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RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE, RECONSTRUCTION DE L’EXPÉRIENCE ET FABULATION - Lindon Appunti scolastici Premium

Dispensa al corso di Sociologia delle relazioni interculturali della Prof.ssa Enrica Tedeschi. Trattasi di un saggio di Alicia Lindon dal titolo "RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE,
RECONSTRUCTION DE L’EXPÉRIENCE ET FABULATION", avente ad oggetto l'analisi della soggettività sociale nel campo della ricerca... Vedi di più

Esame di Sociologia delle relazioni interculturali docente Prof. E. Tedeschi

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à une interprétation qui peut se faire au moins à deux niveaux. Le premier cor-

respond aux interprétations que réalise le chercheur comme interlocuteur à partir

du sens commun. Le second est ce qui est spécifique de ce processus interprétatif :

simultanément, le chercheur l’interprète à partir des questions théoriques qu’il

se pose.

Un des traits fondamentaux des récits autobiographiques, c’est qu’ils parlent

d’expériences vécues. Le narrateur les raconte, interprétées et connectées entre

elles, et par le biais de celles-ci, les autres acteurs qui sont présentés le sont toujours

par l’intermédiaire de la propre expérience de narrateur. De telle sorte, le narrateur

construit un personnage central – un héros par ses propres expériences.

3

Un autre trait central, c’est le fait qu’il s’agit de récits, ce qui suppose que celui

qui le construit imprime une structure propre à sa narration. Une semi-structuration

qui serait donnée par le chercheur, serait contraire à la structure narrative de

l’auteur. De ce fait, l’intention directrice du chercheur ne peut avoir lieu qu’au

début du récit, pour pousser le narrateur à commencer sa construction personnelle

à partir d’un espace ou un moment de sa vie.

Le narrateur construit le fil conducteur de son récit au long des expériences

vécues qu’il considère socialement significatives, et, en même temps, par le biais

de ce fil conducteur, il « se reconnaît une sorte de loyauté à soi-même ». Par le fait

de choisir et d’articuler des moments vécus pour les narrer de façon compréhensi-

ble à l’autre, le narrateur non seulement explore sa mémoire, il explore aussi un

contexte socioculturel dans lequel ces expériences acquièrent un sens, en provo-

quant la connexion des évènements et des situations quotidiennes. De ce fait, la

structure narrative ne peut être imposée par le chercheur : il n’y a pas une « vérité »

qui devrait affleurer dans le récit autobiographique, mais seulement des expérien-

ces choisies dans la mémoire et connectées entre elles.

Finalement, on peut identifier un troisième trait caractéristique de ces récits :

c’est le fait qu’ils sont socialement significatifs. La structure narrative provoque que

l’expérience puisse être comprise par l’autre (le chercheur). En d’autres termes, il

se produit une sorte de traduction de la dimension intime des expériences, en

4

. Le fait de situer cette

formes socialement partagées et déposées dans le langage

5

3. Piña, Carlos (1989), « Sobre la naturaleza del discurso autobiográfico », (Sur la nature

du discours autobiographique) Argumentos, Université Autonome Métropolitaine, Cam-

pus Xochimilco, núm. 7, août, México, pp. 131-160.

4. L’intime fait référence à « ce que je suis le seul à savoir que j’ai senti », c’est l’expé-

rience intérieure. L’intime est cette expérience intérieure qui déborde ce que les mots peu-

vent exprimer. En fait, quand cette expérience est nommée de quelque façon que ce soit,

ce qui a été ressenti perd son caractère d’intime, il devient social justement par le fait

d’avoir été nommé avec un ou des mots que l’autre peut comprendre socialement. C’est

dans ce sens que cette version du mot « intime » n’a aucune relation avec ce que l’on a

l’habitude d’opposer au sens de public ou ce qui ne doit pas être dit publiquement. Dans

ce contexte, l’intime signifie toute la complexité du vécu qui ne peut être transmis à l’autre,

et cela parce que la simple transmission verbale le transforme et le réduit.

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Récit autobiographique, reconstruction de l’expérience et fabulation…

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expérience dans le langage, provoque qu’elle perde sa dimension individuelle et

privée, en la transformant ainsi en une expression singulière du social. De telle

sorte, le récit autobiographique ne découle pas seulement du champ de l’expé-

rience, il en devient aussi socialement significatif du fait que toute expérience choi-

sie a été traduite à un contexte socioculturel par l’intermédiaire du langage, ce qui

réduit la dimension du vécu, mais permet la communication.

De ce fait, ces récits ne fouillent pas dans la dimension intime de la vie, mais

offrent plutôt un discours construit dans un contexte de sens partagé socialement,

et sur la base d’un ensemble de savoirs communs. Selon cette façon de voir les

choses dans les récits, l’individu n’a de place que comme expression singulière du

. Soit dit en passant, cette interprétation démolit l’idée fausse du mensonge

social

6

possible, qui existe seulement à partir du caractère unique de la vie du narrateur,

mais pas à partir de sa singularité sociale du récit.

Dans cette perspective, il faut s’interroger sur certains processus qui entrent

en jeu dans la production de la narration. Il est courant que les pesanteurs de

l’objectivité du sociologue liées à la stratégie d’isoler les phénomènes, le poussent

à observer le récit en soi, ce qui est d’autant plus facile si on le considère comme

un texte détaché du sujet qui l’a construit et en oubliant le contexte interactionnel

sans lequel il fut construit. Toutefois, il faut prendre la peine d’analyser en détail,

et sans cet « esprit d’isolement », les processus qui entrent en jeu dans cette situa-

. Ce type de

tion particulière qui correspond à un individu qui parle de soi-même

7

réflexion permettra d’évaluer la pertinence méthodologique du récit autobiogra-

phique au delà des modes ; il assurera aussi qu’il pourra être situé à un niveau

qui empêchera de le penser selon certaines questions comme « le mensonge et la

vérité ».

La théâtralisation et les jeux de mémoire dans les récits autobiographiques

L’invitation à raconter sa propre histoire ou une partie de celle-ci, provoque chez

la personne interrogée un schéma linguistique appris depuis l’enfance, comme

c’est le cas du récit ; l’enfant apprend à raconter en écoutant des histoires, des con-

tes et des récits, mais aussi en racontant sa propre quotidienneté. Cette invitation

non seulement ouvre le schéma narratif, elle pousse aussi à une motivation

. De ce fait, les récits de vie peuvent aussi être considérés comme des

esthétique

8

5. C’est « le langage comme action » à différence de « la langue en tant que structure ».

6. Chanfrault-Duchet, Marie-Françoise (1988), « Le système interactionnel du récit de

vie », Sociétés, mai, París, pp. 26-31.

7. En relation à ce moment, Marie-Françoise Chanfrault-Duchet est un des auteurs qui a

réalisé l’analyse des plus détaillées selon la perspective du système interactionnel établi

entre le narrateur et celui qui réalise l’entrevue. Chanfrault-Duchet, Marie-Françoise

(1988), op. cit. pp. 26-31.

8. Franzke, Jueguen (1989), « El mito de la historia de vida » (Le mythe dans le récit de

vie), Historia y Fuente Oral, núm. 2, Barcelona, pp. 57-64.

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produits littéraires dans lesquels se tisse la fiction sur la base d’un critère esthétique.

Cette façon de construire la fiction rend aussi compte de la réalité sociale.

Si on prend en compte le montage esthétique du récit, on ne peut concevoir

le narrateur comme un témoin passif des évènements, comme un simple déposi-

taire d’un savoir qui va être transmis à l’autre. Il est aussi un acteur capable d’agir

et de construire un discours sur sa société et sa propre vie dans cette société-là.

Nous ne pouvons donc pas considérer le narrateur comme une espèce de

qui est ouverte et qui émet l’information recherchée. Le

« banque de données »

9

narrateur réalise un véritable « montage » de son texte. Il ne faut pourtant pas

l’interpréter comme une intention de duper, de manipuler; il faut plutôt le voir de

la façon suivante : en racontant sa vie, l’individu la repense ; d’une façon générale,

, car

on peut dire qu’il devient de ce fait le « sociologue de sa propre biographie »

10

il cherche à établir des connexions entre les faits, il construit ses propres séquences

d’évènements, en en sélectionnant certains et en en excluant d’autres. Il s’interroge

lui-même sur les motivations de ses actions.

Cet acte de repenser sa propre histoire est un processus qui a lieu au moment

présent, même si c’est un présent dans lequel toute une biographie s’est sédimen-

tée, et qui plus est, fait partie de la société. C’est un présent qui contient un passé.

De ce fait, le passé est raconté avec des références aux conditions actuelles, mais

aussi en relation à des schémas incorporés à d'autres moments ; de ce fait, le nar-

rateur peut repenser sa biographie en relation à des schémas cognitifs incorporés

postérieurement aux évènements racontés, mais antérieurs au moment présent.

C’est le propre du récit autobiographique et il n’y a pas de raison de l’interpréter

de façon négative ou comme un défaut des récits en soi. Tout au contraire, c’est

là une de ses grandes fécondités qui nous permet de nous approcher à un présent

qui anticipe le futur, un présent qui porte en soi le mouvement et donc le futur,

c'est-à-dire ce qui n’a pas encore lieu, mais qui se trouve déjà potentiellement dans

le récit, dans ce qui peut « être dit » : Le potentiel du récit est donc qu’il annonce la

forme que pourraient acquérir les actions du futur proche, celles qui n’ont pas

. Même si le récit fait

encore cours, mais qui peuvent déjà être conçues et nommées

11

référence à des actions passées, le fait de s’en souvenir dans le présent, les recons-

truit par le biais du langage ce qui permet d’anticiper le futur, les actions à venir.

Cette reconstruction de l’action réalisée para sa mise en langage peut être

interprétée selon plusieurs axes d’analyse qui finissent par converger. Un de ces

axes est la conception esthétique du montage du récit, de la théâtralisation. Le

second est lié aux processus de la mémoire et le troisième est le résultat des pro-

cessus de socialisation. Finalement, le dernier découle de la construction de soi-

même par le narrateur. Nous allons maintenant les passer en revue.

9. Chanfrault-Duchet, Marie-Françoise (1987), « Le récit de vie: donnée ou texte ? »,

Cahiers de recherche sociologique, vol. 5, núm. 2, automne, Montréal, pp. 11-28.

10. Vrancken, Didier (1986), op. cit., pp. 315-324.

11. Zemelman, Hugo (1997), op. cit, p. 21.

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Récit autobiographique, reconstruction de l’expérience et fabulation…

60 Pour ce qui à trait aux procesus de mémorisation et remémorisation, les théo-

ries de la mémoire démontrent que les situations captées passent par des transfor-

mations au moment de retrocéder dans la mémoire, dans le processus

d’emmagasinage, ainsi qu’au moment même de leur reproduction comme souve-

nirs. Selon Cabanes, la mémoire n’est pas absente dans la construction de la

réalité : « La mémoire est faite de passé perdu et rencontré pour permettre que le

futur ait lieu. Le récit est du côté de ce qui peut avoir lieu .

12

Quant à la reconstruction de l’expérience, produit d’une socialisation toujours

sans terminaison, la phrase suivante de Norbert Elias est très éloquente à ce sujet :

« Les individus ne sont jamais totalement terminés. » Au long de notre vie, nous

continuons à sédimenter des expériences, qui représentent de nouvelles connais-

sances de sens commun et qui peuvent prendre la forme de schémas alternatifs

d’interprétation du monde. De ce fait, les interprétations que nous faisons d’un

évènement à différents moments de la vie, ne sont pas forcément identiques, car

les schémas d’interprétation ont tendance à se modifier au cours de chaque bio-

graphie.

Les dynamiques de la mémorisation/remémorisation, mais aussi de la sociali-

sation toujours incomplète, ont une essence temporelle. À leur tour, les récits de

vie s’inscrivent dans le temps, car ils font référence permanente à la remémorisa-

tion d’images et de marques du passé, pour les ramener au présent. De ce fait, la

reconstruction de l’action racontée est quelque chose de propre au récit autobio-

graphique, et avant que de leur enlever leur valeur sociologique, il faut signaler que

cette reconstruction de l’action par sa traduction en langage, démontre bien les

labyrinthes de la construction sociale de la réalité.

Ces reconstructions de l’expérience peuvent aussi être interprétées en réfé-

rence à l’identité ; c’est-à-dire, comme des processus d’« harmonisation

rétrospective » de l’histoire personnelle , qui s’expliquent par la volonté du narra-

13

teur d’essayer de présenter une identité unifiée face à celui qui l’écoute. Du fait des

contradictions inhérentes à chaque biographie, le narrateur se voit dans l’obliga-

tion de se présenter face à l’autre comme unique, sans contradictions ; cela ne peut

bien sûr avoir lieu que dans la reconstruction de l’identité racontée car, dans le

vécu, il est difficile que l’individu soit « unique » . Chaque individu est capable de

14

construire plus d’une identité de soi-même et celles-ci se présenteront toujours sous

un jour monolithique, mais dans des situations diverses. Cela est possible grâce à

l’hétérogénéité de chaque narrateur (hétérogénéité, fruit de la complexité des pro-

cessus de socialisation ou d’incorporation de connaissances ordinaires), et lui

donne la possibilité de changer d’identité et même de les négocier avec ses

« autres ».

12. Cabanes, Robert (1996), « El Enfoque biográfico en sociología » (L’approche biogra-

phique en sociologie), Cuadernos del CIDS, Serie II, núm. 1, juillet, Bogotá, p. 65.

13. Franzke, Jueguen (1989), op. cit., pp. 57-64.

14. Kaufmann, Jean-Claude (1996), L’Entretien compréhensif, Nathan, París, 126 p.

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Atreyu

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DESCRIZIONE DISPENSA

Dispensa al corso di Sociologia delle relazioni interculturali della Prof.ssa Enrica Tedeschi. Trattasi di un saggio di Alicia Lindon dal titolo "RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE,
RECONSTRUCTION DE L’EXPÉRIENCE ET FABULATION", avente ad oggetto l'analisi della soggettività sociale nel campo della ricerca sociologica con particolare riguardo al racconto autobiografico, la sua teatralizzazione e la fabulazione.


DETTAGLI
Corso di laurea: Corso di laurea magistrale in relazioni internazionali
SSD:
A.A.: 2011-2012

I contenuti di questa pagina costituiscono rielaborazioni personali del Publisher Atreyu di informazioni apprese con la frequenza delle lezioni di Sociologia delle relazioni interculturali e studio autonomo di eventuali libri di riferimento in preparazione dell'esame finale o della tesi. Non devono intendersi come materiale ufficiale dell'università Roma Tre - Uniroma3 o del prof Tedeschi Enrica.

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