Analyse du discours
Pour mieux comprendre ce sujet nous avons trois moyens pour le définir :
- L’analyse de l’usage de la langue
- L’étude de l’usage réel du langage, par des locuteurs réels dans des situations réelles
- Comme le titre, l’analyse du discours et l’analyse conversationnelle
Nous pouvons focaliser notre attention sur d’autres sujets compris dans l’analyse du discours : l’objet et le point de vue. L’analyse du discours n’est pas une analyse linguistique du texte ni une analyse sociologique ou psychologique, mais elle vise à rapporter les textes à travers leurs dispositifs d’énonciation, aux lieux sociaux qui les rendent possibles. On peut dire que les règles de l’échange conversationnel, la variation linguistique et les modes d’argumentation sont intégrés par l’analyse du discours.
Les disciplines et l'origine géographique
Il existe des analystes du discours qui s’intéressent plutôt à la sociologie, d’autres à la psychologie sociale, ou à l’histoire, etc. En effet, aux États-Unis, les débuts de l’analyse du discours ont été marqués par l’anthropologie et la sociologie, tandis qu’en France l’analyse du discours est d’orientation linguistique fortement influencée par l’histoire, la philosophie et la psychanalyse.
Connexité : cohérence/cohésion
Constituant (discours)
Il y a plusieurs types de discours : religieux, scientifique, philosophique et littéraire. Ils sont à la fois autoconstituants et hétéroconstituants. Un discours qui se constitue en réfléchissant sa propre constitution joue un rôle constituant à l’égard d’autres discours. Un discours constituant est un ensemble de discours hiérarchisés, avec au sommet un certain nombre de textes prestigieux, fondateurs : des archétextes.
Exemple : dans le discours religieux chrétien, il y a une différence essentielle entre la Bible qui est un archétexte et les différents genres de commentaires qui portent sur elle.
Contenu (vs relation)
La différence entre contenu et relation ressort nettement quand il y a tension ou contradiction entre eux : par exemple dans « AIME-MOI » où la relation (ordre) contredit le contenu (l’amour). La relation est une « métacommunication », elle indique la manière dont l’énoncé doit être reçu.
Contexte
Le contexte joue un rôle essentiel dans la production et l’interprétation des énoncés. Le contexte de quelque chose c’est ce qui l’environne. S’il s’agit d’une unité linguistique (phonèmes, mots, phrases et textes), cet environnement est linguistique (environnement verbal ou cotexte) et non linguistique (environnement physique, social ou culturel). Pour désigner l’environnement non verbal, on privilégie le terme contexte.
Le rôle de l’analyse du discours est de rapporter les énoncés à leur contexte non verbal. Le contexte de manière étroite est le contexte immédiat de l’activité des paroles, le contexte de manière large est celui qui concerne divers degrés intermédiaires.
- Le contexte étroit correspond à l’activité verbale.
- Le contexte large correspond à des unités plus ou moins vastes : consultation dans un hôpital en France, hôpital lui-même, ensemble de systèmes de santé du pays, ensemble d’une culture ou ensemble du monde, etc.
Les composants du contexte étroit sont : les participants, les lieux, les moments, les buts, le thème, le genre de discours, le canal, la variété linguistique employée, les règles sur les tours de paroles utilisées dans une communauté. En fait, les facteurs pris en compte dans le contexte dépendent de la problématique que l’on développe. Il y a un noyau de constituants très importants : les participants du discours, son cadre spatio-temporel, son but.
En ce qui concerne les participants, il y a une différence entre le rôle qu’il joue dans le discours : écrivains, vendeurs et élèves. En ce qui concerne le cadre spatio-temporel il y a une différence entre le cadre empirique et le cadre institutionnel. (Exemple page 34) Le cadre empirique peut être un lieu tandis que le cadre institutionnel peut être lié à une date ou à un événement. Le but des participants du discours dépend des discours utilisés : acheter une marchandise, inciter à la conversion religieuse, etc.
Les participants doivent pouvoir identifier les genres de discours dans lesquels ils sont engagés. On parle d’indice de contextualisation. En effet, les représentations ne sont pas nécessairement les mêmes chez tous les participants de l’activité de communication. Parfois il y a des conflits entre les participants. À la fin de la discussion, le contexte peut être fort différent de celui qu’il était au départ. Le discours est conditionné par le contexte. Ce qui veut dire que la relation entre texte et contexte ne va pas dans un seul sens. (Exemple la « CHANSON DE ROLAND, page 35).
Contrat
On parle de contrat quand les participants d’une énonciation doivent accepter tacitement un certain nombre de normes qui rendent possible l’échange, ce qui veut dire que chacun connaît ses droits et ses devoirs ainsi que ceux de l’autre participant. Le contrat n’est pas acquis dès le départ, il peut être négocié entre les partenaires ou peut être modifié unilatéralement. Pour chaque discours il y a un contrat spécifique.
Pour un même discours il existe divers contrats : par exemple, dans un débat politique radiophonique, les participants doivent respecter un contrat de communication verbale, un contrat de conversation, un contrat de débat, un contrat attaché aux émissions de radio.
Le contrat de communication possède deux dimensions, situationnelle et communicationnelle. La dimension situationnelle correspond à un contrat d’échange : exemple de questions « on est là pour dire quoi ? » « Pour jouer quel rôle ? » Cela concerne les identités sociales (un élève ou un professeur dans une situation scolaire). La dimension communicationnelle correspond à un contrat de parole qui porte sur les comportements discursifs (le professeur est obligé de questionner, les élèves sont obligés de répondre).
Conversation
Le terme conversation peut se référer à toute situation d’interlocution, il peut s’agir d’un échange spontané en famille ou d’une conférence de presse. Les échanges sont relativement égalitaires, les prises de paroles sont libres et le thème peu contraint. Un interrogatoire ou un débat politique ne peuvent pas être considérés comme des conversations.
On distingue deux disciplines : l’analyse conversationnelle et l’analyse du discours. En ce qui concerne l’analyse du discours, les institutions parlent de l’exercice de la parole dans un lieu déterminé : consultations médicales, manuels scolaires, débats télévisés, etc. Quand il ne s’agit pas de conversation, on parle de « genre de discours ». Les interactions conversationnelles ne sont pas divisibles en genres bien distincts, elles ne sont pas liées à des lieux institutionnels, à des rôles, et à des schémas d’actions relativement stables. Leur cadre se transforme sans cesse : ce sont les contraintes locales et horizontales, c’est-à-dire les stratégies d’ajustement et de négociation entre les interlocuteurs qui l’emportent.
Analyse conversationnelle
L’analyse conversationnelle désigne l’étude des interactions orales menée dans la perspective de l’ethnométhodologie. L’analyse des interactions verbales s’oriente dans deux directions majeures :
- L’étude des relations entre les constituants linguistiques de l’interaction, répartis sur plusieurs niveaux. La conversation est considérée comme une organisation hiérarchique complexe : de l’unité la plus élémentaire, l’acte de langage, à la plus vaste, l’ensemble de l’interaction, en passant par l’intervention et l’échange.
- L’étude des relations qui s’établissent entre les participants (degrés d’intimité).
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12. Analyse - L'Idée, J. Du Bellay
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14. Analyse - Vision, J. Du Bellay
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17. Analyse - Sonnet 108, J. Du Bellay
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13. Analyse - Contre les Pétrarquistes, J. Du Bellay