Littérature française II
Prof Bricco Stefano Bricca
Le journal et la littérature au XIXe siècle
La littérature était le moyen de communication le plus direct et représentatif à l’époque. On peut comprendre beaucoup sur les gens et sur la société : la vie, les mœurs, les dynamiques sociales… La littérature nous fait connaître la société en général et comprendre la réalité. Les œuvres de fiction sont toujours liées à la réalité : les fictions marchent parce qu’elles ne sont pas vraies. Tous les auteurs ont travaillé ou coopéré avec un journal : ils étaient beaucoup actifs. Après la révolution il y avait médiocre tirage et hebdomadaires plutôt que quotidiens. Il y avait le problème de la censure, donc ces œuvres, par exemples les pamphlets (textes critiques contre quelqu’un ou quelque chose), pouvaient être censurés. En effet, pour maintenir le pouvoir les journaux étaient contrôlés. La presse donc était utilisée pour influencer l’opinion publique : par exemple Napoléon Bonaparte gérait la censure et inspirait des articles.
Chronologie de la France
La chronologie de la France sert, parce que chaque période a une aptitude différente vers la presse.
- Première République (1792 à 1804)
- Premier Empire (1804 à 1814)
- Royaume de France (1815 à 1830)
- Monarchie de Juillet (1830 à 1848)
- Deuxième République (1848 à 1852)
- Second Empire (1852 à 1870)
- Troisième République (1870)
Après la chute de Napoléon, les journaux étaient libres, mais cette liberté fut courte. Il y avait journaux ultraroyalistes (La Gazette de France, La Quotidienne) et constitutionnels (Journal de Paris, Journal des Débats).
Le journal entre 1800 et 1830
Il n’y avait pas de règles fixes et il n’y avait encore la littérature dans la presse. La source des premiers journaux était donc la littérature. Les éditeurs ont suivi la tendance littéraire et ils s’inspiraient à des formes connues de littérature (pamphlet, canard, almanach). Avec le temps, la publication était devenue plus facile et moins chère : la presse s’agrandit et produisait de plus en plus d’articles différents. On commençait à suivre des règles de rhétorique, donc l’art de bien parler. Les styles se multipliaient : les écrivains déterminaient la presse et la presse déterminait les écrivains.
Le journal entre 1830 et 1850
Le journal devient de plus en plus célèbre et beaucoup de jeunes ont inspiration littéraire. Les typologies de presse s’étaient agrandies et il y avait revues, magazines, journaux illustrés, feuilles littéraires et journaux pour enfants. La tendance était alors d’utiliser un style littéraire pour créer encore plus de catégories et rubriques (fiction, journal intime, lettre, autobiographie, chronique, fait divers, débats, études…)
La créativité et l’influence de la littérature sont la cause de l’expansion du journal et de ses rubriques. Donc la littérature est la responsable du renouvellement de la presse. Le journal était plus facile parce qu’il était le résultat de l’actualité et parce qu’il n’y avait pas de règles strictes ou une école à suivre. En effet, chaque journal avait une orientation politique et culturelle, mais il y en avait beaucoup, et on pouvait choisir un modèle périodique (quotidien, hebdomadaire…). Les journalistes avaient des rythmes à suivre et ils se comparaient aux ouvriers.
Évolution de l’écriture journalistique 1860-1880
Vers la fin du siècle, les journalistes devaient vérifier constamment leurs informations. Le progrès scientifique/technique se voit sur la presse : les journaux sont de plus en plus diffusés et lus et on a besoin de lois.
Les produits périodiques et les journaux
Littérature de colportage (de vente) : différents types. Représente la diffusion de la lecture dans les masses et préparait le public à la presse périodique.
- Brochure pieuse (religieuse), almanach (information sur le temps chronologique), canard (faits non vérifiés par le journal), image d’Epinal (bande dessinée avec du texte), œuvres littéraires en édition bon marché (mauvaise qualité mais même contenu), revue (thème particulier).
Le contenu du journal pouvait être politique, curiosités, nouvelles et faits divers (catégorie croissante), mais il y avait une importance grandissante pour : roman feuilleton, littérature légère, magasin illustré, revue, publication spécialisée. Certaines typologies avaient des périodes de publication différentes. Balzac et Flaubert se sont servis du roman feuilleton : cette typologie-ci a changé la littérature, en créant une communauté de lecteurs. Le roman, en morceaux, créait une clientèle fixe. Mais l’auteur devait produire à un rythme incessant.
De 1815 à 1847, période de la monarchie, il y a plus de quotidiens et la presse se développe, aussi avec des progrès techniques. Les journaux étaient considérés, par le chef du pays, des instruments de désordre : c’est pour ça qu’ils étaient beaucoup contrôlés. Les journaux créent une opinion, forment des discussions et des débats.
Pendant la Monarchie de Juillet
Le journal attira la petite bourgeoisie, l’élite et le monde ouvrier. Il était aussi un journalisme d’idées : faits divers, nouvelles, critiques, commentaires, jugements… Dans cette période, les machines étaient plus automatiques et les journaux étaient plus faciles à produire.
Journaux sous la Monarchie de Juillet :
- Le Voleur : journal qui prenait les nouvelles sur autres journaux
- La Mode
- Le Journal des Connaissances Utiles
- La Presse, Le Siècle. Racontaient beaucoup plus de nouvelles et fait divers.
Il y avait aussi :
- Presse légitimiste
- Presse religieuse
- Journaux gouvernementaux (Journal des Débats, La Presse)
- Journal d’opposition démocratique (Le Siècle)
Le journal changea : la presse était illustrée avec la technique de la lithographie. Les images rendaient les pages plus visibles et attirantes, donc la production de magazines illustrés augmenta. On faisait aussi les portraits et les caricatures des personnages. La revue se différencie du magazine parce qu’elle est spécialisée sur une thématique en particulier. La Revue des Deux Mondes se concentrait sur la politique, l’administration, la loi…
Faits et fiction
On devait distinguer entre faits et fictions : la littérature était « fictions », tandis que le journal était « faits ». Mais les deux pouvaient s’intégrer de manière différente. Par exemple, Zola était naturaliste et il mettait le fait dans la fiction littéraire ; Maupassant écrit Bel Ami, qui devient journaliste sans avoir jamais écrit, donc il parle d’un monde réel et il y a un mélange entre fait et fiction ; Flaubert s’inspira des faits divers pour Madame Bovary… Donc littérature et presse s’empruntaient les styles.
Critique et autres genres
La critique aussi devenait de plus en plus importante. C’était une force nouvelle, exprimait des idées. La critique était un travail pour certains auteurs et elle était liée au développement de la presse. Souvent un écrivain donnait des jugements, donc il écrivait sur les autres auteurs. On pouvait aussi critiquer la critique. Par exemple, la bataille entre classiques et romantiques se joua sur les journaux, pendant la première moitié du XIXe siècle. Certains journaux étaient pour le Romantisme et autres contre. Les romantiques utilisaient la France et l’histoire récente, aussi de l’étranger, mais les antiromantiques refusaient leur influence.
- Plusieurs auteurs considéraient Racine de manière négative : il suivait trop de règles, il n’avait aucune liberté…
Il n’y avait pas seulement la critique, mais :
- Roman feuilleton
- Interviews-enquêtes : pratique pour découvrir personnages et éléments
- Chronique de variétés : théâtre, spectacles…
- Récits de voyage : les plus grands auteurs ont voyagé beaucoup. Souvent, il racontait leurs expériences et visites.
- Chroniques-reportages : partie de l’actualité-nouvelles
Donc ces styles, particulièrement le roman feuilleton, devaient s’adapter à la structure du journal. Ils devaient être courts mais efficaces, et provoquer du suspense pour faire acheter encore les journaux suivants.
Exemples dans la critique
- La Globe, journal avec rôle important
- La Muse Française, journal fondamental pour la réputation des romantiques
- Sainte-Beuve : ce personnage se préoccupait de critiquer et observer la qualité vraie des œuvres. Il acceptait les classiques et il écrivait des articles dans les journaux. Mais il a aussi aidé Hugo à triompher. Sainte-Beuve recherchait l’origine de la culture française, en utilisant des sujets récents.
Littérature et presse
Il y a été l’industrialisation de la presse, donc on avait aussi la presse bon marché. La qualité était basse mais le contenu était le même, sans images. Il y avait aussi des belles revues (Revue de Paris et Revue des Deux Mondes) qui publiaient œuvres en feuilleton. Donc les gens commençaient à préférer la lecture sur les revues : on n’achetait pas un livre, mais une revue complète avec articles et critique.
Stendhal
Stendhal écrit pour le Journal de Paris en parlant des salons et du théâtre italien. Il a aussi collaboré avec des revues britanniques, avec des chroniques. Il était témoin de ce qui se passait en France. Il a travaillé beaucoup, à plusieurs rubriques, pendant 15 ans. Il vivait dans l’époque romantique, mais il était critique vers le Romantisme. Il a participé au renouvellement de la littérature avec son réalisme, et sans suivre une école.
Son pseudonyme était PNDG : petit neveu de Grimm. Mais Stendhal était déjà son pseudonyme, son vrai nom était Henri Beyle. Il écrivait souvent en forme de lettre : ouverte, libre, conversation… Son style était direct.
L’activité pour les anglais a beaucoup influencé sur sa tendance :
- Aptitude ironique
- Très critique vers les contemporaines
- Humour anglais
- Ses idées étaient un peu romantiques
- Il considérait Shakespeare meilleur que Racine parce qu’il était libre. Il sortait du schéma.
Son activité et ses articles seront utiles pour l’écriture des romans futurs : il avait sujets différents et beaucoup d’idées. L’observation et ses opinions seront un bon matériel pour ses œuvres réalistes : ses sujets ont un lieu et une date précise et il n’y a pas de distance entre les lecteurs et ce qu’ils lisent.
Sa relation avec la presse : amour, besoin, haine, critique
Il était très critique vers la presse mais il l’utilisait. Il était plutôt critique vers le rôle de la presse dans son époque : il l’a défini « quatrième pouvoir naissant ». La presse avait grosse importance et trop d’influence sur le peuple. Stendhal était observateur, analyste et dénonciateur. Les journaux créent la liberté et les lecteurs apprennent et connaissent des choses, mais on perdait le sens littéraire avec les journaux. Pour y écrire, on devait utiliser un langage simple et court, on ne pouvait pas écrire trop long.
Le journal était une arme à double tranchant : il est efficace contre les tyrannies, mais on risque d’y trouver de la fausseté et qu’il soit fait exclusivement pour le contrôle de l’opinion publique. Mais Stendhal aimait le journal : il en avait besoin pour lire, pour s’informer. Il l’utilisait pour ses recherches, il était « boulimique » des journaux français quand il était à l’étranger. Il estimait les journaux de Paris et appréciait la presse satirique et des tribunaux (des procès). Son style préféré était avec valeurs esthétiques et éthiques, avec originalité et créativité.
Même s’il était journaliste et lecteur, il condamnait la presse. Il dénonça la méchanceté de certains journaux et critiques. Il démontra que la reconnaissance littéraire n’était plus possible seulement grâce au talent, mais était le résultat de la politique et de l’influence de quelqu’un. Le bilan donc est négatif selon Stendhal, et l’exemple parfait de ce qu’il disait c’est Bel Ami : un homme qui devient chef d’un journal sans vraiment savoir écrire et grâce à ses connaissances. Stendhal voyait ça déjà au 1820.
Un nouveau journalisme
Stendhal proposait un nouveau type de journalisme : impertinent, subversif, qui changeait les choses. Il le voulait libre des idéologies et il aurait voulu donner une nouvelle lucidité à la scène littéraire. Il critiquait les auteurs importants.
Chroniques pour l’Angleterre et le Romantisme
Stendhal écrivait articles sur les arts, pseudo-lettres pour les lecteurs anglais et recensions. Il voyait des analogies entre Racine et Shakespeare : selon l’auteur, Shakespeare est le modèle à suivre. Autres auteurs importants sont Byron (qui a énergie), Scott (qui écrivait romans historiques).
Chronique du 1830, ou Le Rouge et le Noir
C’est une des œuvres les plus connues de Stendhal. Il y a un fait divers à la base de l’histoire, l’affaire Berthet. Un homme avait tenté de tuer sa femme, Stendhal avait lu ça sur la Gazette des Tribunaux. Le fait divers devient roman : l’auteur a ajouté une réflexion sur la condition des jeunes et sur la possibilité d’améliorer la condition sociale. Les jeunes peuvent aspirer à un milieu social meilleur en deux manières : les armes (rouge = sang) ou la prêtrise (noir = prêtre).
Le protagoniste a la possibilité de sortir de son milieu et d’étudier et de s’insérer dans une famille aisée. Il y a une référence à Napoléon, qui était le modèle de l’escalade sociale.
Honoré de Balzac
Balzac a été romancier, dramaturge, critique littéraire, journaliste et imprimeur. La Comédie Humaine était son projet sur l’humanité, qui racontait la société et les mœurs. Balzac est un auteur important : il a fait tous les genres (philosophique, fantastique, poétique et surtout réaliste).
La Comédie Humaine
Le Chef-d’œuvre Inconnu est du genre philosophique : c’est l’histoire d’un peintre qui veut peindre le tableau idéal. Mais passer de l’idée à la création est difficile et il ne réussit pas. Il y a la lutte du peintre frustré et la recherche de la création.
Peau de Chagrin est du type fantastique : le protagoniste achète cette peau et découvre qu’il peut exprimer des désirs. La peau se fait petite après chaque désir, et cette peau est le symbole de sa vie : à chaque désir, sa vie sera de plus en plus courte.
Autres œuvres : Le Lys dans la Vallée, Père Goriot (joué à Paris) et Eugénie Grandet (en Provence). Dans ces deux derniers romans on a un cadre bien défini et des descriptions précises. On voit la psychologie des personnages et leur condition. Chaque roman correspond à une situation particulière. L’avant-propos de la Comédie explique que Balzac voulait identifier les espèces sociales de son époque, en racontant la société. Les romans forment un tableau de la société : Balzac avait une vision rigide de l’homme.
Sa carrière
Balzac fut journaliste et romancier, ensemble. Il avait besoin d’argent et il devait écrire toujours pour en gagner. Il luttait aussi pour les droits des écrivains et des auteurs. Même s’il gagnait grâce à son activité journalistique, il critiquait les journaux. Mais là il exposait ses idées et les journaux lui servaient pour écrire ses romans : ils étaient une source de matériaux. Il les critiquait parce qu’ils étaient idéologiques. Une œuvre littéraire était évaluée selon les idées de l’auteur et pas selon le contenu. Les critiques n’étaient pas vraies, mais pour ou contre les idées de l’écrivain.
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