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Dans le deuxième recueil de Fables (à partir du livre VII), La Fontaine n’est plus seulement un excellent peintre animalier qui a puisé à pleines mains dans la tradition grecque et latine: l’animal devient l’incarnation d’un défaut humain, le type d’une classe sociale. L’humanisation des animaux permet une satire corrosive.
Comme le faisait Du Bellay dans «Seigneur, je ne saurai…», La Fontaine s’en prend ici à la corruption de la cour; il en tire toutefois la morale du bon courtisan, ou mieux, du poète de cour: en «flattant» le roi, le cerf parvient à en obtenir un cadeau au lieu d’une punition. Et, comme la souris du Lion et le Rat, le cerf ne représenterait-il pas le poète en personne?

Les Obsèques de la lionne est l’une des fables où La Fontaine fait explicitement allusion à cette cour de France qu’il connaissait bien. Il va même jusqu’à formuler, dans les v. 17-23, une description très rude des courtisans qui sont à la merci des caprices du souverain. Ils ne peuvent se permettre aucune passion ni intérêt personnels, ils «sont ce qu’il plaît au Prince» et, s’il leur arrive par hasard d’éprouver du sentiment pour quelqu’un ou quelque chose d’étranger au monde de la cour, ils doivent le cacher pour ne pas être entravés. Il ne leur reste plus qu’à singer le roi, dont l’«esprit» peut ainsi vivre dans des centaines de corps différents au lieu de ne se limiter qu’à un seul.

Après avoir décrit les courtisans, La Fontaine illustre leur morale: tant que le cerf écoute son instinct qui le porte à évoquer, avec indignation et souffrance, les injustices infligées à sa famille, il est mal vu à la cour et risque même la vie; par contre, s’il flatte le «roi-lion» par d’agréables mensonges, il est non seulement pardonné mais aussi récompensé.

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