Pierre Gassendi
L’Académie Putéane était gassendiste. Ou plutôt, Gassendi y fut accueilli à bras ouverts, comme si sa pensée avait été une émanation de l’Académie. Elle était née d’une culture analogue et fondée sur les mêmes principes intellectuels.
Parmi ses maîtres, il nommait Plutarque et Sénèque, Montaigne et Erasme, mais aussi Cicéron, Lucrèce, Juste Lipse, Charron. Le point de départ de sa pensée est une opposition nette à l’aristotélisme tel qu’il était pratiqué à la Sorbonne, la scolastique, le système. Il niait toute certitude intellectuelle, toute justification rationnelle de la morale, tout universalisme gnoséologique. Le « que sais-je » de Montaigne était derrière sa philosophie. C’était un pyrrhonisme radical, qui n’admettait aucune vérité et aucun principe que les hommes aient en commun.
Alors que la philosophie orthodoxe et officielle enseignait la foi en une Raison universelle, fondée en Dieu et présente en chaque homme telle une étincelle permanente, à cette Raison universelle Gassendi opposait l’existence de différentes cultures, la force de l’habitude et de l’éducation, le consensus social qui fonde les croyances des hommes.
Tout système voulant apporter une explication définitive du monde lui était odieux : l’esprit humain est tout juste capable de faire des « suppositions sur des ombres ». Quand Lord Herbert de Cherbury tenta avec le De Veritate de fonder un nouvel universalisme basé sur un « instinct naturel commun », il protesta comme dix ans plus tôt contre l’aristotélisme, en opposant « la grande contrariété de jugements qui se rencontrent sur presque chaque sujet » : l’athéisme de certains philosophes anciens, les polémiques sur le mouvement de la terre, les relations des voyageurs sur les habitants du Nouveau Monde.
Nos opinions se forment donc non sur une Raison ou sur un instinct naturel, mais « selon la préoccupation des lois, coutumes, conversation, éducation, etc. ». Gassendi est le philosophe du multiple, des apparences, des probabilités. Descartes veut au contraire reconstruire le système de l’univers à partir d’un principe unitaire, atteindre les essences cachées, les certitudes absolues.
Le conflit était inévitable. Descartes prétend démontrer l’existence de Dieu sur une base ontologique, Gassendi répondait que Dieu...
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