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Préambule

Le linguiste s’intéresse à toutes les langues sous tous leurs aspects et il cherche à préciser en quoi une langue est différente de toutes les autres, comment elle fonctionne et comment elle évolue. Le français est un mélange de différentes langues, par exemple le gaulois, parlé avant la conquête des Romains, et le latin vulgaire. Cette langue des conquérants romains a ensuite subi l’influence des envahisseurs germaniques, et en particulier celles des Francs.

On parle de dialectes et de patois romans pour désigner les différents parlers locaux ou régionaux, qui proviennent tous du latin de Rome. Pourtant, le terme de patois est arrivé à évoquer un langage rudimentaire, loin de la définition des linguistes, pour qui il est l’une des formes prises par le latin parlé dans une région, donc il s’agit d’une langue! Le français a été lui-même un patois.

Selon une tradition, le français le plus pur serait celui que l’on parle en Touraine. Proche de l’Île-de-France et soumise aux influences parisiennes par le séjour de la Cour, on y parlait probablement un patois particulier. En opposition à cette tradition, on pense que le français qui tend à se répandre est ce qui accueille des éléments de diverses provenances. En outre, pour certains le Français doit être une langue malléable, pour d'autres il doit être immuable et intouchable. Il existe parmi les francophones une dualité: d’une part il y a la conception d’un français transmis par la tradition à travers les œuvres des grands écrivains, d’autre part, il y a une langue multiple, changeante, qui s’adapte au monde moderne.

Chapitre 1. D’où vient le français?

Le français n’a pas toujours existé, mais il résulte de toutes les contacts avec gens d’autres langues, les romains, les francs, les burgondes, les wisigoths ou normands. En certains cas, l’évolution a modifié la forme des mots, dans d’autres cas c’est le sens qui change. En outre, les linguistes parlent d’évolution phonétique quand il s’agit de sons et d’évolution sémantique quand il s’agit des sens. L’histoire d’une langue dépend de celle des gens qui la parlent.

Les dix points de repère de la langue française:

  • Avant les indo-européens (Avant – 800) : Les habitants de la Gaule parlaient des langues diverses avant l’arrivée des Gaulois de langue indo-européenne. Environ six mille ans avant notre ère, les Celtes, devenus après le Gaulois, se sont dirigés du Caucase à l’Europe, surtout en France. Il ne reste aucune trace écrite, mais les linguistes cherchent les concordances entre les formes de certains mots pour établir leur origine.
  • Le temps des Gaulois (800 à 500 apr. J.C.): Après la conquête de Jules César au Ier siècle avant J.C., le latin devient progressivement la langue de la Gaule. Avant le gaulois, en France il y avait les Ligures, les Ibères, les Aquitains. Les Gaulois ont été souvent mal connus parce qu'ils n’ont pas laissé de témoignages écrits mais on sait que ce langue est proche de l’actuel Breton. La conquête militaire de Jules César a été très importante, parce que les habitants de la Gaule ont commencé à apprendre le latin. Donc, le français vient du latin, et non pas du gaulois. Dater avec précision quand le Gaulois n’a plus été parlé est impossible, mais peu à peu, les nobles et les marchands ont appris le latin, qui était la langue du commerce. Ce qui nous reste du gaulois sont environ soixante-dix mots (bec, chemin, mouton), qui concernent surtout le monde agricole. Un mot mérite une attention particulière, la lieue, l’unité de longueur, qui a réussi à se transmettre à la place du mille romain et qui a survécu jusqu’au 1795. Autres vestiges de cette langue disparue se trouvent dans les noms des villes, divisées en quatre types:
    • Lieux défensifs, avec les suffixes dunum-durum-rato (forteresse);
    • Lieux de marché, avec le suffixe magus (marché);
    • Lieux sacrés, avec la forme nemeto (sanctuaire);
    • Situations particulières, avec termes comme lano (plaine);
    Lutetia, l’ancien nom de Paris, a une origine préceltique et signifie «marais». Il était le nom d’une petite île de la Seine autour de laquelle Paris s’est développé. Le nom de Paris vient de celui du peuple gaulois des Parisii, qui vivait ici. Mais à partir du Ier siècle, les anciens noms de villes ont été remplacés par les noms des populations qui les occupaient. La Provence est la seule région où il y a l’absence de noms de lieux Gaulois parce qu’ici il y a eu la colonisation des Grecs (Marseille, Nice) et des Romains.
  • Le temps des barbares (II-VI sec): Ce latin parlé par le Gaulois est influencé par les envahisseurs germaniques, en particulier par les Francs. Avant l’arrivée de Jules César, les Romains étaient déjà installés au sud de la Gaule et ils avaient fondé une province, la Provincia Narbonensis (actuelle Provence, Languedoc, Dauphiné, Savoie). Dans cette région l’influence de la langue gauloise a été moins importante, et cela explique pourquoi les dialectes provençaux sont proches du latin. Les populations germaniques qui arrivent en France sont:
    • Les Francs (nord), dialectes d’oïl ;
    • Les Wisigoths (sud-est), dialectes d’oc ;
    • Les Bourgondes (sud-ouest), dialectes francoprovençaux.
    Mais c’est l’influence franque qui a été dominante pour la naissance de la langue française. En Gaule, le latin a subi l’influence du substrat gaulois et celle du superstrat germanique, parce qu’il y avait le besoin de communiquer avec les nouveaux venus, par conséquent, le latin se mêle de gaulois et de germanique. Les différences introduites par les Francs sont :
    • l’h comme consonne (hêtre, hanche, comme les mots anglais heir, honest, honour et hour) ;
    • l’articulation surtout des gens du Midi, d’articuler les voyelles finales, les «e muets».
    • Le déterminant (adj.) précède le déterminé (nom). On le peut voir dans les noms des villes (Neuville, Francheville).
  • Le temps des chrétiens (II-IX): Diffusion du christianisme et naissance de «l’ancien français». Charlemagne restaure l’enseignement du latin. Tandis que l’invasion franque apportait à la langue parlée en Gaule des éléments de diversification, le christianisme, avec le latin, est devenu un instrument d’unification. En effet, l’Église, avec l’appui des grands seigneurs, a pris en charge l’organisation des écoles et des universités. Clovis, roi des Francs, avait compris l’importance politique de cette nouvelle religion et, après avoir épousé Clotilde, une princesse bourgonde chrétienne, il fait son baptême à Reims, le jour de Noël en 496. Dès lors, il devient le protecteur de l’Église. Comme la langue parlée était devenue très différente du latin classique, le concile de Tours demande que les homélies soient traduites en rustica romana lingua et germanique, pour mieux être compris des fidèles.

Charlemagne, roi franc, admirait le latin et lui redonne tout son lustre, en appelant le moine Alcuin. Il avait aussi mis à la porte les fidèles qui ne comprenaient le vrai latin, le texte de la Vulgate (Bible latine établie par Saint Jérôme). Donc il y a eu la renaissance carolingienne, connue pour avoir réformé les modes d’écriture en imposant la caroline, écriture cursive minuscule. Mais le latin admiré par Charlemagne n’était plus des origines. À cette époque remontent les glossaires, petits dictionnaires permettant de passer d’une langue à une autre, dont la valeur est inestimable (Gloses de Reichenau - dictionnaire latin/romane de 1300 mots, Gloses de Cassel – roman/germanique).

Les Serments de Strasbourg sont considérés comme le premier monument de la langue française, écrit en langue romane et en langue germanique. Il est échangé en 842 entre deux des petits-fils de Charlemagne, Louis le Germanique et Charles le Chauve, pour se jurer assistance et fidélité contre leur frère Lothaire. Ici nous pouvons trouver la nouvelle formation du futur (infinitif suivi des formes du verbe avoir), mais aussi des changements de prononciation et de vocabulaire (martel-marteau, bel-beau). Un autre texte important est la Séquence de sainte Eulalie, en ancien français. Le désordre que l'on trouve avec le mot frère-fraternel par exemple date de Charlemagne qui cherchait de réintroduire des mots latins. À partir de lui, la langue est traitée par instances supérieures, ecclésiastiques ou nationales.

  • L’intermède des vikings (IX-X): L’installation de Normands entraîne peu de changements dans la langue. Ces hommes venant de la Scandinavie ont occupé celle qui deviendra le duché de Normandie. À partir de ce moment ils s’intègrent à la population, finissant par adopter sa langue et en laissant quelques mots de la famille et de lieux. Le français devient la langue de l’aristocratie, de la Cour, des tribunaux et de la religion, donc on retrouve beaucoup de mots anglais qui viennent du français (crown, council, duke, justice, cardinal, merci, pilgrim, peace, poverty, treasure, flower qui viennent de mots français). Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre au XIIe siècle parlait français. La première grammaire française est écrite en 1530, rédigée en anglais par Palsgrave. On peut se demander ce qu’il serait advenu de la situation linguistique de la France si Jeanne D’Arc n’avait pas bouté les Anglois hors de France. Au contact des Vikings, c’est le vocabulaire de la mer qui s’est enrichi de mots qu’utilisent aujourd’hui les amateurs de voile.
  • Le temps des dialectes (V-XII): La vie féodale favorise la fragmentation dialectale. Pour comprendre comment s’est produit cette différenciation en dialectes divers, il faut se rappeler les conditions de vie sous le régime féodal: la vie était organisée sur la terre du seigneur, fondée sur en relation de fidélité entre le vassal, le seigneur et les paysans. C’est à l’intérieur des limites.
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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/04 Lingua e traduzione - lingua francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher Novadelia di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Francese III e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università degli Studi di Palermo o del prof Sicari nd.
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