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«Que le poète donc aille où il veut, en faisant ce qui lui plaît; c’est la loi», s’enthousiasme Hugo dans Les Orientales où, pour célébrer la liberté de l’inspiration, il chante des mondes lointains, l’Orient, la Grèce, les plaines du Danube ou les djinns, ces esprits méchants des musulmans.
La composition, raffinée et complexe, constitue à la fois un vrai tour de force formel et un exemple de l’extraordinaire imagination hugolienne. À travers la sonorité des termes choisis et le rythme des vers le poète parvient à évoquer une atmosphère particulièrement suggestive.

Pour rendre l’éclat de l’Orient, Hugo n’hésite pas à inventer de nouvelles formes poétiques, qui s’éloignent résolument de la grisaille classique. Les Djinns constituent ainsi une tentative des plus audacieuses de prosodie, proche de la «poésie visuelle» du XXe siècle. La première des quinze strophes de huit vers chacune est formée de dissyllabes et décrit un silence de mort dans une petite ville endormie au bord de la mer. Le paysage s’anime graduellement dans les strophes suivantes: un gémissement d’abord, puis un galop cadencé qui se transforme en un tonnerre de plus en plus effrayant; la cinquième strophe informe qu’une bande de méchants esprits, les djinns, sont à l’origine d’un tel fracas; ils survolent en effet la demeure d’un musulman qui invoque l’aide du prophète. Le crescendo qui scande le passage des démons correspond à des vers de plus en plus longs; ceux-ci augmentent d’une syllabe par strophe jusqu’à la huitième, tout en maintenant à la rime un enchaînement identique (ABABCCCB). Le nombre de syllabes diminue à partir de la neuvième strophe, ce qui rend visible et rythme l’éloignement du groupe maléfique. Comme la première, la dernière strophe est composée de vers dissyllabiques: les djinns s’estompent dans le silence nocturne.

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