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Linguistique française

Histoire de la langue

L’institution du français comme langue de l’état, l’histoire de la langue à partir du moment où la langue française devient la langue de l’état. Instituer au sens de la langue qui rentre en rapport avec le pouvoir. Donc, langue de l’état = forme constitutive de la nation, langue qui a un rapport avec l’identité de la nation. Il ne faut pas confondre le français de l’état et la langue française. Qu’est-ce que l’état fait de la langue ? Quel est le rapport entre la langue française et l’état ? Ce n’est pas le même pour tous les états. Il y a un rapport entre la royauté et le français (orthographe, par exemple).

Concepts linguistiques

  • Bilinguisme: L’usage de deux langues différentes à un niveau individuel ; un locuteur les pratique couramment et les maîtrise au même niveau.
  • Colinguisme: L’usage de deux langues différentes à un niveau collectif saisi au moment où l’une des deux s’institutionnalise.
  • Diglossie: État dans lequel se trouvent deux variétés linguistiques coexistant sur un territoire donné et ayant, pour des motifs historiques et politiques, des statuts et des fonctions sociales distinctes, l'une étant représentée comme supérieure et l’autre inférieure au sein de la population. Les deux variétés peuvent être des dialectes d'une même langue ou bien appartenir à deux langues différentes.

En Afrique, il y a une communauté qui est forcément bilingue. Un Nigérien n’a droit de parler que le français devant le juge et à l’école par exemple, donc à l’intérieur d’une communauté il y a quand même un rapport de force entre groupes linguistiques et le français domine. Langue de l’état : français normatif, elle n’est pas aussi variée que le français que l’on utilise couramment. Par exemple : Je veux pas pour Je ne veux pas n’est pas français normatif.

Norme et langue

Norme = du point de vue étymologique, le terme norme vient du latin norma, issu lui-même du grec gnomon. Il signifie « équerre », instrument qui sert à tracer un angle droit ou une ligne droite. La norme acquiert aussi un double statut, celui d’instrument et celui de modèle. (Feuillard 2015).

La notion de norme n’est pas uniquement linguistique.

  • Norme industrielle (p.e. Construire un train)
  • Elle provient d’un organisme/institution
  • Elle sélectionne des éléments plutôt que d’autres
  • Elle est liée à une finalité particulière
  • L’on peut toujours estimer qu’une autre norme aurait été en mesure de produire les mêmes effets

On peut avoir des normes différentes mais avec le même but. Les normes varient selon les pays. Elles sont partiellement déterminées par les modifications des savoirs, des techniques, etc. Le français normatif c’est le français tel qu’il faudrait le parler, idéalement. Issu essentiellement du latin populaire, il a longtemps coexisté avec les dialectes d’oïl du Nord de la France et les dialectes d’oc du Sud. Ces derniers se développèrent jusqu’à l’avènement des Capétiens en l’absence d’un pouvoir central lié à la structure féodale du pays. Une structure/royaume commence à se consolider dont une des caractéristiques est la volonté de parler une seule langue qui s’affirme progressivement. À partir de François I il faut commencer à parler français. Le français officiel c’est le résultat d’un long processus de formation continu, ininterrompu, qui a impliqué le pouvoir politique, l’aristocratie, etc.

Étapes fondamentales pour que le français devienne langue nationale

  • Les Serments de Strasbourg 842
  • Naissance de l’imprimerie 1454
  • Ordonnance de Villers-Cotterêts 1539
  • Grammaires et dictionnaires (1694 celui de l’Académie), Académie 1635
  • Enseignement public (1881 Ferry, l’école publique)

La norme « officielle » se distingue donc fondamentalement des autres normes, lesquelles entrent uniquement dans le circuit linguistique. (Il y a d’autres normes codifiées mais elles n’ont pas le même statut que la norme officielle) Elle s’oppose à celles-ci notamment par son instauration volontaire, sa construction institutionnalisée et sa nature conventionnelle (Feuillard 2015).

Pourquoi une variété plutôt qu’une autre ?

Bruno Migliorini: « En France, l’unité politique a promu l’unité linguistique, alors qu’en Italie, l’unité linguistique a promu l’unité politique ». En France, les hommes politiques se sont intéressés de comment leurs citoyens devaient parler et écrire, par contre en Italie il y a d’abord une unité linguistique. Tullio de Mauro: « la langue fût le symbole de la nation et l’adhésion à ses normes fût une preuve de nationalité ».

Les Serments de Strasbourg (842)

En 842, les empereurs Charles le Chauve et Louis le Germanique s’allient contre Lothaire. Les Serments ont été suivis par un échange de langue : les deux empereurs ont juré dans leur propre langue et celle de l’autre empereur. Les serments ont été transcrits par l’historien Nithard dans un latin qui n’est pas celui des élites. Longtemps on a voulu voir dans les serments l’acte de naissance du français, mais cette vision est erronée car il n’y a pas de volonté de créer une nouvelle langue, c’est plutôt une division progressive entre le latin des élites et celle des incultes (ex. clergé de campagne). Il s’agit d’une nouvelle manifestation graphique, d’un nouveau système d’écriture pour une langue commune. La langue utilisée n’est pas celle que le peuple parlait à cette période, il s’agit plutôt d’une langue qui doit être comprise par le peuple. En plus, le latin va rester comme la langue écrite la plus utilisée.

La conservation de ce texte n’est pas due au hasard : il a été conservé à cause de sa fonction institutionnelle. On les a transcrits pour une « intuition » que ces serments seraient importants pour l’histoire de la France. Pour la première fois, le roi ne parle plus latin, la langue du peuple est le français et pas le latin. C’est Louis le Germanique (roi allemand), bizarrement, qui se serait exprimé en roman pour se faire comprendre (hypothèse classique). Il aurait pu le faire en latin. On est dans un monde très hiérarchisé, où l’aristocratie n’a pas besoin de se faire comprendre du peuple, il n’y a pas une démocratie.

Par exemple, le clergé de campagne parlait un peu de latin et le dialecte roman principalement. Il suffit que le roi parle le latin et que quelqu’un traduise en roman. Il y a une volonté d’affirmation, pas vraiment pour parler au peuple, plutôt pour parler aux autres rois.

En plus, ce texte inaugure une forme de pouvoir royal.

Pourquoi Nithard n’a pas traduit les Serments ?

  • Parce qu’il s’agissait d’une innovation juridique et politique et en tant qu’historien il veut maintenir cette nouveauté.
  • Les serments marquent une distance avec le latin, la langue dans laquelle on écrivait ce genre de texte à l’époque. La langue de l’élite et de la culture est le latin mais le roi est en train de s’exprimer dans la langue du peuple, pas celle de l’élite. Le lignage de Charlemagne parlait une langue germanique ; le latin était la langue des intellectuelles : langue de culture et des élites.
  • Les rois carolingiens n’avaient aucune obligation de se faire comprendre. Nous ne sommes pas à l’époque de la Révolution Française ! Pourquoi choisir un parler « rustre » ?
  • Le vrai but : constituer deux peuples et deux langues (romane et germanique) symétriques par rapport au latin.

Où est l’innovation ? Un peuple/une langue. C’est une espèce de reconfiguration du dessin de la société : les intellectuels parlent le latin et les couches les plus pauvres le roman. On invente l’idée de langue nationale sous l’égide du latin ; cela est le fruit d’une alliance royale/cléricale. Les deux frères se comportent comme deux seigneurs ! On sort de la symbolique de l’hommage. Il y a un dessin des groupes sociaux à travers des langues différentes.

Le souverain d’Allemagne a été co-fondateur du français national sur initiative de clercs internationaux ! Le latin ne peut plus être langue des Français, c’est la langue internationale.

Balibar reprend Jacques Le Goff. Les réformes carolingiennes n’ont fait que creuser un fossé culturel entre les élites ecclésiastiques et la masse. Elles ont produit un bilinguisme culturel. Ils ont voulu laisser le bas clergé ignorant, ils ont voulu réaffirmer la distance. Ceux qui avaient accès à la culture DEVAIENT parler latin. Ce sont ces élites qui ont l’intuition que le roman pourrait exprimer la localité (des États nationaux : français et germanique) alors que le latin expérimentait.

Critique à Balibar

Pierre Achard (1986, L'institution du français. Essai sur le colinguisme des carolingiens à la République) Balibar voit en cette guerre quelque chose qui appartient à un autre moment historique de la France : la révolution. On voit déjà une certaine unité de la langue alors que le français était encore hétéroclite. Selon Achard, Balibar leur donne une importance excessive (il s’agit d’un serment oral qui reçoit une valeur symbolique à l’écrit !).

Morphologie

Nouvelles approches de morphologie

Quel est l’objet de la morphologie ? Phonologie et phonétique étudient le son, pas la signification. La syntaxe étudie comment on construit les phrases. Mot : il est difficile de le définir.

Morphologie: partie de la grammaire qui étudie les problèmes relatifs à la formation des mots ainsi qu'aux variations de leurs désinences.

La morphologie s’intéresse à deux domaines :

  • La flexion: variation de la forme des unités lexicales en fonction de facteurs grammaticaux ; on distingue traditionnellement la déclinaison (nom, adjectif, pronom) et la conjugaison (verbe), par exemple il écrira, ils écriront.
  • La création: la construction de mots à partir d’autres mots, formation d'unités lexicales nouvelles à partir de matériel morphologique existant, par exemple Facebook, facebooker.

Qu’est-ce qu’un mot ?

Périer : tout ce qui communique une notion définie d’un objet. Le signe communique sa signification et donne naissance à un index (son interprétant). Le signe communique sa signification qui débouche sur une interprétation (de chaque interprétant). Substrat son, signifiant, accessible à la perception, à l’enregistrement, à la mesure. Abstrat sens, les deux constituent le signe, signifié, il y a un processus cognitif. Ça reste énigmatique même si l’on définit le concept de chien par exemple, il évoque quelque chose de différent selon l’expérience de chaque interprétant.

Si je dis chaise il y a des informations abstraites qui ne sont pas de informations sémantiques. Je sais que c’est un nom et pas un article. En plus, il y a des informations relatives à la manière dans laquelle les éléments se combinent et dans laquelle il faut les utiliser (par exemple, l’article avant les substantifs).

Mel’cuk la syntactique : la connexion (Saussure l’appelait comme ça), la combinaison des mots. On dit le pain, pas pain le. Pain est un nom et il lui faudra un article. Les combinaisons peuvent être internes et externes. Combinaison entre deux mots qui sont bien formés. Pierre a heurté, il manque une valence à la phrase (le verbe transitif doit être suivi par un COD). Il faut ajouter un COD : Pierre a heurté une chaise. Précédeur -eur ne se combine pas avec des verbes. Plutôt : Prédécesseur.

Connexion « interne » morphologie (prédécesseur et non *précédeur) ; connexion « externe », ordre des mots dans la phrase, syntaxe.

N’importe quel signe a :

  • Une forme sonore
  • Un sens (signification, plan sémantique)
  • Des règles de connexion, il ne se combine pas librement

Son – sens – connexion. La partie sonore et le sens fonctionnent de manière indépendante, ils fonctionnent de manière parallèle, par exemple, il n’y a pas de connexion entre le [ʃ] et le contenu de chaise.

Méthodologie

  • Notation des données linguistiques :
  • Les trois plans (son, sens, connexion) doivent figurer ensemble (complétude).
  • Les représentations du substrat ne disent rien de l’abstrait (parallélisme).

La partie sonore et le sens fonctionnent de manière indépendante, ils fonctionnent de manière parallèle, par exemple, il n’y a pas de connexion entre le [ʃ] et le contenu de chaise. Cela parce que le substrat et l’abstrat sont à la fois indépendants dans leur coprésence. Cela implique que certains types d’explication de type dérivatif sont exclus :

  • Je vois lui > * je vois le > je le vois. Lui et le c’est le même élément, il change selon la position. On apprend lui et à le manipuler selon sa position. Ce type d’explication est refusé par le modèle de Fradin. Selon lui on est en train de manipuler un substrat de manière trop arbitraire. On aurait créé une règle qui vaut uniquement pour le et lui. On pourrait plutôt dire qu’il y a le même sens mais deux formes différentes.
  • Je viens + /passé/ > je vins. Je vins est le présent qu’on a transformé en passé. On crée une règle pour laquelle on mélange un signe avec un abstrat (idée de passé) pour créer un autre signe.

Les changements du niveau substrat s’entendent, les changements au niveau abstrat ne sont pas toujours évidents :

  • Café = boisson
  • Café = lieu public
  • Le beurre laitier = adjectif
  • Le laitier = substantif
  • Sa peau rougit = inchoatif
  • Le soleil rougit sa peau = causatif

Même si ça peut créer des ambiguïtés, il y a toujours une manifestation phonétique/phonologique de matériel du sens, ça veut dire que l’article zéro n’existe pas. Ex. Paul mange une pomme : Paul est un nom qui n’a pas d’article selon cette théorie. Fradin critique le type d’explication qui prévoit la présence d’une consonne zéro ou d’un article zéro, car ça permet la prolifération de choses qui sont imaginées, psychologiques, qui n’ont pas une contrepartie, et pas concrètes.

Morphologie combinatoire

Élément de l’abstrat = élément du substrat

Eab—Esub

Morphologie constructionnelle

Il se peut que deux éléments de l’abstrat = un élément du substrat

EabEab—Esub

Items lexicaux majeurs, notamment les noms, par exemple le pain, l’article s’accorde au nom auquel il se réfère. Ils appartiennent à une seule catégorie (bien qu’il y ait des mots comme devoir verbe et nom). Il s’agit de classes ouvertes : on peut toujours créer des mots, par exemple les substantifs.

Items lexicaux mineurs, il s’agit de classes fermées : articles par exemple, on ne peut pas toujours créer des mots de ces catégories.

Catégories lexicales

Approches linguistiques

  • Approche générative de Chomsky (avec des chiffres et des symboles mathématiques). On ne peut pas les définir.
  • Approche prototypique de Fradin. On peut les définir.
  • Fonction pragmatique = acte de parole (la référence, la prédication et la modification).
  • Classes sémantiques.

Références: les entités, objets, par exemple chien, chaise, liberté.

Prédication: on dit quelque chose d’un nom, une action, un état, une sensation, par exemple faire, être, tomber amoureux.

Modification: restreindre l’extension ou la commenter, par exemple royal, blanc.

Classes sémantiques : objets – propriétés – actions. Une classe sémantique possède une valence (trait syntaxique concernant principalement les verbes mais aussi quelques noms et adjectifs).

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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/04 Lingua e traduzione - lingua francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher Cate2909 di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Linguistica francese e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università degli Studi di Roma La Sapienza o del prof Floquet Oreste.
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