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ès le Moyen Âge, des auteurs ont inventé d’autres épisodes de l’histoire de Tristan et Iseut, brodant sur le thème des nombreux retours de Tristan auprès de sa dame après leur première séparation. Ainsi, Marie de France, la
plus grande femme poète du Moyen Âge, qui, comme Thomas, a vécu en Angleterre dans la deuxième partie du XIIe siècle, compose entre 1160 et 1190 des poèmes, dont un, le Lai du chèvrefeuille, raconte l’une des rencontres clandestines des amants. Les «lais» étaient de courtes nouvelles en octosyllabes, de cent à mille vers, sur des sujets, pour la plupart, tirés des traditions bretonnes. Dans ce lai, Marie de France est moins intéressée par le côté tragique de l’histoire de Tristan et Iseut que par son côté courtois – sentimental dirait-on aujourd’hui. Elle raconte donc une entrevue du jeune couple d’amants. Tristan ne peut vivre loin de sa dame. Il lui laisse, donc, en gage de son amour, son nom gravé sur la branche d’un arbre.

La ronce, le coudrier et le chèvrefeuille

Il existe un point commun entre les deux passages de la légende de Tristan et Iseut que nous avons présentés: ils se concluent tous deux sur une image provenant du monde végétal. Un détail intéressant, car on a souvent dit que
l’art du Moyen Âge n’aurait guère été sensible à la fascination exercée par la nature. En réalité, les artistes médiévaux ont fait grand usage de motifs végétaux qu’ils reproduisaient avec soin sur les chapiteaux et les portails des
cathédrales: des plantes grimpantes, des fougères, de l’aubépine. L’univers naturel constitue avant tout un gigantesque réservoir de symboles, une sorte de superbe alphabet servant à exprimer les plus hautes vérités spirituelles et religieuses. Les manuscrits historiés, les étoffes, les coffrets sculptés qui arrivent d’Orient suggèrent des variations infinies dans l’usage de cet alphabet: c’est ainsi que pénètre en Occident un symbole indien, l’arbre de vie,un arbre renversé qui symbolise l’univers et enfonce ses racines dans le ciel.
La ronce qui naît de la tombe de Tristan et s’enracine dans celle d’Iseut est, elle aussi, une réalité naturelle transformée en symbole de l’amour immortel. Et encore, c’est au langage des symboles qu’a recours Tristan, dans le lai de Marie de France, pour montrer à Iseut que leurs vies ne peuvent être séparées: elles sont enlacées comme le chèvrefeuille s’enlace aux branches du coudrier.

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