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Lingua e traduzione francese

La linguistique: objet, tâches, théories

Petite histoire de la linguistique

Il y a une première attestation du terme linguistique: il apparaît pour la première fois en 1826 et il dérive de l’adjectif linguiste. Il s’agit d’un terme allemand, parce que la plupart des linguistes à l’époque (XIXe siècle) étaient des linguistes historiens, c’est-à-dire qui s’occupent de l’histoire de la langue, et ils étudiaient surtout l’allemand. Mais depuis l’Antiquité, les hommes se sont toujours intéressés au langage.

Les philosophes à l'époque hellénique et latine

Avant les linguistes, il y avait les philosophes qui s’occupaient des questions de la langue et surtout du rapport entre langage, pensée et monde (réalité extralinguistique). Aristote, par exemple, s’est occupé de la rhétorique, qui concerne la persuasion des autres; mais dans toute la tradition antique il y a des exemples, comme les sophistes et les égyptiens, qui se sont occupés beaucoup du langage en général.

La linguistique comme discipline philologique au XIX siècle

Le XIXe siècle, c’est l’époque de la grammaire comparée et de la linguistique historique. Les linguistes s’occupaient de comparer les langues et faire leurs histoires, avec l’objectif de remonter, à travers la comparaison des langues, à la langue mère qui aurait engendré toutes les autres langues (indo-européen).

La naissance de la linguistique moderne avec le Cours de Saussure

On peut dater la naissance de la linguistique moderne en 1916, c’est-à-dire l’année de publication du Cours de Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure. Publiée trois ans après sa mort, cette œuvre n’est pas écrite par Saussure: elle est le résultat des notes du cours de linguistique générale que Saussure, qui était un linguiste comparatif, a tenu à Genève (Ginevra) entre 1906 et 1911; ce sont ses élèves Charles Bally et Albert Séchehaye qui ont rassemblé et publié les notes du cours. Cela explique pourquoi le cours est plein de lacunes et questions irrésolues, et Saussure a été accusé par les structuralistes de donner plus d’importance à la parole qu’à la langue.

En tout cas, Ferdinand de Saussure a complètement changé les études de linguistique et a contribué à la naissance de la linguistique moderne. En effet, jusqu’au XXe siècle la linguistique n’existait pas comme une science, mais elle était liée à la philologie, c’est-à-dire la reconstruction des langues avec les textes. C’est Saussure qui lui a donné la dignité d’une science, en la libérant de l’histoire. À partir de lui, la linguistique commence à être étudiée pour elle-même et en elle-même.

Les tâches de la linguistique d’après le Cours

Dans le Cours, les élèves ont bien spécifié quels sont les tâches de la linguistique.

  • Le premier objectif est le même de la philologie et la linguistique historique: c’est-à-dire, faire la description et l’histoire de toutes les langues et des familles de langues, donc reconstituer dans la mesure du possible les langues mères de chaque famille.
  • À travers la deuxième tâche, on comprend comment Saussure a tout changé la manière d’étudier les langues: dans le Cours on dit que la tâche de la linguistique est aussi de chercher les forces qui sont en jeu d’une manière permanente et universelle dans toutes les langues, et de dégager les lois générales auxquelles on peut ramener tous les phénomènes particuliers de l’histoire. Pour la première fois, faire de la linguistique revient à déterminer quels sont les lois générales qui permettent le fonctionnement de toutes les langues naturelles.
  • Le troisième objectif de la linguistique est de se délimiter et de se définir elle-même. La linguistique n’est pas la grammaire, parce qu’elle n’est pas normative, mais descriptive: si la grammaire régule le bon usage, en indiquant ce qui est correct et ce qui n’est pas correct, la linguistique observe, cherche à comprendre et elle n’est pas prescriptive.

Les concepts fondateurs du Cours

Langue vs langage

Le langage est une faculté, une capacité universelle et innée qui consiste à savoir communiquer et interagir avec les autres. C’est la capacité d’articuler et entendre des sons. Le langage ne concerne pas seulement la langue: il y a beaucoup de langages, humain, animal, informatique, musical…

La langue est un ensemble de conventions nécessaires adoptées par une communauté langagière pour permettre l’exercice du langage. La langue est un produit social, ce sont des règles qu’on a intériorisées et qu’on partage avec la communauté. Seules les langues sont l’objet de la linguistique: les langues s’apprennent, mais pas le langage.

Langue vs parole

Cette opposition est aussi fondatrice du Cours. La langue est un système abstrait de signes, de lois, de règles générales qu’une communauté partage, et c’est un produit social. Elle est essentielle, enregistrée passivement, collective, abstraite. La parole est la réalisation concrète et individuelle de la langue, c’est-à-dire l’utilisation concrète, matérielle que l’on fait des règles. Elle est accidentelle, un acte volontaire, non collective, concrète. Saussure établit la primauté de la langue sur la parole.

Ex. La r italienne [r], la r française [R], la r anglaise [ɹ], ce sont trois réalisations différentes du même phonème (/r/), ce sont des allophones. Le phonème est la langue, les allophones sont la parole.

Linguistique diachronique vs synchronique

La linguistique synchronique étudie les structures linguistiques et les faits de langue dans un moment donné, passé ou présent, de l’évolution de cette langue. Elle s’appelle aussi linguistique statique. La linguistique diachronique (ça vient du grecque dia, qui signifie “à travers”) étudie les structures linguistiques et les faits langagiers dans leur évolution et transformation au cours du temps. Elle s’appelle aussi linguistique historique ou évolutive. La séparation entre diachronie et synchronie n’est pas réelle, car la diachronie est une succession de synchronies: par exemple, le français contemporain est le résultat de la succession du français antique, moderne, etc. Si on cherche l’étymologie d’un terme, on fait une opération diachronique; si on réfléchit sur l’emploi du terme, sur son collocation, etc., on fait une opération synchronique. Les linguistes du XIXe siècle faisaient de la linguistique diachronique; Saussure a établi la primauté de la synchronie sur la diachronie: il est plus important de comprendre le fonctionnement des structures linguistiques dans le même moment.

Linguistique interne vs externe

La linguistique interne étudie les phénomènes linguistiques du point de vue du fonctionnement interne du système linguistique. Ex. Étude du système vocalique, des désinences verbales, des mots dérivés et mots composés, etc. La linguistique externe étudie les phénomènes linguistiques en relation à d’autres facteurs (sociaux, anthropologiques, économiques, historiques, etc.) qui ne rendent pas compte du fonctionnement interne et autonome de la langue, c’est-à-dire comment la réalité externe influence la langue Ex. La féminisation des noms de métier, étude du vocabulaire de la Révolution française.

Relations syntagmatiques vs paradigmatiques

Les unités linguistiques, qui forment la langue, sont des unités discrètes: ça veut dire qu’on peut les isoler, les segmenter, les délimiter sur la chaîne parlée. Les unités linguistiques qui forment le système entretiennent des relations entre elles. Ces relations peuvent être:

  • Syntagmatiques: rapport de succession sur le plan horizontal des combinaisons, qui se fonde sur le principe que les unités linguistiques sont chaînes d’unités appelées syntagmes, chaînes de manière linéaire aussi bien à l’oral qu’à l’écrit (linéarité du signe linguistique). Ces relations sont aussi appelées par Saussure relations in praesentia, parce qu’ils sont compresents sur la scène parlée ou écrite. Sono presenti sulla catena parlata, concatenate una dopo l’altra: vediamo e ascoltiamo questi segni.
  • Paradigmatiques: rapports associatifs sur le plan vertical du paradigme, qui reposent sur des associations mentales. Ils sont in absentia, parce que les unités sont en rapport virtuel de substitution. Les associations peuvent être sémantiques, phonétiques, morphologiques. Sono associazioni mentali, che riguardano rapporti di sostituzione di tipo verticale: ogni tipo di occorrenza che può sostituire quella che vediamo nella catena parlata. Quando li attualizziamo in una frase, diventano relazioni sintagmatiche; quando restano virtuali, sono paradigmatiche.

Ex. [Le chat] [dort] [dans le jardin] sont en relation syntagmatique entre eux. [Le chien], [mange], [dans la cuisine] sont en relation paradigmatique avec les syntagmes ci-dessus.

Ex. Impossible > im- + poss + -ible sont en relation syntagmatique entre eux. Il- + lisible sont en relation paradigmatique avec les syntagmes ci-dessus.

Ex. Enseignement > enseigner, apprendre, école association mentale sémantique.

Les permutations

On a une permutation lorsque deux unités de la chaîne parlée/écrite changent de position. Quand les unités linguistiques se déplacent sur l’axe syntagmatique, c’est-à-dire qu’ils changent leur contexte, il y a aussi un changement de rôle ou de fonction.

Ex. L’enfant aime la maîtresse > La maîtresse aime l’enfant: du passage d’une phrase à l’autre, il y a un changement de rôle: le sujet devient le complément d’objet direct, et le complément d’objet devient le sujet.

La permutation peut concerner les mots, les syllabes, les sons… (contrepèterie)

  • Niveau lexical: La fête des mères > la mère des fêtes
  • Niveau syllabique: Quel beau métier professeur > quel beau fessier prometteur
  • Niveau phonétique: La femme folle de la messe > la femme molle de la fesse (Rabelais)

Les commutations

Comme elles sont des unités discrètes, les unités linguistiques sur l’axe paradigmatique sont substituables virtuellement. La commutation est une opération qui consiste à remplacer une unité linguistique par une autre, et qui cause un changement de forme et de sens.

Ex. Bête sauvage [b] > [f] Fête sauvage Dans la substitution de [b] en [f] je ne prends pas un élément de la chaîne parlée, mais un élément in absentia. Les phonèmes /b/ et /f/ sont unités signifiantes.

Ex. Je chercherai une maison -ai > -ais Je chercherais une maison Les unités –ai et –ais sont signifiantes pour distinguer le futur et le conditionnel Le test de commutation est au cœur des analyses phonologiques et morphologiques.

Langue écrite vs langue parlée

La théorie saussurienne du signe linguistique

Ferdinand de Saussure n’utilise jamais le terme “mot” parce qu’il pose problèmes: pour Saussure la langue n’est pas une nomenclature: c’est-à-dire que la langue n’est pas une liste de mots et les mots ne représentent pas la réalité, ils ne sont pas des étiquettes attachées aux choses. Si il y avait une correspondance directe entre le mot et les choses, certains phénomènes comme l’homonymie (plusieurs sens qui ont la même forme) ou la polysémie (une forme avec plusieurs sens) n’existeraient pas.

La langue est un système de signes linguistiques, et le signe linguistique est l’union non d’une chose et un nom, mais d’un concept (signifié) et une image acoustique (signifiant). Le signe a une double face et il est tout immatériel: le signifiant est l’image acoustique, c’est-à-dire l’empreinte psychique, psychologique du son, son représentation mentale; le concept, ou signifié, est aussi psychique et correspond à l’idée, à la représentation mentale de la chose, de l’idée, selon la communauté linguistique. Si le signe est constitué de deux éléments, comment appelle-t-on la réalité extralinguistique? La réalité s’appelle le référent. Cela est bien représenté dans le schéma de Peirce, qui a défini justement la relation triadique entre signifiant, signifié et référent, c’est-à-dire entre la suite phonique, le concept et la réalité matérielle. interprétant (signifié) objet (référent) - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - description de la relation (signifiant).

Dans un système plus complexe, le modèle tétradique du signe de Klinkeberg, il faut inclure également le stimulus, c’est-à-dire la matière sonore ou graphique, le son physique. Lo stimulo è la materia sonora o grafica, quello che effettivamente sentiamo o vediamo quando percepiamo un segno; il significante è la proiezione della materia sonora nel nostro cervello, è l’impronta psichica di un segno. Le référent ne correspond pas forcément à la réalité du monde: en effet, la langue permet aussi de dire ce qui n’existe pas dans le monde.

Les types de signes

Les signes, selon Peirce, se classifient par rapport à leur nature et degré de motivation.

  • Icône: signe où il y a un rapport de ressemblance, similitude entre le signifiant et le signifié. Ex: un arbre dessiné.
  • Indice: signe où il y a un rapport de contiguïté matérielle entre le signifiant et le signifié. Ex: orme (empreintes, traces) d’un animal, starnuto (éternuement) qui indique rhume.
  • Symbole: signe où la relation entre signifiant (Sa) et signifié (Sé) est totalement arbitraire (immotivée) et conventionnelle. L’arbitraire est une des propriétés du signe linguistique: donc, les signes de la langue sont symboles.

Les propriétés du signe linguistique

Linéarité du signifiant: On ne peut pas prononcer et écrire deux signifiants simultanément, à la fois. C’est une propriété qui ne concerne pas le signe tout entier. Aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, comme on parle, on chaîne les phonèmes, les mots, les phrases l’un derrière l’autre, sur l’axe syntagmatique.

Arbitrarité: c’est le cœur de la théorie du signe linguistique. Le lien qui unit le signifiant et le signifié est immotivé. Le contraire de l’arbitraire, c’est la motivation. Ferdinand de Saussure dit qu’ils existent des formes d’arbitraire absolues et relatives. Ex. dans “vingt” il n’y a rien qu’indique le sens du mot; dans la forme “dixneuf” on a “dix plus neuf”; il y a quelque chose qu’indique le sens du mot. Dans l’arbitraire relative, le signe porte en soi quelque chose qui suggère le sens.

Immutabilité du signe: lorsque nous apprenons une langue, nous ne pouvons pas choisir les signes: nous les héritons dans leur stabilité. On ne peut pas changer le système linguistique, les signes. Ça ne signifie pas que le sens du mot ne change pas. Le changement linguistique est lent et suit parfois une longue évolution. I segni sono immutabili, ma il significato che compongono evolve nel corso dei secoli.

Qu’est-ce que la valeur d’un signe?

Qu’est-ce que la langue? Système de signes abstrait et arbitraire dont les éléments entrent en relation syntagmatique et paradigmatique. Les unités linguistiques n’existent pas, n’ont pas de valeur en elles-mêmes. Elles existent, donc elles n’ont de valeur que par opposition à d’autres unités. Les unités linguistiques existent en fonction des autres.

Signification vs valeur

C’est pour toutes ces raisons que Saussure distingue entre signification et valeur.

Signification (senso) d’un signe: l’association arbitraire d’un signifiant et d’un signifié. Elle concerne le rapport de cohésion interne du signe.

Valeur d’un signe: ensemble des relations de délimitations et d’opposition des signes entre eux. Il rapporto tra il significante fiume e il significato fiume, concerne la significazione. Il confronto con ruscello, concerne il valore.

Éléments d’histoire de la langue

Le français est une langue romane, parce qu’il est issu du latin (populaire), mais il porte aussi d’autres contaminations par le gaulois, une langue celtique parlée par les populations autochtones de la Gaule avant l’arrivée des Romains, et le francique, la langue parlée par les Francs, une population germanique qui a envahi la France au Xe siècle. Le gallo-romane est issu du mélange du gaulois avec le latin vulgaire et le francique. L’ancien français, le fransues, issu du roman, était une des variétés, qui a été dominante. Le premier contact est entre le gaulois et le latin populaire, mais il y a des mots en français qui dérivent du latin classique. Autres langues romanes sont l’italien,

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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/04 Lingua e traduzione - lingua francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher Giulia_180500 di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Lingua e traduzione francese e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università degli Studi di Pisa o del prof Attruia Francesco.
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