelle, pour la première fois, le roi ne parle plus

latin. Selon l’hypothèse classique, de linguistes tels que Ferdinand Brunot (dont le point de

vue pourrait être biaisé par l’ère républicaine dans laquelle il vit, 1860-1938), Louis le

Germanique se serait exprimé en roman (et Charles en langue tudesque) pour se faire

comprendre de l’armée du frère. Il aurait pu le faire en latin. On est dans un monde

hiérarchisé, où l’aristocratie n’a pas besoin de se faire comprendre du peuple, ce n’est pas

une démocratie. Il suffit que le roi parle le latin et que quelqu’un traduise en roman. Il y a

une volonté d’affirmation, pas vraiment pour parler au peuple, plutôt pour parler aux

autres rois. Ce texte inaugure une forme de pouvoir royal.

La question de la « perception » des Serments est un faux problème. La proclamation en

latin aurait été relayée, de toute façon, par des redites du bas clergé. Le but est un autre.

Selon Balibar, Nithard, en tant qu’historien, n’a pas traduit ce texte pour en garder

innovation juridique et politique. A ce propos, le linguiste J. Chaurand affirme que c’est un

échantillon de langage juridique de l’époque carolingienne dont les linguiste négligent

l’essentiel : la création délibérée dans le domaine du Droit. Les serments marquent une

distance avec le latin, la langue dans laquelle on écrivait ce genre de texte à l’époque. Le

roi est en train de s’exprimer dans une langue plus proche du peuple, qui sentait « le rustre

», mais qui n’était ni latin ni germanique. Alors, le vrai but, innovatif, est de constituer

deux peuples et deux langues (romane et tudesque) symétriques par rapport au latin. On

invente l’idée de langue nationale, romane, langue des couches non élevées jusqu’à ce

moment, sous l’égide du latin ; cela est le fruit d’une alliance royale/cléricale. Le souverain

d’Allemagne a été co-fondateur du français national sur initiative de clercs internationaux

(perspective discutable, vu le nationalisme allemand). Le latin ne peut plus être langue des

Français, c’est la langue internationale. Balibar reprend Jacques Le Goff disant qu’il n’a pas

compris le poids symbolique des Serments mais il a décrit exactement la situation dans

laquelle il faut les inscrire. Les réformes carolingiennes, de l’écriture notamment, ont

produit un « bilinguisme culturel » : les élites dirigeantes ont voulu laisser le bas clergé,

ignorant et réaffirmer la distance entre elles et la masse. Ceux qui avaient accès à la

culture DEVAIENT parler latin, alors que le bas clergé devait traduire ses sermons en

« rustica romana lingua », à laquelle on fait référence dans le cadre du concile de Tours

(813). Ce sont ces élites qui ont l’intuition que le « roman » pourrait exprimer la localité

alors que le latin exprimerait l’universalité. Cette domination linguistique des savants au

détriment du bas clergé fait que la division de la société se reflète à l’intérieur de l’église

même et que le bas clergé participe au statut oral du bas peuple. 1

Le linguiste Pierre Achard et l’historien Klaus Wenger ont des points de vue différents.

Achard critique la vision de Balibar, il y remarque un certain anachronisme : les vassaux

des armées préfigurent le peuple au sens de la Révolution. En plus, la langue romane des

Serments est un peu trop présupposée être déjà le français unitaire, alors que la situation

linguistique était hétéroclite. Nithard a probablement dû les rédiger parce que ceux qui les

prononcèrent ne parlaient pas la langue dans laquelle ils allaient s'exprimer. Donc, une

« coquetterie d'auteur » peut avoir eu l’effet de donner à un serment oral une valeur

symbolique liée à l'écrit, excessive.

Wenger soutient plutôt la thèse du hasard, pragmatique/communicative. Il y avait un

problème de clivage linguistique qui séparait deux parties. Ce problème s’est confirmé

quelques années plus tard comme séparation nationale en 870, avec le traité de Mersen

(partage du royaume de Lothaire II).

L’élémentation

Comme l’affirme Jacques Guilhaumou, la Révolution a rendu possible la nationalisation du

français, le transfert de l'exercice de la langue légitime, détenu sous l'Ancien Régime par

les privilégiés, à la collectivité nationale. On n’a pas créé une langue nationale (il ne faut

pas surestimer la Révolution du point de vue linguistique, comme le souligne Balibar). Ce

processus de nationalisation ne procède pas simplement d'une amplification de

l'alphabétisation déjà avancée sous l'Ancien Régime mais il dépend d'une politique de

grammatisation pour tous les citoyens et se définit plus précisément à partir des

expressions : démocratisation et élémentation.

Les révolutionnaires font des progrès dans la grammatisation, qui se réfère au fait d’avoir

une même grammaire normative, une chose est le fait d’apprendre à lire et à écrire

(alphabétisation, apprentissage destiné aux pauvres, rudiments), autre chose est le fait

d’apprendre à tous (démocratisation), sans distinction, à parler le français tel qu’on le

parle à Paris, tel que les révolutionnaires disent qu’il faut le parler.

On arrive finalement à l’élémentation. La loi scolaire du 21 octobre 1793 établit que « Tous

les enfants de la République doivent apprendre à écrire ». Alors, on se questionne sur

comment arriver aux individus. Ce sont des questions de pédagogie et de didactique :

nécessité d’apprendre à lire et à écrire, il y a eu vingt-cinq projets de réforme scolaire et un

concours pour la création de livres élémentaires le 4 juin 1794. Le but est l’élémentation,

donner à tous les bases (par exemple, concernant la façon d’interpréter et découper une

phrase), voire partager des éléments de connaissance linguistique à l’usage de tous suivant

le modèle de l’Encyclopédie qui avait dégagé des éléments de culture scientifique.

Cependant, l’Encyclopédie s’adressait à des lettrés : comment atteindre les individus, par

exemple, des campagnes ? Les révolutionnaires sont des démocrates en théorie. Toutefois,

selon la thèse de Balibar, quand ils arrivent au concret, ils ne font que répéter ce qui avait

déjà été fait auparavant et violent leurs principes. Par exemple, Barruel, concernant

l’éducation, affirme qu’il faut avoir un plan fixe, uniforme, pour tous les départements. Il

dit qu’ « On commencera par le code des mères et l’ABC». Contradictoirement, on met en

place un système éducatif qui est fort semblable à celui qui existe déjà : le modèle des

petites écoles des villages dans lesquelles les campagnards apprennent à lire et à écrire, 2

donc il s’agit d’une formation rudimentaire, et des grandes écoles pour les riches qui

peuvent y accéder.

La Révolution favorise la pratique écrite de la langue à travers l’école. L’écrit acquiert une

nouvelle dimension institutionnelle (dimension verticale). Donc, le fait que la révolution

puisse faire participer les citoyens au pouvoir de l'écriture, qui acquiert une dimension

institutionnelle (tout le monde doit apprendre à lire et à écrire), confère une structure

démocratique à la langue française.

Citation de Guilhaumou,

« Au terme d'une réflexion approfondie issue d'une solide possession du colinguisme latino-

franco-anglais, ces députés ont pu donner un sens nouveau aux termes qui ont désigné la

première des institutions représentatives, l'Assemblée nationale. Si les emprunts à l'anglais

(par exemple, « Chambre des Communes ») ont joué leur rôle, l'efficacité du pouvoir de

légitimation linguistique des députés est symbolisée en premier lieu par la création du nom

propre de l'institution, l'Assemblée nationale. Avec l'association des mots Assemblée et

nationale, nous assistons à une transformation, dans l'événement, du rapport des mots

français aux mots latins et anglais au sein même du colinguisme »

Guilhaumou parle de « colinguisme latino-franco-anglais » parce que ces trois langues

coexistaient et étaient reconnues officiellement : le latin continuait d’exister au sein des

institutions, mais avec le français, qui s’imposait progressivement, et l’anglais qui était la

langue de la culture. Pour arriver à la notion d’« Assemblée Nationale », l’élite bourgeoise,

qui la composait, avait pensé de l’appeler la Chambre des Députés et des Communs. Il faut

tenir à l’esprit que le XVIII siècle est le moment où l’influence des institutions politiques

anglaises a été plus marquante, on aspirait au modèle anglais : les révolutions de 1649 et

de 1688 ont mis fin à la monarchie absolue anglaise et établi un régime parlementaire, où 3

une série de lois garantissaient la liberté individuelle. Pour cela, en français il y avait une

certaine progression des anglicismes. Par exemple, le mot « parlement » existait en ancien

français mais il signifiait « dialogue », il est passé en anglais et puis il est retourné en

français avec une signification différente, ou encore le mot « budget », qui est passé de

« petit sac ou l’on mettait l’argent pour le voyage », « bougette » en Ancien Français, à

« argent pour la gestion de l’état » après avoir été adopté par les Anglais. Les attitudes

face aux anglicismes étaient différentes, certaines étaient favorables, comme on peut lire

sur un journal de 1778 : « Il faut nécessairement adopter ces expressions pour éviter les

circonlocutions et les périphrases ». D’autres s’opposent à cette mode, par exemple le petit

pamphlet antirévolutionnaire qui s’appelle De l’abus de la liberté, d’un auteur anonyme

antirévolutionnaire, écrit en 1789 : « Quant à la législation, on veut absolument que nous

soyons anglais ; des mots nouveaux sont dans toutes les bouches. On s’organise, on fait

des motions, on rédige des adresses, et sur tous les sujets. ». Mais même les partisans des

idées nouvelles manifestent, dès le début de la Révolution, un certain agacement à l’égard

des anglicismes, dont les mots constitutionnels forment une masse considérable.

En dépit de la présence linguistique anglaise et latine, dont l’importance est reconnue par

Guilhaumou, le nom même « Assemblée Nationale » montre une évolution du rapport des

mots de la langue française avec ceux de l’anglais et du latin même à l’intérieur du

colinguisme.

La méthode Peigné

Au début du XIX siècle on est en train de passer du colinguisme au monolinguisme. Les

méthodes dans l’apprentissage de la lecture changent et on voit les vraies premières 4

méthodes des Français pour enseigner le français sans une relation avec le modèle latin

précédent, qui était souvent appliqué au français : il s’agissait de reconnaître les lettres et

d’apprendre à prononcer les mots après. Maintenant, il y a une nouvelle méthode,

syllabique, la méthode Peigné (qui publie plusieurs ouvrages pédagogiques à partir de

1835) selon laquelle on peut s’appuyer sur des prénotions et non faire comme si l’enfant

état un étranger, Peigné prend pour point de départ le connu, ce que les enfants qui

parlent une langue savent déjà, il n’est pas vraiment nécessaire de passer des sons à la

graphie, parce qu’ils vont globalement connaître la forme du mot. Le but est d’accélérer la

lecture, syllabique, précisément, de la lier à l’écriture et d’éviter que l’enfant se décourage

dans le procédé qui lui permet d’arriver à la rédaction. On passe des syllabes aux mots

simple puis ensuite on revient aux diphtongues et aux articulations composées.

En France il y a deux méthodes pour apprendre à lire : la méthode globale et la méthode

syllabique, qui prévoit des manuels avec des syllabes, on demande aux enfants de les lire

et de les écrire. Les enfants n’ont pas la notion de son, ils ont celle de syllabe. Peigné avait

compris que la syllabe précède le phonème. On apprend un groupe de sons et à séparer les

lettres après.

Des études au niveau neurologique ont prouvé que la méthode syllabique est la plus

efficace, l’approche syllabique s’avère une étape nécessaire, donc l’intuition de Peigné est

tout à fait correcte.

Anne-Marie Chartier motive le succès de Peigné, parmi les raisons : Peigné donne un

protocole de comment appliquer sa méthode, diviser les élèves (debout devant le tableau)

en groupes et :

1. faire lire un mot avec un léger repos entre les syllabes ; 2. faire lire un mot à chaque

élève sans aucun repos entre les syllabes ; 3. faire décomposer un mot (café par exemple,

ca fé). Ces trois procédés d’interrogations sont brefs, rapides, chaque élève est mobilisé à

tour pour lire une nouvelle lettre ou corriger son voisin, sans interrompre son exercice.

Celui qui ne fait plus de fautes monte dans la classe suivante, il devra lire le nouveau

tableau sans fautes. C’est une méthode que tout le monde peut utiliser, même s’il n’a pas

fait des études de pédagogie, ce sont des outils très simples à apprendre et à enseigner.

La méthode globale, assez discutée, est encore plus poussée que la méthode syllabique, il

s’agit d’analyser le mot tout entier. Il faut apprendre aux enfants à partir du mot, par

exemple table, à le « dessiner » en tant que suite de lettres. Le mot globalement saisi

évoque une situation dans l’imagination. Cela se passe pour tous les mots, qui ne sont pas

séparés de la phrase, il y a la globalité. Une fois qu’on a appris le mot « table »,

l’enseignant revient sur le mot et montre qu’il est composé par un t, un a, un b, un l, un e. 5

La Rive Est Fleurie

« La rive est fleurie » : c’est la première phrase d’exercices de grammaire française

composés par deux grammairiens qui en ont tiré le double pseudonyme : Larive et Fleury,

en 1871. Si Lhomond, auteur des « Eléments » ; grammaire française pensée pour décrire

le français de manière autonome pour arriver ensuite à la connaissance du latin, était

encore tributaire de la grammaire latine et de sa terminologie, Larive et Fleury innovent

complètement et se tournent vers un public de non futurs latinistes. Cette grammaire

n’admet aucune violation de la syntaxe française et connaît un seul type d’exercice, avec

peu de variantes, dit « à trous », qui prévoit de remplacer des points de suspension par des

mots convenables, pour inculquer l’ordre normal des mots et l’orthographe en français (ce

qui pose plus de difficultés aux &e

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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/04 Lingua e traduzione - lingua francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher Cate2909 di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di lingua e linguistica francese - corso avanzato e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università degli Studi di Roma La Sapienza o del prof Floquet Oreste.
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