gaiabox di gaiabox
Ominide 3551 punti

Ces dix méditations, que Rousseau a griffonnées au dos de cartes à jouer, il les définit lui-même comme «l’appendice des Confessions»; le ton toutefois a changé car, désormais, il n’a plus rien à confesser. Dans Les Rêveries, Rousseau cesse de se justifier pour s’abandonner à l’instant, qu’il vit avec intensité.
Il analyse les rapports privilégiés qu’il entretient avec la nature et finit par donner à son isolement social le caractère d’un choix délibéré. C’est dans ce dernier ouvrage que convergent l’existence tourmentée de l’écrivain et l’ensemble de son œuvre, en un état de rêverie ou la vie réelle et l’image du songe finissent par se confondre dans la conscience du poète solitaire.

Je me regardais presque comme un autre Colomb

C’est à une nouvelle passion d’ordre scientifique que Rousseau consacre les dernières années de son existence: la botanique. Seul, ou en compagnie d’un ami, il entreprend de longues promenades en quête de plantes qu’il ajoutera à son herbier. Il en parle dans la septième promenade des Rêveries et c’est l’occasion pour dire son plaisir de s’aventurer dans des lieux sauvages, loin du regard des hommes: «je gravis les rochers, les montagnes, je m’enfonce dans les vallons, pour me dérober au souvenir des hommes».
Le ton de ce passage est vaguement ironique; Rousseau se moque gentiment de lui-même, conscient comme il est que son amour pour la solitude et sa haine pour tout ce qui est civilisation – symbolisée ici par une prosaïque «manufacture de bas» – frise souvent la manie paranoïaque et le ridicule.

Hai bisogno di aiuto in Letteratura Francese?
Trova il tuo insegnante su Skuola.net | Ripetizioni
Registrati via email