Esame di stato di liceo linguistico
2001
Tema di: lingua straniera
Testo letterario – lingua francese
(comprensione e produzione in lingua straniera)
Silbermann
En classe d’anglais, je fus placé à côté de Silbermann et pus l’observer à loisir. Attentif à tout ce
que disait le professeur, il ne le quitta pas du regard; il resta immobile, le menton en pointe, la
lèvre pendante, la physionomie tendue curieusement; seule, la pomme d’Adam, saillant du cou
maigre, bougeait par moments. Comme ce profil un peu animal était éclairé bizarrement par un
rayon de soleil, il me fit penser aux lézards qui, sur la terrasse d’Aiguesbelles, à l’heure chaude,
sortent d’une fente et, la tête allongée, avec un petit gonflement intermittent de la gorge,
surveillent la race des humains.
Puis, une grande partie de la classe d’anglais se passant en exercices de conversation avec le
professeur, Silbermann, levant vivement la main, demanda la parole à plusieurs reprises. Il
s’exprimait en cette langue avec beaucoup plus de facilité qu’aucun d’entre nous. Pendant ces
deux heures, nous n’échangeâmes pas un mot. Il ne fit aucune attention à moi, sauf une fois
avec un regard où je crus lire de la crainte. D’ailleurs, les premiers jours, il se comporta de la
sorte envers tous; mais c’était sans doute par méfiance et non par timidité, car, au bout de
quelque temps, on put voir qu’il avait adopté deux ou trois garçons plutôt humbles, de caractère
faible, vers lesquels il allait, sitôt qu’il les avait aperçus, avec des gestes qui commandaient; et il
se mettait à discourir en maître parmi eux, le verbe haut et assuré.
En récréation il ne jouait jamais. Dédaigneux, semblait-il, de la force et de l’agilité, il passait au
milieu des parties engagées sans le moindre signe d’attention; mais si une discussion venait à
s’élever, elle ne lui échappait point et aussitôt il s’arrêtait, quel que fût le sujet, l’œil en éveil; on
devinait qu’il brûlait de donner son avis, comme s’il avait possédé un trop-plein
d’argumentation.
Il recherchait surtout la compagnie des professeurs. Lorsque le roulement de tambour annonçait
la brève pause qui coupe les classes et que tous nous nous précipitions dehors, il n’était pas rare
qu’il s’approchât de la chaire d’une manière insinuante; et ayant soumis habilement une
question au professeur, il se mettait à causer avec lui. Puis, il nous regardait rentrer, du haut de
l’estrade, avec un air de fierté. Je l’admirais à ces moments, pensant combien à sa place j’eusse
été gêné.