Estratto del documento

Esame di Stato di liceo linguistico - 2002

Tema di: lingua straniera

Testo letterario - lingua francese

(comprensione e produzione in lingua straniera)

Madame Gervaisais

"Quarante scudi?

- Oui, signora.

- Cela fait, n'est-ce pas, en monnaie de France, deux cents francs?

- Deux cents francs?... fit la Romaine qui montrait l'appartement à l'étrangère: elle parut chercher, compter dans sa tête. - Oui, oui... deux cents francs. Mais la signora n'a pas bien vu!..."

Et, jetant son châle brusquement sur un lit défait, elle se mit à marcher de chambre en chambre, avec de vives ondulations de taille, en parlant avec la volubilité d'une padrona de chambres meublées: "Voyez-vous, ils sont partis ce matin... Une famille anglaise... des gens malpropres, qui jetaient de l'eau partout... Tout est en désordre... On n'a pas eu le temps de bien ranger..."

Mais l'étrangère n'écoutait pas: elle s'était arrêtée devant une fenêtre, avec l'enfant qu'elle avait à la main et qui se tenait dans sa robe, et elle lui montrait ce qu'on voyait de là, la place d'Espagne et l'escalier de la Trinité-du-Mont. Puis elle lui demanda:

"Pierre-Charles, veux-tu rester ici?"

L'enfant ne répondit pas, mais il leva vers sa mère des yeux tout grands de bonheur.

"Che belezza!" fit la loueuse, avec le cri de l'admiration romaine devant tout ce qui est beau.

À ce mot, l'étrangère regarda une minute son fils, de ce regard de mère qui semble embrasser, sur le visage de son enfant, la beauté qu'on lui trouve.

"Et cette petite langue, elle ne parle donc pas? dit l'Italienne.

- Il est un peu retardé pour son âge... Et le front de l'étrangère devint tout à coup sérieux. Elle reprit presque aussitôt d'un ton brusque: - Ainsi, c'est bien cela, n'est-ce pas?... une petite antichambre, la cuisine de l'autre côté du palier avec une chambre de domestique, et ces quatre pièces qui se suivent...

- Oui, signora... Nous, nous nous retirerons dans la petite chambre du fond... Nous n'avons pas besoin de plus pour nous deux, n'est-ce pas ma mère?"

Et la Romaine se tourna vers une vieille femme, aux superbes traits ruinés, qui se tenait debout dans la dignité de sa robe de deuil, silencieuse, assistant à cette conversation échangée en une langue qu'elle ne comprenait pas, et dont elle semblait tout deviner avec l'intelligence méridionale de ses yeux.

"Eh bien! c'est convenu... j'arrête l'appartement...

- Ah! signora, ce n'est pas cher... Si, cette année, il y avait plus d'étrangers à Rome...

- Dites-moi: la maison est tranquille? Il n'y a pas de bruit? C'est que, tout à l'heure... je suis entrée dans une maison... Quand j'ai lu dans l'allée: Maestoso di Musica...

- Oh! ici... En bas, vous avez vu, c'est un libraire, avec la chalcographie que mon père avait autrefois... et en haut ses magasins... et pour nous, nous ne recevons jamais personne...

- C'est que je suis souffrante, un peu souffrante... J'ai besoin de calme, de beaucoup de calme...

- Ah!... Madame est souffrante? dit lentement la padrona, en qui venait de se glisser cette peur populaire des loueuses de Rome pour la contagion des maladies de poitrine rencontrée déjà par Chateaubriand lorsqu'il écrivit le dernier logis pour Mme de Beaumont; et comme elle essayait de tourner dans sa tête une phrase qui fit s'expliquer l'étrangère sur son mal, celle-ci, prenant un ton haut et bref:

- Tenez, mademoiselle, finissons... Voici les deux cents francs du premier mois..."

Et elle posa l'argent sur une table.

"Je verrai après, si je me trouve bien ici...

- Ma mère va aller chercher l'écritoire de location, dit la fille; et trempant la plume dans la boue d'un encrier sec: - À quel nom faut-il donner le reçu?"

L'étrangère tendit une carte sur laquelle était:

Madame Gervaisais

L'Italienne se pencha, s'appliquant à copier le nom, et en relevant la tête elle aperçut l'enfant qui, tenant retournée la main calleuse de sa mère, l'embrassait à la place de la paume.

"Doit-il être aimé!

- Oh! il n'a plus que sa mère pour cela... soupira la mère.

- Madame me dit que vous sommes obligées de donner les passeports à la police...

- On m'a gardé le mien à l'hôtel. Je vous le remettrai demain en prenant possession de l'appartement...

- Madame n'aura pas besoin qu'on lui fasse à déjeuner?

- Non... je compte prendre dans quelques jours un domestique d'ici qui me fera la cuisine. À demain, mesdames... Viens, Pierre-Charles..."

Et s'adressant à sa femme de chambre qui se penchait dans le fond de la pièce, avec le cœur gros et la tristesse prête à éclater d'une douleur d'enfant:

"Allons donc, Honorine! Nous reviendrons, ma fille..."

Sur la porte:

"Ah! j'avais oublié, madame... fit l'Italienne en courant après elle. Je dois vous prévenir pour les scarpe, les souliers... à moins que ce ne soit votre femme de chambre...

- Ma femme de chambre ne fait que nos lits...

- Alors... ce sera deux bai[o]ques pour chaque paire... C'est le petit profit de la serva. Eh bien! la serva aura ses deux bai[o]ques..."

Edmond et Jules de Goncourt, "Madame Gervaisais" (1869), Éditions Gallimard, Collection Folio, pp. 67-70

Compréhension

1. Combien de domestiques a Madame Gervaisais?

2. Pourquoi les prix sont-ils en "scudi" et en bai[o]ques et non pas en livres italiennes?

Durata massima della prova: 6 ore.

È consentito l'uso dei dizionari monolingue e bilingue.

Non è consentito lasciare l'Istituto prima che siano trascorse 3 ore dalla dettatura del tema.

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