Letteratura francese del XX e XXI secolo:
spazio e memoria
L’importanza di questi due concetti risiede nel fatto che tempo e spazio sono strettamente
intrecciati nella letteratura. Analizzare un testo solo attraverso il tempo rischia di ridurne la
complessità, perché le storie non si sviluppano solo lungo una linea temporale, ma anche
all’interno di spazi che contribuiscono a determinarne il significato.
Inoltre, il rapporto tra spazio e tempo non è un concetto nuovo: emerge già nell’antichità
greco-romana e nel Medioevo, per poi tornare centrale nel Novecento.
Lo studio della narrazione come struttura si sviluppa con la narratologia, disciplina fondata da
Gérard Genette, che analizza il racconto nelle sue componenti essenziali.
Lo spatial turn e l’ingresso dello spazio negli studi letterari
Negli anni ’90, nel campo delle scienze umane e sociali, si è verificata una svolta nota come
spatial turn (tournant spatial). Fino ad allora, la critica letteraria aveva privilegiato un
approccio diacronico, concentrandosi sullo sviluppo della narrazione nel tempo. Tuttavia,
dagli anni ‘90 in poi, si è assistito a un crescente interesse per la dimensione spaziale, che ha
portato storici e letterati a collaborare con geografi per analizzare la relazione tra spazio e
testo.
Questo cambiamento ha dato origine a discipline specifiche:
● Geocritica → studia la rappresentazione dello spazio nei testi letterari. Si occupa
dello spazio come elemento tematico e immaginario nella letteratura.
● Geopoetica → analizza l’influenza dello spazio sulla costruzione del testo stesso. Qui
lo spazio non è solo rappresentato, ma diventa una struttura che condiziona la forma
della narrazione (esempio: La vie mode d’emploi di Georges Perec).
● Ecocritica/Ecopoetica → approccio più recente che pone attenzione agli aspetti
ecologici nella letteratura.
Secondo Paul Aron, geocritica e geopoetica costituiscono due approcci, che definisce come
una “doppia lente”.
Memoria individuale e collettiva nella letteratura
L’altro grande tema di questo corso è la memoria, che può essere sia individuale che
collettiva.
Un esempio significativo è il romanzo Les Années di Annie Ernaux, in cui i ricordi non
sono presentati come esperienze esclusivamente individuali, ma come parte di una memoria
condivisa. 1
● Per ottenere questo effetto, Ernaux evita il classico racconto autobiografico in prima
persona e utilizza la terza persona
● La memoria non è solo un elemento testuale, ma è strettamente legata allo spazio:
Ernaux ripercorre decenni di storia attraverso luoghi simbolici e cambiamenti sociali.
La triplice identità nell’autobiografia
Un altro concetto importante che emerge nello studio della letteratura contemporanea è la
triplice identità nell’autobiografia, che riguarda tre figure:
1. L’autore → la persona reale che scrive il testo.
2. Il narratore → la voce che racconta la storia, che può coincidere o meno con
l’autore.
3. Il personaggio → la figura che vive gli eventi narrati.
Nel racconto autobiografico, il narratore può essere:
● Omodiegetico → quando racconta una storia di cui è testimone.
● Autodiegetico → quando è protagonista della storia.
Un esempio di questa distinzione è dato da Lo straniero di Albert Camus, in cui il narratore
e il personaggio possono entrare in contrasto, ma non con l’autore.
LE DISCOURS DU RÉCIT
Gérard Genette (1930-2018) est un critique littéraire et théoricien de la littérature, connu
pour son approche structuraliste. Il a fondé en 1970, avec Tzvetan Todorov, la revue
Poétique, et a dirigé la collection du même nom aux éditions du Seuil. Parmi ses ouvrages
majeurs, on trouve :
● Figures (1966-1972) – Le Discours du récit fait partie de Figures III
● Introduction à l’architexte (1979)
● Palimpsestes (1982)
● Seuils (1987)
Genette s’intéresse à comment on raconte une histoire dans un texte littéraire. Il ne parle pas
de l’histoire en général, mais du discours narratif : la manière dont l’histoire est racontée à
travers un texte.
Son travail porte principalement sur l’analyse des structures narratives et sur les relations
entre temps, mode et voix dans le récit.
Distinction entre récit, histoire et narration
● Histoire : le contenu narratif, c’est-à-dire la succession des événements racontés.
Histoire = le signifié (événements racontés) 2
● Narration : l’acte narratif, c’est-à-dire le fait de raconter une histoire. Narration =
l’acte de raconter
● Récit : le texte narratif lui-même, en tant qu’énoncé. Récit = le signifiant (texte)
L’histoire et la narration passent toujours par le récit : on ne connaît l’histoire ou l’acte de
narration qu’à travers le texte écrit ou dit.
Genette va appliquer à l’étude du récit des outils issus de la grammaire, en considérant qu’un
texte littéraire peut être analysé comme une expansion d’une phrase. Par exemple,
l’Odyssée pourrait être résumée par “Ulysse revient à Ithaque”.
Les trois grandes catégories d’analyse
Genette propose d’analyser le récit avec trois grandes catégories, inspirées de la grammaire :
temps, mode et voix.
Relations entre les éléments
● Temps et Mode : concernent le lien entre Histoire et Récit (contenu et texte).
● Voix : concerne le lien entre Narration et Récit, et entre Narration et Histoire.
I. LE TEMPS
Le temps → les relations temporelles entre l’histoire et le récit. Exemples de questions :
L’ordre est-il respecté ? Y a-t-il des flashbacks ? Combien de temps passe dans l’histoire et
combien de pages cela prend ?
Le temps du récit se distingue du temps de l’histoire :
● Temps de l’histoire (erzählte Zeit):l’ordre chronologique des événements racontés.
● Temps du récit (Erzählzeit): l’ordre et la durée dans lesquels ces événements sont
racontés.
Genette identifie trois dimensions temporelles :
1️⃣ ORDRE (anachronies)
Quand on étudie l’ordre du récit, on regarde dans quel ordre les événements sont racontés par
rapport à l’ordre chronologique dans lequel ils se sont produits dans l’histoire (la diégèse).
Dans un récit « normal » (chronologique), les choses sont racontées dans l’ordre où elles se
sont passées. Mais souvent, ce n’est pas le cas : l’auteur change cet ordre pour un effet
narratif. C’est ce qu’on appelle une anachronie.
Une anachronie est une discordance entre le temps de l’histoire et le temps du récit. Il en
existe deux grandes formes : 3
● Analepse : retour en arrière (on raconte quelque chose du passé
○ L’analepse parle de faits totalement en dehors du récit principal (par
Externe :
exemple : un épisode du passé d’un personnage)→ Pas de risque de confusion
avec le récit principal.
○ L’analepse reste dans le temps couvert par le récit principal→ Peut
Interne :
créer des interférences ou répétitions.
■ Homodiégétique : même personnage / même ligne narrative que le
récit principal → Risque de confusion.
● Complétives (ou renvois) : elles remplissent un vide (une
ellipse) dans le récit principal. (Ex : on n’a pas raconté
l’enfance d’un personnage au début, on y revient plus tard)
○ Si un détail important est oublié volontairement puis
révélé après → paralipse.
● Répétitives (ou rappels) : on revient sur quelque chose déjà
raconté, mais pour modifier ou enrichir sa signification.
○ Très utilisé par Proust : le passé est revu à la lumière du
présent.
■ Hétérodiégétique : personnage ou histoire secondaire → Moins de
risque, souvent pour donner un contexte.
○ Commence avant le récit principal et rejoint ou dépasse ce récit→ Par
Mixte :
exemple, on raconte toute l’histoire d’un personnage, du passé jusqu’au
moment du récit.
● Prolepse : saut dans le futur (on anticipe un événement futur)
Exemple : dans L’Iliade, le récit commence « au milieu » de l’action (in medias res), puis
revient en arrière pour expliquer comment on en est arrivé là → analepse.
Portée et amplitude
Quand on fait une analepse ou une prolepse, il y a deux choses à observer :
● Portée : distance entre le moment présent du récit et le moment auquel on revient (ou
qu’on anticipe)
● Amplitude : durée de l’épisode raconté dans le passé ou le futur
Types d’analepses
a)
Externe 4
:
L’analepse parle de faits totalement en dehors du récit principal (par exemple : un épisode du
passé d’un personnage).
→ Pas de risque de confusion avec le récit principal.
b)
Interne
:
L’analepse reste dans le temps couvert par le récit principal.
→ Peut créer des interférences ou répétitions.
Deux sous-types :
● Homodiégétique : même personnage / même ligne narrative que le récit principal
→ Risque de confusion.
● Hétérodiégétique : personnage ou histoire secondaire
→ Moins de risque, souvent pour donner un contexte.
c)
Mixte
:
Commence avant le récit principal et rejoint ou dépasse ce récit.
→ Par exemple, on raconte toute l’histoire d’un personnage, du passé jusqu’au moment du
récit.
5.
Deux fonctions des analepses internes homodiégétiques
: 5
1. Complétives (ou renvois) : elles remplissent un vide (une ellipse) dans le récit
principal.
○ Ex : on n’a pas raconté l’enfance d’un personnage au début, on y revient plus
tard.
○ Si un détail important est oublié volontairement puis révélé après → paralipse.
2. Répétitives (ou rappels) : on revient sur quelque chose déjà raconté, mais pour
modifier ou enrichir sa signification.
○ Très utilisé par Proust : le passé est revu à la lumière du présent.
⏩ 6.
Les prolepses
Une prolepse anticipe un événement futur. Elle est moins fréquente car elle diminue le
suspense.
Mais on la trouve surtout dans les récits à la première personne, où le narrateur connaît déjà
la suite (il se rappelle, il écrit après les faits).
Deux grands types :
● Prolepse externe : va au-delà de la fin du récit principal → souvent un épilogue.
● Prolepse interne : se situe dans le champ temporel du récit principal → peut créer des
interférences, comme les analepses.
Sous-types :
● Complétive : comble un vide futur (prépare le terrain).
● Répétitive : annonce quelque chose qu’on racontera plus tard. 6
● Itérative : annonce une série d’événements à venir (ex : « ce fut le premier d’une
longue série… »).
⚠️ Ne pas confondre :
● Annonce : explicite (ex. « Nous verrons plus tard… »)
● Amorce : discrète, presque invisible au début, qui prendra sens plus tard.
●
2️⃣ DURÉE (rythme narratif)
Le récit n’a jamais une vitesse uniforme: il alterne entre accélérations et ralentissements.
Genette distingue quatre mouvements narratifs :
● Pause: interruption du temps de l’histoire (ex. descriptions longues).
● Scène: temps du récit ≈ temps de l’histoire (ex. dialogues).
● Sommaire: accélération du récit (ex. résumé d’événements longs).
● Ellipse: suppression d’un passage de l’histoire.
3️⃣ FRÉQUENCE (répétition)
Indica la quantità di occorrenze di un evento nel racconto o nella storia. Il existe différentes
façons de raconter un événement selon la fréquence narrative :
● Mode singulatif : raconter une fois un événement qui s’est produit une fois.
● Mode répétitif : raconter plusieurs fois un événement unique.
● Mode itératif : raconter une seule fois un événement qui s’est produit plusieurs fois.
II. LE MODE
Le mode → les modalités de la représentation narrative. Exemples : Est-ce que le narrateur
montre tout ? Ou donne-t-il juste un aperçu ? Est-ce que c’est raconté du point de vue d’un
personnage ?
Le mode narratif concerne la régulation de l’information dans le récit.
1️⃣ DISTANCE → Rapport entre le récit et ce qu’il raconte
● Mimésis (showing) : le récit montre les événements (ex. dialogues, actions
détaillées).
● Diégésis (telling) : le récit raconte les événements (ex. résumé, narrateur présent).
● Récit d’événements : plus mimétique (scènes détaillées). 7
● Récit de paroles : plusieurs formes possibles :
○ Discours narrativisé (ex. “Il raconta son histoire.”)
○ Discours transposé (ex. style indirect)
○ Discours rapporté (ex. dialogue direct)
2️⃣ PERSPECTIVE → Qui voit ? Qui parle ?
La perspective narrative est souvent confondue avec la voix du narrateur. Genette distingue:
● Focalisation zéro : le narrateur est omniscient (il sait tout).
● Focalisation interne : le narrateur suit la perception d’un personnage.
● Fixe (toujours le même personnage).
● Variable (change selon les scènes).
● Multiple (différents points de vue en parallèle).
● Focalisation externe : le narrateur est objectif, il ne donne accès qu’aux faits
observables.
Des altérations de la focalisation peuvent se produire :
● Paralipse : omission d’informations normalement accessibles.
● Paralepse : ajout d’informations normalement inaccessibles.
III. LA VOIX
La voix → la place du narrateur dans le récit. Exemples : Est-ce que le narrateur fait partie de
l’histoire ou pas ? Est-ce qu’il s’adresse à quelqu’un ? Est-il présent au moment des faits ou
raconte-t-il plus tard ?
1️⃣ Le temps de la narration
Selon le moment où se situe le narrateur par rapport à l’histoire racontée, on distingue :
● Narration ultérieure : récit au passé (cas le plus courant).
● Narration antérieure : récit prédictif (au futur).
● Narration simultanée : récit au présent, contemporain des événements.
● Narration intercalée : alternance entre récit et narration.
2️⃣ Les niveaux narratifs
Chaque récit appartient à un niveau diégétique :
● Extradiégétique : récit principal (ex. le narrateur raconte une histoire)
● Intradiégétique : récit secondaire (ex. un personnage raconte une histoire dans
l’histoire).
● Métadiégétique : récit emboîté à un troisième niveau. 8
La métalepse est une transgression où un narrateur extradiégétique interagit avec son propre
récit.
3️⃣ La personne du narrateur
Deux types de récits :
● Hétérodiégétique : narrateur extérieur à l’histoire (ex. Madame Bovary).
● Homodiégétique : narrateur qui fait partie de l’histoire (ex. À la recherche du temps
perdu).
● Autodiégétique : narrateur = héros du récit.
● Secondaire : narrateur = simple témoin.
4️⃣ Les fonctions du narrateur
Le narrateur peut remplir plusieurs fonctions :
● Narrative : raconter l’histoire.
● De régie : organiser le récit.
● De communication : s’adresser au lecteur.
● Testimoniale : attester de la véracité du récit.
● Idéologique : exprimer un point de vue sur le monde.
À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU
À la recherche du temps perdu est une œuvre composée de sept tomes, publiés entre 1913
et 1927 (Proust meurt en 1922, donc les derniers tomes de la recherche paraissent lorsqu’ il
est déjà mort) dont Combray constitue l’un des passages les plus cé
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