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Charles Baudelaire – Correspondances


Texte


La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Commentaire

La Nature, personnifiée, est comparée à un temple et les arbres deviennent des colonnes, laissant deviner des paroles mystérieuses. Donc, la Nature est comparable à un espace mystérieux, plein de symboles que l’homme n’est pas capable de déchiffrer. Pur lui, il existe seulement de « confuses paroles ». Les mots, tout en étant imprécises et univoques, sont riches en suggestions, ouvertes à plusieurs significations : les odeurs, les sons, les couleurs dont le poète parle dans les vers successifs. L’homme traverse cette réalité dont il fait partie (« Qui l’observent avec des regards familiers ») et qui lui est familier, mais dont il n’a qu’ une connaissance superficielle et imparfaite parce qu’elle est mystérieuse (« forêt de symboles »). Les symboles rappellent plusieurs sens à la fois et ils constituent une véritable forêt où il est très difficile de se frayer un chemin ; toutefois, les symboles se trouvent renfermés dans des éléments de la réalité connue à l’homme – les sons, les couleurs, les parfums e donc dans la réalité naturelle – avec lesquels l’homme est très familier.

Dans les deuxième strophe, les sons, les couleurs et les parfums correspondent entre eux (théorie de la correspondance) et ils se confondent entre eux, pour devenir une seule chose, vaste comme les ténèbres et la lumière. En synthèse, le poète affirme que l’unité existe, même si elle est « ténébreuse » et « profonde » et à cause de cette unité, les parfums, les couleurs et les sons ont des rapports entre eux. Cette unité se fonde sur des analogies que l’on peut comprendre seulement d’une façon intuitive.
Après les énonciations, on a toute une série de correspondances comme exemple de la théorie énoncée dans les vers précédents. Dans la troisième et la quatrième strophe, on a la synesthésie c’est-à-dire un procédé rhétorique qui unit deux ou plusieurs mots appartenant à des plans sensoriels différents. Il s’agit de correspondances horizontales : on peut associer les parfums (sensation olfactive) à la chair d’un enfant (sensation tactile) ou bien au son d’un hautbois (sensation auditive) ou à des prairies (sensation visuelle) parce qu’il existe des qualités communes : (« frai », « doux », « vert »). Il existe aussi des parfums « corrompus », « riches », « triomphant » comme l’ambre, l’encens ou le benjoin qui, si d’un côté évoquent un monde fabuleux et exotique, de l’autre côté ils créent des sensations plus fortes et associée à une dimension plus abstraite, plus spirituelle, grâce auxquelles on peut s’élever vers l’idée et l’essence des choses. En ce cas, on a les correspondances verticales. À remarquer que Baudelaire associe le transport de l’esprit à celui des sens parce que pour le poète l’ extase de l’âme et l’ivresse des sens sont la même chose.

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