Concetti Chiave

  • La Bruyère offre une critique satirique de la société du Grand Siècle, dépeignant les grands comme inutiles et les financiers comme odieux.
  • Il se concentre sur une réforme morale plutôt que politique, préparant le terrain pour les Lumières tout en restant royaliste et catholique.
  • Ses portraits de personnages comme les nouveaux riches et les bavards ont une portée universelle, restant pertinents à travers le temps.
  • Son pessimisme chrétien souligne l'égoïsme humain tout en espérant des améliorations et un avenir meilleur après la mort.
  • Le style de La Bruyère est original, illustrant la réalité à travers des personnages vivants et des anecdotes révélatrices de leur nature profonde.

La Bruyère et son contexte historique

La Bruyère est un écrivain français, vécu pendant la seconde moitié du XVII siècle que l’on peut classifier comme « moralistes ». Son nom est lié à Les Caractères.
Son œuvre a l’intérêt d’un document historique. Ayant pris tous ses modèles dans la réalité contemporaine, La Bruyère se trouve avoir composé un vaste tableau du Grand Siècle: c’est un tableau critique et, en certains points, une satire. Voilà quelques détails de la peinture qu’il fait de la société de son temps :

1. Les grands sont inutiles, sots et sans cœur.

2. Les financiers et les fermiers généraux, qui s’élèvent en face des grands, se rendent odieux par leurs exactions et le luxe qui en est le fruit; il les définit «des âmes sales, pétries de boue et d’ordure», mais toutes-puissantes et qui s’imposent aux familles nobles ruinées, qui introduisent la passion de l’argent à la Cour, y développent celle du jeu, et ils arrivent jusqu’à l’escroquerie.

3. L’intrigue et l’égoïsme caractérisent tous les privilégiés et le mérite personnel est ignoré, voire méprisé.

4. Les bourgeois de la ville sont très sots et vaniteux; les juges sont ignorants et achetables.

5. Beaucoup de pauvres manquent de pain, les paysans sont misérables et ils semblent réduits à l’état d’animaux farouches.

6. La Bruyère respectait et aimait le Roi, mais le luxe de Louis XIV et certaines de ces guerres ont été des erreurs que l’écrivain a osé condamner.

Satire et réforme morale

On voit que la satire que chez Molière ou chez La Fontaine est uniquement morale, dans Les Caractères elle mord aux abus sociaux. Pour ce motif, La Bruyère prépare la voie aux philosophes du Siècle des Lumières, mais ce qui le distingue d’eux, c’est qu’il n’envisage aucune réforme politique ou sociale. Sa critique à la société ne compte que sur une réforme morale. Loin de s’attaquer aux institutions, il ne songe qu’à les conserver: l’ascension des parvenus lui fait déplorer le rapprochement des conditions et la hiérarchie des classes. Il faut ajouter qu’il est royaliste et catholique

Portraits éternels et universels

A travers ses contemporains, La Bruyère a peint l’homme tel qu’il est en général et avec une connotation éternelle. En effet, ses nouveaux riches sont présents même de nos jours et la passion du jeu est devenue la passion des affaires. Son riche e son pauvre (= Giton et Phédon), son bavard (= Arrias), son individu fat (= Ménippe), sa femme coquette et ses maniaques sont encore en circulation et bien vivants et ils resteront bien vrais à n’importe quelle époque.

En différents chapitres (= Du cœur, Des femmes) il fait des analyses exactes de l’amour, des différentes passions et de la complexité du cœur humain. Il montre les nombreuses formes de la sottise et de la vanité chez les hommes, les intrigant et les fats qui triomphent des gens de mérite, qui sont trop délicats, la dissimulation et la flatterie reine de la société, l’extrême rareté de l’amour véritable et de la véritable amitié.

Pessimisme et espoir chrétien

On voit que La Bruyère est pessimiste.

Il sait que l’homme est égoïste, injuste et il ne prouve pas de gratitude; il est de l’avis que la volonté et la raison humaine sont faibles.

Dans la vie, il n’y a pas de place pour le bonheur; la vie est triste, courte et pleine de souffrances.

Toutefois, en croyant que des améliorations sont possibles, l’écrivain arrive à se consoler du fait que l’homme ne connaît que le vice. Alors, il supporte la vie avec résignation, en espérant un avenir meilleur après la mort.

Son pessimisme est chrétien, d’un jansénisme plutôt apaisé, d’où on peut dégager des conseils pleins de bon sens pour notre conduite.

Style original de La Bruyère

La Bruyère est un peintre extrêmement original. Il ne décrit pas, il n’analyse pas: il fait voir la réalité. En effet, ses personnages agissent, parlent et leur nature profonde nous apparaît. C’est par les gestes, l’attitude, la physionomie, c’est par l’extérieur et le physique qu’il peint l’intérieur et le moral : l’habit, l’épée, la bague du vaniteux Philémon, le manège de la fausse dévotion chez Onuphre, les faits et les gestes de Giton et de Phédon, voilà en ce qui concerne les simples portraits. Quelquefois on a une anecdote, presque un petit conte (Zénobie, Elmire). D’autres fois on a une scène de comédie, des apostrophes, des dialogues dramatiques; le réalisme le plus cruel n’est pas écarté comme le cas de Gnathon à table.

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Domande da interrogazione

  1. Quel est le contexte historique de l'œuvre de La Bruyère?
  2. La Bruyère, écrivain français du XVIIe siècle, est classé parmi les "moralistes". Son œuvre, "Les Caractères", offre un tableau critique et satirique de la société du Grand Siècle, mettant en lumière les défauts des grands, des financiers, et des bourgeois.

  3. Comment La Bruyère aborde-t-il la satire et la réforme morale?
  4. Contrairement à d'autres satiristes, La Bruyère se concentre sur une réforme morale plutôt que politique ou sociale. Sa critique vise les abus sociaux tout en restant royaliste et catholique, préparant ainsi le terrain pour les philosophes des Lumières.

  5. En quoi les portraits de La Bruyère sont-ils considérés comme éternels et universels?
  6. Les portraits de La Bruyère, tels que les nouveaux riches ou les bavards, transcendent le temps et restent pertinents aujourd'hui. Il analyse les passions humaines et la vanité, créant des personnages qui sont toujours reconnaissables.

  7. Quel est le point de vue de La Bruyère sur le pessimisme et l'espoir chrétien?
  8. La Bruyère adopte un pessimisme chrétien, reconnaissant l'égoïsme et l'injustice humaine. Cependant, il croit en des améliorations possibles et espère un avenir meilleur après la mort, offrant des conseils de bon sens.

  9. Comment se caractérise le style original de La Bruyère?
  10. Le style de La Bruyère est original car il montre la réalité à travers des personnages vivants et dynamiques. Il utilise des gestes, des attitudes et des anecdotes pour révéler la nature profonde de ses personnages, créant ainsi des portraits vivants et réalistes.

Domande e risposte

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