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Francophonie

À la recherche d'une définition

Le géographe Onésime Reclus est l'inventeur de la francophonie en actes comme en paroles. En effet, il voulait classifier les habitants de la planète en fonction de la langue qu'ils parlaient dans la famille ou dans les relations sociales. À l'époque du traité de Berlin (1878), le monde était divisé en États ou en colonies et les hommes étaient divisés en citoyens ou en sujets administrés. C'est pour cette raison qu'Onésime Reclus voulait regrouper et même chiffrer ceux qui parlaient le français. Il invente alors le terme ‘Francophonie’ pour désigner l'ensemble des populations parlant français. Cette idée de francophonie est à la fois linguistique et géographique, parce qu'avec ce terme on indique l'ensemble des territoires où l'on parle la langue française.

Onésime Reclus était un républicain convaincu, en effet il a participé à la Commune et puis il a été exilé. Il était un nationaliste qui voyait dans la République française le véhicule des idéaux de liberté. En effet, il faut tenir en compte que la France, pour les hommes de l'époque, était considérée encore comme celle de la Grande Révolution. Par conséquent, la langue française avait débordé des cadres linguistiques pour devenir le moyen nécessaire pour l'affirmation des idéaux proprement français et de l'idée de liberté.

Le mot et l'idée de francophonie disparaissent de la conscience collective avec Onésime Reclus. Ce n’est qu’en 1962 que ce mot réapparaît dans la revue Esprit avec l’article intitulé “Le français dans le monde” qui parlait des écrivains de différentes origines, mais qui utilisaient le français. Plus tard, c’est avec le président Senghor que ce mot est repris, parce qu’il va parler de la francophonie dans une audience internationale.

Le terme ‘francophonie’ est d’abord répandu pour son sens linguistique, parce qu’il ne fait que constater une réalité, c’est-à-dire l’ensemble des personnes qui utilisent habituellement ou accessoirement la langue française. En 1968, une édition du dictionnaire Quid est le premier ouvrage qui va consacrer un long commentaire à propos de la francophonie, de ses fondateurs (dont notamment les présidents Senghor et Bourguiba) et des organismes intéressés à la diffusion et à la protection de la francophonie.

En 1970, l’Encyclopédie Universelle intègre ce mot en mettant en évidence la dimension linguistique. En 1971, le Petit Larousse intègre ce mot en nous parlant d’une activité constituée par les peuples francophones. En 1977, l’Encyclopédie Quillet intègre ce mot en soulignant le lien entre l’aspect linguistique et géographique. Au fur et à mesure, l’idée que ceux qui parlent la même langue doivent avoir une relation privilégiée fait son chemin.

La diffusion du terme ‘francophonie’ est due aussi à l’imprécision de signification, qui a permis la formation de plusieurs synonymes. Ce mot a souvent été exalté, stigmatisé ou ridiculisé et cela a provoqué indirectement une diffusion de l’idée de francophonie, parce que l’usage de ce mot attestait la vitalité de cette idée. Le terme ‘francophonie’ a aussi été concurrencé et cette concurrence a contribué paradoxalement à élargir son champ d’application et à préciser sa signification par rapport à d’autres.

Il faut faire une distinction entre le terme ‘francité’ et le terme ‘francophonie’. Le terme ‘francité’ est le seul qui a une notion intellectuelle définie. Ce mot a été utilisé pour la première fois par Roland Barthes en 1957 et a été repris après par Jacques Berque et par Jean Marc Léger en 1964. Senghor aussi a utilisé ce mot et il l’a propagé.

En général, avec le terme ‘francité’ on indique les caractéristiques propres à la civilisation française. Par conséquent, on peut remarquer que ce terme se réfère plus à la France et à une essence française qu’à la langue. Senghor fait une distinction entre les deux termes. Avec ‘francophonie’ il désigne une communauté spirituelle qui partage un mode de pensée et une façon de poser les problèmes et d’en chercher les solutions. Dans la francophonie, ce qui est important c’est la langue et donc cela fait partie de l’espace et se réfère aux problèmes culturels (les pays ne sont pas égaux).

Par contre, avec ‘francité’ il indique la francophonie par-delà de la langue, c’est-à-dire la civilisation française et plus précisément l’esprit de la civilisation française continué par la culture française. La francité peut être considérée comme l’âme de la francophonie, c’est-à-dire que si la francophonie est une communauté spirituelle, la francité est la volonté et l’affirmation de cette communauté qui entend enrichir et partager les valeurs de la civilisation. Donc, avec la francité on adhère à une tradition qui est celle française et par conséquent, la francité fait référence à l’esprit.

La francophonie : les différents sens du mot

Il n’y a pas une définition unique de francophonie, mais on peut attribuer à ce terme plusieurs sens : linguistique, géographique, spirituel et mystique et institutionnel.

Dans le contexte linguistique, l’accent est mis sur le langage commun, c’est-à-dire sur le simple fait de parler le français (comme l’indique aussi le terme “phonie”). Ce sens était le premier sens attribué à la francophonie et le plus fréquemment utilisé.

Dans le contexte géographique, l’identité de langue fonde un ensemble géographique, c’est-à-dire que la francophonie est l’ensemble des peuples dont la langue est le français. La dimension géographique est essentielle à la francophonie parce que les individus qui peuvent répandre le français sont des francophones potentiels.

Dans le contexte spirituel et mystique, la francophonie désigne le sentiment d’appartenance à une même communauté. En effet, les peuples qui utilisent la même langue se sentent unis non seulement pour cette raison, mais aussi grâce aux valeurs transmises par la langue, c’est-à-dire la culture et la civilisation de ces peuples. Senghor affirme que la francophonie est une communauté spirituelle dont la langue nationale et officielle est le français. En outre, elle est une volonté humaine sans cesse qui tend à s’adapter à un monde en perpétuel devenir. Pour Bourguiba aussi, le contexte spirituel est très important, parce que pour lui la langue française constitue une grande partie du patrimoine culturel, enrichit notre pensée et exprime notre action. Bref, avec le sens spirituel du mot ‘francophonie’ on indique un idéal communautaire, de partage. Par exemple, l’échange culturel entre les francophones d’Europe et des autres continents forme une même famille spirituelle.

Par conséquent, on peut constater que la langue ne couvre pas seulement le contexte linguistique, mais elle est nécessaire aussi pour avoir des relations. George Pompidou par exemple explique que la langue est un instrument privilégié d’expression et de communication entre les hommes. Donc, la langue sert à l’expression, à la pensée, à avoir des influences intellectuelles, etc.

En conclusion, dans le contexte institutionnel, l’appartenance linguistique et géographique à un même ensemble provoque chez les individus un sens de participation et donc à la création d’associations et d’organisations publiques et privées.

Pays dont le français est langue maternelle

  • La Belgique. → En 1815 au Congrès de Vienne il y a la défaite de Napoléon et par volonté de la population, les neuf départements dits “belges” ont été séparés de la France et rattachés à la Hollande. En 1830, les Bruxellois se sont révoltés contre le pouvoir hollandais à cause de sa politique linguistique qui voulait imposer le néerlandais et cet événement est entré dans l’histoire comme “Journées de septembre” où les Bruxellois, grâce à des volontaires venus d’autres villes, ont abouti au départ des hollandais et un nouvel État est né : la Belgique. La Constitution belge de 1831 proclamait la liberté des langues, en faisant du français la langue officielle. Dans la situation actuelle de la Belgique, on trouve 3 communautés : française (en Wallonie), flamande (dans la Flandre) et germanophone (pas très nombreuse). Mais en ce qui concerne les structures de l’État fédéral, chacune des deux Chambres du Parlement repose sur les groupes linguistiques français et néerlandais. Le gouvernement fédéral doit comporter autant de ministres francophones que de ministres néerlandophones.
  • Le Luxembourg. → Dès 1136, Henri IV a institué un enseignement français-allemand. En 1815, au Congrès de Vienne, le Luxembourg a été attribué aux Pays-Bas (comme la Belgique), mais en 1890 le Luxembourg est devenu un État indépendant. Aujourd’hui, le français est la langue officielle, avec l’allemand et le dialecte luxembourgeois.
  • La Suisse Romande. → Au XVIe siècle en France, il y avait des luttes de religion entre catholiques et protestants et à cause de cela beaucoup de gens partaient en Suisse. En 1598, le roi Henri IV met fin aux guerres de religion et il proclame l’Édit de Nantes avec qui les français ont acquis la liberté de culte et des droits du point de vue politique et territoriale. En 1685, Louis XIV proclame l’Édit de Fontainebleau avec qui il annule l’Édit de Nantes. Le roi voulait l’unité du royaume (‘une foi, une loi, un roi’) et par conséquent, les protestants vont perdre tous les droits qu’ils avaient acquis sous le règne d’Henri IV et la Suisse devient donc la terre d’asile pour les fugitifs protestants français. Seulement en 1815, la Suisse a été unifiée (comme on la connaît aujourd’hui). Dès la Constitution de 1848, la langue française est la seule langue officielle dans 4 cantons (Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura) et 3 cantons sont bilingues allemand-français (Verne, Fribourg, Valais).
  • Le val d’Aoste. → En 1561, le français a été reconnu comme langue officielle. À partir de 1860 et surtout à partir de l’unification de l’Italie, il y a une rupture entre la Savoie (qui appartient à la France) et le val d’Aoste (lié à l’Italie). Pendant le fascisme, l’Italie a connu une véritable politique d’italianisation avec l’interdiction d’enseigner le français à l’école et d’utiliser les noms français (de rues, de programmes, etc.) qui ont été traduits en italien. Toutefois, en 1948, avec la loi constitutionnelle, la vallée d’Aoste a été reconnue comme une région autonome où la langue française et la langue italienne sont à parité et les actes peuvent être rédigés dans l’une ou l’autre langue.
  • Le Jersey. → Ce sont des îles anglo-normandes, attachées au duché de Normandie. En Jersey, jusqu’en 1871, la population était en majorité francophone, mais à partir de 1066 ces pays passent à la Grande-Bretagne et en 1948 le français a perdu son statut de langue officielle.

L’aire de dispersion

L’époque de la colonisation a été très importante pour la francophonie car cela a permis la diffusion de la langue et de la culture françaises.

  • Le Canada. → La découverte du Canada remonte au XVIIe siècle, c’est-à-dire l’époque de l’exploration où toutes les puissances sont en concurrence pour trouver un passage pour la Chine, parce qu’on croyait que c’était une voie pour le commerce. La première présence française en Amérique du Nord remonte à 1534 quand Jacques Cartier arrive à Gaspé (une petite péninsule). Le Canada est une fédération qui date de 1867 et qui est composé de 12 provinces. Il est devenu un pays indépendant en 1931 et maintenant compte 10 provinces, dont 3 groupent la quasi-totalité de la population francophone (25% de la population totale du pays) et elles sont : le Québec, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario.
  • Le Québec. → Cela constitue la seconde communauté de langue française au monde. En 1534, Jacques Cartier accostait à Gaspé et prenait possession du territoire au nom du roi François Ier. En 1603, Samuel de Champlain est arrivé, lui aussi, en suivant la voie de Cartier et il a essayé de créer une nouvelle colonie. À l’époque, les territoires étaient occupés par les Indiens : les Hurons, les Iroquois et les Montagnais. Pendant l’hiver, les fleuves étaient gelés et beaucoup de français sont morts à cause du climat et à cause des attaques par les habitants du Canada. Les français avaient le but de chercher une place qui favorisait le commerce, un endroit qui soit bien étroit, c’est-à-dire celui où les fleuves se rétrécissent, parce qu’au-delà on pouvait contrôler la navigation et c’est pour cette raison qu’en 1608 Samuel de Champlain a fondé cet endroit et il l’a appelé ‘Québec’ parce que ce mot signifie ‘passage étroit’. Avec la fondation du Québec les français se sont installés sur ce territoire, même s’ils allaient aussi explorer d’autres territoires du Canada et ils se sont rendu compte que le pays était immense (de 1534 à 1763 cette colonie française est appelée ‘Nouvelle France’). Ils ont décidé de rester parce que ce territoire était riche de ressources naturelles et de plus ils avaient commencé un commerce de fourrures avec les Indiens (les Indiens chassaient et après ils vendaient les peaux). Comme ce commerce apportait de l’argent aux Français, l’Angleterre aussi s’était intéressée à cet endroit-là et elle voulait y établir. Vers 1620, les Anglais sont partis pour la colonisation de l’Amérique et dès qu’ils sont arrivés, ils ont fait du commerce avec les Iroquois. Les Anglais avaient la méthode de l’offre et de la demande, tandis que les Français devaient agir de manière différente car en France il y avait le protectionisme et alors on essayait de ne pas exporter trop de produits, donc ils ont imposé un prix fixe pour les peaux. Les filles du roi partaient de la France pour peupler le territoire Canadien et enfin elles se sont mariées avec les Indiens. De plus, les français ont converti les Indiens à la religion chrétienne et ils leur ont appris la langue française parce que selon les Français, les Indiens devaient être civilisés (comme s’ils n’avaient pas de culture). De 1756 à 1763, les Français sont en guerre contre les Anglais (Guerre de sept ans) : les Anglais arrivent à Nouvelle Écosse et ils essaient d’occuper la région de la Nouvelle France. Les Anglais s’allient avec les Iroquois (qui étaient très féroces) tandis que les Français s’allient avec les Hurons. Avec la Bataille des plaines d’Abraham, il y a la défaite des français, mais même si les français ont été vaincus, ils avaient le choix de céder soit la Nouvelle France soit Haïti, mais la deuxième était très riche, tandis que la première était en perte. En 1763, avec le Traité de Paris, le Quebec a été cédé à la Grande-Bretagne. Au lendemain de la conquête, la plupart de français est retournée en France, mais la France n’était plus intéressée au Canada, même s’il y avait des français qui étaient restés là, car cela ne lui appartenait plus. Les Français devaient quitter les postes prestigieux qu’ils avaient obtenus au Canada. Les Anglais s’étaient installés dans les villes, tandis que les Français...
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Scienze antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche L-LIN/03 Letteratura francese

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher sundryapple di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Cultura francese e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Università degli Studi Internazionali di Roma - UNINT o del prof Novelli Novella.
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