Phèdre
Texte doit être joué, pas seulement lu.
Phrases un peu difficile à comprendre (écrit en vers).
Théâtre du VIIe siècle : on fait toutes les liaisons.
Changements sociaux, religieux, politiques… (ex. crise religieuse vécue avec une sensibilité très forte).
Dernière tragédie classique de Racine; après il abandonne le théâtre.
Personnages
- Thésée: tueur de monstres, fondateur d'Athènes, protégé par Neptune.
- Phèdre: sœur d'Ariane.
- Hippolyte: fils de Thésée.
- Aricie: ennemie de Thésée.
- Oenone: confidente de Phèdre.
Descendance divine, demi-dieux: on dit que Thésée peut être fils de Neptune (origine divine).
Les Pallantides = voulaient le trône d'Athène et Thésée les tue.
Préface
= toujours composée après l'œuvre; jusqu'au moment où la pièce est publiée on n'a pas de préface.
= expliquer intentions, contenu, message envoyé, se défendre des critiques reçues, orienter lecture, donner une certaine perspective.
- infos précieuses pour comprendre œuvre, conditions de compositions, comprendre mieux attitudes des pers., intentions de l'auteur, réception de l'œuvre.
Alexandrin = 12 syllabes.
Choix du vers fondamental pour rythme, musicalité.
Début d’une scène: déterminée par entrée ou sortie de certains personnages (absence ou présence de quelqu’un).
Acte I, 1ère scène
- Thésée: disparu, on ne le trouve pas. On souligne aspect libertin de Thésée, cherche aventures amoureuses.
Tremper = immergere le mani (in questo caso, nel sangue, nel complotto).
- Hyppolite: idée de l’amour très négative; il est célèbre pour ne pas céder à l’amour (fils d’une Amazone, qui ne pouvaient pas tomber amoureuses; elles avaient juré haine éternelle aux hommes).
3 raisons pour qu’il veut s’enfuire:
- Il veut chercher son père.
- Il veut échapper à Phèdre (qui l’avait envoyé en exile).
- Il est amoureux (refuse ses sentiments; hostile à l’amour).
"je pars"
"je ferai" (v. 28)
"fuit", "je fuis" (v. 49-50)
= héros, qui veut fuir,
Il dit qu'il veut partir chercher son père, cela le rend noble; en réalité il veut s'échapper (plusieurs intentions dans son discours).
Il se voit fier, orgueilleux. Cet amour est honteux aussi parce que:
- 1. Il hait le fait qu’il est amoureux.
- 2. Il n’a pas accompli des gestes qui le justifient (2 aspects de Thésée).
- 3. Il est tombé amoureux avec la seule personne qu’il ne pouvait pas avoir (Aricie, descendante des Pallantides: elle ne peut pas s'épouser, avoir des enfants parce qu’ils peuvent un jour réclamer le trône).
Ce qui appartient à l’intérieur est commandé par les dieux (amour = par Vénus; rage = Ares; exaltation = influence de Bacchus); sentiments déterminés par influence particulière sur les hommes.
Dieux = vv. 35-36; v. 96; v.123.
Chevaux = Neptune conduit chevaux marins sur son char.
Phèdre
= fille de Minos et de Pasiphaé (v. 36).
- Minos = roi Crète, après sa mort il devient le juge infernal, représentant d’un pouvoir, il doit garantir l’ordre, la loi.
- Pasiphaé = fille du Soleil, succombée à une passion extrême, animale, brutale, qui dévore, détruit l'être humain.
Minos avait demandé à Neptune de lui envoyer un taureau blanc pour le sacrifier au dieux de la mer; Neptune lui envoie le plus beau taureau blanc, magnifique et Minos est tellement content de ce taureau qu’il change d’idée et il ne veut plus le sacrifier; il tue un autre taureau moins beaux. Pour se venger, Neptune inspire une passion malsaine à Pasiphaé pour le taureau blanc, elle veut s’unir sexuellement avec ce taureau (= Minotaure).
Phèdre porte en soi un héritage, la malédiction de sa famille; on donne importance à son origine. Elle hérite les deux parties (lumière et ombre; vertu et passion) = conflit intérieur éternel. En un seul vers = son histoire, comment elle est, et son destin aussi (déjà marquée, prédestinée).
Dialogue entre Hippolyte et Théramène
L’important c’est d’éprouver un sentiment, souffrir, ce n’est pas important l’objet d’amour (le protagoniste est l'amour en soi, voulu par les dieux et il doit l’éprouver).
Théramène ne comprend pas tout de suite (Hippolyte ne parle pas clairement).
Hyppolite est fidèle à Neptune (art des chevaux, voulait gloire), mais il abandonne un peu son dieu pour gémir, souffrir pour l’amour (= Vénus).
= 1ère scène, très importante, informer les spectateurs sur les personnages, leur histoire (il doit le faire sans être lourd, pédant, à travers un dialogue).
Pour résumer
- Sentiments et fatalité = dieux (cachés) n'interviennent pas, mais ils influencent les hommes.
- Passion pas un objet, mais protagoniste.
- Changement de vasselage d’Hippolyte (de Neptune à Vénus).
- Conception négative de l’amour (maladie, qui fait mal, souffrir; punition).
- Silences d'Hippolyte.
- Monde dominé par des monstres (tués par Thésée et qui Hyppolite n’a pas tués, Minotaure, monstre dans la famille de Phèdre).
- Interdiction d’aimer Aricie.
Quelque chose doit se passer, mais on ne sait pas quoi.
Acte I, 2ème scène
Atmosphère lourde. Tout est fatigué, accablement et inutilité. Une lente agonie se prépare.
Acte I, 3ème scène
Oenone arrive sur scène.
Indication de scène, didascalie très rare = extrêmement importante.
Elle s’assied = théâtre classique personne ne s'assoit pas (indiquer manquant de vie).
Elle voulait voir la lumière, mais quand elle la voit lui blesse les yeux.
= ce moment de douleur arrive du ciel, des dieux.
Tout lui provoque douleur. Elle se trouve dans un état de confusion totale, elle est toute une contradiction:
- Femme mourante.
- Femme caprice qui veut se faire belle, s’habiller, mais qui après ne veut plus.
- Parle avec le dieu Soleil (dialogue solitaire), n'écoute pas Oenone.
v. 171, “rougir” = honte.
v. 172 = elle veut mourir.
Soleil fait partie d’elle (lumière).
Pas de communication entre les deux: Phèdre répond quelque chose de différent, comme si elle était en train de parler avec elle-même.
v. 176, forêt = aussi dans 1ère scène; référence à Hippolyte qui entraîne les chevaux dans les forêts.
Oenone veut comprendre pourquoi Phèdre souffre, elle veut qu’elle avoue. Elle pense que Phèdre réagit comme ça pour ses fils.
Situation tragique
- Roi disparu.
- Théramène découragé après long voyage pour chercher le roi.
- Phèdre meurt d’un mal qu’elle ne veut pas dévoiler.
- Hippolyte veut s’enfuir.
- Aricie est prisonnière, condamnée, sa famille exterminée.
1ère apparition de Phèdre : reine, mourante, fatigue à rester début, état de trans, elle parle à soi-même exprimant toute sa douleur; elle s'adresse à Dieu (Soleil) en disant qu’il a honte d’elle. Oenone fait tout pour la remporter à la vie.
Desire qui sort inconsciemment et puis elle réalise qu'elle ne sait pas gérer sa souffrance et Oenone essaie de lui faire avouer quel mal l’afflige.
MAIS quand elle nomme Hippolyte (= cela déclenche la crise; quand on parle de l’objet amoureux on ne dit jamais le nom) et elle pense que Phèdre soit si bouleversée parce qu'elle le hait. Le mal est ce qu’elle éprouve, ce qu’elle a à l’intérieur.
Elles ont un rapport presque mère-fille: Phèdre a grandi avec Oenone, qui menace de se suicider si Phèdre n'avoue pas son mal, (pour éviter de voir sa “fille” mourir).
En outre, Vénus avait maudit toute descendance du Soleil pour se venger. Soleil avait découvert les amours secrètes de Vénus (femme d’Efeste, forgeron boiteux) et de Mars et les a dévoilé à son mari. Elle lance sa malédiction sur toute la descendance du dieu Soleil (pas seulement malédiction de Neptune sur Minos).
Phèdre ne peut rien faire, elle doit se soumettre à sa destinée.
Confession de Phèdre
Confession de Phèdre se caractérise par 3 moments:
- 1. Égarement de l’esprit: elle est accablée, mourante, confuse, elle ne sait pas qu’elle dit, qu’elle veut (ex. lumière, vêtements, parements trop lourds…).
- 2. Oenone prononce le nom d’Hippolyte (crise, fureur de Phèdre éclate; Oenone pense qu’elle réagisse comme ça parce qu’elle déteste Hippolyte = rien compris); nom d’Hippolyte ne doit pas être prononcé (ce nom déclenche la fureur, excite la passion (elle souffre, nommer sa descendance maudite, invoque Vénus…).
- 3. Elle décide de dévoiler son amour, de tout avouer (sentiment qui ne veut pas sortir) elle a honte de cette passion, elle est la reine (position délicate), douleur de ne pas être réussie à surmonter ces malédictions, elle ne voulait pas pecher comme ses anciens (pas heureuse de cet amour).
v. 306: sons ouverts, allitération de “r” (comme un “ringhio”), le vers mime (azzannamento) de la proie.
Thèmes jansénistes
- Corrompue par une faute ancienne, (péché originel) prédestinée à souffrir pour amour comme toute sa famille.
- Possède lumière (Minos) et ombre (Pasiphaé).
- Péché est dans l’intention de pêcher (par actions; la chose la plus important pour les jésuites).
Elle n’accepte pas cet amour, ne le vit pas comme pêcheuse; elle ne l' a pas séduit, mais elle l’a éloigné = elle a une forte moralité, seulement la pensée de pêcher comme ça, la fait souffrir. Pour éviter de tomber en tentation, elle l’envoie en exil.
Elle se trouve dans un trans douloureux; elle n’est pas criminelle, elle veut être pure; mais c’est comme une maladie, blessure, âme déchirée, ne peut pas résister.
Deux aspects de Phèdre qui ne peuvent pas coexister.
Elle veut faire un choix radical = mourir, pour ne pas devoir choisir.
Elle ne peut pas aimer Hippolyte, cela la rend sale, pecheuse, mais ne peut garder sa gloire en renonçant à cet amour (question tragique).
= dialogue solitaire avec les dieux, les seuls qui peuvent comprendre, mais sa douleur n’est pas écoutée (Vénus est là, parce qu’il y a la malédiction, mais elle ne dit rien).
Fonction cathartique de la confession = elle revit le moment où elle est tombée amoureuse en le racontant (entre dans une sorte de trans; elle est là, mais elle n'est pas là).
La mot, la parole modifie les actions (quand Oenone nomine Hippolyte) pousse le personnages à agir, modifier leur comportement. Le fait de parler a des conséquences. L'état d'âme change selon les mots qu’elle utilise.
Monotonie du vers
Alexandrin, césure au milieu (pendant le récit de Phèdre, Racine décide de ne pas varier le rythme) pas variation prosodique, même s’il pouvait le faire (il l’avait fait avant).
= donner un sens de monotonie, lourdeur, elle n’est pas là, mais elle est au moment où elle avait rencontré Hippolyte.
Propositions indépendantes, pas subordonnées; elle laisse couler ses souvenirs (pas fil logique; juxtaposition, accumulation, liste de toutes ses douleurs; très monotone). Pas former de phrases qui ont une succession logique.
= Comme quand on fait une confession chez un religieux: on fait une liste de péchés, tonalité plutôt plate, on communique seulement ce qu’on a vécu.
Reflexion
- Pourquoi montrer la passion d’Hippolyte en premier?
- Public sait que l'amour de Phèdre n’est pas partagé (parce qu'on a dit avant qu’Hippolyte aime Aricie) = effet pathétique, sentiment tragique qu’on devait communiquer.
- On prépare le spectateur (parallèles entre Hippolyte et Phèdre) ex. le fait que ni l’un ni l’autre veut dire quel est leur mal, leur amour, le nom de l'être aimé ex. sur leurs amours pèse une interdiction (conflit entre loi et leurs sentiments).
- Quels sont les obstacles à l’amour de Phèdre et d'Hippolyte?
- Externes: Thésée, loi (pour les deux), autorité du monde.
- Internes Hippolyte: amour est une faiblesse, il veut conquérir la gloire vant, comme ça il peut acquérir le droit de “faillir” (tomber amoureux) comme son père; il veut être supérieur à l’amour.
- Phèdre: elle veut être pure, connaît les impositions, interdictions (elle est mariée, Hippolyte est fils de son mari = inceste, amour impure).
= ils ne cherchent pas de combattre les obstacles, parce qu’ils pensent qu’ils soient justes; ils cherchent à lutter contre leur faiblesse (ils souffrent parce qu’ils sont déchirés à l'intérieur).
- Quelles sont les différences entre Hippolyte et Phèdre dans l’expérience de la passion?
- Hippolyte: pas lucidité de ce qu’il éprouve, continue à fuir, à s’échapper, un peu inconscient.
- Phèdre: parfaitement consciente de ses sentiments.
Ils ont du mal à confesser (dialogue avec le monde inutile = pensée janséniste).
Acte I, 4ème scène mort de Thésée
Coup de théâtre = Panope (servante) entre en scène et annonce la mort.
Phèdre est veuve, seule, la situation a complètement changé. Problème de descendance, on doit décider si Hippolyte ou un fils de Phèdre va monter sur le trône, prendre le pouvoir.
= péripétie, événement qui change la situation (mort de Thésée = obstacle externe n’est plus là).
Toujours un peu de politique dans la pièce (selon Corneille, meilleure façon de créer une pièce de succès = mêler une grande passion humaine à un grand intérêt d’état).
Mélange de passion et politique = succès au théâtre.
Phèdre maintenant est libre, elle n'a plus aucune obligation morale; Hippolyte devient un homme comme tous les autres. Ça ressemble à une intervention de la Providence, mais on n’est pas dans une œuvre cornélienne où tout se résoudre.
Acte I, 5ème scène
Phèdre peut vivre son amour sans culpabilité. Maintenant la seule ennemie = Aricie (même si elle ne le sait pas). Cette situation lui donne espoir, elle peut vivre dans le monde pure, sans avoir péché.
Oenone, conseillère qui tente Phèdre, la pousse à vivre dans le monde (sans Oenone Phèdre n’avait pas fait sa confession, elle serait morte). Elle la convainc à parler.
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