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«Ce portrait vivant que je vous offre représente un héros assez reconnaissable aux lauriers dont il est couvert. […] Son nom, au bout de six cents ans, vient encore triompher en France.» C’est ainsi que Corneille, dans la dédicace du Cid, parle de Rodrigue Diaz de Bivar, vassal du roi de Castille, qui, au XIe siècle, a conquis le règne arabe de Valence, avant d’épouser la fille d’un seigneur qu’il avait tué. Héros légendaire en Espagne, le Cid a été l’objet de plusieurs œuvres littéraires.
Cette scène est fondamentale pour comprendre les sentiments qui poussent les héros cornéliens à l’action. Le Cid a tué le père de Chimène, la femme qu’il aime, pour venger l’honneur de son propre père. Malgré la rivalité de leurs familles, les deux jeunes gens continuent à s’aimer, mais la loi de l’honneur est inexorable. Ils le savent et sont les premiers à vouloir la respecter, devenant ainsi des héros, dignes l’un de l’autre; l’admiration réciproque est le moteur même de leur amour.

Nous appliquons le schéma actanciel à la plus célèbre des tragicomédies de Corneille. Si Rodrigue est bien le sujet de l’action, puisqu’il est le héros de l’intrigue, sa quête a plusieurs objets: le but de son désir est à la fois Chimène (comme dans la scène qui précède) et, plus en général, une abstraction, la «gloire». Chimène, toutefois, est aussi la destinatrice de l’action car elle représente l’une des autorités à laquelle obéit Rodrigue («C’est maintenant à toi que je viens satisfaire»). D’autres actants jouent ce rôle de ressort de l’action: le roi, lorsqu’il ordonne par exemple le duel du cinquième acte, don Diègue, c’est-à-dire le père que Rodrigue doit venger et, plus encore, les incontournables lois de la société féodale, auxquelles les deux héros cornéliens se soumettent. D’une part, l’ordre féodal impose que Rodrigue venge son père et s’humilie devant Chimène; d’autre part, selon l’amour féodal, il se doit d’accomplir son devoir. Quant aux opposants, il peut s’agir tour à tour de Chimène («quoique ton ennemie»), du roi ou de don Sanche. Il n’est pas rare, en effet, qu’un personnage assume successivement et/ou simultanément des fonctions différentes durant la pièce. (D’après Anne Ubersfeld, Lire le théâtre, 1982).

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