Video appunto: Sartre, Jean-Paul - Existentialisme

"L'existentialisme est un humanisme"



Sartre se propose de montrer que l’existentialisme est un humanisme.
On peut distinguer deux types: l’existentialisme chrétien et l’existentialisme athée (Heidegger ou Sartre). Le point commun de ces approches diverses est leur adhésion à l’idée selon laquelle l’être humain se définit par le fait que l’existence précède l’essence.

Cela signifie qu’il n’y a pas de concept d’homme préétabli auquel je pourrais et devrais me conformer. Je suis libre de devenir ce que je veux ; je vais choisir, tout au long de ma vie, ce que je serai ; et je peux à chaque instant devenir autre chose que ce que je suis à ce moment là.
L’homme n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. De là le premier principe de l’existentialisme: l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait.
Pour les objets c’est l’inverse. Sartre prend l’exemple du coupe papier ; il existe un concept de coupe papier qui définit une certaine utilité, une fonction précise de cet objet. C’est son essence, ce qu’il est. Cette essence précède son existence: on va construire cet objet, le faire venir à l’existence, de manière à ce qu’il réponde à cette fonction. Et il n’évoluera pas.
Si l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait, premier principe de l’existentialisme, alors, l’homme devient entièrement responsable de ce qu’il est. De plus, il est responsable de tous les hommes. En effet, faire un choix, c’est implicitement dire que ce qui est choisi a une valeur, et une valeur pour tous les hommes: en me choisissant, je choisis l’homme. Notre responsabilité est donc absolue, dans l’Existentialisme est un humanisme, ce qui engendre l’angoisse chez l’homme.
L’existentialisme sartrien prend pour point de départ que Dieu n’existe pas. De ce fait, il n’y a plus de nature humaine, il n’y a plus de normes morales, plus de bien ni de mal a priori. En effet, il n’y a plus d’intellect suprême qui ait pu forger ces notions. C’est à l’homme de décider ce qui est bien, ce qui est mal, et ce que doit être l’homme.
Ou encore: nous sommes seuls, sans excuses. C’est ce que j’exprimerai en disant que l’homme est condamné à être libre.
On voit alors pourquoi l’existentialisme n’est pas un quiétisme : loin de paralyser l’action, je dois m’engager. L’homme n’a de réalité que dans son action. L’homme n’est rien d’autre que la somme de ses actes, de sa vie. C’est là une doctrine peu consolatrice envers l’homme qui a raté sa vie. Si j’ai raté ma vie, je suis responsable de cet échec.
L’existentialisme n’est pas un individualisme; il part simplement de la vérité du cogito, le « je pense donc je suis » cartésien, parce qu’il s’agit d’une proposition certaine. Mais le cogito inclue non seulement l’expérience de la conscience qui se saisit elle-même, mais qui saisit aussi la certitude de l’existence des autres consciences. Avec l’existentialisme, l’homme n’est pas enfermé dans sa subjectivité, mais dans le monde de l’intersubjectivité.

L'existentialisme de Sartre s'oppose ainsi au déterminisme qui stipule que l'homme est le jouet de circonstances dont il n'est pas maître. Sartre estime que l'homme choisit parmi les événements de sa vie, les circonstances qu'il décidera déterminantes. C'est à dire, il a le pouvoir de'néantiser', autrement dit de combattre les déterminismes qui s'opposent à lui.
Selon Sartre, l'unique aliénation à cette liberté de l'homme est la volonté d'autrui. Ainsi fait-il dire à Garcin dans Huis clos «L'Enfer c'est les Autres».