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Le romanhistorique par B. Gaston-Lagorre

Essai de définition

  • Ambiguïté de la notion
  • Les définitions des dictionnaires, des encyclopédies, des histoires littéraires des XIX et XX siècles

La spécificité du roman historique au XIXème siècle

  • L’apport des littératures étrangères et l’influence de Walter Scott
  • L’importance des préfaces : Vigny, Cinq-Mars, 1827 Balzac, Avant-propos de la Comédie humaine, 1841
  • La production romanesque
    • Importance des titres et des sous-titres
    • Le goût de l’évasion dans le temps et dans l’espace
    • L’histoire du passé immédiat et l’histoire du présent élevées au rang de mythe
    • Correspondances avec la peinture, Delacroix et Géricault
  • Deux exemples :
    • Les Journées de 1830
    • Le mythe napoléonien

Postérité d’un genre

  • Filmographie
  • Iconographie de ce dossier :
    • Walter Scott : Ivanhoé, éd. Alfred Mame et fils, Tours, 1931
    • Albéric Cahuet : Pontcarral, illustrations de C. Delaunay, Bibliothèque Rouge et Or, éd. GP, 1950
    • Émile Zola : le Destin des Rougon, Moscovsky Rabotchi, Moscou, 1955
    • Henryk Sienkiewicz : Quo Vadis ? éd Hachette, Bibliothèque de la Jeunesse, 1931

Le roman historique

1. Essai de définition

Ambiguïté de l’expression

Une première remarque : la réunion du substantif à l’adjectif qui le qualifie a de quoi surprendre dans la mesure où l’expression semble désigner un genre hybride. En effet, si le roman est soumis à la règle de la fiction et échappe de ce fait à l’alternative « vrai vs faux », le discours historique a lui des prétentions scientifiques ; le travail de tout historien consiste à réduire, autant que faire se peut, le champ qui sépare l’imaginaire du réel. Pour cela l’historien appuie ses analyses sur des documents authentiques, des archives, des faits attestés… Il tend vers le vrai et le discours historique n’échappe donc pas à l’alternative « vrai vs faux » : c’est un discours réfutable.

Pour résumer, cette citation de Pierre Morere : « La notion même de roman historique semble une aporie. Alors que l’histoire prétend tenir un discours vrai sur le passé, le roman crée un univers fictif. » La notion même de roman historique est donc ambiguë et le genre difficile à définir puisque s’y trouvent juxtaposées deux disciplines qui n’ont pas la même intentionnalité, ce qui fait dire à Yves Le Pellec : « Le Roman historique relève, par son appellation et sa nature de l’oxymoron (…) sans doute parce que, conjoignant les contraires, elle est emblématique de la nécessité actuelle de repenser les polarités et les incompatibilités que nous inculqua la tradition. »

Face à la complexité de la contradiction et pour mieux définir ce genre, nous sommes conduits à formuler une seconde remarque : priorité est donnée, dans l’ordre même de l’expression, au terme « roman ». Le substantif est chef de file, ce qui nous incite à penser que, dans un roman historique, le récit prime le discours historique, l’histoire n’étant que le référent obligé.

Le lecteur est toujours confronté à un récit, il lit une histoire racontée et le roman historique relate une action prétendument passée avec plus ou moins de véracité. Cela pose immédiatement un autre problème : peut-on mettre sur le même plan des œuvres comme Quo Vadis?, La Princesse de Clèves, Cinq-Mars, Les Chemins de la Liberté, Le Nom de la rose ou les Mémoires d’Hadrien? Tous ces romans sont-ils des « romans historiques »?

Les définitions des dictionnaires, des encyclopédies, des histoires littéraires des XIX et XX siècles

Dans les dictionnaires : Dans le Littré, mention est faite du roman historique à l’article « roman », deuxième sens : « histoire feinte, écrite en prose, où l’auteur cherche à exciter l’intérêt par la peinture des passions, des mœurs, ou par la singularité des aventures », à la suite sont cités en vrac « le roman d’éducation, le roman historique, le roman intime, le roman d’intrigue, le roman de mœurs » avec, pour le roman historique, cette citation de Diderot : « Ce qui m’inciterait à croire que le roman historique est un mauvais genre : vous trompez l’ignorant, vous dégoûtez l’homme instruit, vous gâtez l’histoire par la fiction et la fiction par l’histoire »… Nous retrouvons là le problème initial de l’ambiguïté mais, souvenons-nous que Diderot est un écrivain du XVIII siècle.

Le Robert définit ainsi le roman : « œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, nous fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures », nous retrouvons les citations en vrac des différents « genres » de romans dont celle du « roman historique » sans plus de précisions.

Dans les histoires littéraires

Dans L’Histoire de la langue et de la littérature française des origines à 1900 de L. Petit de Julleville, le chapitre 2 est entièrement consacré au roman historique. Petit de Julleville y souligne l’importance de la Préface de Cinq-Mars (1827) mais conteste la doctrine de Vigny car elle a, dit-il, « fourvoyé l’auteur dans un genre faux »… « Vigny dispose à son gré de l’histoire pour mieux accommoder ses personnages avec l’idée dont il veut en faire les types. Mais cette conception fausse la réalité humaine tout aussi bien que la réalité historique ». Il fait alors l’éloge de Mérimée, « esprit positif et précis, qui s’attache aux faits, à la représentation exacte et caractéristique des mœurs » et dont la Chronique du règne de Charles IX « est un récit net et rapide, admirable de sobriété forte et de concision expressive ».

L. Petit de Julleville cite enfin Victor Hugo et insiste sur l’importance de Notre Dame de Paris, « épopée plus symbolique qu’historique, et dans laquelle le génie de Victor Hugo évoque avec une incomparable puissance tout le Paris social et pittoresque du XVe siècle ».

Avec tout un art de la rhétorique, L. Petit de Julleville se demande : « Faut-il citer ici Alexandre Dumas ? Avec lui, ce qui était jusqu’alors roman historique devient roman de cape et d’épée » et d’ajouter « Il n’y a vraiment rien de littéraire dans la multitude de récits dont il fournit le public durant une quarantaine d’années… ses romans marquent l’irréversible décadence d’un genre équivoque et bâtard, qui tourne presque tout de suite au roman feuilleton » or, à notre sens, le « roman de cape et d’épée » est aussi « roman historique ».

Une remarque à ce propos, l’expression apparaît dans le Dictionnaire de l’Académie en 1798, mais, appliquée à la littérature, elle n’y est enregistrée qu’en 1879 et uniquement pour qualifier la comédie, « sorte de comédie d’intrigue remplie d’aventures amoureuses, de duels et où figurent des gens de bonnes maisons ». Il faut attendre le Dictionnaire de 1932 pour découvrir une définition du roman de cape et d’épée, œuvre « dont les personnages rappellent les héros de l’ancienne chevalerie ».

L’usage, comme toujours, a précédé l’enregistrement dans le Dictionnaire mais son origine est vraisemblablement théâtrale : vers 1840, les théâtres secondaires (comme le « Palais Royal » ou le théâtre des « Variétés ») multiplient les petites pièces Mousquetaires. Le roman de cape et d’épée privilégie l’aventure et le dialogue, il ne renie pas ses origines mélodramatiques et s’adapte au découpage en feuilletons.

Michel Zévaco est à l’origine de la création de ces romans : « Les Pardaillan », « Pardaillan et Fausta », « La fin des Pardaillan »… Jean-Paul Sartre était particulièrement friand de ce genre de littérature : « Je lisais tous les jours dans Le Matin, le feuilleton de Michel Zévaco. Cet auteur de génie, sous l’influence de Hugo, avait inventé le roman de cape et d’épée républicain. Ses héros représentaient le peuple, ils faisaient et défaisaient les empires, prédisaient dès le XVIe siècle la Révolution française… »

Dans l’Histoire des littératures

Au chapitre intitulé Directions du récit romantique, il est fait mention du récit historique en ces termes : « Dans le roman de l’époque, recherche d’un univers d’évasion, de dépaysement : que cette évasion prenne la forme de l’histoire, avec Alexandre Dumas, ou celle d’une société contemporaine, inconnue, dangereuse, dramatique avec Eugène Sue ou Balzac […] c’est sans doute que le romantisme […] cherche à saisir le monde dans sa totalité concrète, dans sa confusion vécue […] Le premier roman de Vigny, en 1826, Cinq-Mars ou une conjuration sous Louis XIII est un roman historique et la Préface de 1827 – Réflexions sur la vérité de l’art -, veut être le Manifeste du genre. Il a pour but la vérité et, pour l’atteindre, selon Vigny, « il faut commencer par connaître tout le vrai de chaque siècle, être imbu profondément de son ensemble et de ses détails ».

Dans les encyclopédies

L’article de l’Encyclopédie Universalis sur le roman historique semble préciser davantage et sans trop de parti-pris la notion de roman historique.

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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/03 Letteratura francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher valeria0186 di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Letteratura francese e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università Cattolica del "Sacro Cuore" o del prof Zanola Mariateresa.
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