L'œuvre de Molière : influences savantes et populaires
L'œuvre de Molière subit à la fois une influence savante, celle du genre sérieux, et une influence populaire, celle de la commedia dell'arte, que les recherches italiennes de ces trente dernières années nous ont permis de mieux connaître (Voir Vito Pandolfi, La Commedia dell'arte. Storia e testi, Firenze, Sansoni, 1959, et Claude Bourqui, La Commedia dell'arte, Paris, SEDES, 1999).
Influence savante
L'influence savante a trait à un fait capital au début du XVIIe siècle, l'émergence de la poétique comme une pratique absolue, ainsi que l'illustrent les Discours du Tasse et surtout le De Tragoediæ constitutione du Hollandais Daniel Heinsius, publié en 1610, et rapidement regardé dans toute l'Europe comme l'ouvrage de référence pour ce qui a trait à la composition du poème dramatique. Jusque-là, les traités de poétique se bornaient à gloser la Poétique d'Aristote, et les théoriciens ne s'intéressaient qu'au genre tragique, la Comédie étant depuis toujours considéré comme un genre bas. Heinsius ouvre ainsi une véritable réflexion sur la fiction en s'interrogeant sur les effets visés au théâtre, et sur la manière d'y parvenir.
L'œuvre de Pierre Corneille
L'œuvre de Pierre Corneille et ses partis-pris théoriques en offrent une excellente illustration. Deux études de génétique théâtrale de Georges Forestier (Essai de génétique théâtrale. Corneille à l'œuvre, Paris, Klincksieck, 1996, et Corneille, le sens d'une dramaturgie, Paris, SEDES, 1998) ont récemment montré de manière convaincante que cet auteur crée non pas en philosophe ni en historien mais en dramaturge, et qu'il affirme sans ambiguïté, dans une lettre d'août 1660, adressée à l'abbé de Pure, le primat du spectacle sur la visée morale ou, si l'on préfère, du poétique sur l'idéologique.
Molière et les débats théoriques
Renversement capital qui induit que les idées d'un dramaturge (psychologie, conception de la politique, etc.) ne sauraient être considérées dans l'absolu, mais en fonction de la poétique du genre, qu'elles doivent servir avant tout. Molière, habité par son art, fasciné par le genre tragique, et surtout ardent admirateur de Corneille dont il a constamment joué les œuvres, n'a pas pu méconnaître ces débats théoriques des décennies précédentes qui...
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Letteratura francese
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Letteratura francese - Vie de Moliere
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