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PARTIE B

26/02/2020

10)

Est-ce que les verbes pronominaux existent (en tant que classe)? Il s’agit d’une question plus compliquée

de ce qu’on pourrait penser. Normalement, on identifie 4 cas :

1) Jean se défend bien (réfléchi)

C’est un verbe pronominal banalement parce qu’il y a un pronom réfléchi (se). L’objet du verbe est au

même temps le sujet. C’est un peu la définition de verbe réfléchi, qui est très proche de la réciprocité.

2) Ils s’embrassent (réciproque)

Alors que dans le réfléchi c’est la même personne qui est à la fois sujet et objet, dans le réciproque deux

personnes différentes sont objet et sujet, il y a une sorte de complémentarité.

3) Le blé se vend cher cette année (moyen/passif)

Il y a un pronom réfléchi, la forme est pronominale, mais il n’y a pas de réflexion, ce n’est pas le blé qui

vend lui-même. La forme sémantique va vers le passif (pas complètement, c’est un peu comme Le blé est

vendu). Il y a quelqu’un qui vend le blé. Même forme pronominale, même construction.

4) Ils s’assoient (lexical)

Ni réfléchi ni passif. C’est un peu comme s’en aller. Il s’agit de lexicalisation : on l’utilise comme ça mais

l’élément pronominal n’a plus de sens précis. On a du mal à assigner un sens précis au pronom.

Les enjeux

1) est-ce que la voix (active ou passive) pronominale est une voix autonome ? Est-ce que quand on

décrit le système verbal français il faut dire qu’il y a des constructions actives, passives et

pronominales ou bien est-ce qu’on peut simplement dire que la forme pronominale est un cas

particulier du verbe ? C'est-à-dire que le verbe défendre, par exemple, a de différentes utilisations.

Exemples :

- Actif : Jean lave le divan.

- Passif : Jean est lavé par Paul.

En français il y a des règles de construction du passif à partir de l’actif. Le verbe, qui garde le même sens,

est simplement vu d’un autre point de vue. Ex : Les mains sont lavées par Jean.

- Pronominal/moyen (?) : Jean se lave. S’agit-il plutôt d’un emploi particulier du verbe ou d’un autre

verbe (avec un nouveau sens) ? Est-ce que c’est du passif ou bien c’est purement et simplement de

l’actif ? Petite différence : il y a un pronom qui précède le verbe.

Première interprétation : les verbes pronominaux ne sont que de verbes actifs qui se conjuguent avec

être. Jean s’est défendu < Il a défendu sa mère

En gros, on est en train de dire qu’en français il y a seulement deux types de construction : voix active et

passive. Du coup, les pronominaux font partie de la voix active et n’existent pas en tant que classe.

Le verbe est le même, il est employé de manière pronominale. « Le tour pronominal n’est qu’un schéma de

construction » (Lauwers 2007)

Problème : pourquoi alors certains pronominaux n’ont pas une contrepartie sans pronom (s’abstenir,

*abstenir n’existe pas, tout comme *asseoir) comme (se) défendre ? Fantaisie d’usage ? Il est difficile de

l’expliquer dans le cadre d’une théorie qui n’admet pas l’existence des pronominaux en tant que classe.

- Il n’y a pas de verbes pronominaux mais des constructions pronominales qui n’impliquent aucune

nature particulière. Si un verbe était pronominal par nature comment expliquer : je me lave/je lave

la voiture (accidentellement pronominal) <> il s’assoit (toujours pronominal). La pronominalité des

verbes est une qualité accidentelle, moins importante, secondaire et les verbes comme s’asseoir

sont classés comme bizarreries. Ça ne change pas la théorie.

- On retrouve cette interprétation déjà dans la première grammaire française écrite pour des

Français : la grammaire de Meigret du XVI siècle (Le tretté de la grammère françoise 1550). La 1

signification se doit dire active là où l’ayant réciproque l’action à soi. Je peux dire : J’aime ou bien Je

m’aime, le verbe reste aimer.

- Certaines grammairiens divisent les verbes réfléchis et réciproques. Bescherelle, définition : les

distinctions entre verbes réfléchis et réciproques sont inutiles, et appartiennent à une idéologie

fausse et oiseuse.

- Le problème d’interpréter des verbes qui sont toujours forcément pronominaux a amené des

linguistes à affiner les notions de diathèse (active, moyenne ou passive) et voix.

Diathèse : prend en considération le sens, c’est un changement de rapport entre celui qui agit et

qui entraîne un changement. Exemples de Lazare du latin : occidit (il meurt) occiditur (il est tué).

Modification morphologique et changement, l’action n’est pas vue par celui qui s’engage dans

l’action mais par celui qui subit l’action. Aspect sémantique, le type de scène qui se déroule.

Voix : c’est la modification du verbe, uniquement le verbe qui a une forme différente. Se repentir

peut avoir une voix pronominale, après il faut voir et distinguer si c’est un verbe qui indique

réciprocité ou réflexivité. Il faut distinguer forme et signification, la voix du contenu sémantique : je

rougis, c’est une forme active mais je subis presque l’action, je n’en suis pas conscient. Distinguer la

voix du contenu sémantique.

Donc, la diathèse passive est une autre construction et au même temps et elle entraîne avec soi un

changement de point de vue.

Si on accepte la définition de Lazard, le réfléchi n’est pas une diathèse. Au niveau du sens, il dit que

rien ne change (Jean se défend). De toute façon, les actants sont les mêmes, sauf qu’il y en a un qui

se superpose.

Deuxième interprétation : les pronominaux, qui se caractérisent par la présence de se et par l’auxiliaire

être, forment une classe à part.

Voix du verbe français : actif/moyen-pronominal/passif

Cela résulte assez clair dans le cas de s’assoir, mais il est plus difficile de le dire dans le cas de verbes

comme défendre est se défendre, où il faut démontrer qu’ils sont différents. Il faut tenir séparées les

choses. La présence de se est beaucoup plus saisissante qu’on pense.

Cette idée remonte à la Grammaire de Palsgrave (L’éclaircissement de langue française), première

grammaire du français, écrite en anglais : trois sortes de verbes : actifs, passifs et moyens (en latin, actifs,

passifs et dépendants → forme passive mais sens actif). Il a aperçu la parenté de ces formes avec les

déponents latin. La forme est passive mais la diathèse est active. Palsgrave reprend cette idée (verbes

moyens)

De Palsgrave on passe à Dangeau, à Benveniste et à Guillaume (idée des verbes dépendants).

Dangeau est le premier après Palsgrave qui consacre un chapitre aux pronominaux.

La présence des pronoms réfléchis crée des verbes pronominaux, qui peuvent être divisés en 4 classes : les

Identiques, les Reciproques, les Neutrisez et les Passivez.

Problème de la forme qui ressemble à la forme active et qui a maintenant un sens différent.

À l’intérieur de la deuxième explication, généralement on considère que les réfléchis sont les pronominaux

les moins marqués et que les réciproques sont dérivés.

Réciproques > Actifs (transitifs)

Neutres et passifs > Non actifs (intransitifs neutres )

Chose bizarre, les grammairiens anciens, grecs et latins, n’avaient pas toujours conscience d’un système

triparti, d’où la question : la diathèse est-elle un élément essentiel du verbe ou pas ?

Les Stoïciens parlent d’un neutrum (à côté des actifs et des passifs) où ils rangent les moyens ainsi que les

intransitifs.

Pour les Latins le verbe n’a pas de cas comme le nom il exprime le temps, la personne et le nombre et

certaines grammaires latines parlent du neutrum ou commune (à côté des actifs et des passifs) mais la

distinction fondamentale est celle entre actif et passif.

Donc, le tour pronominale dans cette deuxième interprétation est une troisième voix.

Troisième interprétation : ce n’est pas une voix mais une conjugaison. 2

Les verbes pronominaux ont leur conjugaison. (c’est un découpage assez arbitraire. Par exemple, selon des

grammairiens, on peut aussi parler de conjugaison négative. C’est plutôt une question de syntaxe. On a des

éléments négatifs qui vont modifier le sens du verbe mais la négation n’est pas une propriété du verbe ; la

phrase est active ou passive, affirmative ou négative, pas le verbe. Selon d’autres il y aurait une conjugaison

impersonnelle aussi).

On a des problèmes très difficiles à résoudre

Depuis Dangeau : modèle biparti/quadriparti : réfléchi et réciproque, neutre et passif ; où la différence

fondamentale est que le se perd son sémantisme.

Réfléchi et réciproque : le pronom a du sens

Neutre et passif : Le pronom perd son sémantisme. On a du mal à saisir le sens précis du pronom.

Le problème reste toujours : où est la différence entre neutre et passif ?

Il y a des constructions pronominales (réflexives et réciproques) plus productives, c’est pourquoi on les

considère les moins marquées, celles de base, elles entretiennent un rapport avec les verbes pronominaux.

Le modèle réflexif est productif : il suffit de prendre un verbe transitif et en gros on peut avoir un verbe

pronominal.

On a des structures pronominales plus fossilisées, qui, en quelque sorte sont moins productives, qui n’ont

pas un rapport avec les autres verbes et qui ont un statut lexical. Se repentir n’existe qu’à la forme

pronominale.

Si on classe les verbes à base sémantique, on a (type de scène que le verbe pronominal produit) donc :

Réfléchis

Réciproques (toujours réfléchi mais il y a une action à deux)

Passif

Pur/lexicaux

On est en train de classer les verbes pronominaux en partant du sens que ces formes représentent. Si je dis

que Jean se défend bien, il est réfléchi parce que le sens est réfléchi.

« La grammaire Larousse dérive les réciproques des réfléchis » (Lauwers).

Mais je peux faire référence à d’autres choses, pas forcément au contenu seulement. Exemple :

S’en aller (intransitif de mouvement), comment le traiter ?

S’agit-il d’une classe close ou d’une extension de l’emploi réfléchi ? On a du mal à l’interpréter de manière

purement sémantique.

S’imaginer : verbe réfléchi ou lexical ?

Je m’imagine aller en France. (J’imagine moi-même ou faire l’expérience ? C’est presque un passif)

L’interprétation sémantique du verbe s’imaginer n’est pas aussi facile. Est-ce que vraiment la présence de

ce pronom entraîne un changement de sens ? Pas évident.

S’étioler, s’imaginer : pronominaux non réfléchis.

Grevisse : verbes non réfléchis (on définit de manière négative comme -réfléchi). Quel est le sens ?

La grammaire traditionnelle les définit comme neutres (s’étioler, se repentir, etc.) et essaie aussi de

caractériser cette classe de manière positive. Le pronom ne fait qu’emphatiser le sujet, celle-ci serait la

seule implication sémantique.

Caractéristiques :

1 Ensemble indécomposable ;

2 Le pronom n’a plus de fonction ;

3 Le pronom ne fait que souligner l’implication du sujet (= exprime plus vivement l’activité du sujet) ;

4 Intransitivité (s’étioler).

Givón : tente de définir les comportements verbaux à partir de la sémantique, du contenu

Il appelle les verbes pronominaux : de-transitive voice, forme qui n’est plus transitive.

Sub-domains of the de-transitive voice 3

A. Primarily semantic

Reflexive, reciprocal, middle-voice, adjectival-resultative

Creissel parle de : réfléchi, réciproque et autres opérations de type moyen.

Givón

Prototype transitive event, la scène la plus simple à la base de laquelle se produisent d’autres scènes :

Agent (actant) > élément qui subit l’effet

patient > effect

Verb

Diathèse pronominale

Since there are strong functional and syntactic parallelisms between reflexive and reciprocal clauses, to the

point where in many languages they share their grammatical morphology, we will treat them under the

same roof.

Givón essaie de définir sémantiquement les passifs : the subject and object of the event or state, regardless

of their semantic roles (actifs et passifs), are co-referent. That is, the subject acts upon (correlates to) itself.

Creissel : une entité interagit avec elle-même.

Jean s’est défendu

Jean = défenseur

Jean = défendu

Jean a défendu Jean > coréférence

Dans certaines langues cette opération dans laquelle le patient devient l’agent (coréférence) est indiquée

par des pronoms qui sont consacrés justement à marquer la réflexivité :

She cuts her > transitive active (prototypique), deux acteurs

She cuts herself > réflexive

Un seul acteur

Givón: strongly diverges from the rigid semantic-role polarity of the transitive prototype

Givón remarque que cette classe, qu’on a fait dériver d’une structure transitive, souvent est engendrée

d’une structure intransitive (réflexive clauses need not be transitive)

Elles peuvent ne pas être transitifs.

She cut herself

She talks to herself (Elle se parle), du coup pas forcément transitive

Si on prend un verbe transitif, il n’est pas sur qu’il puisse devenir pronominal intransitif.

Atypical transitives : only verbs that can take the same semantic participant type as both subject and

object can be reflexivized.

? She cooked herself

? Elle s’est cuite

On ne peut les accepter que sous forme de métaphores ; on a du mal à les interpréter d’un point de vue

sémantique.

Donc, il n’est pas vrai que tous les verbes transitifs peuvent devenir pronominaux, c’est peu acceptable

comme dans l’exemple précédent.

3)

Réciprocité :

Creissels : deux entités interagissent de manière variable

Réciproque Les invités se sont salués (actifs et passifs au même temps) A fait l’action sur B et B sur A

Les phrases réciproques ne sont pas transitives

Réflexif (pour Creissels) : E1 et E2 interagissent de manière identique 4

Relations égalitaires entre individus ou entre groupes

They voted for each other Ils se sont votés

They cooked each other ? Ils se sont cuits

Du coup ce n’est pas une catégorie de verbes homogène. Il faut voir le type d’action mise en place.

4)

Une propriété commune

Givón : the co-reference constraints on reflexives and reciprocals makes it much more natural for reflexive

and reciprocal clauses – even with active verbs – to involve dative, benefaction or associative arguments.

When the subject-object is not human, the reflexive or reciprocal verb is often stative intransitive, with a

patient-subject as in: These two houses resemble each other (verbe d’état, statif).

Quand le sujet n’est pas humain, on a besoin d’un verbe statif.

Ce n’est pas vrai que tout est possible, qu’on peut réflexiviser tout verbe.

C’est une réflexion qui ne concerne pas le verbe mais la nature du sujet et de l’objet.

Donc, il y a une relation entre le type de verbe, le sujet, l’objet. La théorie doit tenir compte d’un certain

nombre d’éléments.

Il faut que ce soit un sujet animé pour que l’action puisse retourner sur le sujet même.

5)

Givón : the typical reflexive or reciprocal clause is semantically less transitive

Il est exagéré de dire qu’un verbe pronominal n’est qu’un verbe actif transformé. Il y a certes une

transitivité mais elle est inférieure par rapport à la transitivité classique (Paul mange un pomme). Du coup

c’est un autre type de transitivité.

Lower transitivity → la transitivité est faible. On a du mal à les considérer comme prototypiques. Doit-on

les ranger avec les structures actives et transitives ou bien faut-il créer une catégorie à part ? la notion de

lower tr

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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/04 Lingua e traduzione - lingua francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher Cate2909 di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Linguistica francese e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università degli Studi di Roma La Sapienza o del prof Floquet Oreste.
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