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La communication multilangue: la traduction commerciale et internationale

La plupart des établissements de formation sont passés de la communication à la traduction multilingue. Science de la formation + communication = traduction. Mais la dimension multilingue n’était pas comprise dans le concept de traduction. Traduire c’est communiquer en plusieurs langues et être traducteur c’est faire office de multilingue communicateur. Ce changement reflète une évolution dans la théorie de la traduction et dans la pratique professionnelle.

L'évolution de la discipline

Avec l’automatisation de la discipline, la dimension linguistique est passée au second plan devant les préoccupations culturelles et communicationnelles. Le traducteur accède progressivement à de nouvelles fonctions et assume des responsabilités qui débordent largement le cadre de la traduction tout court. Il participe désormais à l’adaptation des campagnes publicitaires, il intervient au centre des entreprises pour préparer les communications en langue étrangère, il prend en charge la localisation des sites web en plusieurs langues. Celui-ci se trouve soumis à ses règles d’élaboration et à ses impératifs de fonctionnement. C’est pourquoi il n’est pas futile d’envisager une approche traductologique de la communication.

Le rôle du communicateur

Le communicateur est soumis au traducteur mais le traitement que subit le message est au centre de la communication multilingue est spécifique et mérite donc une étude traductologique et multidimensionnelle.

La communication dans la société

La communication a envahi tous les domaines de la vie quotidienne, tout le monde veut communiquer, des hommes politiques au citoyen anonyme. La communication s’affirme sur tous les supports écrites et audiovisuelles (presse, radio, télé, internet). Les situations de communication n’ont cessé de se diversifier. Grâce à internet le besoin de communiquer de façon rapide et efficace s’est emparé de tous et de toutes les interlocuteurs quel que soit leur langue. De ce point de vue, la traduction fait désormais partie intégrante de la société de l’information mondialisée. Elle est un moyen privilégié de son expression et de son expansion sur tous les continents.

En tant que mode de communication interpersonnelle et interculturelle, elle contribue à une meilleure connaissance réciproque des cultures du monde qu’elle rend accessibles par la même occasion. Notre monde se caractérise par un volume de communication et de traduction sans équivalents dans le passé et qui est en progression constante.

Intérêt de la traduction dans le contexte géopolitique

Dans un tel contexte géopolitique, la traduction revêt un intérêt particulier : l’importance de chaque acte de communication invite à la plus grande prudence quand il s’agit de diffuser à l’attention de locuteurs qui ne parlent pas la même langue. Avec le renouveau de la communication à l’ère électronique, la communication devient multimédia et interculturelle.

De la communication à la traduction multilingue

Repaire communicationnel pour le traducteur

La communication désigne aujourd’hui à la fois l’action de communiquer et le résultat de cette action (l’information communiquée). La communication a acquis (dans des décennies) une place prépondérante dans tous les niveaux et tous les secteurs d’activité. Son domaine d’application s’étend à tous les aspects de la vie sociale, économique et politique. Après avoir été locale, la communication est devenue internationale sous l’effet de plusieurs facteurs qui ont contribué à sa généralisation. Après la chute du mur de Berlin, les entreprises multinationales se sont lancées à la conquête des marchés de l’est et pour mieux vendre leurs produits, elles ont mis en avant l’idée d’une nécessaire adaptation au désir des consommateurs locaux. Certains ont opté pour une stratégie multinationale. D’autres ont opté pour une stratégie transnationale, c’est-à-dire que leur communication couvrait une grande zone géographique.

Certaines entreprises ont considéré la planète tout entière comme un marché potentiel, leur stratégie de communication a transcendé les frontières nationales et les frontières géopolitiques. Ces entreprises ont adopté une stratégie globale qui s’appelle aujourd’hui « le village planétaire », elles communiquent avec le consommateur sans distinction de pays ni de région. La communication globale est déployée en plusieurs langues mais elle est unifiée à niveau de contenu et souvent de moyen de diffusion (Coca-Cola...). La mansion de ces différentes stratégies vise à montrer que la notion de la communication multi-langue peut avoir plusieurs sens selon les entreprises et les produits qui doivent être commercialisés.

L’internationalisation de la communication a des conséquences sur les langues et sur le processus de traduction dans son ensemble. L’enracinement culturel contraint les entreprises à faire des choix mais l’origine nationale des produits peut être un atout pour l’international, ce sont des produits qui se prévalent de leur origine nationale pour leur vente à l’international. La mise en avant du « made in » est largement répandue mais ce type de stratégie communicationnelle dépend des effets des modèles qui touchent l’image d’un pays à l’extérieur de ses frontières et sa réputation de producteur de certains services ou biens de consommation.

C’est pourquoi les entreprises visent de plus en plus sur une communication de valeurs, ainsi chaque produit ou service est associé à un imaginaire et mobilise des valeurs particulières. Ces valeurs ajoutées au service ou au produit lui assurent la positivisation et l’adhésion tant recherchée par le marketing international. L’intérêt de la communication des valeurs réside dans le fait qu’elle permet de vendre un produit international sans toutefois nier l’identité culturelle du consommateur local. Dans cette perspective, la communication peut être envisagée soit comme une expression d’identité (consiste en un message de valorisation vaut tant le mérite du consommateur) soit comme une communication produite (consiste en un message d’information concernant des aspects objectifs et subjectifs du produit). Mais dans tous les cas, la communication est destinée, c’est-à-dire qu'elle vise un destinataire précis.

Aspects de la communication multilingue

L’expression communication multilingue est polysémique, elle désigne des aspects différents selon que l’on s’attache à l’un ou à l’autre terme de l’expression. Communiquer signifie rendre commun; la communication est le processus ou l’action d’établir une relation entre deux personnes ou deux groupes. La communication est la chose commune. Étymologiquement, communiquer signifie « rendre commun » aussi la communication désigne-t-elle le processus ou l’action d’établir une relation entre deux personnes ou deux groupes. La communication désigne le produit de cette action c’est-à-dire la chose communiquée comme par exemple une annonce, une nouvelle… la communication désigne aussi le moyen technique par lequel les personnes communiquent. Une transmission est une communication.

La dimension multilingue de la communication peut désigner une communication conçue en plusieurs langues dans ce cas la communication est multilangue. Une communication conçue en une seule langue mais diffusée en plusieurs langues. Dans ce cas la communication est unilingue mais sa diffusion multilingue. Enfin elle peut désigner une communication issue dans un contexte multiculturel. Dans ce cas, la communication est multilingue du fait du contexte multilingue. Pour analyser ces différents types de communication, il existe plusieurs approches théoriques.

Approches théoriques de la communication multilingue

  • Approche behavioriste: La communication est conçue comme un contenu, un contenu à lire ou à écouter et la relation entre réception est considérée comme immédiate. La problématique centrale de cette étude concerne l’impact des médias sur les récepteurs (un lecteur, le spectateur qui reçoit un message). Ces récepteurs sont considérés faibles face à la puissance des médias. L’étude de la communication se fait ici par l’intermédiaire du questionner.
  • Approche fonctionnaliste: La communication est ici envisagée comme une composante des modes de vie, son contenu est analysé du point de vue de la persuasion comme une action de partage. L’approche fonctionnaliste recourt à des sondages qui permettent de dégager des visions du monde dominantes en fonction de certains paramètres. Ainsi, l’analyse des médias tend vers une étude des styles de vie par le biais de concept d’équivalent fonctionnel. L’existence d’équivalent fonctionnel montre que la société s’organise de façon à satisfaire le besoin de communication de l’individu.
  • Approche critique: Inspire des travaux de traduction des philosophes comme Adorno et Marcus. Son objectif d’étude spécialisé est l’industrie culturelle c’est-à-dire l’information et la culture en tant que produits commerciaux industrialisés. La problématique centrale des études porte sur le rôle idéologique de cette industrie qui assure le maintien du système.
  • Approche cybernétique: Dans le cadre de cette approche la dimension technique est prédominante. L’information est conçue comme un ensemble de données transmises d’un point à un autre. Par exemple la source d’information et la destination remplacent le locuteur et l’interlocuteur donc il y a une importance du canal (radio…). L’analyse est focalisée sur la manière dont le système tend vers l’équilibre grâce à ce partage d’informations. Les idées cybernétiques ont connu un grand développement grâce à l’essor de l’intelligence artificielle et -avec l’essor de la simulation de la pensée.
  • Approche poststructuraliste: Dans cette approche les études se focalisent sur les objets qui créent du sens que ce soit sur le point de la langue ou de la culture. Le questionnement concerne le sens. L’objectif est de déceler les spécificités de la communication. Le défaut de cette approche est qu’elle s’intéresse peu aux conditions de production et de circulation des idées.
  • Approche culturaliste: L’approche culturaliste affirme qu’il est impossible d’aborder la communication sans parler des rapports de pouvoir et des stratégies de changement social. Dans cette optique les médias jouent un rôle central au centre des sociétés industrielles.
  • Approche constructiviste: Elle s’intéresse à la réception des médias. Elle pose la question de la place et du rôle des productions médiatiques dans l’ensemble des pratiques culturelles. L’étude de ces pratiques passe par une analyse des contenus médiatiques puis par l’emploi des méthodes qualitatives. Elle tend à ignorer l’importance des stratégies mises en œuvre par les entreprises multinationales et les enjeux politiques dans la production des informations et de communication.
  • Approche cognitive: La communication est envisagée comme un objet de connaissance et non pas comme un processus de transmission d’informations. Elle a deux fonctions principales: 1) Fonction de représentation qui consiste à décrire une partie de la réalité extérieure 2) Fonction d’expression qui consiste à transmettre une perception subjective à partir de la réalité. Dans cette approche, la traduction peut être qualifiée de communication multilingue lorsqu’elle affiche une certaine représentation du monde et une expression particulière de la réalité lors du passage d’une langue à l’autre.

La traduction comme communication multilingue

La traduction apparaît comme une communication multilingue reposant sur l’identification d’un destinataire et porteuse d’une médiation à valeur sociale. En tant que communication multilingue, elle se déroule selon un processus en trois étapes:

  • Identification du destinataire: opération qui consiste à définir une stratégie de communication visant un profil potentiel (la cible). Ce profil peut être un individu spécifique, un groupe social, politique ou culturel;
  • Définition d’un langage spécifique: l’opération de reformulation consiste à élaborer un système de représentation opératoire pour le destinataire visé. Il s’agit de définir non seulement une compétence sémiotique mais aussi une compétence culturelle pour former une communication efficiente dans la langue cible. Traduire c’est donc employer le langage approprié à une situation de communication donnée;
  • Établissement d’une relation: fondée sur les connaissances communes. L’opération de mise en relation consiste à résoudre le paradoxe de la communication multilingue. Ouverte à tous les récepteurs mais visant seulement certains destinataires. La communication instaure une relation privilégiée avec la cible. Traduire consiste à employer la même logique langagière que la source (si la cible sont les pays arabes il faut penser comment eux de manière linguistique). La traduction s’inscrit dans une logique d’action de décision ou d’efficacité, elle est dite stratégique.

Dans cette perspective, il existe plusieurs stratégies en fonction du mode de communication employé, par exemple communication réelle, symbolique ou imaginaire. La stratégie mise en œuvre par les communicateurs détermine les modes de traduction et les techniques d’adaptation qui doivent être employées par le traducteur. Le résultat se présente aujourd’hui sous trois formes différentes:

  • La communication adaptée
  • La communication standardisée
  • La communication glocalisée (global + local)

Ainsi, si le traducteur est appelé à traiter une communication adaptée, il doit d’abord identifier la nature de l’adaptation qui a été réalisée par les spécialistes du marketing. Le travail du traducteur porte sur une communication standardisée, le processus est inverse, il faut donc rechercher les points communs ou de marché source et cible afin d’éviter les différences qui empêchent la réussite de la communication. La traduction possède une fonction standardisante c’est-à-dire d’uniformisation formelle et langagière basée sur les standards techniques et sur les normes socio-culturelles. Enfin, si la traduction concerne une communication glocale, le processus sera une négociation avec l’émetteur du message concernant les éléments.

Approche traductologique de la communication

En 1987, Maison et les auteurs ont publié « Translator after communicators » et dans cet ouvrage, les deux auteurs commencent par montrer la futilité de la distinction entre traduction littéraire et non littéraire, entre traduction technique et non technique. Ces deux auteurs appellent à l’unification de la discipline autour de la communication. Qu’il soit littéraire, audio-visuel, interpréteur de conférences, tous sont des communicateurs. « La traduction est envisagée comme un acte de communication qui tente de relier un autre acte de communication par delà les barrières linguistiques et culturelles ». Dans cette perspective, la fonction du traducteur est ainsi définie: « on pourrait définir la tâche du traducteur-communicateur comme un être qui cherche à maintenir la cohérence en recherchant l’équilibre approprié entre ce qui est effectif dans un

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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/04 Lingua e traduzione - lingua francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher nat95moriggi di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di letteratura francese e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università degli Studi della Tuscia o del prof Piquè Barbara.
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