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L’intrigue de Candide n’a rien de particulièrement original, elle tire sa force de situations très répandues dans les romans de l’époque. Les contemporains de Voltaire sont habitués à lire des récits où le héros passe d’une aventure abracadabrante à l’autre; ceux-ci manquent toutefois du sens «philosophique» qui est à la base de ce conte; l’effet suscité ne peut être que plus déroutant et férocement satirique. Le premier chapitre donne l’image grotesque du meilleur des mondes possibles. Pour le précepteur Pangloss le monde n’est que bonté. Mais dans cet univers, que Candide considère comme un petit paradis, il n’y a aucune place pour ce qui n’est pas noble, pour les enfants bâtards et, en général, pour ceux qui ne respectent pas l’ordre établi. Le héros doit donc affronter les préjugés et les injustices du monde, avant même de commencer son long voyage.

Derrière la légèreté apparente, la désinvolture du récit, Candide cache un contenu terriblement sérieux: en polémique avec l’optimisme dominant, Voltaire dénonce l’omniprésence du mal et suggère, pour le combattre, les armes de la raison et de la tolérance.

La formule de départ rappelle celle des contes de fées – «il était une fois» –, mais nous nous retrouvons immédiatement face à des éléments satiriques qui n’ont rien à voir avec le merveilleux du conte. L’auteur se moque de la morgue des Thunder-ten-tronckh, une famille d’aristocrates qui prétend n’avoir que des nobles parmi ses ancêtres et qui nomme «château» sa modeste demeure et «parc» le petit bois qui l’entoure. Quant à la science de Pangloss, elle fait l’objet de pointes insolentes si déjà son nom «métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie» signifie la science des nigauds, autrement dit des sots. L’usage du terme «leçon de physique expérimentale» pour indiquer le rendez-vous d’amour entre Pangloss et la jeune servante qu’il courtise est tout aussi ironique.

Quel effet recherche Voltaire avec sa satire? Montrer tout simplement que le milieu où grandit Candide n’a rien du paradis terrestre décrit par le héros en personne, dans sa sympathique naïveté; il s’agit en réalité d’un petit monde mesquin, dominé par les préjugés, par une science et une philosophie de charlatans. Candide ne sera pas chassé pour avoir osé embrasser Cunégonde, mais il sera la victime innocente d’un monde hypocrite qui accepte les «leçons de physique expérimentale» données en secret par Pangloss, et ne peut concevoir qu’un bâtard puisse faire la cour à une petite baronne.

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