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De plus, en 1669, la visite d’un ambassadeur de la Sublime Porte – un événement exceptionnel – avait provoqué bien des situations hilarantes, et pas mal d’embarras, à la cour. Quelle meilleure occasion pour en faire le sujet d’un divertissement à présenter au Roi lors de son séjour à Chambord? Le chevalier D’Arvieux surveille la confection des costumes et règle la cérémonie turque, la musique est confiée à Lulli, Molière, animateur depuis 1664 des fêtes royales, est chargé du texte. C’est ainsi qu’est né Le Bourgeois gentilhomme, comédie-ballet en cinq actes et en prose, mise en scène avec un faste digne du Roi Soleil.

La critique sociale

Le Bourgeois gentilhomme est l’une des comédies les plus amusantes de Molière. Si l’occasion des réjouissances royales atténue quelque peu la portée moralisatrice de la pièce, la peinture des mœurs et des caractères, exacte et ironique, rend acceptable le gros comique du spectacle. Molière ne renonce pas à fustiger les vices de ses contemporains, bien au contraire.

À peine voilée par la bouffonnerie, la satire de Molière vise cette fois les riches bourgeois qui aspirent à acquérir des titres de noblesse (les «savonnettes à vilain»), par voie de mariage ou en achetant des charges. Le roturier voulant devenir à tout prix gentilhomme était un personnage fort commun; les ventes de fausses généalogies ainsi que de patentes anoblissantes se comptaient par centaines à l’époque.
D’autres détails ont sûrement amusé les spectateurs de 1670 et nombreux sont ceux qui ont cru voir dans le personnage de M. Jourdain le puissant ministre des dinances, Colbert.

L'Action

La comédie se noue autour d’une double intrigue amoureuse, comme c’est presque toujours le cas dans l’œuvre de Molière: M. Jourdain s’est enrichi dans le commerce; il ne lui manque pour être heureux que le prestige de la noblesse de sang, qu’il cherche à imiter en s’entourant de professeurs qui secondent ses lubies pour mieux profiter de sa fortune. Bien que marié avec une femme sage et pratique, il fait la cour à la marquise Dorimène et voudrait pour sa fille Lucile un mari noble, bien sûr. Il n’arrivera pas à ses fins puisque Dorante, un gentilhomme sans fortune et amoureux de la marquise, parviendra à épouser cette dernière – non sans avoir soutiré à Jourdain une coquette somme – tandis que Lucile préférera un mari bourgeois, Cléonte, qu’elle aime et dont le valet, Covielle, entreprend de berner le bourgeois. Il invente une cérémonie turque, pendant laquelle le fils du Grand Turc, en visite à Paris, épousera Lucile dont il est tombé amoureux. M. Jourdain est ravi, d’autant plus qu’il sera élevé à la charge, noble entre toutes, de Mamamouchi. La cérémonie – à laquelle participe toute la famille et qui est en fait l’occasion de ballets et d’airs mis en musique – est une énorme mascarade, où, par des formules désopilantes, Jourdain est anobli à coups de bâton. Inutile de dire que le fils du Grand Turc n’est autre que Cléonte déguisé.

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