Concetti Chiave
- Le livre de Montesquieu utilise un cadre romanesque pour exprimer des vues morales et politiques, en s'inspirant de l'œuvre de Dufresny.
- À travers les lettres de deux Persans en France, l'auteur critique les travers, préjugés et institutions de la société française.
- Montesquieu adopte une approche moraliste et satirique à la manière de La Bruyère, mais avec une légèreté et une bonne humeur distinctes.
- Il critique le despotisme du Roi et exprime son scepticisme envers l'Église, en osant satiriser ces figures de pouvoir.
- Les Lettres persanes établissent une connexion avec ses autres œuvres, posant des thèses politiques et sociales développées dans ses futurs écrits.
Indice
Présentation générale du livre
Le livre présente des vues de moraliste et de politique, dans un cadre romanesque. Sans doute, Montesquieu doit cette idée à Dufresny, auteur des Amusements sérieux et comiques d’un Siamois.L’écrivain imagine deux Persans, Usbeck et Rica, qui voyagent en Europe et ils arrivent en France pour s’installer à Paris. Dans les lettres qu’ils s’ écrivent l’un à l’autre et à leurs amis restés en Perse, ils voient et jugent toutes choses avec acuité et relief, en étrangers sensible à la surprise de tout ce qui est nouveau à leurs yeux.
Montesquieu avait trouvé un bon moyen de faire ressortir et mettre en évidence les travers, les ridicules, les préjugés de la société française, comme de critiquer les institutions, les lois et les idées du pays.
Morale et satyre
Il est moraliste et satirique à la manière de La Bruyère, mais d’une façon plus légère et avec bonne humeur. Il est moraliste quand il nous montre la badauderie des Parisiens, les caprices des modes féminines, les coquettes, le poète parasite, le général retraité, le décisionnaire qui sait tout et décide sur tout. Il est satirique et peintre de son temps quand il évoque l’Opéra et les cafés, quand il fait le portrait du casuiste, du grand seigneur plein de morgue, de la femme joyeuse, du fermier général, des profiteurs et des victimes du système Law.Mais il est tout à fait distinct de La Bruyère et déjà philosophe du XVIII siècle, quand il révèle ses préoccupations politiques et sociales, quand il cherche et trouve les causes de la corruption publique dans les institutions autant que dans les mœurs.
Le Roi et le Pape
Montesquieu a horreur du despotisme et il manifeste un grand scepticisme à l’égard de l’Eglise. Sa raillerie n’épargne pas le Roi; il le traite avec désinvolture, il le représente en vieillard omnipotent, plus occupé de son auguste personne que de l‘Etat. Il n’épargne pas avantage le Pape qu’il définit comme «une vieille idole qu’on encense par habitude». C’est la première fois que la satire en France ose frapper si haut et si fort.