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corruption et la débauche. Beaux, sains et libres, hommes, femmes et natures vivent dans un paradis

originel où ne se trouvent aucune trace de civilisation, ni de structure sociale. Rythme binaire :

homme/ femme, être humain/ nature, arbres/ fruits.

VERS 9-11

Baudelaire développe une nouvelle image et lance donc une nouvelle dynamique. Reprise du

pouvoir sensuel de la femme « guidé par on odeur ». Synesthésie qui continue. Le paysage s'est

transformé. De l'image de l'île, s'est substituée celle du port. Port : lien entre l'île et le continent :

lieu de voyages et d'évasion. Evocation pittoresque et non prosaïques : « charmants climats ».

Paysage animé et actif, plus vivace que l'île. Assonances en a éclatantes : « climats, vois, voiles,

mâts, vague marine… ». Verticalité des mâts : forêt remplie de voiles et de mâts. Lignes

ondulantes : « vagues marines ». Le port résonne comme être la promesse d'un retour au paradis

originel évoqué dans les quatrains précédents. Tous les sens sont mis en éveil : l'odorat : « le parfum

des verts tamariniers », la vue : « rempli de voiles et de mâts », le son : « le chant des mariniers ».

VERS 12-14

Le poème s'achève sur les parfums comme il avait commencé. Mais il est ici beaucoup plus présent.

Ce sens est associé à deux autres : la vue et le son : correspondances entre toutes les sensations qui

comblent le poète. Le sizain montre qu'aucun obstacle se met contre les parfums. Gradation dans la

position du parfum « air, narine, âme » qui semble l'envahir. Fusion des sentiments. Enfin,

Baudelaire semble vouloir communier avec les autres personnes : « mariniers » : tournure plus

poétique ce qui est très rare dans es poèmes.

La facture parfaitement équilibrée de ce sonnet lié à un vocabulaire empreint de classicisme impose

une perfection formelle proche des poètes parnassiens tels que Théophile Gautier. Mais la puissance

symbolique du sein accueillant du paysage naturel décrit la profusion des sensations libérées grâce

au parfum féminin et les lignes d'ondulation fluide qui parcourt le sonnet lui confère un charme

profond et ensorcelant. Enfin, la magie exotique du sonnet vient particulièrement de cette rhétorique

baudelairienne qui allie ordre et profusion, sérénité et volupté, intimité et invasion : l'expression du

bonheur est constante invitation au voyage.

Introduction :

Ce poème a été inspiré par Jeanne DUVAL, maîtresse antillaise de Baudelaire. Il s'agit du premier

poème de Spleen et idéal qui parle de l'amour. Baudelaire met l'accent sur l'odorat. Le parfum états

membres merveilleux et idéal. De plus, il se souvient des images symboliques d'un voyage: lisible

pour de bon à la réunion et ville Maurice. Les images sont des voyages fantastiques.

Il s'agit d'un sonnet classique: 2 quatrains: circonstance des voyages et paysages exotiques.

Les axes de lecture:

l'état d'âme du poète.

Le rêve et l’exotisme.

Premier axe de lecture:

1. Le rêve:

circonstances temporelles:

Les yeux fermés (v1), le soir = moment poétique, un soir chaud.

A l’ouverture du poème, adverbe de temps, c’est uniquement pour que l’imagination du poète se

développe.

circonstances qui déclenchent le rêve :

Le soir chaud, le parfum.

De plus, tous les sons, les couleurs se répondent : théorie des correspondances.

Un élément, ici, le sein, représente la femme : métonymie.

Le parfum et la femme ; sensuelle, rapport maternel : une vision de rêve ou onirique.

2. L’image de la femme :

v2 et v9, notion d’intimité " ton sein ", " ton odeur ". La femme est rassurante, tendre, douce,

protectionniste et prétexte de rêve. Dès qu’il mentionne la femme, le verbe " je vois " suis : elle

permet la rêve.

Ce rêve parvient au spiritisme, la femme atteint l’âme du poète.

Deuxième axe de lecture :

1. L’île paradisiaque :

Les 4 éléments naturels se retrouvent.

Le feu, la terre, l’eau et l’air (avec les parfums).

Soleil permanent et excessif : imaginaire. L’île est un modèle avec " heureux ",

" paresseux ", " singulier " et unique : " fruits savoureux ", " vigoureux ", des femmes

franches : île imaginaire. Connotation de paradis.

V7 et V8 : construction en parallèle.

" donner " : nombreux COD

Des gens locaux et vertueux.

L’île imaginaire est donc un paradis.

2. L’exotisme :

Tous les instruments du voyage sont présents :

Le ports, les navires, les voiles : image de l’évasion puis du retour.

Personnification des bateaux " fatigués ".

C’est sans cesse un lieu d’attache pour le départ mais aussi un lieu de retour.

Synesthésie : correspondances. Toutes les sensations se répondent :

La vue, l’odorat ainsi que le goût avec les fruits savoureux et le toucher avec la chaleur.

Conclusion :

L’idéals semble être atteint par Baudelaire avec le rêve qui atteint son âme. On assiste à un

glissement du sensuel au spirituel. Chez Baudelaire, unicité entre le monde matériel et spirituel et la

femme assure le lien entre ces deux mondes et, elle est le reflet du monde divin. La femme sert

aussi de médium vers une sorte de paradis retrouvée, l’île paradisiaque.

Ici, il n'est pas question de Spleen sinon que ce rêve se fait des yeux ce qui signifie que le poète va

revenir dans la réalité cruelle, le Spleen. ‘’Les phares’’

Les poèmes que Baudelaire a dû retirer des Fleurs du Mal sont publiés sous le nom Epave. Les

thèmes de Baudelaire sont la mélancolie et l'idéal : il veut échapper à la dépression avec l'écriture de

l'idéal, le vin, la mort. Certains poèmes ont changé de place dans les différentes éditions des Fleurs

du Mal. "Les phares" est toujours la pièce 6 de la première partie intitulée "Spleen et idéal".

Baudelaire cherche à éveiller des sensations qui correspondent à celles que suscite l'oeuvre de

chaque peintre évoqué. Ces artistes qui interprètent le langage mystérieux de la nature et qui

traduisent les inquiétudes humaines sont "les phares" qui éclairent la route des Hommes.

‘’La muse malade’’

L'amour, la sexualité, la beauté exquise de la femme; matière fondamentale pour le poète.

Heureuse, confiante et sensuelle par l'ensemble de sa personnalité, la belle l'inspire dans son

invocation d'exalté, stimule un raffinement magistral de la définition du trouble qui l'obsède. O

Prodige, tes yeux sont la première Merveille du monde à être aussi désirée! Sois l'égérie de

l'idéaliste en moi, la complice de ma philosophie appliquée!

Alors qu'il la perçoit s'irisant sous la ferveur de sa prose, perle à enfiler dans son désir de symbiose,

elle devient sa Muse de par toute sa beauté diffuse.

Ses mots se lovent contre ses seins, son âme frémit de pur dessein. Il en vient à ne plus concevoir

que pour le plaisir de cet unique auditoire. Ses facultés sont suspendues au fil, de soie fragile de

cette idylle. Que tombe la muse, qu'elle ne soit plus profuse, et le poète sombrera, dans les prémices

du désarroi. ‘’La muse vénale’’

Le poète se doit de conserver, par tous les moyens, l'apport de sa muse. Et c'est pour cette raison

qu'il intègrera, dans l'agrément de son atelier, une Dyson, l'aspirateur qui ne perdra jamais sa

puissance d'aspiration. Le bonheur se constitue doucement de petites parcelles éclatantes, sait-il,

l'éclat de gratitude du regard de sa compagne en sera une des plus miroitantes.

Alors que d'un cyclone endiablé la poussière sera purgée, alors que nul sac ou ammoniaque ne

s'insurgera dans leur sphère aphrodisiaque, le rêvasseur et sa docte soeur pourront créer avec

candeur.

Et quand la force centrifuge aura purifié son refuge, quand les ronds tourbillons auront bien fait

briller son salon, le poète sera fier de son emplette et se réclamera d'une fine pipette

‘’Le mauvais moine’’

Il y a un gentil barbu qui, un jour, a partagé avec ses contemporains un truc qu’il appelait la «

théorie de l’évolution ». En gros, ça disait que tout ce qui vit sur notre boule a évolué à partir d’un

ou de très peu d’ancêtres communs. Pour les humains, on parle d’eucaryote, comme certaines

fougères, champignons ou protozoaires. Comme les singes aussi.

Il y a un autre gentil barbu, un peu plus vieux celui-là, qui a aussi partagé certains écrits qu’il a

appelés « La Genèse ». Ce Moïse raconte que le monde a été créé il y a 6000 ans, en 6 jours, et que

tous les êtres vivants ont été créés dans ce laps de temps. Entre ces deux barbus, il y en a un

troisième qui, lui, raconte que ce qui est écrit dans La Genèse par mon deuxième barbu est tout à

fait véridique et qu'il est essentiel d’y croire pour avoir la foi, pour qu'il se fasse bien comprendre.

Plus récemment, il y a aussi eu ce barbu (je sais, un quatrième...) un peu halluciné mais excellent

homme d’affaires pour nous annoncer que la race humaine avait été ensemencée sur la Terre par des

extra-terrestres, il y a environ 28000 ans. Raël, cet extravagant, bien sûr... qui d'autre.

Au beau milieu de toutes ces théories, il y a le poète. Barbu ou non, il observe, s'émerveille devant

les belles images ou s'attriste des dérapages, n'en a rien à foutre si sa muse est d'une évolution

différente de la plante verte, une sorte d'arrière-petite-cousine de Lilith ou simplement issue d'une

éprouvette apportée par des êtres payant des impôts dans une lointaine galaxie. Ce qui l'intéresse,

c'est ce qu'il peut traduire, pas ce qu'il peut déduire. La chair ferme, les courbes, les yeux de biche...

ça il peut transposer en vers, en proses, sans subir de névroses. Le poète perçoit les choses au

moment présent, les ressent, les exprime joliment. Il se fout éperdument des trucs abracadabrants et

des énoncés mirobolants.

Un beau jour, il comprend qu'être barbu c'est comme avoir une aura, un halo de poils, une

personnalité caricaturale. Alors il émet, rayonne, se complait et étonne. Il y va de ses petites

théories, lui aussi, l'affranchi. Il devient le cinquième, tiens, le bohème des phonèmes, le poilu

substitut. Il l'explique à sa façon ce monde, cette boule, ces êtres. Il devient moine et contemple,

éthéromane et déplorable exemple. ‘’L’ennemi’’

Le titre = Une allégorie : l'article défini désigne le Temps (v.12), "l'obscur Ennemi"(v.13). Le temps

qui détruit

Un poème qui repose sur une métaphore filée .Elle est développée à travers une succession d'images

qui associe la vie du poète à un jardin dévasté. Les trois premières strophes proposent dans un

déroulement chronologique les épisodes d'une vie associée au temps et à ses variations.

La quatrième présente de façon plus universelle ( du"je" au "nous") un constat pessimiste sur le

thème de la fuite du temps.

Une triple métaphore filée

A) L'espace du jardin symbolise l'état d'esprit du poète.

B) Le sonnet assimile les étapes de la vie aux saisons.

C) L'espace du jardin est aussi l'image de l'inspiration poétique

A) Le poète se souvient de sa jeunesse . L'orage traduit la violence des passions selon un schéma

très romantique. Poésie lyrique: le constat initial est une plainte . L'épithète "ténébreux" dramatise

cette mise en scène d'une époque révolue (passé composé du vers 5). Les contrastes (évocation

hyperbolique de l'ombre et de la la lumière, vers 1/2) mettent l'accent sur les forces cosmiques et le

déchaînement de la nature dont l'intensif ("tel") marque le degré de destruction. Cette idée de jardin

"ravagé" est reprise et développée dans la phrase du deuxième quatrain. La comparaison

hyperbolique du vers 8 assimile le jardin à un cimetière : mouvement vers le bas et la fermeture à

l'opposé de l'amplification céleste du vers 2. Les termes prosaïques ("pelle et râteau")amène l'idée

d'une nécessaire reconstruction , évoquée dans le premier tercet : renouvellement ("nouvelles") d'un

sol stérile car usé par l'érosion du temps (image en filigrane du flux et du reflux de la mer).

B)Le thème de la fuite du temps transparaît à travers l'évocation des trois moment de l' existence : la

jeunesse = l'été ,

la maturité = l'automne,

l'avenir inquiétant (futur du vers 10), un hypothétique (conditionnel du vers 11) nouveau printemps

(vers 9) mais aussi la perspective du néant

La jeunesse est marquée par les contrastes, l'alternance entre l'idéal et le spleen . La négation

restrictive (v. 1) , l'adverbe de lieu (v. 2) et l'adverbe (v.3) de valeur négative soulignent cependant

la disproportion .

Le deuxième quatrain s'ouvre sur un présentatif qui amène un développement syntaxique en deux

étapes dont la lourdeur ("que...et que") convient à l'évocation dramatique d'une fin de vie. C'est la

matérialisation des désastres du temps.

Au mode déclaratif , celui du constat, succède le mode interrogatif. La conjonction initiale (v.9)

semble amener un nouvel élan démenti par les exclamations "douloureuses" du deuxième tercet.Le

redoublement de la plainte en montre la profondeur.

Le Temps personnifié, allégorie du monstre dont la malignité est notée par l'épithète du vers 13, est

présenté comme un vampire à l'action doublement destructrice (extérieure et intérieure, jeu sur

l'abstrait et le concret).Le poème s'achève donc sur une

référence mythologique génératrice d'angoisse

C) Cette confidence est aussi celle d'un poète créateur qui ressent la menace que fait peser le temps

sur un difficile travail de création.

L'expression employée au vers 8 " l'automne des idées" suggère alors l'idée d'un dépérissement

intellectuel. Le regard extérieur porté sur le passé est un regard désabusé sur une oeuvre produite

par un esprit tourmenté et aujourd'hui insatisfait d'autant qu'il est menacé par la perte d'inspiration

("sol lavé comme une grève").

Les nombreuses images pessimistes sont celles de l'appauvrissement intellectuel et de la perspective

d'une mort intellectuelle.

Dans cet ordre d'idées, les"fleurs nouvelles" du vers 9 peuvent désigner les poèmes du recueil lui-

même : une entreprise nouvelle, celle du poète visionnaire à l'inspiration "mystique" (vers 11)

Conclure : Richesse des images qui proposent plusieurs niveaux de lecture. Un sonnet qui illustre le

spleen , l'angoisse existentielle en même temps que le besoin d'absolu .

‘’Le guignon’’

Se recréer encore et encore. Toujours redéfinir sa réalité. Passer du ravissement devant l'aboutissant

aux prémices de la prochaine esquisse, avec pour défi, de toujours redevenir apprenti.

Chaque mot, chaque phrase ou vers est une nouvelle sommation, une instance de vibrato, d'extase

corollaire à la fondation.

Pourquoi ce mot au lieu d'un autre, pourquoi choisir d'exprimer cette image sous forme de

ressemblance, d'allégorie ou de symbole? Réussir à colorer sa vision ou son expérience de façon à

permettre au lecteur de "visionner" sa pensée du moment. Le pouvoir de la métaphore est un instant

de grâce...

L'esprit du poète est une braise toujours se refroidissant, et qu'une secrète influence, comme un

souffle capricieux, ravive pour la faire briller l'espace d'un entendement

‘’La vie antérieure’’

Avant maintenant, c’est la jeunesse. Des années et des années de jeunesse, tout ce qui a conduit à

maintenant. Des joies et des peines, bien sûr, mais surtout des moments, figés dans le temps,

fossiles emprisonnés dans l’esprit du poète, sous de multiples couches de superflus sédiments

temporels, conservés dans une cristalline gangue de repères sensoriels.

Parfois, alors que sonnent les cloches du beffroi, il ressasse sa vie antérieure; la nostalgie n’est-elle

pas l’essence même de la poursuite de l’idéal? Candeur et sublimité scintillent sous l'extase de la

velléité.

Alors que la nuit l’endort, maintenant que la lune ne perce plus sa fenêtre, le poète, du haut de son

mirador, les invite à disparaître. “Bohémiens en voyage”

Structure

Forme

Sonnet régulier à l’italienne

Nom des strophes : deux quatrains, deux tercets

Nombre de syllabes : tous des alexandrins

Plan

La tribu[..], [..] pendantes. Grande partie

Les hommes [..], [..] des chimères absentes. Grande partie

Du fond[..], [..] sa chanson ; Petite partie

Cybèle, qui [..], [..] futures. Grande parti

Rythme

Noter pour chaque rime, un indice de correspondance avec la rime qui lui correspond. Par

exemple : ardentes avec pendantes

Rimes embrassées

La tribu prophétique // aux prunelles ardentes [rime riche féminine]

Hier [dierese] s'est mise en route, // emportant ses petits [rime suffisante masculine]

Sur son dos, / ou livrant // à leurs fiers appétits [rime suffisante masculine]

Le trésor toujours prêt // des mamelles pendantes. [rime riche féminine]

Rimes embrassées

Les hommes vont à pied // sous leurs armes luisantes [rime riche féminine]

Le long des chariots [dierese] // où les leurs sont blottis, [rime suffisante masculine]

Promenant sur le ciel // des yeux appesantis [rime suffisante masculine]

Par le morne regret // des chimères absentes. [rime riche féminine]

Rimes suivies

Du fond de son réduit sablonneux, / le grillon, [rime pauvre masculine]

Les regardant passer, // redouble sa chanson ; [rime pauvre masculine]

Rimes embrassées

Cybèle,/ qui les aime, // augmente ses verdures, [rime suffisante féminine]

Fait couler le rocher // et fleurir le désert [rime suffisante masculine]

Devant ces voyageurs, // pour lesquels est ouvert [rime suffisante masculine]

L'empire familier // des ténèbres futures. [rime suffisante féminine]

enjambement

La tribu prophétique aux prunelles ardentes

Hier s'est mise en route, emportant ses petits

Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits

Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes. [..]

[..] Fait couler le rocher et fleurir le désert

Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert

L'empire familier des ténèbres futures.

Sonorités

Aucune particulièrement remarquable

Figures de style

 Métaphore

La tribu prophétique aux prunelles ardentes

Hier s'est mise en route, emportant ses petits

Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits

Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes. [..]

 Allégorie

[..] Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,[..]

 Oxymore

[..] Fait couler le rocher et fleurir le désert

Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert

L'empire familier des ténèbres futures.[..]

 Personnification

[..]Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,

Les regardant passer, redouble sa chanson ;[..]

 Antithèse

[..] Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert

Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert

L'empire familier des ténèbres futures.

Lexique

Sens des mots

La tribu prophétique aux prunelles ardentes

Hier s'est mise en route, emportant ses petits

Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits

Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes

Le long des chariots où les leurs sont blottis,

Promenant sur le ciel des yeux appesantis

Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,

Les regardant passer, redouble sa chanson ; [..]

Prophétique : qui annonce l’avenir par une inspiration particulière (TLFi)

Prunelles : yeux, regard (TLFi)

Fiers : qui est rude et intraitable comme un animal sauvage (TLFi)

Chimère : 1. rêverie quelque peu folle. 2. Illusion (TLFi)

Réduit : retraite, refuge. (TLFi) ‘’L’homme et la mer’’

Analyse :

Charles baudelaire est en rupture thématique avec l'oeuvre précédente car adepte et membre du

mouvement parnassien. C'est un poète maudit, notamment par la société bourgeoise du 19è siècle

tant sur le vivant que sur l'écrit. Il vit avec souffrance sa double situation ciel et terre. IL l'exprime

cependant avec une crudité et une sensibilité inouïe en privilégiant le cadre du sonnet et en donnant

à ses méraphores qu'il veut « mathématiquement exactes » une dimension symbolique. Son oeuvre

est difficilement classable : touche de symbolisme, mouvement parnassien, influence du

romantisme par sa sensibilité et classique par le souci de la forme. Baudelaire est en fait le premier

poète moderne car il a sû rompre avec la thématique traditionelle (=idéalisation de l'amour, de la

nature... etc). L'intérêt de ce texte est qu'il illustre de manière explicite une correspondance

paradoxale. « L’homme et la mer », pièce 14 des fleurs du mal se trouve dans la partie du recueil

intitulée spleen et idéal (spleen = dépression, ennui, mélancolie). L'unique recueil de vers publié par

Baudelaire. Au travers de plusieurs poèmes devenus célèbres ('L'invitation au voyage', 'Les chats',

'L'horloge'... ) , l'auteur définit le rôle du poète, celui de rendre compte des analogies entre les

différents sens mais aussi entre l'univers sensuel et l'univers spirituel. Une esthétique dans laquelle

« les parfums, les couleurs et les sons se répondent » .Ses vers respectent les règlent de

l'accentuation et utilise des figures de style dont le goût pour la provocation est indéniable. Puisque

la vie n'est qu'extase et horreur, partage inégal entre Dieu et Satan, le poète la transfigure dans une

contrée imaginaire où le desepoir et la beauté se confondent. Il s'évade dans les paradis artificiels du

haschisch, de l'opium et du vin, ceux de la luxure et du vice. L'ennui, la mort et la pourriture le

hantent, jusqu'à la folie.

Ce poème exprime comme d’autres poèmes (l’Albatros, la Musique) la fascination de l’auteur pour

la mer qu’il croit à notre image. Pour nous le faire sentir il a organisé le poème selon une structure

en miroir où l’homme regarde son double comme un frère à la fois jumeau et ennemi.

I. Deux entités identiques.

1. Mise en place du système de correspondance.

Etude de l'énonciation : évocation pronom, « tu » puis « vous » devenant ensemble

 fusionnel. Aussi par les apostrophes « homme libre! » et par le jeu de parallelisme incessant

entre les deux entités protagonistes « l'Homme » et la « Mer ».

Un terme pouvant être lu dans les deux sens : « rumeur » ainsi que la figure d'hypallage.

 Utilisation de comparatifs : « vous êtes tous les deux ».

2. Des goûts communs.

Champs lexical de la liberté abondant.

 Utilisation récurrente de verbes marquant la préférence.

 Un amour narcissique : ils contemplent leur image. La symétrie dans les vers : La mer est /

 ton miroir (mer) ; tu contemp / les ton âme (homme)

goût du néant commun : « gouffre », « plongé », « infini » : donne une impression d'un

 abyme, de l'enfer.

Champ lexical de l’amour très présent dans les 2 premières strophes.

3. Une profondeur spirituelle

Aspect invisible de la spiritualité : « ténébreux », « intime », « secret », « discret ».

 Jeu sur le parallelisme : « nul ne sondé/nul ne connaît » ; on note l'existence d'une face

 cachée pour chacun d'entres-eux.

Une personnification de la mer au même plan que l'homme.

 Ils se rejoignent dans la continuité et dans la rupture.

 Tout le poème s’organise autour de cette symétrie et les jeux de reflets sont perceptible dans

 les rîmes : âme + mer = amer (mer saumâtre ou amertume humaine).

II. Une destruction passionelle.

1. Le paradoxe relationel.

Dans la structure qui joue entre l'Amour et le Conflit. La mer est masculine et féminine. On

 plonge en son sein comme une femme mais on la combat comme un homme.

Jeu sur un paradoxe : ils s'aiment et se détruisent.

 Derniers vers : hémistiches + antithése + hypallage. Le chiasme du dernier vers (Lutteurs

 éternels, frères implacables) alors qu’on attend frères éternels, lutteurs implacables. Cela

souligne une nouvelle fois une lutte intérieure.

Le titre porte plusieurs sens : l’Homme et/est/hait la mer. La mer et l’homme sont à la fois

 reliés et séparés par ‘et’.

Rîmes embrassées. Tantôt l’homme embrasse la mer, tantôt la mer embrasse l’homme.(Cf.

 rîmes féminines masculines (avec ou sans –e muet)).

2. Le thème de la mort.

Champs lexical de la mort + Champ lexical du combat et de la souffrance très présent dans

 les 2 dernières strophes.

Le caractère insensible du couple, sans pitié ni remords, il n'y a aucun états d'âme.

 Un amour pour la destruction : « carnage » « tellement ». L’homme et la mer partagent des

 sentiments humains. Ils se rapprochent pour l’amour ou pour la lutte (lame = vague ou

couteau).

(Rumeur, abîmes = homme / plainte, richesses intimes = mer sont inversés).

Le goût pour le néant. Les ressemblances : l’homme comme la mer est libre, indomptable,

 sauvage ; ils partagent les mêmes abîmes, les mêmes secrets, les mêmes richesses intimes, la

même jalousie. Enfin ils ont le même goût pour le carnage et la mort. Le temps et l’espace

sont infinis (siècles innombrables, éternels, abîmes) et renvoient donc à un espace intérieur

abstrait.

La lutte éternelle est un fratricide qui oppose l’homme à lui même dans un présent éternel

 qui évoque la vérité de l’humanité.

3. Un caractère autodestructeur.

Projection de l'homme vers la mer : au fur et à mesure, l'homme s'apparent et devient la mer.

 L'association entre les deux thèmes Amour/Haine.

 Jeu avec l'antithése se distrait/Rumeur (cf : duellum).

Conclusion : Ainsi les doubles se confondent. On entrevoit les aspirations contradictoires de

l’homme ainsi que la lutte entre le spleen et l’idéal.L’immensité du temps et de l’espace renvoient à

un temps infini et à un espace intérieur, mental et poétique. L’eau est le miroir de l’homme, le reflet

de son cœur, de son esprit et de son âme. Elle permet par le biais de la poésie de rendre compte de

l’ambiguïté des sentiments humains et de leur violence. Texte en relation avec le célébre poème de

Pierre de marbeuf « Et l'amour et la mer ont l'amer pour partage ».

‘’Don Juan aux enfers’’

l annonce une suite de la pièce de Molière .

Notion de transposition : on passe d’une pièce de théâtre à une poésie .

Changement d’espace culturel : les Enfers grecs et non pas l’Enfer chrétien annoncé par

Sganarelle . Notion de syncrétisme (synthèse de plusieurs éléments culturels) constitutif du mythe

littéraire .

Trois axes de lecture possibles

Premier quatrain : Dom Juan et le mendiant

Cinq strophes rappellent les cinq actes de la pièce et les cinq chapitres de la nouvelle

 de Barbey d’Aurevilly .

Deux subordonnées de temps (quand[…] lorsqu’il[…]) retardent l’apparition du

 mendiant .

« descendit » : suite immédiate de la scène finale de Molière « La terre s’ouvre et

 l’abîme »

« l’onde souterraine » rappelle les fleuves infernaux (le Styx), ce qui sera confirmé

 par l’ « obole à Charon » le nocher des fleuves infernaux .

« un sombre mendiant » mythème de Molière acte III + diérèse = mise en valeur

Second quatrain : les femmes

participe présent + imparfait > aspect duratif qui rappelle l’éternité des Enfers et le

 caractère d’ekphrasis

les femmes : celles qui furent séduites par Dom Juan et le harcèlent . Elles sont

 impudiques « seins, robes

Antisthène : cynique, connu pour son orgueil

 « fier » « fort » appliqué au mendiant > renversement de la pièce = punition de Dom

 Juan

L’aviron renvoie aux deux tableaux de Delacroix, ce qui fait de ce poème une

 ekphrasis .

La réécriture comme réinvestissement de tous les éléments culturels de l’auteur : que

 fait-on dire au mythe, qui nous construit ?ouvertes, mugissement » > de nouveau

renversement des valeurs . Elles sont animales « mugissements » . Pour Dom Juan

qui aime « vaincre les résistances » elles sont une punition . On retrouve également

le tableau de Delacroix et une iconographie médiévale des corps souffrant et nus

« noir firmament » l’oxymore renvoie directement aux deux tableaux de Delacroix

 « long mugissement » forme un requiem sinistre

 l’allitération en R dans tout le poème forme une unité qui rappelle les Enfers

Troisième quatrain : Dom Luis et Sganarelle

On retrouve le Sganarelle de l’acte V . L’ajout « en riant » rappelle encore une fois la

 condamnation

Don Luis « doigt tremblant, front blanc » adopte ici une position vengeresse qui

 renvoie à la scène du reproche chez Molière .

V9-12 riant/railla : retournement de situation

Quatrième quatrain : Elvire

« frissonnante, chaste et maigre » : on la retrouve fragile et dévote

 elle porte le « deuil » de D.J.

 elle n’est pas incluse au troupeau des mugissantes : opposition lexicale

 sourire/mugissement, brillât/noir, douceur/se tordaient . Est-ce la seule qui a touché

D.J. ?

en position de suppliante, tout son drame tient dans le rime signifiante :

 amant/serment

Sa présence aux Enfers, de même que celle des autres personnages victimes de D.J. invite à lire le

poème comme une fantasmagorie née de l’imagination de D.J. Ceci expliquerait l’aspect presque

parodique de cette Elvire « maigre » .

Cinquième quatrain : la statue / Dom Juan

cf l’acte cinq et la statue du commandeur . Ici il mène le bateau, allégorie du

 châtiment .

v.19-20 enfin apparaît l’attitude de D.J. .

 « calme héros » très mélioratif, dénote le jugement bienveillant de Baudelaire

 le rythme est très régulier et imite à la fois le calme de D.J. et la monotonie de

 l’Enfer

« rapière » rappelle son courage à l’acte III

 paradoxe final « regardait/rien voir » : Il est enfin aux Enfers qu’il a tant

 recherchés . Est-il déçu, toujours digne et provocateur, repentant ? Non il est

impénitent , toujours dans sa quête .

ENJEUX DE CETTE REECRITURE

1. On n’écrit pas dans le vide culturel (fort syncrétisme ici)

2. Pourquoi Dom Juan ? Ici l’impénitent nous rappelle le dandysme de Barbey mais aussi le

Baudelaire de « La Mort » : « Plonger au fond du gouffre Enfer ou Ciel, qu’importe ? / Au

fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! »

3. Nouveautés dans la chaîne des réécritures :

l’Enfer

 les autres semblent plus condamnés que lui

 cohérence avec le caractère du D.J. de Molière : on est bien dans le domaine de la

 transposition . ‘’La géante’’

Charles Baudelaire était très impressionné par les grandes choses. Dans Le salon de 1859

il dit : « Dans la nature dans l'art, je préfère, en supposant l'égalité de mérite, les grandes

choses à toutes les autres, les grands animaux, les grands paysages, les grands navires, les

grands hommes, les grandes femmes, les grandes églises, et, transformant comme tant

d'autres, mes goûts en principes, je crois que la dimension n'est pas une considération sans

importance aux yeux de la beauté. »

Baudelaire a sans doute été influencé dans la rédaction de ce sonnet par un conte de

Cazotte : Le Fou de Bagdad ou Les géants, conte antédiluvien. Dans ce récit il est

question de géantes « monstrueusement belles, superbement parées. »

Ce poème peut prêter à bien des interprétations psychanalytiques. C'est une vision de la

femme comme mère. Le narrateur semble vouloir revenir à la période antérieure à sa

naissance. Il veut être englouti par la femme comme Jonas dans la baleine.

La Géante a inspiré à Philippe Ramos son film Capitaine Achab (2003) avec Valérie

Crunchant et Frédéric Bonpart. Dans ce film, la baleine est symbolisée par des gros plan

sur un corps de femme, vue comme une géante

‘’La chevelure’’

INTRODUCTION :

Situer : Ce poème n’est pas présent dans la première édition des Fleurs du Mal (1857). Il

apparaît dans la seconde édition en 1861, avec le numéro XXIII. Baudelaire place ce nouveau texte

dans la section « Spleen et Idéal », tout de suite après Parfum exotique.

Caractériser : La chevelure est un long poème de sept quintils (35 alexandrins). Il est

caractéristique de l’inspiration exotique fréquente chez Baudelaire (par exemple dans « Parfum

exotique »). Tout laisse à penser que la figure féminine, lascive et sensuelle, évoquée par le poème

est celle de Jeanne Duval, la compagne métisse de Baudelaire (les poèmes XXII à XXXIX des

Fleurs du mal constituent ce que l’on appelle le cycle de Jeanne Duval).

Annoncer les axes : On peut y observer deux thèmes : la transformation de la réalité par

l’imagination, une rêverie exotique et sensuelle débouchant sur une expérience mystique.

1°AXE : LA TRANSFORMATION DE LA REALITE PAR L’IMAGINATION.

1) L’ancrage réaliste : un lieu clos abritant les jeux érotiques du narrateur.

 Indices spatio-temporels : ce soir / l’alcôve obscure

 Champ lexical de l’amour, au sens de l’union charnelle : évocation de l’amour (ô mon

amour ! ; ma tête amoureuse d’ivresse), du plaisir (extase ! ; langoureuse ; se pâment) ;

de l’étreinte des corps (que le roulis caresse ; infinis bercements du loisir embaumé, ô

féconde paresse !)

 Champ lexical omniprésent de la chevelure : boucles, tresses, cheveux, duvetés,

mèches.

 Evocation des jeux du narrateur avec cette chevelure : « je la veux agiter dans l’air

comme un mouchoir, je plongerai ma tête (…) dans ce noir océan , ma main dans ta

crinière lourde… »

 L’étude des indices d’énonciation montre la fétichisation de ce fragment du corps

féminin : le poète s’adresse à elle comme à une personne, elle semble être la destinataire

du poème, cf l’utilisation de la deuxième personne désignant la chevelure : « tes

profondeurs, ton parfum, fortes tresses soyez la houle qui m’enlève, tu contiens mer

d’ébène un éblouissant rêve , cheveux bleus (…) vous me rendez l’azur du ciel immense

et rond ». Ce n’est qu’à la fin du poème (dans ta crinière lourde) que la deuxième

personne s’adresse à la femme : tout au long du poème la chevelure semble se substituer

à la femme dans l’adoration du poète.

 L’apostrophe, au début du poème, montre même une divinisation de la chevelure : « ô

toison ! ô boucles ! ô parfum ! » L’interjection « ô » est souvent employée en français

pour évoquer une divinité avec une marque d’adoration (ô mon dieu !)

Conclusion partielle : le poème est en partie un poème d’amour, un poème érotique, mais cet

ancrage réaliste n’est qu’un point de départ, un tremplin pour l’imagination.

2) Le jeu poétique au service de l’imagination :

 La chevelure est tout d’abord transformée par le jeu des métaphores : elle est tour à

tour comparée à la pilosité animale (toison, crinière, moutonnant, encolure), à

l’ondulation des vagues (moutonnant, fortes tresses soyez la houle qui m’enlève), à une

tente (pavillon de ténèbres tendues), à un mouchoir qu’on agite, au ciel (cheveux bleus

(…) vous me rendez l’azur du ciel immense et bleu).

 Les oxymores et les synesthésies permettent à Baudelaire d’établir des

« correspondances » inattendues entre des réalités d’ordre différent : les oxymores

« cheveux bleus », « mer d’ébène », « noir océan » suggèrent une correspondance

secrète entre le bleu intense (du ciel, de la mer des tropiques) et le noir profond, le noir à

reflets bleutés de la chevelure ; une synesthésie typique consiste à associer parfums et

liquides (l’olfactif et le tactile) : « nage sur ton parfum », « boire à grands flots le

parfum », « je m’enivre ardemment des senteurs confondues », « la gourde où je hume

(respire) à longs traits le vin du souvenir ». Le parfum devient une sensation tactile,

intense.

 Les enjambements sont fréquemment utilisés pour mimer l’envol de l’imagination,

l’agrandissement de l’espace, la multiplication des sensations : les enjambements les

plus significatifs sont ceux qui débouchent sur un second vers énumératif, ce qui

accentue encore l’impression de rythme en expansion. Dans les quatre exemples qui

suivent l’idée d’expansion, d’élargissement, de grandeur ou de nombre est exprimée

simultanément par le sens (contiens, boire à grands flots, ouvrent, vastes, embrasser, je

m’enivre), par la syntaxe énumérative et par l’enjambement :

Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve

De voiles, de rameurs, de flammes et de mats :

Un port retentissant où mon âme peut boire

A grands flots le parfum, le son et la couleur ;

Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire

D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

Je m’enivre ardemment des ardeurs confondues

De l’huile de coco , du musc et du goudron.

3) La modification volontaire du réel par la rêverie.

 On peut relever des phrases-programmes, c’est à dire des phrases où le narrateur

expose ses buts : complément de but, verbes de volonté, futurs, impératif, sont les formes

grammaticales adoptées pour exprimer l’idée de projet (Pour peupler ce soir l’alcôve

obscure des souvenirs (…) je la veux agiter ; j’irai là-bas ; je plongerai ma tête ; soyez la

houle qui m’enlève !) . La volonté d’agir, l’énergie déployée pour atteindre un but

s’exprime dans ces phrases.

 On notera aussi un champ lexical de l’activité cérébrale : « esprit » (2fois : v.9 et

v.23).

 A plusieurs reprises, l’objet de cette activité cérébrale est défini comme la résurrection

du passé : « souvenirs dormant dans cette chevelure » ; « saura vous retrouver », « le vin

du souvenir », « monde défunt », « vous me rendez l’azur du ciel ».

Conclusion partielle : les jeux érotiques dont nous avons parlé ne sont pratiqués que pour

exciter l’imagination du poète, ils ont un prolongement intérieur : la recherche du souvenir.

Quel souvenir ? Peut-être le souvenir du voyage que Baudelaire fit à l’île Maurice et à la

Réunion à l’âge de 20 ans . Souvenir que fait renaître en lui sa maîtresse noire Jeanne Duval.

C’est du moins l’interprétation suggérée par la thématique exotique du poème.

2°AXE : UNE REVERIE EXOTIQUE DEBOUCHANT SUR UNE EXPERIENCE

MYSTIQUE.

1) Les composantes de la rêverie exotique : un relevé de champs lexicaux permettra de définir ce

qui attire Baudelaire vers les pays lointains. Champs lexicaux significatifs :

 La mer : océan, voguent, nage, houle, voile, rameurs, flammes (drapeaux des navires),

mâts, ports, flots, vaisseaux, glissant, roulis, bords.

 pays lointains : langoureuse Asie, brûlante Afrique, monde lointain, là-bas

 richesse des pays tropicaux : l’arbre et l’homme pleins de sève, huile de coco, musc,

rubis, perle, saphir, féconde

 vie paresseuse : se pâment longuement, féconde paresse, infinis bercements du loisir

embaumé, oasis, nonchaloir

 volupté (CF. I.1)

 chaleur : ardeur des climats, éternelle chaleur

2) L’expérience magique de la plénitude sensible : au delà de ces ingrédients habituels de

l’exotisme qui fonctionnent un peu comme des clichés (du moins pour nous aujourd’hui),

l’exotisme correspond chez Baudelaire à une expérience hallucinatoire : l’accession magique à

une plénitude sensible, une fête des sens, qui n’existent pas dans la vie normale.

 Les champs lexicaux omniprésents de la contenance et de la grandeur servent à décrire

le phénomène irrationnel qui se trouve à la racine de cette expérience hallucinatoire :

tout un univers est contenu dans une chevelure (dans Le Spleen de Paris , un poème en

prose jumeau de notre texte est intitulé Un hémisphère dans une chevelure) : la

contenance est représentée dans « chargé de, dans, où, tu contiens, embrasser, est

enfermé » ; la grandeur dans : « tout un monde, infinis, profondeurs, ouvre les vastes

bras, embrasser la gloire, azur du ciel immense et rond, ciel, océan ». La chevelure

devient un microcosme, d’où le poète, comme un magicien, fait surgir une multitude de

paysages, et de sensations.

 Un champ lexical de l’abondance et de la fécondité développe cette idée de

contenance : « toison, moutonnant, jusque, plein de sève, oasis, peupler, sèmera ,

féconde»

 Le champ lexical des sensations précise ce qui est donné en abondance, à profusion :

des sensations, notamment olfactives : forêt aromatique, loisir embaumé, parfum chargé

de nonchaloir, à grands flots le parfum, le son et la couleur.

 Le champ lexical de la boisson et de l’ivresse traduit métaphoriquement l’avidité du

poète, la recherche frénétique de la jouissance sensuelle : « où mon âme peut boire ;

oasis ; gourde ; à longs traits ; le vin du souvenir ; je m’enivre » ; « boire » signifie ici

saisir par les sens avec avidité.

3) Une expérience mystique : on constatera enfin que cet accès à la jouissance des sens est

décrit assez souvent avec un vocabulaire spiritualiste, quasi religieux : « où mon âme peut

boire », « éternelle chaleur », « un ciel pur », « l’azur du ciel », « l’oasis où je rêve ». Ces

expressions ont toutes des connotations symboliques : elles désignent l’Idéal, le rêve

paradisiaque. L’idée du souvenir peut dès lors prendre une autre signification que celle d’une

simple allusion autobiographique au voyage à la Réunion. Le souvenir devient celui d’une vie

antérieure, d’une vie d’avant la chute, d’un paradis perdu. Avec elles, le rêve exotique se teinte

nettement de spiritualité.

Mais ce bonheur magiquement obtenu est menacé . Le dernier quintil développe un champ

lexical de la durée (longtemps, toujours, jamais) qui exprime la crainte d’une rupture avec la

femme aimée (« afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde) et la perte du paradis un instant

retrouvé.

CONCLUSION :

L’étude du poème, et notamment le repérage minutieux de ses champs lexicaux dominants,

fait apparaître la complexité du thème exotique chez Baudelaire. Liée au départ à une image de

femme, comme dans Parfum exotique ou L’invitation au voyage, la rêverie se développe aux

dimensions d’une aventure maritime et exotique. Mais le thème du voyage cache une quête

beaucoup plus fondamentale, celle du bonheur. Baudelaire imagine le bonheur sous une forme

essentiellement sensuelle, hédoniste. Mais il en donne par moments une description quasi-

mystique. L’exotisme est chez Baudelaire une des représentations de l’Idéal, c’est à dire de

l’aspiration anxieuse de l’homme au beau, au bien, au salut de l’âme, à la vie éternelle.

‘’Sed non satiata’’

Explication de texte

Vocabulaire

Déité : déesse

Musc : sécrétion odorante

Obi : sorcier noir

Faust : personnage qui a vendu son âme au diable

Constance : vin exotique du Cap (Afrique du Sud)

Nuits : vin capiteux de Bourgogne

Partir en caravane : mener une vie de débauche

Styx : fleuve qui fait neuf fois le tour des Enfers

Mégère : une des Furies, qui venge les crimes impunis

Proserpine : reine des Enfers

Plan

I – Aspect de célébration de la femme

II – Dégradation finale de la femme

Ce texte fait parti du cycle de Jeanne Duval. Le thème de la belle noire reprend une tradition du

poème baroque datant du XVIIe siècle. Il a voulu en faire un poème moderne.

Le titre « Sed non satiata » vient d’un poème satirique latin : « Juvénal ». Le contenu faisait allusion

à la débauche d’une femme d’empereur, Messaline. Baudelaire lisait le latin couramment et c’était

pour lui un moyen plus apte à décrire la passion. L’utilisation de la langue de la liturgie est

provocateur. Ce titre sert à masquer le côté scabreux et trivial d’un poème.

Le premier quatrain est uniquement descriptif et s’adresse à la femme. Puis il suscite son désir.

Dans le premier tercet, il fait une supplication à la femme car il se sent dépossédé de lui-même.

Enfin dans le deuxième tercet, il a conscience qu’il ne peut pas la satisfaire.

I – Aspect de célébration de la femme

On peut décomposer ces aspects en plusieurs étapes. Il évoque les couleurs puis le caractère divin,

les yeux et enfin le parfum.

Elle est décrite dès le début du texte par un jaillissement d’adjectifs. Le premier quatrain est une

accumulation de termes où l’auteur est saturé de qualificatifs. Il ne dit pas « noire » mais « brume »

qui est mis en valeur juste après l’hémistiche où il y a une coupe forte avec la virgule. Le mot noir

est comparé avec « nuits ». L’« ébène », bois noir très dur s’oppose à « flanc ». Le noir apparaît

aussi avec les « noirs minuits ». Il est très vite mis en relation avec « obi », sorcier noir. Le noir

symbolise ici le diable rappelé par « Faust ».

Le caractère exotique peut être associé au noir. On a l’exotisme des parfums de la femme. Le «

havane » vient d’un monde éloigné et une teinte foncée, brume. Les mots sont choisis pour évoquer

quelque chose de lointain. L’auteur cherche à nous dépayser avec « obi », « savane ».

Le caractère divin de la femme est aussi présent. Le mot « déité » qui ouvre le poème est un premier

indice. L’auteur montre qu’il y a un lien avec le surnaturel : »œuvre de quelque obi » évoque ici le

résultat d’un sorcier. « Faust » est aussi l’idée du pacte avec le surnaturel. La femme est donc une

divinité proche de la sorcellerie : « sorcière » qui a des pouvoirs occultes qui peuvent être

dangereux. Le pouvoir produit par cette femme montre une soumission, un ensorcellement du poète.

Il apparaît dans le deuxième quatrain où l’envoûtement est exprimé. La syntaxe est différente dans

le deuxième quatrain, là où apparaît le premier verbe du poème. Les constructions permettent de

retourner à des mouvements plus constants.

Le « constance », l’« opium », le « nuits » évoquent la dépendance. Ces drogues, ou paradis

artificiel, sont évoquées et montrent finalement son envoûtement envers la femme, lors du baiser.

Ce vers 6 a un rythme calme car est décomposé en quatre fois trois pieds. Cela renforce la sérénité,

la béatitude produite.

Le côté triomphant de la femme apparaît avec « se pavane ». dans le deuxième hémistiche du vers

7, on a une image du départ qui retombe au vers 8. En fait cette célébration de la femme devient à

double tranchant. Le mouvement du poème s’arrête lorsque les yeux accèdent à un autre monde qui

est malheureusement infernal. On a l’image d’un désir infernal avec une descente vertigineuse qui

aboutit à un retournement de l’image de la femme.

II – Dégradation finale de la femme

Tous les termes qu’on avait au début prennent un autre sens avec des mots tels que le Styx,

Proserpine dans les tercets.

Derrière les références, le poète fait allusion à son impuissance devant la femme : « verse-moi

moins de flamme ». Les tournures négatives renforcent cette idée de faiblesse, d’infériorité. « Je ne

puis », éloigné de son complément, est mis en valeur et appuie sur cette impuissance masculine.

La tendance homosexuelle de Jeanne Duval est suggérée lorsque le poète n’avoue ne pas être une

femme : « Proserpine ». Le calembour du dernier mot amplifie sa provocation.

Conclusion

Ce poème a derrière une apparence classique des choses perverses qui sont dévoilées. L’auteur joue

avec la censure. Il cherche à provoquer les censeurs et surtout à se montrer moderne en modifiant

les présentations classiques. ‘’Le serpent qui danse’

1. L'énonciation (qui parle à qui)

Dans le poème, le «je» s'adresse à un «tu». Le « je » est le poète et le « tu » est Jeanne Duval,

Charles Baudelaire s'adresse donc directement à elle et le tutoiement indique une intimité. Il y a

donc une proximité dans le vécu mais aussi une proximité spatiale.

2. Le registre lyrique

Le poème a un lexique affectif important: «chère indolente»... qui montre une intensité amoureuse.

Emerveillement du poète, qui est renforcé par des intensifs: «si beau». Les sentiments sont exprimés

à travers une ponctuation expressive, les strophes 1 et 9 se terminent par des points d'exclamation.

Le lyrisme est très clair, c'est une véritable déclaration amoureuse.

B. L'éloge du corps aimé

1. L'importance du champ lexical du corps

Strophe 1 : vision globale du corps

Strophe 2 : chevelure, symbole de la féminité

Strophe 3 : retour sur le poète

Strophe 4 : les yeux

Strophe 5 : démarche gestuelle, strophe centrale faisant écho au titre

Strophe 6 : tête

Strophe 7 : à nouveau vision globale

Strophe 8 : la bouche

Strophe 9 : retour sur le poète

Le regard du poète se déplace sur le corps de Jeanne avec un glissement du général au particulier

puis de nouveau au général. On peut rapprocher ce poème de la technique du blason, mais ici

Baudelaire fait l'éloge de plusieurs parties du corps.

2. Eloge d'une démarche

Le poète semble fasciné par les poses et la démarche de Jeanne: vers 1 «chère indolente» où l'on a

l'impression d'une pause lascive et strophe 5 «à te voir marcher en cadence» où l'on peut percevoir

les ondulations de Jeanne. Cette démarche est renforcée par l'hétérométrie du poème, il y a une

alternance d'octosyllabes et de pentasyllabes (8-5). Le poème ondule donc comme Jeanne et l'image

du serpent vient aussi renforcer métaphoriquement l'image de l'ondulation.

C. La rêverie du poète

1. Un rêve exotique

Jeanne invite aux rêves parce qu'elle incarne l'ailleurs, pour Baudelaire l'idéal absolu. Elle est

métisse et pour parler d'elle Baudelaire emploie des références exotiques: «acres parfum» «le

serpent» «l'éléphant». Tout ces éléments donne l'impression qu'elle est un ailleurs, elle invite le

poète à un voyage des sens, tout ses sens sont sollicités : «que j'aime voir» «acres parfum» «vin de

bohême» «chevelure profonde» «glacier grondant».

2. Le voyage du poète

Le poème est traversé par une métaphore filée de la mer et des liquides qui connote l'évasion, le

voyage. Grâce à Jeanne, le poète s'évade: « Comme un navire qui s'éveille au vent du matin ». La

destination est indéfinie.

Dans ce poème lyrique où le poète fait un hymne à la femme aimée, on peut déceler un érotisme

trouble.

II. Un poème teinté d'érotisme qui montre le pouvoir de la femme

A. La progression érotique du poème

1. Le rapprochement physique entre Jeanne et le poète

On note une progression entre le début et la fin du poème. Dans la strophe 1, il y a une distance

physique. Le premier signe de l'érotisme est dans la nudité de Jeanne, sous entendu dans la «peau

miroite».

Strophe 5: il y a un déplacement de Jeanne vers le poète, la marche semble très sensuelle « A te voir

marcher en cadence ».

Strophe 7: changement de position, Jeanne s'allonge, la pose devient lascive. Elle semble s'offrir

aux désirs du poète

Strophe 8 et 9: rapprochement physique entre les 2 amants à travers un baiser ou plus. Union du je

avec le tu. Rapprochement entre le début et la fin du poème.

2. De nombreux sous-entendus sexuels

Il y a une autre lecture possible et ce grâce au décryptage des sous-entendus : l'expression

«chevelure profonde» peut faire référence à l'intimité féminine, le bâton dans sa verticalité peut

faire référence aux désirs du poète, il n'est pas impossible que la strophe 6 contienne une référence

sexuelle avec «la tête qui balance», «ses vergues dans l'eau» proximité sonore avec le mot verge.

Quant à la dernière strophe, elle consacre l'union des amants, on est là dans un orgasme marqué par

l'exclamation et l'expression «ciel liquide», et le mot étoile montre que le poète atteint le septième

ciel.

B. Jeanne, une femme marquée par l'ambivalence

1. Une femme inatteignable

Jeanne est double, elle est à la fois passive et active. Passive lorsqu'elle s'allonge et active

lorsqu'elle marche en cadence. Elle est femme et enfant : femme car elle est a l'aise dans sa

sensualité, provocante, et enfant au vers 24 («tête d'enfant»).

C'est ce caractère double qui charme le poète puisqu’elle est la réunion des contraires.

2. Une femme difficile à comprendre

Jeanne se donne sans se donner «Ses yeux où rien ne se révèle». Elle garde tout son mystère.

Strophe 4, les antithèses doux/amer, or/fer soulignent à nouveau les ambivalences de Jeanne.

On dit souvent que les yeux sont le miroir de l'âme, or ici rien ne se révèle. Le poète ne peut

atteindre l'âme de Jeanne. Il peut avoir son corps mais pas son âme.

C. La situation du poète

1. Le poète enivré

On peut parler d'ivresse amoureuse. Le poète est sous le charme de cette femme ambivalente mais il

devient dépendant d'elle. Sa salive est assimilée à «un vin de bohème». Il y a donc l'idée d'une

drogue transmise par le baiser de Jeanne

2. Le poète hypnotisé

La danse de Jeanne hypnotise le poète. Jeanne est assimilée par métaphore à un serpent qui danse,

cette animalisation est très symbolique : le serpent est associé dans la religion à l'animal tentateur et

maléfique. Il symbolise le mal, ce n'est pas innocent d'y associer Jeanne, elle incite aux péchés. On

retrouve ici le plaisir associé au danger.

Conclusion

Dans ce poème lyrique et érotique, Charles Baudelaire donne de Jeanne une image très

ambivalente : c'est une femme qui se donne et se refuse, c'est une femme sensuelle et une enfant,

elle apporte le plaisir et le danger. Jeanne Duval est finalement une véritable fleur du mal.

’Une charogne’’

A. Elements pour une introduction

a) Poème XXIX qui suit "le serpent qui danse","sed non satiata" ou encore le poème XXV qui

commence par "Tu mettais l'univers entier dans ta ruelle,/Femme impure !". Tout ceci pour évoquer

l'environnement décomposé dans lequel se situe le poème.

b) Rappeler ce qu'évoque le poème : une sorte de lettre ou de discours du poète à celle qu'il aime

-ou qu'il fréquente- pour lui dire que seul le poète-ou l'amant- peut garder l'éternité d'une forme

dans sa beauté : le temps en effet détruit tout et la beauté devient laideur.

c) Souligner d'abord la parenté de ce poème avec le Carpe Diem d'Horace mais aussi de Du Bellay

dans Mignonne allons voir si la rose... ou Quand vous serez bien vieille au coin du feu... Ce n'est

pas du tout anodin dans la mesure où un poète, comme un peintre, travaille aussi à renouveler nos

modèles. De ce rapprochement saute aux yeux ce qui différencie les poèmes. Certes, on peut être

choqué déjà par Du Bellay quand il parle d'une "vieille accroupie"...que dire de Baudelaire, alors ?

Et de toute évidence, ce poème choque, révulse.

d) Et pourtant, au-delà de cette brutalité, Baudelaire ne nous convie-t-il pas à comprendre que la

beauté de la forme, la beauté du monde, peut-être faite de laideur ? N'est-ce pas d'ailleurs là tout le

sens de son titre, "Les Fleurs du Mal" ?

B. Une description repoussante

.Champ lexical :

mort : carcasse,une chienne, squelette, le morceau,ossements

ordure, décomposition :

charogne infame, pourriture , horrible infection

signes : vermine, larves, mouches

 odeurs: exhalaison, puanteur, putride

 aspect :suant, noirs, épais liquide

 décomposition : haillons

.Accumulation

.Amplification

C. Une invitation à réfléchir à l'oeuvre de l'artiste

1° Par la mise en évidence de la beauté

2° Par la réflexion sur la création

3° Par la prise de conscience du rôle de l'artiste

‘’De profundis clamavi’’

Introduction :

Le sonnet, après avoir été en vogue au XVIème siècle a perdu de sa gloire pour revenir à la mode au

XIXème, notamment grâce à Baudelaire.

Baudelaire a d’abord une carrière de critique d’art avant de sa consacrer à la poésie avec les Fleurs

de Mal en 1857. Cette œuvre a été en partie censurée, certains poèmes ayant des thèmes jugés

immoraux. Même le titre est provoquant : dans le laid (mal) il y a du beau (fleur). Le poète se donne

la mission de transformer la boue en or. Son existence est traversée par la souffrance, illustrée par le

titre de la première partie des Fleurs du Mal : « Spleen et Idéal ». Le poète est écartelé entre Dieu et

Satan, entre le bien et le mal.

Ce poème est le trentième de « Spleen et Idéal ». C’est un sonnet irrégulier : ABBA CDDC EE FF

GG. Le titre signifie : « J’ai crié des profondeurs ». Dans ce poème, le poète s’adresse à « Toi »,

pronom personnel au référent ambigu et fait référence à un lieu atroce.

On verra comment Baudelaire à la fois s’inscrit dans une tradition, celle du poète mélancolique et

fait preuve d’originalité par la forme irrégulière du sonnet.

I. Une prière avortée :

1. Un lexique religieux :

Le titre est emprunté à la Bible, aux Psaumes. C’est le titre du psaume 130, psaume d’espérance.

Les premiers vers sont religieux : « J’implore ta pitié, Toi, l’unique que j’aime » Fait penser à une

prière. La majuscule à Toi montre que c’est un pronom sacré. De plus celui-ci est mis en évidence,

à l’hémistiche et entouré de virgules. Il bouscule le rythme. On peut se demander à qui correspond

ce pronom : à Dieu, au Diable, à sa Muse ou à une femme.

2. Une parole blasphématoire :

Le blasphème est une parole qui outrage Dieu et la religion. La prière retombe dès le vers deux : «

Du fond du gouffre obscur »

Le « gouffre » et le « chaos » :

On peut parler de paroles blasphématoires pour deux raisons : « gouffre obscur » connote les enfers

et les lieux décrits font penser au chaos, ce qu’il y avait donc avant la création divine.

Un double péché :

Au vers 2 : péché de désespoir car normalement celui qui a la foi garde espoir. Le poète transforme

un chant d’espoir, le psaume 130 en un chant de désespoir.

Au vers 12, péché de jalousie : « Je jalouse »

Le poème se termine sur un désir de mort :

Le poète fait allusion au sommeil au vers 13 qui représente implicitement la mort. Il souhaite donc

la mort implicitement. Mais le suicide est interdit par la religion comme la volonté de mourir.

Rien ne permet au poète de s’élever. Il est donc dans un état de totale déréliction ‘état de l’Homme

abandonné par Dieu)

II. Un tableau du spleen :

Spleen : mot anglais utilisé au XIXème siècle pour désigner une sorte de mal vivre associant à un

malaise physique un état d’âme mélancolique. Ce mot signifie donc mélancolie. Ce n’est pas le

premier sens du terme. Ce dernier est rate que l’on considérait alors comme le siège de l’humeur

noire qui causait la mélancolie chez les sujets où elle était abondante.

Ce poèmes est une description paradoxale qui évoque le vide est l’absence.

1. Caractéristiques d’un lieu dysphorique :

· Un lieu sombre : « gouffre obscur » (v.2), « horizon plombé » (v.3), « nuit » (v.4 et 6), « immense

nuit » (v.11)

· Un lieu froid : « soleil sans chaleur » (v.5) ; « terre polaire » (v.7) ; « soleil de glace » (v.10)

(oxymore). On observe une gradation dans les termes.

· Un lieu vide : « gouffre » (v.2) ; « morne » (v.3) ; « nu » (v.7), « ni » répété quatre fois au vers 8 ;

« chaos » (v.11). Là encore, une gradation dans les termes.

· Un lieu atroce : Références à l’horreur : « horreur » ; « blasphème » (v.4) ; « horreur » (v.9) ; «

cruauté » (v.10).

Ici, on a affaire au contraire du « locus amoenus » (topos du lieu paradisiaque)

2. Un Sonnet fondé sur le rien, sur le vide :

Usage de la négation :

Baudelaire fait un usage particulier de la négation. Au vers 8 la négation « ni » est répétée quatre

fois. Insistance sur le manque.

La description est peu classique, paradoxale : d’habitude les descriptions s’ajoutent les unes aux

autres alors qu’ici tout se gomme peu à peu.

L’appauvrissement des sonorités... :

Dans les quatrains, les sonorités se répètent et se diffusent dans le poème : « unique » (v.1) à «

univers » (v.3) à « nuit » (v.4) à « nuit » (v.6) à « nu » (v.7) à « ni » (v.8). Diffusion mais

appauvrissement.

Pas de renouvellement de mots mais des répétitions : « soleil » v.5 et 6 ; « horreur » v.4 et 9 ; « nuit

» v.4, 6 et 11 ; « terre » v.6 et 7. C’est volontaire, le poème n’obéit pas à une progression mais est

fondé sur la répétition. Au moment de la volta : « Or » qui est un lien logique. On peut donc penser

qu’il y aura un changement mais ce n’est pas le cas, or ne se charge d’aucune valeur

argumentative : il n’offre aucune autre conception du monde.

Seuls variations de ce poème, les superlatifs qui mettent en place un gradation : « plus » (v.7) à «

pas d’horreur au monde qui surpasse » (v.9) à « plus vils » (v.12)

...qui se prolonge par un travail sur les rimes :

Au début du poème les rimes sont riches : « plombé / tombé ». Puis on observe un appauvrissement

des rimes. De plus en plus, le sonnet s’écarte des règles habituelles : des rimes plates dans les

tercets qui expriment les platitude de la vie et l’ennui d’un monde voué à la répétition. Ce poème a

donc une forme sens, la forme est chargée de sens.

3. Le poète mélancolique, né sous le signe de Saturne :

La planète Saturne : le temps qui se dilate :

Le temps est très particulier dans ce poème car il n’est plus dynamique : pas d’alternance nuit/jour

et plus de saison. Un jour dure six mois, une nuit six mois. On est tout le temps en hiver, le temps

est statique. Le paysage décrit correspond à celui de Saturne, planète vue comme étant la plus lente

du système solaire, elle est froide, sèche et maussade. Par conséquent, dès le XVIème siècle se

développe l’idée selon laquelle les poètes, créateurs tourmentés sont nés sous le signe de Saturne,

planète de la mélancolie.

Baudelaire récupère ici cette tradition. Verlaine l’a fait également en écrivant les Poèmes Saturnins.

Analyse de la métaphore du dernier vers :

« Tant l’écheveau du temps lentement se dévide » : c’est la chute du poème, une place stratégique.

Cette chute est mélancolique. Souffrance due à l’ennui et à la lenteur du temps qui s’écoule.

« L’écheveau du temps » est une métaphore qui fait allusion à la mythologie, aux trois Parques, les

trois sœurs gardiennes du temps et de la mort. Elles s’occupaient de dérouler le fil de la vie : une

tenait l’écheveau, une tirait le fil et une dernière le coupait, ce qui symbolise la mort.

Le poème se termine sur « dévidé » et ce n’est pas un hasard. Ce mot file la métaphore mais ce n’est

pas tout. C’est également un mot circulaire, symétrique : DE - vi- DE, ce mot se termine par « vide

», comme l’est le reste du poème. Cette circularité peut représenter l’écheveau ou l’enfermement du

poète dans le vide, que contient ce mot.

La métaphore est en fait filée dès le premier tercet avec l’enjambement des vers 9 et 10. La

métaphore est renforcée par le son « ce » à la fin du vers qui le prolonge encore. Le vers se prolonge

et s’étire comme l’écheveau du temps. CONCLUSION

Le paysage décrit rappelle la planète Saturne, ce qui fait référence à la tradition littéraire qui date du

XVIème : le thème de la mélancolie. Très présente dans l’œuvre de Baudelaire, la planète fait

songer aux trois poèmes intitulés « Spleen »

L’exploitation de la forme du sonnet est particulièrement remarquable ici et ce de trois points de

vue : le travail sur les sonorités (leur appauvrissement) ; le travail sur la versification, sur les rimes

et les enjambements ; le travail sur la structure du sonnet avec un faux retournement au niveau de la

volta et une chute très réussie.

Baudelaire réussit ici l’exploit poétique de faire un poème sur le vide et l’ennui.

‘’Le vampire’’

Chez Baudelaire, l'amour revêt deux formes : spiritualisé, il permet d'échapper au Spleen et

d'atteindre l'Idéal; sensuel, en revanche, il conduit souvent à la passion et aux amertumes qui

l'accompagnent. Loin d'apporter la paix, cet amour peut devenir synonyme de tourment et même de

mort. La femme qui en est le vecteur est alors vue comme un être maléfique.

Dans « Le Vampire », Baudelaire illustre ce thème et met en scène la plainte d'un homme sous

l'emprise passionnelle. Il s'agit alors de voir comment le poème, sous couvert d'un propos hostile,

est en réalité un témoignage amoureux et comment le poète transforme une plainte en un récit dont

l'atmosphère est « infernale ». ‘’Le chat’’

Un des poèmes appartenant au bestiaire des Fleurs du mal

Rappeler que pour Baudelaire l'image des chats est étroitement liée à celle de la femme comme le

montrent explicitement les deux autres poèmes du recueil . Ici, le poète semble s'attacher à une

description de l'animal sans aucune référence claire à la femme . Le sonnet apparaît donc comme l'

éloge d'un animal familier observé, compris et apprécié pour sa grâce et sa noblesse qui l'éloignent

du monde du vulgaire.

Le poème progresse à partir d'une série d'identifications

entre:- certains êtres humains et les chats

-les chats et les coursiers de l'Erèbe

-les chats et les sphinx

-les chats et l'espace infini

Etude linéaire tenant compte de ces associations.

1er quatrain: Il s'articule autour des notions d'affection et de réciprocité( cf. le verbe principal et

l'adverbe "également"accentué grâce à la coupe du vers2 ). Cet équilibre est reproduit par le rythme

binaire de cette strophe dont les vers sont marqués à l'hémistiche (vers 2 et 3 = césure; vers 1 et 4 =

coordination. C'est donc l'idée de couple qui prédomine: couple des sujets (v.1) substantif + adjectif

. Ces deux catégories humaines opposées (sensuels et intellectuels) se rejoignent dans leur

identification avec l'animal.

Couple des sonorités : deux sons voyelles dominants: /a/ et les sons nasalisés /en/.

Ceux qui aiment et ceux qui sont aimés dont l'union est notée par la reprise symétrique du vers 4

"comme eux".

Si l'article défini pluriel généralise , les nombreux adjectifs empêchent cette généralisation d'être

réductrice et simplificatrice , ils soulignent la profondeur (fervents) de l'affection, le sérieux d'un

amour associé à la maturité (le deuxième hémistiche du vers 2 peut aussi bien renvoyé aux sujets du

vers 1 - amoureux +savants -,qu'à l'objet du vers 3 - les chats.) , les qualités naturelles des chats

dont la puissance suggère le félin sauvage alors que la douceur suggère la domesticité. L'accent est

d'ailleurs mis , au vers 4, sur l'attachement à un monde chaleureux ("frileux") et familier

("sédentaire") un contexte propice à l'épanouissement de l'amour et au travail intellectuel .

2ème quatrain : La deuxième strophe propose une approche morale des chats. Le vers 5 fait écho au

vers 1. Il marque la réciprocité en un chiasme (volupté = amoureux fervents / science = savants

austères). Les chats s'échappent de la vie futile faite de bruit (le silence) et de lumière (ténèbres) car

ils possèdent les traits contradictoires des deux catégories d'homme ( amoureux = obscurité ;

savants = silence) .

Tentation de les associer à la mort mais la référence à l'Erèbe si elle met l'accent sur leur caractère

nocturne , montre avant tout qu'on ne peut les confiner à leur nature animale en les apprivoisant. Le

conditionnel souligne surtout l'impossibilité. La référence vaut aussi pour sa dimension descriptive :

la docilité des "coursiers" est imagée grâce au verbe "incliner"; donc la référence met en valeur , par

inversion, la " fierté" des chats qui surrenchérit sur "l'orgueil" du vers 3.

Les deux tercets ( ou le sizain) proposent une approche extérieure, une espèce de portrait

impressionniste. Des métaphores qui amènent un élargissement, une amplification spirituelle : alors

que les quatrains emprisonnent les chats dans l'espace et dans le temps ("saison, maison"), dans les

tercets les limites disparaissent, l'évocation du désert se substitue à l'espace domestique et

l'évocation de l'éternité ("un rêve sans fin") s'oppose à l'idée de saison.

La description des chats passe par leur ressemblance aus Sphinx: il s'agit d'embellir l'image d'un

animal ("nobles...grands") doué de raison : le verbe du vers 9, "Ils prennent" laisse en effet entendre

une démarche volontaire, réfléchie (cf. le gérondif "en songeant") pour vivre à l'écart du

monde.L'expression "au fond des solitudes" , par le pluriel et la locution , marque la distance qu'ils

cherchent à établir: éloignement spatial et éloignement temporel. Noter les sifflantes (allitération

en /S/ du vers 11), sonorités propices à l'évocation d'un sortilège, d'un mystère que le deuxième

tercet développe.

Recours à la métonymie (les parties du corps "les reins...les prunelles" ) pour présenter un animal

médiateur. Sa matérialité permet d'accéder à l'immatérialité , au rêve comme le suggèrent l'épithète

"magique" et le verbe "étoiler". De ces chats qui cherchent l'obscurité , émane la lumière.

"Etincelles", "parcelles", "prunelles" se font écho aussi bien au point de vue du sens que du son.

Les chats se dissolvent donc en fragments de matière que la comparaison du vers 13 associe au

sable du désert, et le dernier vers apparaît comme une apothéose : sentiment de fusion de ces

animaux avec le cosmos , sentiment soutenu par la dimension spirituelle ("mystique") que le poète

attribue aux chats.

Conclusion Si certaines catégories humaines ressemblent aux chats , ces derniers donnent une leçon

de sagesse à l'homme et possèdent le pouvoir de conduire à un mystérieux au-delà, un ailleurs qui

laisse deviner l'idéal. Paradoxe baudelairien où un animal introverti et casanier devient le médiateur

et l'emblème de l'ailleurs. ‘’Le balcon’’

Intro : 

Souvenir thème souvent repris par les poètes romantiques, cette fois repris dans « Le Balcon » de

Baudelaire, poète qui annonce le symbolisme. Composé de six quintiles d’alexandrins aux rimes

croisées, le poème est tiré du recueil Les Fleurs du Mal publié en 1857 (section Spleen et Idéal).

Ecrit à l’époque de la rupture du poète avec sa maîtresse Jeanne DUVAL, le poète rappelle les

souvenirs d’un amour heureux.

 Etude de ces souvenirs

 Le pouvoir d’évocation de l’écriture poétique

I Le thème du souvenir figure déjà dans la valeur symbolique du titre, comme si le poète se

situait à une certaine hauteur et se penchait sur son passé.

1) Ces souvenirs rappellent une femme aimée, idéale, aux multiples facettes.

- Apostrophes la présentant avec le visage d’une mère (« mère des souvenirs »), d’une

amante (« maîtresse des maîtresses », hyperbole) et d’une déesse (« reine des adorées », hyperbole).

Présence aussi du visage d’une sœur dans « dans mes mains fraternelles ».

- Parallélisme au vers 2 : ambivalence de la femme, ainsi que le chiasme avec «mère », « plaisirs »,

« maîtresse », « devoirs ».

- Ambivalence également dans les champs lexicaux : sensualité (« plaisirs », « caresses », « sein »,

« beauté ») qui ramènent à l’amante ; spirituel et sentimental (« devoir », « douceur du foyer »,

« cœur », « fraternel ») qui ramènent plutôt à la mère ou à la sœur.

- L’adjectif « doux » utilisé pour le sein et le cœur témoignent aussi de l’alliance entre la sensualité

et l’affectivité de cette femme (double acception de l’adjectif).

2) Intimité amoureuse et heureuse, mais peut-être fragile, en tous cas ambivalente.

 Bonne qualité de la relation : champ lexical du bonheur (« plaisir », « douceur »,

« charme », « bon », « heureuse »). L’amour prend la forme spirituelle d’une conversation intime

(v.9).

 Sorte d’immortalité de la conversation par « impérissables », de même que sa banalité :

« choses ».

 Amour exprimé par une tendresse presque fraternelle au v.3 : « la beauté des caresses ».

Le poète idéalise ces caresses en passant du domaine sensuel au domaine de l’esthétique. Le v.13

mêle respect et sensualité. Les v.19-22 insistent sur l’affection tendre.

 Certains vers soulignent plus l’aspect sensuel, tel le premier hémistiche du v.8, le v.14

(sensation tactile & olfactive), le v.18.

 Communion non dépourvue de menaces (opacité de la nuit au v.16). Antithèse au v.18 =

ambivalence de la relation.

II Un autre enjeu du poème : rappeler et illustrer une fonction de l’écriture, la résurrection du passé

1) Cette fonction est nettement rappelée. Avec euphorie, le poète rappelle son pouvoir magique.

Cependant, mélodie interrogative de la dernière strophe = nostalgie et angoisse face à la réalisation

de cet idéal de résurrection.

- « Gouffre » : passé irrécupérable. « Interdit à nos sondes » : renforce l’idée d’irréversibilité du

passé.

- En même temps, comparaison des v.28-29 = purifier l’évocation du souvenir afin de la rendre

affective. « Les soleils rajeunis » : périphrase qui manifeste le pouvoir du soleil de renaître, de

même que le poète ressucite le souvenir.

2) Fonction illustrée par son pouvoir de suggestion lyrique.

- L’énonciation fait revivre la relation (fréquence des pronoms 1 et 2). V.2 : présence du destinataire

et du poète (« mes »). ème

- Grande musicalité (=lyrisme). Dans chaque quintile, le 5 vers reprend le vers initial. Impression

de fluidité par les enjambements. Rythme binaire, grande régularité dans plusieurs vers. Rimes au

harmonie

moins suffisantes ou riches du poème et donc de l’évocation.

- Suggestion plutôt que description : parties du corps de l’amante citées mais non décrites. Cadre

spatio-temporel également suggéré. Ces moments se situent aussi bien en été, en hiver, en automne

ou au printemps. Les moments de la journée sont moins flous : le soir ou la nuit, choisis parce qu’ils

connotent l’intimité. Mais les lieux restent vagues : aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

D’ailleurs, le balcon est un lieu intermédiaire entre l’intérieur et l’extérieur. Ces lieux sont de toute

façon caractérisés par les jeux d’ombre et de lumière, et les notations de chaleur. Des phrases

exclamatives sur la beauté du cadre qui semble se dilater témoigne de façon elliptique et pudique du

bonheur du poète.

Conclusion :

Le poète rappelle le souvenir d’une femme aimée aux fonctions multiples, avec laquelle le poète a

connu une relation fraternelle et amoureuse ambivalente. Mais surtout, il chante l’harmonie de ce

souvenir, le suggère en lui redonnant puissance et pouvoir émotionnel. Ainsi, le souvenir ou plutôt

l’écriture de ce souvenir constituent-ils un moyen miraculeux de contrecarrer le spleen grâce au

pouvoir magique de recréation de la mémoire volontaire.

je te donne ces vers afin que si mon nom

Introduction

Ce poème fut écrit par Baudelaire et est un extrait des Fleurs du Mal, publiée en 1857. Ce texte

est inspiré par la malédiction des muses, le poète ne dépend donc plus de sa muse, et c'est ce qui fait

la modernité de ce poème. Comment Baudelaire parvient-il à associer modernité et tradition dans

ses poèmes ? Pour répondre à cette problématique, nous verrons dans un premier temps nous

verrons le poème soumis à la tradition, puis dans un second temps nous nous intéresserons à la

poésie qui est un instrument d'immortalité et enfin, nous étudierons le rôle du poète, "être maudit".

I - Un poème soumis à la tradition

- sonnet/mètre régulier poésie amoureuse (Pétrarque, Ronsard…)

 dédicace, don

- références à l'Antiquité : "malédiction", "mémoire", "vaisseau", "tympanon", "airain", "aquilon",

mais aussi à la tradition poétique : "fables incertaines"

 La poésie traverse les âges

L'écriture de la poésie datant de l'Antiquité, le poème, le poète et ainsi que la femme concernée

deviendront éternels.

II - La poésie, instrument d'immortalité

- champ lexical du temps "lointaines", "un soir", "mémoire"

- enjambements vers 1-2 et vers 7-8 qui expriment la continuité

 longue phrase qui dure jusqu'à la fin des quatrains :

1. proposition principale

2. proposition subordonnée CC de but

3. proposition subordonnée hypothétique

- métaphore filée du navire qui marque la traversée : "aborde", "vaisseau", "grand aquilon"

- vers 7 "chaînon" idée de continuité qui établit l'immortalité

L'objectif est de faire rêver et la poésie est une essence divine, c'est pourquoi elle est immortelle

III - Le poète, "être maudit"

- tercets opposition aux quatrains : la malédiction

- le poète est pris entre les oppositions : "ange"/"être maudit", "haut du ciel"/"abyme",

"ombre"/"trace"

- même en étant maudit, le poète parvient à trouver l'inspiration et la beauté. Il cherche à

transformer la malédiction en une bénédiction. Paradoxalement il est maudit car il n'a plus

l'inspiration de sa muse, mais il trouve un autre moyen d'écrire, justement grâce au fait qu'il soit

maudit.

Conclusion

On se trouve face à un poème qui est à la fois traditionnel (utilisation de la forme du sonnet) et

moderne (dans son inspiration). L'image du poète maudit est inventée par Baudelaire.

‘’Tout entière’’

Amusons-nous un peu et analysons sommairement cette merveille! La double comparaison à

caractère d'antithèse "Elle éblouit comme l'Aurore/Et console comme la Nuit" indique un parfait

mélange d'opposés, une complétion parfaite comme si "Elle" formait un tout harmonieux. Cette idée

est d'ailleurs reprise textuellement dans la strophe suivante. D'ailleurs, le vocabulaire de cette même

strophe - "harmonie", "note", "accords" - réfère au domaine musical indiquant que la beauté

physique dont Baudelaire traite possède un lien étroit avec l'esprit par le biais de la référence

musicale, domaine jugé intellectuel. Sur un autre ordre d'idées, l'auteur ne nomme pas une femme

en particulier; il désigne toujours celle dont il parle par le pronom "Elle" affublé d'une majuscule au

début, ce qui a pour effet de dépersonnaliser ces attraits en les étendants non plus à une seule

personne, mais bien à toutes les représentantes de la gente féminine. D'un autre côté, Baudelaire

traite aussi de l'étrange réaction des hommes face aux charmes féminins. En effet, la double

hypallage "Son haleine fait la musique,/Comme sa voix fait le parfum!" dénote d'un mélange des

sens (dits explicitement dans les deux vers précédents). Cette étrange réaction nous indique que les

femmes auraient le même effet sur les hommes que la drogue. En effet, certains drogués acquiert

une sorte de mélange des sens au bout d'un certain temps comme par exeple l'attribution d'une

saveur à une couleur. C'est exactement ce phénomène de synesthésie que l'auteur décrit. Par contre,

cette drogue féminine est d'abord et avant tout intellectuelle par la référence musicale. Cette même

comparaison drogue-femme est encore plus explicite dans le poème du même auteur et du même

livre: "Le Poison".

‘’Harmonie du soir’’

Introduction :

Ce poème des Fleurs du mal de Baudelaire fait partie du cycle de l’amour : c’est l’avant dernier

poème consacré à Mme de Sabatier.

Il est fondé sur l’harmonie, avec un ensemble de quatre quatrains formés d’alexandrins, et des

rythmes et sonorités organisés.

Annonce des axes

I. Une forme particulière

1) forme fixe orientale : le pantoum

fonctionnement du pantoum : reprise des vers 2 et 4 de la première strophe aux vers 1 et 3 de la

deuxième strophe ; reprise des vers 2 et 4 de la deuxième strophe aux vers 1 et 3 de la troisième

strophe.......

Cette forme est arrivée en France avec Hugo " Les orientales ", et les parnassiens ont travaillé sur

cette forme.

2) une forme adaptée

utilisation de deux rimes seulement, en "on " et "ige", ce qui crée, avec la complicité des rimes

embrassées, un sentiment d’harmonie et de régularité.

II. Vertige des sens et des sensations

1) le vertige

La reprise des mêmes rimes crée un effet lancinant ; au-delà de l’harmonie, le poème

devient une sorte de tourbillon d’images et de sensations, ce qui est exprimé par les vers 3 et

4.

2) les différents sens

la vue : " triste et beau " ; " luit comme un "

l’ouïe : " valse " ; " violon "

l’odorat : " s’évaporer " ; " encensoir " ; " parfum "

Ces diverses sensations se répondent comme dans Correspondances : c’est l’illustration des

synesthésies (= correspondances dites horizontales entre les sens).

3) passage au malaise

Ce vertige, agréable, tourne au malaise.

La dualité est toujours présente chez l’auteur : le tournoiement combine plaisir et malaise.

III. Le spleen baudelairien

1) antithèse ombre/lumière

l’ombre apparaît dans le vers 10 " néant vaste et noir "

la lumière est associée au passé " passé lumineux " et au souvenir " ton souvenir [...] luit " Pour le

poète, inutile de vivre le présent, englouti dans les ténèbres.

2) une dimension religieuse

" voici venir le temps où " est une injonction biblique, prophétique

" ostensoir " " reposoir " " encensoir " permettent de donner une dimension religieuse au texte, c’est

à dire montrer que le sentiment amoureux à quelque chose de sacré.

Conclusion

Dans ce poème, on observe une triple évolution :

- temporelle, du crépuscule à la nuit

- spatiale, du mouvement à l’immobilité

- affective, avec le passage de la perception agréable à la souffrance, puis au souvenir de la femme

aimée. ’Le poison’’

Introduction

Baudelaire tente ici d'échapper au spleen grâce aux paradis artificiels. A la lecture du titre, on sait

déjà ses tentatives vouées à l'échec et ce poème prend donc sa place dans "Spleen et Idéal" comme

relevant de la tonalité du spleen. Du point de vue de la forme, on pourra noter l'utilisation très rare

des heptasyllabes mélangées aux plus classiques alexandrins organisés en 4 quintils.

La présence de la mort

Le champs lexical de la mort est présent tout au long du texte. "Soleil couchant", "nébuleux",

"noirs et mornes", "poison", "gouffres amers", "oubli", "vertige", "charriant", "la mort". On assiste

ici à une progression depuis une morne tristesse jusqu'à la mort elle-même : on s'enfonce dans le

spleen à mesure que l'on essaye d'y échapper.

I. 1ère tentative : Le vin

Ici prime la luxure, la beauté et le rêve. "Luxe", "miraculeux", "fabuleux", "or" .... Le vin amène

alors des hallucinations. Hallucinations artistique avec la survenue de "portique fabuleux", allusion

à l'art grec, et hallucinations colorées avec l'"or de sa vapeur rouge" dans un amalgame de matière :

le solide avec l'aérien, l'or avec la vapeur.

Première allusion à la mort et premier échec avec le "soleil couchant" déjà annoncé par le rouge

de la vapeur alors que nous sommes en pleine vision miraculeuse. Apparement, l'effet du vin est

positif mais une note sordide apparait en arrière plan.

II. 2ème tentative : l'opium

Ici c'est le champ lexical de l'agrandissement, "Agrandit", "illimité", "pas de borne", "au delà".

L'opium est un extenseur de l'espace dans les trois dimensions :

"Allonge" en longueur, "approfondit" et "agrandit" en volume. C'est un domaine de non-espace et

de volupté, étiré à l'infini. Mais les plaisirs sont "mornes et noirs". La chute est brusque, bien plus

terrible que celle du vin, à peine esquissée. On retombe ici brutalement dans le spleen.

III. 3ème tentative : la femme

Domaine de l'erotisme et de la sensualité, la femme prend d'emblée de l'importance : "Tout cela

ne vaut pas" mais déjà les yeux de la femme, qui la représente métonymiquement, ces yeux, partie

la plus immatérielle du corps de la femme troublent l'auteur et le fait "trembler". Le champ lexical

de l'eau à relever présente la femme comme source de mort. Cette eau ne désaltère pas l'auteur, la

salive qui "mord" n'est pas sans rappeller la mort. Le "remord" évoque le péché, l'"âme"

"défaillante" qui était plongée dans l'oubli en arrive jusqu'aux portes de la mort.

Conclusion

Les paradis artificiels débouchent sur la mort de l'âme. La gradation très Baudelairienne vin-

>opium->femme n'aboutit qu'à la mort.

“L’invitation au voyage”

Analyse

Ce poème, qui est avant tout rythme et suggestion, présente néanmoins une trame intellectuelle

précise, les idées s'enchaînant selon une progression logique.

Dans la première strophe, une correspondance est établie entre le paysage (qui, «là-bas» restant

imprécis, n’est évoqué que par des «soleils» et des «ciels») et la femme qui est appelée par le poète

«soeur» parce que, pour lui, la femme aimée (il s’agit de Marie Daubrun) est «la sœur d'élection».

«Au pays qui te ressemble» marque bien ce que Baudelaire précisa dans le poème en prose

“L’invitation au voyage” qui est son doublet et développe les mêmes thèmes : «Ne serais-tu pas

encadré dans ton analogie, et ne pourrais-tu pas te mirer, comme parlent les mystiques, dans ta

propre correspondance?». «Ciels» est le pluriel de «ciel» dans le vocabulaire technique des

peintres. Pour Marie Daubrun, Baudelaire a écrit un autre poème intitulé “Ciel brouillé” où il l’a

comparée à un «paysage brouillé» qu’enflamment les rayons du soleil à travers une atmosphère

pleine d’eau. «Charmes» a le sens fort, classique, d’«attraits magiques». Les «traîtres yeux» sont

bien encore ceux de Marie Daubrun, car il a parlé du «poison qui découle / De tes yeux, de tes yeux

verts» (“Le poison”, vers 11-12), de ses yeux mystérieux (“Ciel brouillé”, vers 2).

Les termes du refrain se complètent et se modifient d’une fois à l’autre. L’union du «luxe», du

«calme» et de la «volupté» a été répétée dans le poème “La vie antérieure” : «C’est là que j’ai vécu

dans les voluptés calmes», et dans le poème en prose : «Un vrai pays de Cocagne, où tout est beau,

riche, tranquille, honnête ; où le luxe a plaisir à se mirer dans l’ordre».

La deuxième et la troisième strophes présentent des éléments qui correspondent à chaque terme du

refrain. Dans cet intérieur, rendu visuellement et olfactivement, l’âme retrouve la patrie idéale

qu’elle a connue dans cette «vie antérieure» évoquée dans l’autre poème de Baudelaire et dont elle

a la nostalgie. Si l’on pouvait encore hésiter, en dépit des «soleils mouillés», des «ciels brouillés»,

qui suggèrent un pays pluvieux, les «canaux» et les «vaisseaux» font bien admettre que ce pays

cher à Baudelaire est les Pays-Bas, pays en relation avec ses colonies des Indes orientales, avec

l’Asie, mais que, cependant, il ne connaissait que par les tableaux aperçus dans les musées (comme

ceux de Pieter de Hooch, Vermeer n’ayant pas encore été découvert) et par les relations de voyages

que firent d’autres écrivains comme Bernardin de Saint-Pierre («La propreté qui règne dans leurs

maisons n’en exclut pas la magnificence [...] les buffets garnis de porcelaine de la Chine, les

meubles de bois des Indes d’une beauté et d’une durée éternelles» - «Un canal où vont et viennent

un grand nombre de bateaux [...] une multitude de vaisseaux sont prêts à partir à tous les vents»),

Gérard de Nerval et Esquiros («Tout est calme, luisant, simple ; tout resplendit d’ordre, de luxe,

d’une joie intérieure et recueillie» - «les canaux, ces fleuves arrêtés»). Il se souvenait aussi du

“Domaine d’Arnheim”, nouvelle d’Edgar Poe qu’il avait traduite et où on lit : «Les impressions

produites sur l’observateur étaient celles de richesse, de chaleur, de couleur, de quiétude,

d’uniformité, de douceur, de délicatesse, d’élégance, de volupté et d’une miraculeuse extravagance

de culture». En fait, les Pays-Bas étaient plus un point de départ pour les rêves qui permettait à ce

néo-romantique qu’il était de reprendre le thème romantique de la «nostalgie du pays qu’on ignore»

(dans le poème en prose).

Les strophes sont organisées selon une alternance entre deux vers de cinq pieds, qui, par leurs

rimes, forment comme un distique, et un vers de sept pieds, qui rime avec un autre, tandis que le

refrain est un distique de vers de sept pieds, qui riment ensemble. Ces mètres impairs étaient tout à

fait inhabituels dans la poésie française. Les strophes étant dynamiques tandis que le refrain est

marqué par la régularité, ce rythme est en lui-même une «invitation au voyage».

Ce poème, où passent comme sur des touches de rêve tant de thèmes baudelairiens, est l’un des plus

mélodieux de la langue française. Avec cette science du rythme et des harmonies secrètes qui tient

parfois de la magie, Baudelaire y résuma ses aspirations essentielles : beaucoup de ses poèmes ne

sont-ils pas, en somme, des invitations au voyage?

“Causerie”

Versification :

Il s’agit d’un sonnet irrégulier. Les vers sont des alexandrins aux rimes croisées. La rime du dernier

tercet est plate. Les rimes sont suffisantes (rose/morose) et pauvres (saccagé/mangé). L’alternance

des rimes masculines et féminines est respectée.

Cf. fiche sur les rimes.

Explication du titre :

Une causerie est une petite conférence sans prétention. Le poète nous parle de sa tristesse sans

prétention.

Thème :

Le thème abordé ici est celui de la tristesse causée par une femme.

Analyse :

Premier quatrain :

Le vers 1 est une métaphore de la femme. Baudelaire la compare à « un beau ciel d’automne, clair

et rose ». Le point d’exclamation marque la stupéfaction face à la beauté. Néanmoins l’antithèse

entre « automne », qui est une saison détestée par Baudelaire et assimilée au Spleen, et « beau ciel

[…] clair et rose » annonce que l’on n’est pas dans l’idéal. ‘Il y a un problème’ avec cette femme.

Au vers 2, le « mais » introduit l’idée du Spleen plus clairement. La montée de la tristesse est

comparée à la marée.

Au vers 3 et 4, la métaphore du « limon » pour la salive. Une femme a donc fait du mal au poète «

laisse […] le souvenir cuisant ». Sens du goût.

Le terme « morose » est une hypallage (attribuer à certains mots d'une phrase ce qui se rapporte à

d'autres mots) pour parler de l’humeur triste du poète.

Le rythme est irrégulier. Les césures ne sont pas régulières :

Vers 1 9/3

Vers 2 6/6

Vers 3 2/4/6

Vers 4 6/6

Enjambement entre les vers 3 et 4

L’allitération du son « m » souligne la montée de la tristesse.

Deuxième quatrain : 

Au vers 5, le tiret met en évidence ce vers qui pourrait s’apparenter à l’Idéal renforce l’idée

d’inutilité.

Au vers 6, il y a le terme « amie ». Quelqu’un le réconforte. Au vers 6 et 7 son cœur est un « lieu

saccagé par la griffe et la dent féroce de la femme » une femme l’a fait souffrir.

Au vers 8, le poète dit que les bêtes ont mangé son cœur. Métaphore des « bêtes » pour parler des

femmes.

Le rythme est irrégulier. Les césures ne sont pas régulières :

Vers 5 6/6

Vers 6 4/2/6

Vers 7 pas de césure

Vers 8 6/6

Enjambement entre les vers 6 et 7.

Au vers 6, les allitérations en ‘f’ et en ‘r’ soulignent le carnage.

Premier tercet :

Au vers 9, le cœur est un « palais flétri par la cohue ». Le palais a donc perdu toute sa splendeur à

cause du carnage qui y a eu lieu. Cela souligne l’idée de la destruction qu’a causée la femme au

poète.

Au vers 10, il y a une description du carnage.

Au vers 11, le tiret met en évidence ce vers qui pourrait s’apparenter à l’Idéal. Les trois petits points

montre l’évaporation du parfum.

Le rythme est irrégulier. Les césures ne sont pas respectées.

Vers 9 pas de césure

Vers 10 3/3/6

Vers 11 pas de césure

Deuxième tercet :

Au vers 12, métonymie de la Beauté qui est apostrophée par le ‘Ô’ vocatif. La Beauté est le « fléau

des âmes » c’est une calamité. Cela renforce encore l’idée du carnage causé par la femme.

Au vers 13 et 14, le poète demande une fin à son supplice en demandant à la femme de brûler son

cœur.

Au vers 13, « les yeux de feu, brillants comme des fêtes » est une comparaison montrant que la

femme est heureuse de le voir souffrir.

Au vers 14, « ces lambeaux » est une métaphore pour le cœur. « Calcine » veut dire brûle

entièrement fin du calvaire.

Conclusion :

Ce poème se rapproche de Chant d’automne car nous pouvons y retrouver cette même idée de

souffrance. “Chant d’automne”

Situation

- Publié en 1857 dans le recueil du " Spleen et Idéal " (Les fleurs du Mal)

Thèmes

- Spleen et Idéal

- Amour

- La mort

- Les saisons

Style et structure

- Fait de 7 quatrains, vers alexandrins, et rimes croisées.

- En 2 parties majeures (I et II) ou 7 strophes.

Etude Linéaire

- Au premier mot, on apprend que quelque chose va arriver.

- Nous plongerons : le poète attire l'attention du lecteur.

- La première strophe avec ses mots ténèbres, Adieu, et chocs funèbres laissent penser à la mort.

- vers 4 : ce vers montre une image du bois que nous utilisons pour le chauffage, une image qui

représente l'hiver.

- A la 2ème strophe, le saut soudain, le passage de l'automne à l'hiver est très rapide, et inattendu.

- vers 5-6 : enjambement.

- Ces mots représentent l'humeur caricaturée de l'hiver, la vision de cette saison où il fait froid et

mauvais (ex. : haine - peur de la maladie, ou horreur - la mort…).

- Labeur dur et forcé : On a l'impression de travailler plus et quand on finit il fait nuit, il faut gagner

assez pour se payer le bois…

- enfer polaire : oxymore ; le soleil est chaud, lumineux mais l'hiver, bien que toujours là, la chaleur

et la lumière n'atteint plus les hommes, arrêtée, enfermée par le froid.

- vers 8 est la première allusion à l'amour.

- Vers9 : chaque bûche qui disparaît dans le feu, c'est de l'argent qui part, de la chaleur en moins.

- Vers 10 : métaphore au vers 9 qui compare la mort d'une pendaison, le bruit du claquement de la

tête et de la corde quand elle se tend est pour le poète le même bruit de la bûche qui tombe pour

brûler. C'est dû à l'importance que prend un morceau de bois ; il est non seulement la chaleur, mais

la vie.

- Les vers 11 et 12 sont une autre métaphore de l'esprit de Baudelaire qui dit ressembler à une tour

(forme de l'homme) qu'on abat avec des coups (coups durs de l'hiver ; peuvent être moraux,

financiers,…).

- Cette métaphore continue à la strophe suivante ; le choc devient , monotone, trop habituel, sans

oublier la mort si présente (cercueil).

- Durant ces dernières strophes, on se croyait en hiver, mais ce n'est que l'automne : montre

combien le temps est long, avec le souvenir de l'été et l'appréhension de l'hiver.

- La deuxième partie nous semble incohérente au départ, avec le mot J'aime, douce beauté… mais le

mot mais et amer établi la relation avec la première partie du poème.

- ni le boudoir, ni l'âtre, : Métonymie.

- Vers 19 et 20 : Baudelaire remet les pieds sur terre et laisse le spleen s'installer à la place de

l'Idéal, perdu dans son malheur et cherchant quelque réconfort que la femme ne peut lui donner, car

il a besoin de cette chaleur de la nature ; le soleil, donc l'été.

- Vers 22 : Appel au secours, de besoin d'aide.

- Mère : besoin d'amour maternel, besoin d'affection et protection.

- Amante : Besoin de passion, de plaisir.

- sœur : complicité.

- Ephémère : Besoin d'un moment qui casse la monotonie.

- Ce dernier quatrain, plein d'exclamation est comme une révolte, et un dernier espoir vers le beau

temps.

- La tombe attend… : A nouveau la mort, proche tout au long du poème.

- Les 3 derniers vers sont encore une recherche désespérée vers la femme puis le beau temps (…

rayon jaune et doux…).

Conclusion

On peut remarquer deux grandes "forces" montées l'une contre l'autre : le spleen et l'idéal, ou plus

mystique, Eros (amour) et Thanatos (mort). D'où Thanatos, fils de Nyx (la nuit) et Hypnos (le

sommeil) prend une forme très importante dans le poème.

Le titre, Chant d'automne est un chant plaintif, demandant de l'aide contre l'hiver, le malheur,

l'horreur. “moestà et errabunda”

Introduction :

Moesta et Errabunda (Triste et Vagabonde) est un des derniers poèmes de Spleen et Idéal où sont

évoquées des images heureuses. Mais le bonheur en question appartient cependant au passé, et est

l'objet d'une remémoration. Celle d'un autre espace et d'un autre temps que le rêve et l'écriture

poétique seuls ont encore chance de reconstruire fugitivement.

Analyse linéaire :

Le titre

en latin: - déclinaison féminine: "Triste et Vagabonde " (=>Agathe ou l'âme de l'auteur)

- déclinaison neutre: "choses Tristes et Vagabondes " ( souvenirs?)

La référence au latin peut être interprétée comme un retour à l'origine

-de la langue (le latin)

-à l'enfance (Baudelaire était très fort en latin dans son enfance)

On peut aussi remarquer que le titre est rythmé; de plus, sa sonorité rappelle " Agathe "

Le mouvement

On peut remarquer une formation en deux fois trois strophes:

un" Elan" (trois premiers §) qui tend vers le Paradis qui se dérobe, amenant la "Retombée" (trois

derniers §) Dans les trois premières strophes, les deux "entités", une masculine, et une autre

féminine aspirent à autre chose ("Loin! loin! "). Ce désir est effacé dans les trois dernières strophes

par la reconstruction par la mémoire d'un Eden (le thème du Paradis y est très présent).

Toutefois, si ce poème comporte deux parties, la similitude des thèmes abordés, de la construction ,

du ton, et surtout la note interrogative continue et répétitive de l'auteur se demandant si rejoindre ou

recréer ce paradis est encore possible nous permet de voir une unité dans ce poème.

L'évasion des trois premiers § est un départ dans l'espace (éloignement physique) et dans le temps

(retour à l'enfance => thème récurrent chez Baudelaire) et est modulée sur deux thèmes: la mer et le

paradis qui semblent être des moyens de rejoindre ce paradis perdu.

Agathe

vient du Grec "la toute bonne" => paradis. Elle est plus une présence rêvée qu'une vraie femme car:

- Aucune description physique

- Elle est nommée

Ces deux points contrastent avec les femmes habituelles de l'oeuvre de Baudelaire: elles sont

souvent longuement décrites et jamais nommées.

Agathe ne semble avoir qu'un coeur ("est-il vrai que parfois le triste coeur d'Agathe..."). Cette

"Immatérialité" indique une distance par rapport au temps, le corps étant un signe du temps, et le

paradis recherché étant dans l'enfance ou hors du temps.

On peut enfin remarquer qu'Agathe ne semble être là que pur éliminer l'idée contradictoire de

solitude au Paradis.

C'est justement cette idée de solitude qui caractérise le "Spleen" Baudelairien.

(monologue => solitude => impossibilité d'un paradis).

Le rythme

Agathe rime avec frégate => la femme permet le voyage.

En même temps, le double sens de "frégate" renforce l'idée d'abolition des limites physiques, qui

empêche d'atteindre le paradis (bateau rapide ou oiseau).

Cette comparaison de la femme avec un bateau est fréquente dans toute l'oeuvre de Baudelaire. Un

autre point caractéristique du style de Baudelaire est la modernité du vocabulaire, avec ici l'emploi

du mot "wagon" (ligne 11), encore très moderne à l'époque.

Dans le deuxième §, la mer est associée à l'idée de "mère", par les mots chanteuse, berceuse... en

opposition il y a le "père", symbolisé par le vent grondeur et des mot rauques avec des sonorités

occlusives.

Le mot "labeur", associé au père prend ici le sens de travail et de souffrance. La mer est en fait

irréelle, c'est un rêve des deux amants.

On peut remarquer que le paradis recherché se dérobe plus on essaie de se rapprocher de lui : il est

inaccessible => impression de désespoir. Mais il n'est pas seulement loin dans l'espace, il est aussi

loin dans le temps.

On peut aussi remarquer le jeu des couleurs chez Baudelaire:

le noir, la non-couleur, associé à la "ville"

le bleu, signe de vie, de lumière.

le Vert, associé à l'enfance.

=>Agathe est aussi une pierre aux reflets colorés multiples.

Immonde: principe biblique du mal qui s'oppose au rêve, au paradis.

Au troisième §, l'exaspération de l'auteur face au crime, à la douleur et la corruption se fait sentir.

Au quatrième, Agathe disparaît et l'auteur s'adresse donc au Paradis ("Comme vous êtes loin,

paradis parfumé") “Les Chats”

Commentaire composé de ce sonnet extrait des Fleurs du Mal

Ce sonnet de 1847 (et non 1857, date de parution du recueil), devenu célèbre par les études de

linguistique moderne qui lui ont été appliquées, présente un animal domestique que Baudelaire rend

étrange ; comment s'y prend-il ? C'est ce que nous montrerons, en suivant deux axes d'analyse.

I. Le mouvement de l'extériorité vers l'intériorité

Dans cette "maison", les "amoureux" et les "savants", repris avec insistance dès le premier vers du

deuxième quatrain par "science" et "volupté", antithèse des niveaux intellectuel (intériorité) et

sensuel (extériorité), apparaissent comme les propriétaires de chats dont ils partagent les qualités :

· Casaniers, volontiers à l'abri du froid : cf. la comparaison "comme eux frileux et comme eux

sédentaires";

· Réciprocité du sentiment : ces humains - seulement dans leur "mûre saison" : il leur a fallu la

maturité pour l'admettre - "aiment" les chats, qui eux aussi sont leurs "amis" : ambiance d'harmonie.

En outre ces animaux domestiques sont

· puissants, ce qui dans ce contexte renvoie à la puissance que confère la science ; le vers six nous

apprend qu'ils sont des 'chercheurs'

· et doux, par allusion à la douceur de l'affection et de la caresse. La suite du poème nous les montre

calmement ensommeillés ("s'endormir", "rêve", "sable" dans les yeux), conformément à l'image

traditionnelle.

Conclusion : du décor minimal le poète a orienté vers les qualités intérieures des trois protagonistes,

avec insistance : l'austérité caractérise le scientifique selon l'opinion commune du XIXè. s., et

l'expression ultérieure "reins féconds" synthétise à la fois le dynamisme de "amoureux fervents" et

"volupté".

D'autre part, le premier tercet s'attache à l'apparence extérieure de "prennent les attitudes" alors que

le second sonde les "reins" et les "prunelles" de l'animal, qui elles aussi sont remplies (cf. "pleins

de"). Cela illustre la duplicité communément admise du félin dont les poses ne trahissent pas les

intentions. Ainsi l'adverbe "vaguement" laisse finalement planer une incertitude, qui concorde avec

la description de chats ésotériques.

Quant au jeu sur les apparences trompeuses, il concerne non seulement l'opposition entre "semblent

s'endormir" et l'éveil à la vie spirituelle intense que cache ce sommeil, mais, dans les propositions

hypothétiques des vers sept et huit, l'erreur commise par la puissance des ténèbres, qui "eût pris" les

chats pour ses serviteurs (par leur goût pour le monde nocturne, ou par leur puissance dont on a

parlé), si elle ne se rendait compte qu'ils sont indomptables.

Conclusion : le mouvement de l'extériorité vers l'intériorité accroît l'ambiance de mystère qui

auréole la description de ces animaux pourtant familiers. Dans les tercets on a l'impression que

quelque chose d'essentiel se passe en eux, par contraste avec les quatrains où ils occupaient surtout

le rôle d'objet. A la réclusion initiale succède une libération inverse.

II. Du monde banal, concret, au monde merveilleux, fantastique

L'évolution de qualités stéréotypées (que l'on peut juger comme normales, tels le côté casanier, le

goût de la chaleur et de la nuit, la duplicité, etc.) vers l'extra-ordinaire se manifeste à la fin du vers

six avec "horreur des ténèbres" qui rime avec les "coursiers funèbres" du monde des Enfers, puis

que l'Erèbe, fils du Chaos et de na Nuit, se situe dans cette région. Voilà esquissée une mythologie

grecque dont le côté négatif est accru par les rapports de force ("incliner au servage") qui affectent

les chats. Leur recherche n'apparaît plus alors dirigée vers la science mais vers une autre austérité

maléfique.

Mais c'est dans les tercets - unifiés par une seule phrase - qu'a lieu le dépaysement total, lors de la

comparaison des chats avec ces "grands sphinx allongés" (monstre fabuleux, félin, lié au soleil, à

l'énigme et à l'art - sculpture) : les "solitudes" où ils se trouvent évoquent bien sûr celle des déserts,

confirmés au second tercet par le "sable fin" ; quant à la noblesse de leur port, de leur position

redressée de puissants gardiens du temple, elle s'origine dans cet "orgueil de la maison" et cette

"fierté" que l'on attribue volontiers à l'animal impossible à vraiment domestiquer (il conserve son

indépendance). En outre, à l'exotisme du décor africain répond la mythologie égyptienne pour qui le

chat était animal sacré : Baudelaire reprend là des idées et images communément admises au XIXè

s. où le voyage oriental est à la mode (on comprend mieux le lien avec la science si l'on se réfère

aux découvertes de Champollion). D'ailleurs le champ lexical de la religion se situe à des endroits

stratégiques du sonnet avec le dernier mot "mystiques" (communion des yeux du chat avec le divin)

qui fait écho à la ferveur du premier vers, voire à la pose hiératique faite de "silence".

Infini et absolu : voilà vers quoi tendent ces animaux métamorphosés, eux qui vivent dans un décor,

comme leur "rêve, sans fin", fait de milliards de particules ; en effet le ternaire "étinc elles - parc

elles - prun elles " les disperse en une myriade d'étoiles qui esquisse un mouvement de redressement

jusqu'aux cieux. Si bien que par ce jaillissement "magique", la couleur "d'or" éclaire de façon cette

fois heureuse les "ténèbres" mythologiques dont il était question (on peut dire que le monstrueux a

subi une transmutation alchimique). Par cette vision rapprochée (zoom sur les yeux, englobant le

monde sidéral qui n'est plus infernal), le poème se termine sur un "rêve" heureux.

Si l'étrangeté atteint son summum dans le dernier tercet, c'est aussi parce que celui-ci est le seul à

contenir des métaphores, les strophes précédentes comportant des comparaisons.

En conclusion, on constate que la fécondité de l'animal, tel qu'il est ici décrit par un observateur qui

se rapproche de lui et l'approfondit, est d'ordre à la fois sensuel et spirituel (notion qui regroupe la

science, la mythologie et la religion). Mais aussi artistique, car le poète, pour créer, innover, doit

être comme ces chats, c'est-à-dire sachant conjoindre divers domaines rationnels et irrationnels.

L'identification à l'animal serait d'après cette interprétation, beaucoup plus subtile que pour

l'Albatros.

On peut ajouter en guise d'épilogue que science et contemplation jouent un rôle médiateur dans le

thème de l'union harmonieuse : (a) conjonction de l'amoureux avec son partenaire, (b) conjonction

du savant avec l'univers, (c) conjonction du mystique avec son dieu, (d) conjonction enfin de

l'animal sacré avec le sable et les astres.

_____________

N. B. : Eléments de versification et de rhétorique :

1. les rimes en ABBA CDDC EEFGFG,

2. l'unité d'un alexandrin par l'allitération des nasales : Qui semblent s'endormir dans un rêve sans

fin,

3. l'anaphore des deux derniers vers "Et des parcelles" / "Etoilent" qui souligne la liaison de ces

éléments épars. “La Musique”

Introduction

Baudelaire, critique d’art remarquable, a encouragé la jeune peinture et la musique nouvelle :

Wagner «le Vaisseau Fantôme». Il consacre pourtant seulement un poème à la musique ( +

Harmonie du Soir, en partie)

Titre : la musique mais nous parle de bateaux

1) forme du poème

quatrains + tercets mais ce n’est pas un sonnet

Vers : alternance alexandrins – vers à 5 syllabes, combinance vers pairs et impairs

Six rimes : les 2 premières strophes ont une rime en commun en –oile, rimes croisées sauf les 2

dernières qui sont plates, alternance rime féminine – rime masculine (originalité)

Ambiguité du sens de « mer » (v1 et v13)

Trois phrases seulement, dont 2 exclamatives. Elles se complètent en s’opposant : la 2e phrase est

une gradation ascendante dans la longueur des éléments de la phrase : 3 vers – 4 vers – 4 vers ½.

Gradation dans la complexité de chaque proposition : 1ère : indépendante , pas de subordonnée, 2e :

subordonnée + relative, 3e : indépendante + relative, 4e : indépendante, puis retour à la simplicité.

Poème composé comme un morceau de musique en 3 mouvements :

1) ouverture très brève (phrase 1, v1)

2) développement central passionné (jusqu’au v13)

3) final très brutal, heurté, chaotique, sans verbe [verbum : parole] : // silence de l’auditeur

quand la musique s’achève

Rythme : 3 strophes identiques, la dernière est une inversion par miroir qui reflète en inversant :

silence opposé au bruit, renverse le poème

La forme est en adéquation avec ce que le poète veut peindre.

2) sens du poème

Pas de champ lexical de la musique car Baudelaire ne parle pas de musique en spécialiste, ni en

critique, ni en musicien mais en ignorant pris par une transe, une possession indescriptible «me

prend» v1

L’émotion est plus violente car Baudelaire est ignorant, vierge, innocent donc plus aisément séduit,

plus naïf.

Sentiments indicibles donc fait un jeu de rapprochement, comparaison ce qu’il éprouve – ce

qu’éprouve un bateau pris par la mer : v1 : « comme », v6, v13, v9-10

Lexique du corps v5, v9, v13, mouvement auquel il participe : v4, v7 , v9, v11, phénomène qui

devient une presque douleur v9-v10 « passions » [partir : souffrir]

Agonie morale puis physique puis mort ( // Christ) décrit tout ce qu’il se produit dans un corps mis

à mal

Expérience de possession : l’être est envahi par une force qui le dépasse, qui le contrôle.

Possession ambiguë : « comme une mer » : retour au ventre maternel ou navire sur les flots ?

Quand il est pris par la musique, Baudelaire est aussi bien qu’un être pas né : bercé, réduit au

mutisme du 1er âge

3) la chute de la strophe quatre

Constant glissement entre comparé et comparant : on ne sait plus si il parle de lui se comparant

à un vaisseau ou si il n’est pas devenu vaisseau. Plus de frontières = assimilation ? phénomène

perceptible dès le v2, favorisé par la mise en sommeil des autres sens (vue, ouïe)

Etoile pâle, ciel brumeux…mouvement ascendant puis descendant avant la chute finale

Etude strophe 4 : image du miroir dès v1, v11, v13

Espoir = marcher dans une direction, attendre qulquechose

Désespoir = fin de l’attente

Rythme changeant : vers coupé, le dernier mot rompt avec la passion, l’exaltation du reste du

poème. Rupture traduit l’incapacité à retrouver ce phénomène de possession, arrêt de la musique.

Conclusion

Forme remarquable, moyens originaux pour faire percevoir ses sentiments et traduire un

phénomène de synesthésie

Elargir avec Harmonie du Soir XLVII : même rythme à 4 temps avec un retour régulier du

même vers (pantoum), // mouvement de valse

“La Cloche fêlée”

Introduction

Présentation de l'auteur : Charles Baudelaire et de l'œuvre : Les fleurs du mal.

- Traduit le mal mental

- Ici, spleen = hantise de la fuite du temps

Annonce des axes

I. Composition rigoureuse

II. Analyse du spleen

III. Symbolisme

Etude

I. Composition rigoureuse :

- Sonnet de 2 quatrains + 2 tercets. Vers en alexandrin + rimes croisées pour quatrains et plates

pour tercets

- Titre = Cloche fêlée

2 Quatrins 2 Tercets

= synthèse de la construction du sonnet

- Une réel cohésion par la cloche

- Gradation tragique : Vie -> Dégradation -> agonie -> mort

II. Analyse du spleen :

- Obsession de la fuite du temps

. Souvenirs lointains

. Dualité amer (temps passe) et doux (nostalgie)

. Champ lexical de la vieillesse

- Hantise de la mort

. Champ lexical de la mort

. Allitération en "m"

. Dernière image de poème = hyperbole

III. Symbolisme :

- Titre = monde matériel <=> monde spirituel

= extérieur + matière -> moi de Baudelaire

- Ouverture du 1° T : âme = spirituelle moi vulnérable

fêlure = matière

d'où chants = poème

- Paroxysme au 2° T :

. Lac de sang = violence du spleen+dégradation

Conclusion

- Composition rigoureuse (gradation vie -> mort), visage du spleen (fuite du temps), symbolisme

(correspondance).

- Rapprochement Cloche fêlée et Spleen (illustration) et idéal (forme fixe = défi)

“Spleen”

(LXXVII)

Analyse

Comme de nombreux poèmes des “Fleurs du mal”, celui-ci a le tour de l'allégorie la plus stricte el

la plus traditionnelle. Mais la plupart ont toutefois quelque épilogue explicatif, où l'auteur dévoile le

second terme de la comparaison sous-entendue ; il fait, en général, un retour sur lui-même en

s'appliquant la moralité du sujet. Dans le “Spleen” dit “du roi”, il n’y a pas de retour sur le sujet

pensant. Les trois premiers mots uniquement donnent la clef de l'allégorie, le reste du poème a la

gratuité d'une fiction, le recul des œuvres où l'artiste est assez puissant pour créer un jeu pur.

On peut parler aussi de pureté du jeu lorsqu'on considère l'unité de ton du morceau. L'analyse de la

suite des idées révèle une trame extrêmement unie, servie par des moyens d'expression parfaitement

monochromes : pas de parenthèses, de digression, d'épisode, pas de symboles variés qui jaillissent

d'un même centre (comme c'est le cas si souvent, ainsi dans les deux “Spleen” qui entourent cette

pièce), mais le développement homogène d'un seul thème. Il s'agit ici du roi d'un pays pluvieux, roi

qui est en exil dans son propre royaume, claquemuré dans quelque froid Escurial et asservi par

l'étiquette de cour ; sa race affaiblie a fait de lui un émasculé en proie à un mal secret ; il s'ennuie

éperdument : c'est le prince de l'Ennui.

Cette figure, inoubliable dans la galerie de portraits du livre amer de Baudelaire, n'est-elle pas

apparentée au poète, lui qui, parlant cyniquement de ses ascendants, nota dans “Fusées” (XVIII) :

«Mes ancêtres, idiots et maniaques, dans des appartements solennels, tous victimes de terribles

passions»? Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de donner foi à celle boutade pour saisir le sens

aristocratique et décadent de l'allégorie du Roi, qui reste avant tout le plus délicat des camaïeux.

Les vers 3, 7, 14 el 15, construits sur une inversion, n'évitent pas quelque monolonie de style.

“Spleen”

(LXXVI)

Analyse

«Ce que je sens, c'est un immense découragement, une sensation d'isolement insupportable, une

peur perpétuelle d'un malheur vague, une défiance complète de ses forces, une absence totale de

désirs, une impossibilité de trouver un amusement quelconque [...] Je me demande sans cesse : À

quoi bon ceci? à quoi bon cela? C'est le véritable esprit de spleen.» (“À sa mère”, 1857). Le poète

suggère cet éternel ennui, nuancé d'angoisse morbide, en mêlant aux grâces alanguies et décadentes

d'un XVIIIIe siècle désuet quelques visions étranges et macabres, et en faisant servir à l'expression

du spleen les images exotiques qui sont habituellement pour lui des éléments d'évasion vers l’idéal.

Le «gros meuble» est un reflet de la vie du poète où des éléments douloureux s'entrelacent avec des

souvenirs plus tendres.

S'enchaînent des images funèbres. Le «cimetière abhorré de la lune» s’oppose aux cimetières

romantiques doucement éclairés par la lune. Les «longs vers» qui «se traînent comme des

remords» rappellent «Et le ver rongera la peau comme un remords» de “Remords posthume”.

Les «morts les plus chers» sont les souvenirs heureux, à opposer aux «défuntes années» qui «se

penchent sur les balcons du ciel» dans “Recueillement”.

Les «modes surannées» sont des parures, des dentelles....

«Pastels plaintifs» est une intéressante hypallage, une correspondance.

Boucher est un peintre galant du XVIIIe siècle qui usait de teintes tendres et douces.

Dans les vers 11-14, plusieurs termes créent l'impression d'ennui.

«L'ennui [...] Prend les proportions de l'immortalité», c’est-à-dire celles de l’éternité : le poète ne

craint pas l’hyperbole.

Les vers 19-24 sont marqués de détails étranges. «L'humeur farouche» qui «ne chante qu'aux

rayons du soleil qui se couche» agit donc à l’inverse de la statue de Memnon qui émettait des sons

harmonieux au soleil levant. “Spleen”

(LXXVIII)

Analyse

Ce poème appartient à une groupe de quatre, tous intitulés “Spleen” (LXXV, LXXVI, LXXVII,

LXXVIII) et il est le dernier. On manque de points de repère précis qui permettraient d’en

déterminer la date de composition. Certaines images font penser au romantisme sombre de 1842-

1845. Mais la grande beauté de la dernière strophe semble suggérer une date plus tardive.

Baudelaire évoque le spleen sous sa forme aiguë et nettement pathologique. Ce n'est pas, comme

dans “Spleen” (LXXVI), cet état d'ennui où l'âme s'enlise interminablement. Le spleen revêt ici un

caractère plus dramatique. Le poète évoque l’univers de désolation et de ruine qu’il porte en lui, le

sentiment d’accablement sous le poids du temps, l’ennui des jours qui s’accumulent, ennui sans

espoir où l’âme s’enlise interminablement et qui formait pour lui l’expérience fondamentale de

l’existence.

Dans les les trois premiers de ces cinq quatrains d’alexandrins, qui forment une seule phrase, dans

une atmosphère de malaise croissant, on assiste à la montée vers la crise nerveuse. Elle éclate,

violente et désordonnée, dans l’hallucination auditive de la quatrième strophe pour aboutir bientôt à

une détente. Mais celle-ci n'est pas libératrice, car l'Angoisse règne désormais sur l'âme vaincue qui

renonce à ses aspirations vers l'Idéal. Première strophe

Le premier vers fait bien sentir la pression atmosphérique tant par le sens des mots que par la

lourdeur des sonorités : une remarquable redondance de diphtongues sourdes qui allongent

interminablement et étouffent les vers. Le ciel «pèse comme un couvercle» car le plafond de nuages

semble épais, compact. L’idée du ciel «comme un couvercle» était déjà apparue dans le poème

intitulé “Un jour de pluie” (dans “Vers”, en 1843) :

«Le monde où nous vivons, sous sa voûte d’airain,

Semble épaissir sur nous l’ombre d’un souterrain.»

et réapparaîtra dans celui intitulé justement “Le couvercle”, écrit en 1861 :


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Moses

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DESCRIZIONE APPUNTO

Appunti contenenti laAnalisi delle poesie I fiori del male di Baudelaire. Nello specifico gli argomenti trattati sono i seguenti: L'albatros, L’analyse de poème, Les thèmes du poète, Corrispondenze, lo schema metrico e il ritmo, parole chiave in rima, Foreste di simboli: analogia e sinestesia.


DETTAGLI
Corso di laurea: Corso di laurea in lingue e comunicazione
SSD:
Università: Cagliari - Unica
A.A.: 2008-2009

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher Moses di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Letteratura francese e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Cagliari - Unica o del prof Selvaggio Mario.

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