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Verlaine – Le ciel est par-dessus le toit… - Analyse


Texte

Le ciel est par-dessus le toit…..
Le ciel est, par-dessus le toit
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme

La cloche, dans le ciel qu’on voit
Doucement tinte,
Un oiseau, sur l’arbre qu’on voit,
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là,
Vient de la ville.

-Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

P. Verlaine, Sagesse


Analyse

Nous sommes à Bruxelles, en 1873. Verlaine a été condamné è deux ans de prison et dans le cachot il médite dans la solitude.
Par une lucarne, il aperçoit la grisaille des toit et par-dessus il voit un morceau de ciel et les plus hautes branche d’un arbre qui sont agitées par une légère brise. Le fait qu’il reprend deux fois l’expression « par-dessus le toit » sert pour souligner pour l’œil, mais pour l’esprit aussi, la pauvreté de l’horizon visible. Renfermé dans sa cellule, le poète est émerveillé par ce coin d’azur, comme si ses yeux s’ouvraient pour la première fois. La première strophe se caractérise par des sensations visuelles, alors que dans la deuxième on retrouve ses sensations auditives. Cependant, entre les deux premières strophes, il y a un enchaînement étroit et une forte analogie de structure : dans le ciel on entend les doux sons d’une cloche, suggérés par les délicates sonorités et le rythme du second vers (= doucement tinte) ; de cet arbre jaillit la plainte de l’oiseau qui est suggérée par l’harmonie un peu traînante du dernier vers (= chante sa plainte) dont le rythme et la sonorité font écho à ceux du dernier vers de la strophe précédente (= berce sa palme).
Au contraire, entre la deuxième et la troisième strophe, il semble qu’il y ait une sorte de rupture. A toute une suite d’impressions paisibles, succède un double cri (= Mon Dieu, mon Dieu). Peut-être il s’agit d’un élan mystique de l’âme du poète ; de toute manière, quoi qu’il en soit, il s’ait sans doute d’un retour sur soi-même. Malgré les apparences, la continuité avec le début du poème est bien réelle. Les impressions auditives et visuelles avec le concours de l’imagination suscitent le souvenir d’une vie simple et paisible, que le poète n’a pas connue ou qu’il a refusée. Et voilà que le poète fait une découverte : il s’aperçoit que la vie est tout près, puisqu’il en a eu des images et des bruits et qu’il a entendu des bruits confusément ( = la « rumeur de la ville »). Dans l’âme du poète, cette découverte s’accompagne d’un tumulte douloureux, c’est-à-dire le regret de la liberté perdue, les remords, la nostalgie d’une existence innocente et d’un bonheur paisible ; on retrouve tous ces thème dans la dernière strophe. Il s’agit d’un désespoir très profond car il a gâché sa jeunesse, c’est –à-dire qu’il a gâché ses rêves de poète, épris de pureté.
Le poème est l’expression d’une sincérité frappante. Ce n’est pas une mélancolie vague ou sans cause ; c’est plutôt le désarroi d’une âme en pleine crise existentielle. Les moyens d’expression utilisés sont simples et le poète arrive à communiquer au lecteur
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