gaiabox di gaiabox
Ominide 3551 punti

Théophile Gautier, écrivain, poète et surtout adepte fervent d’une nouvelle vision du monde, l’évoque, en prêtant une grande attention à la langue et à la prosodie de ce drame mémorable.
«L’orchestre et le balcon étaient pavés de crânes académiques et classiques. Une rumeur d’orage grondait sourdement dans la salle; il était temps que la toile se levât; on en serait peut-être venus aux mains avant la pièce, tant l’animosité était grande de part et d’autre. Enfin […] le rideau se replia lentement sur lui-même et l’on vit, dans une chambre à coucher du XVIIe siècle, éclairée par une petite lampe, doña Josepha Duarte […]: Serait-ce déjà lui? C’est bien à l’escalier / Dérobé...

La querelle était déjà engagée. Ce mot rejeté sans façon à l’autre vers, cet enjambement audacieux, impertinent même, semblait un spadassin de profession, allant donner une pichenette sur le nez du classicisme pour le provoquer en duel.

– Eh quoi! dès le premier mot l’orgie en est déjà là? On casse les vers et on les jette par les fenêtres! dit un classique admirateur de Voltaire avec le sourire indulgent de la sagesse pour la folie. […]
– Mais ce n’est pas une négligence, c’est une beauté, répliquait un romantique […] … C’est bien à l’escalier / Dérobé… Ne voyez-vous pas que ce mot dérobé rejeté, et comme suspendu en dehors du vers, peint admirablement l’escalier d’amour et de mystère qui enfonce sa spirale dans la muraille du manoir! quelle merveilleuse science architectonique […] [Il] voyait sans doute trop de choses dans ce rejet, car ses commentaires développés outre mesure lui attirèrent des chut et des à la porte, dont l’énergie croissante l’obligea bientôt au silence.» (Théophile Gautier, Victor Hugo, 1902 posth.)

Hai bisogno di aiuto in Letteratura Francese?
Trova il tuo insegnante su Skuola.net | Ripetizioni
Registrati via email