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La comédie classique : formation d’un genre

Le discrédit de la comédie

À différence de la tragédie, genre dont les « lettres de noblesse » ne furent jamais mises en doute (si ce n'est dans le cadre plus général de méfiance envers le théâtre « corrupteur des mœurs », mais là aussi la tragédie peut garder une « utilité morale » qui est niée à la comédie), la comédie souffrait au début du XVIIe siècle d’un discrédit généralisé.

Aristote néglige notoirement le genre : la Poétique ne se consacre qu’à la tragédie (voir Conferenze e contributi, tous les documents contenus) et quant à la comédie, il se borne à quelques allusions assez méprisantes. Il s’agit, en effet, d’un genre qui est censé décrire des gens humbles, de condition basse et de culture limitée, des situations quotidiennes et surtout risibles. Or, selon Aristote « le risible est une partie du laid », incapable donc de contribuer à ce progrès dans la connaissance, à cette réflexion morale et religieuse, à ce jouissement esthétique qui doivent définir l’expérience du théâtre pour le spectateur.

Il est vrai qu’au XVIe siècle, dans le général engouement pour la culture des anciens, on avait tenté de revenir à la comédie classique telle que la concevaient les latins, mais cela avait été un échec : le public n’aimait pas ces comédies sobres et élégantes, mais dénuées de la verve et du comique dont le genre évidemment ne peut pas se passer.

La question se joue, en effet, autour de ces deux catégories : comique et nature. Le comique paraît inacceptable à la rationalité du XVIIe siècle : incontrôlable, imprévisible, inassimilable dans le « système des passions » qui définit l’anthropologie du « siècle de la raison ». Rire, c’est renoncer à la raison, au moins pour un moment.

D’ailleurs, le rire démasque justement cette couche de la nature humaine que l’on aspire à maîtriser ; le rire fait de l’homme un fantoche, le montre dénué de sa « dignité morale », rabaissé à ses faiblesses et à ses instincts. Si dans la tragédie on pleure sur une « illustre infortune » et on apprend à « ne pas faire », à se garder de l’excès de la passion (du moins, en principe, parce qu’en fait plusieurs étaient les esprits sceptiques qui avaient compris que rien n’est aussi simple (conferenze e contributi, tragédie ordre et désordre), dans la comédie on rit, et rire, cela ressemble dangereusement à la liberté.

Or, ce qui nuit davantage au genre de la comédie est notamment le rapprochement et la comparaison qu’on lui impose avec la tragédie, laquelle gagne de plus en plus de crédit tout au long du siècle (surtout de 1630 à 1660, où commence la véritable époque...

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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/03 Letteratura francese

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