Letteratura francese 2 – Bricco 21 febbraio 2019
Littérature et photographie au 19e siècle
Culture visuelle, dispositifs et narration
Objectifs du cours
- Chercher les dispositifs de la vision dans les textes
Dispositif = système, (appareil) qui permet la vision ; dans les textes c’est une manière pour construire une image dans notre tête en lisant un texte. Exemples : (la Lanterne magique, le Panorama – vi erano padiglioni con tele che rappresentano dei panorami, la Fantasmagorie – un’evoluzione della lanterna magica, che simula un’entità che non esiste, ovvero une proiezione).
- Cibler l’attention sur la littérature du 19e siècle
- Analyser les textes
Il disegnatore della donna sdraiata di A. Dürer
À droite il y a un homme, à gauche une femme, au milieu il y un dispositif. Quelle est la relation entre les deux ? L’homme fait un portrait, il est peintre. Devant lui il y a son modèle. Le dispositif lui permet d’avoir une bonne image de la femme qui reproduit la femme, image qu’il reporte sur le papier.
L'œil et la vision
- Au 19e siècle il y a un développement de la technique et de la science (on vient du siècle des lumières).
Ce développement continue et de la côte de la vision il y a un progrès dans la connaissance de la physiologie de l’œil (comme il est et comment il fonctionne). Notre vision change et notre œil peut être impressionné par l'image des façons différentes (cela change par rapport, par exemple, à la lumières ecc qui influence cette vision). Pour l’époque il s’agit d’une nouveauté.
- Tous les yeux sont différents : chacun voit d’une façon différente ; donc il y a une nette relation entre la subjectivité et la possibilité de voir la réalité.
- Image de Descartes : le philosophe a beaucoup travail à la fonction de l’œil
- Au 19e siècle les études sont accompagnées par le développement technologique qui permet d’avoir nouvelles façons de visionner : il y a un phénomène celui de la « reproductivité technique ».
NB d’abord pour reproduire la réalité on faisait des tableaux ; maintenant on ne fait plus des reproductions manuelles, mais on a des appareils qui me permettent de reproduire une image dont je peux avoir facilement des copies (avec les machines je reproduis à la chaîne) → diffusion de la même image. Cette diffusion change la relation de l’homme avec l’image, on peut maintenant avoir plusieurs images de soi-même. On a des usages nouveaux.
Reproductivité technique: la définition était écrite pour la première fois par un philosophe allemand, Walter Benjamin, qui écrit un texte où il parle comment notre rapport avec l’image a changé grâce à la technologie. Ce rapport a changé grâce à la révolution industrielle qui permet une industrialisation de la production des images.
Régime scopique
- Relation entre sujet qui regarde et objet regardé pour la création des images, pour avoir une image → il faut toujours un sujet et la personne doit regarder l’objet.
Optique et vision
- Nouveaux instruments de la rationalisation et concentration du regard:
- Lunettes (qui sont déjà produits)
- Les jumelles
- Le télescope
- Le microscope
- Les chambres obscures (qui permettent de jouer avec la lumière et reproduire des images).
Ces appareils changent la relation de l’homme avec la réalité et changent au même temps le regard de l’homme. Ces techniques en littérature sont utilisées par des stratégies différentes : on travaille beaucoup sur le portrait (= focus sur une image, comme s’il est fait avec des jumelles). On peut aussi faire des vignettes ou des situations. En littérature aussi donc on a une nouvelle représentation de la réalité (en commençant aussi à Balzac) beaucoup travailler sur la description.
Changement de rapport avec la vision
- Processus de la représentation : on donne de l’importance à la visualisation en s’intéressant pour les instruments techniques.
Images « mécanisées »:
- Photographie
- Illustration (dans les livres)
- Affiche (= poster, cartellone ; une image sur papier utilisée dans le domaine de la publicité)
- Caricature (portrait ironique où on exagère, pour rire ou critiquer. On transforme l’image de la personne en mettant l’accent sur ses défauts)
Ont un succès énorme au 19e siècle grâce au renouvellement technique ! Ce qui change c’est la possibilité de reproduction, avec des instruments comme:
- La gravure sur acier (qui a permis par exemple la reproduction de l’argent sur papier)
- La gravure sur bois de bout
- La lithographie
La littérature visuelle
- La littérature visuelle se développe vers 1850.
- Il y des personnages comme Balzac qui écrit avant, en effet il est un précurseur.
- La littérature maintenant change.
La photographie permet de commencer à se rapprocher à la réalité avec un autre regard. C’est la photographie qui instaure cette nouveauté car elle reproduit la réalité d’une façon réelle. Après la révolution visuelle on cherche à rendre une situation visible en littérature : le roman réaliste change perspective. Relation entre texte et réalité.
Dispositifs de projection d’images
1. La lanterne magique
La lanterne magique est l'ancêtre des appareils de projection et particulièrement du projecteur de diapositives. Inventée au XVIIe siècle par le père Athanase Kircher en Allemagne et par le père DeChâle en France, elle permet de projeter des images peintes sur des plaques de verres à travers un objectif, via la lumière d'une chandelle ou d'une lampe à huile. Tout d'abord baptisée « lanterne de peur » par son inventeur, elle est, après plusieurs appellations successives, renommée « lanterne magique » par le jésuite Francesco Eschinardi en raison de la fascination que ses images exercent sur le public.
2. La fantasmagorie
Projection dans l'obscurité de figures lumineuses animées simulant des apparitions surnaturelles. En 1815 ou 1820, M. Robertson, physicien, escamoteur, inventeur de la fantasmagorie, etc., donnait une soirée (Stendhal, Mém. touriste, t. 1, 1838, p. 44). La fantasmagorie (...) utilisait la lanterne magique, mais en lui adjoignant divers artifices propres à frapper (...) l'imagination des assistants par l'apparition des fantômes (Graffigny, Cin.,1923, p. 8). Semblable à une figure fantasmagorique, il avait disparu derrière les fatales touffes de genêts (Balzac, Chouans,1829, p. 36).
Naissance de la fantasmagorie:
Les premières fantasmagories sont celles d’Etienne-Gaspard Robertson qui, à la fin du XVIIIe siècle, construit une machine optique pour montrer des fantômes dans des bâtiments religieux abandonnés. Grâce à ce nouvel engin optique, le “fantasmagore” projette des tableaux miniatures peints sur une plaque de verre, parfois des schémas scientifiques, le plus souvent des visions terrifiantes, sur un écran de toile ou de fumée. À partir d’une peinture ou d’une gravure miniature le fantasmagore fait donc naître, par un subtil jeu de miroirs, de lumières et de va-et-vient, une apparition susceptible de frapper le spectateur, de susciter des émotions intenses, ou la terreur millénaire (celle des esprits) voisine avec une jouissance toute moderne (celle des jeux de la technique).
3. Le panorama
Un panorama, du grec pan et ôrama, c'est-à-dire « vue en totalité », était un « tableau sans bornes » qui avait pour but de donner l’apparence d’un spectacle naturel. Le Larousse du XIXe siècle, le définit comme « un vaste tableau circulaire placé autour d’une rotonde, de façon que le spectateur voit les objets représentés comme si, placé sur une hauteur, il découvrait tout l’horizon environnant ». Véritable théâtre de l’illusion, ce spectacle enchanta, au XIXe siècle, les foules avides d’images et de spectacles visuels.
Naissance de la photographie – évolution du voir et de l’écrire
- Daguerre a créé les premières photographies, puis le système s’est développé et les images réelles commencent à être appelées « photographie », images projetées sur des matériaux et puis sur papier.
Le daguerréotype a transformé la relation de l’homme avec les images et donc avec la réalité : grâce à la photo nous pouvons imiter la réalité. On parle aussi de « césure majeure » - changement chez l’homme dans sa relation avec la réalité – donc il y une rupture et un changement. L’homme, lui-même, change et change sa relation avec soi-même : maintenant on a un portrait, une reproduction de nos visages qui est très proche de la réalité. Ce fait a intéressé toutes les personnes qui maintenant prennent des photos → il y a la manie du daguerréotype, la daguerréotypomanie, et cela est aussi représenté sur une lithographie de 1839 (qui montre comme chaque personne attend pour prendre une photographie ou pour se faire photographier).
Question de départ pour lire les textes
- Notre but est de voir comment les œuvres du 19e siècle ont dû redéfinir leurs contenus et règles sur la base de la photographie – et donc comment le regard des écrivains sur le monde a changé.
- Leurs œuvres deviennent des photographies.
Nouvel espace
- La photographie crée un nouvel espace de communication, un espace concret, car elle permet de créer une série d’images qui deviennent toujours plus nombreuses.
- La photographie c’est :
- Une sorte d’invasion de l’espace physique ;
- Une modification des interactions avec notre milieu ;
- Et création d’un espace neuf : avec nouvelles images, dans lieux nouveaux.
Perception de la photographie de la part des écrivains
- Les collaborations avec photographes et écrivains sont rares (cela sera fait par Flaubert et un photographe en Orient).
C’est la raison pour laquelle il y a peu de photographies dans les textes (Rodembach, « Bruges la morte », c’est le premier exemple en 1892 – dans le roman il y a des images de la ville de Bruges). L’image apparaît de façon indicielle, comme illustration dans les œuvres (on reproduit un lieu ou une partie de la narration mais elle n’aide pas à narration, elle-même). La photographie est compromise par l’industrie donc elle est vue comme quelque chose d’artificielle – c’est une incarnation de la modernité positiviste que beaucoup rejettent. La valeur esthétique de la photographie n’est pas reconnue donc au début de cette époque. Elle n’est pas considérée un art, mais malgré cela les auteurs en sont influencés : car ça rentre dans la vie des hommes → On va voir donc l’influence de la photographie sur les écrivains qui changent la façon de représentation de la réalité.
Modèle photographique
- Il y a un opérateur muni de chambre noire et un écrivain qui se perçoit et figure son activité à travers les textes. Par rapport au photographe, l’écrivain est lui-même devant la réalité sans un appareil, mais devant sa personne, son art d’écrire, et il se reproduit dans ses œuvres. Donc quels sont les éléments en commun entre les deux ?
- Cadrage de la réalité, interne ou externe, prise en compte par l’œuvre
- Travail de réduction – parallèle au cadrage (le photographe avec son appareil va dans la nature et voit des éléments à reproduire) :
- Sélection des matériaux, de la partie de la réalité à reproduire
- Privilège de certaines modalités de son apparaître
- Choix des significations symboliques à transmettre aux lecteurs, ou aux spectateurs
Chaque œuvre instaure donc un cadre de référence lié à l’appartenance de l’auteur à un mouvement artistique.
Résumé – autour de 1850
- Esthétique de la vue (chaque auteur développe son idée de « beau ») – il le fait à travers la photographie – qu’on retrouve maintenant dans les arts du graphe.
Comment change l’esthétique de la vue
- Le regard de l’homme vers le monde change : on commence à voir la réalité avec « un œil photographique ».
Comment cet œil se rapproche à la réalité ? On cherche dans la nature les mêmes éléments qu’on a dans la photographie :
- On répare dans le monde extérieur des configurations proches de ce dispositif
- Des « boîtes noires » dans la nature (grottes, bâtiments – che mi fa vivere la stessa sensazione del fotografo nella camera nera mentre fa le foto)
- Des réflecteurs – élément de la nature qui reflètent la lumière et permettent de reproduire des images (lacs, sols, murailles)
- Des traces (empreintes)
Éléments à prendre en compte quand on lit un texte
- Scène d’annonciation (où il y a une personne qui parle, le lecteur qui écoute et le monde décrit) – elle montre la relation entre l’artiste et son objet d’étude, l’objet de son œuvre. Cela change toujours par rapport au mouvement littéraire (réalisme, romantisme etc.)
- Cadre de référence (le cadre dans lequel se situe un auteur – comment dans une certaine époque on a l’habitude de présenter une certaine situation – ex- relation entre l’artiste et son modèle)
- Interprétant
Mutation d’intérêt pour la scène de création
- Romantisme Le romantisme aime réfléchir sur la place de l’artiste dans le monde, à travers textes et images – l’homme est au centre.
- Réalisme il négocie les places du sujet et de l’objet dans l’œuvre – l’homme regarde l’homme.
- La littérature de 1880 s’intéresse au psychisme humain, la chambre photographique devient une sorte d’interprétant – l’homme regarde à l’homme pour voir comment il réagit aux situations.
Optique romantique : ruines et photographies
Exemple : Daguerre – « Personnages visitant une ruine médiévale » 1826. C’est un lieu qui plait beaucoup aux romantiques.
Qu'est-ce le romantisme ?
- C’est une école littéraire qui s’est développée au 19e siècle (1820 – 19343 ; basée sur les dates de publication des œuvres de Victor Hugo).
Pour définition, une école littéraire, concerne un groupe de personnes qui s’identifient dans un certain élément qu’ils veulent reproduire dans leurs créations (artistiques ou littéraires). Il y a toujours un chef, ici il est Victor Hugo, que les membres considéraient leur exemple à suivre. Ces personnes se rencontrent chez lui en soir toutes les semaines pour parler de littérature. C’était le « Cénacle d’Hugo ».
Le mot « romantisme » est difficile à définir, on risque de le confondre avec le sentiment, avec une personne « romantique » (c’est-à-dire une personne douce, qui montre ses sentiments). On peut parler de « Pré et post romantisme ».
Tendances de l’époque par rapport à la littérature précédente
- La promotion de la sensibilité et des formes littéraires qui en découlent
- La remise en cause des principes esthétiques du Classicisme (on s’éloigne des règles)
- La reconnaissance des spécificités nationales en matière d’art (dérivation de la « Théorie des Climats » de Montesquieu – on dit que les personnes qui vivent dans certaines zones de l’Europe peuvent être ouvertes, au sud, mais rigides et réservées, au nord. Écrite aussi par madame de Staël dans son œuvre « L’Allemagne »)
- L’affirmation de l’individu et le goût de la subjectivité
- Le recours à l’Histoire pour expliquer l’évolution du monde (gli stati hanno sviluppato caratteristiche e spiriti che si riversano anche in letteratura – in Francia questo avviene nell’800 con l’incoronazione di)
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