Concetti Chiave
- Le poème explore des thèmes de tristesse et de douceur, en combinant des images mélancoliques avec des moments de lumière et de joie.
- Mallarmé utilise des champs lexicaux distincts pour différencier les parties du poème, en accentuant la tristesse initiale et l'émerveillement ultérieur.
- Les allitérations et assonances renforcent la mélancolie à travers des répétitions sonores, créant une ambiance sonore riche et évocatrice.
- Des synesthésies relient les sensations auditives, visuelles et olfactives, illustrant une profondeur sensorielle inspirée par le symbolisme.
- Les enjambements soulignent la nature éphémère des apparitions, renforçant le lien entre le poème et le symbolisme pictural, en quête de mystère et d'émerveillement.
La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli
J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.
Stéphane Mallarmé, 1863
Le poème nous présente un itinéraire exclusivement intellectuel.
Thèmes de tristesse et de douceur
Au début, l’image du baiser ne nous apporte pas de bonheur au poète car les premiers vers diffusent une sensation de tristesse : la lune s’attristait, les séraphins pleurent, les violes sont mourantes et des sanglota glissent sur les corolles des fleurs.
Ensuite voilà la jeune fille qui apparaît et qui semble ramener la joie, symbolisé par le soleil, le sourire. Mais le poète ne répond pas à cet appel amoureux et il associe la vision de la jeune fille à celle de sa mère qui, pour le réconforter, se penchait sur lui quand il était petit.
Champs lexicaux et synesthésies
Le poème peut être divisé en deux partie qui s’organisent autour de différents champs lexicaux. Dans la première partie, on relève trois champs lexicaux :
• la tristesse (s’attristait – sanglots – tristesse – pleurs - mourantes)
• la douceur (calme – vaporeuses –mourantes – songeries)
• la fleur (fleurs – corolles – parfum)
Ces trois champs lexicaux s’accordent à l’ attitude du poète qui vient de cueillir un rêve qui, entre autre, nous rappelle le troisième champ lexical, celui des fleurs.
Dans la deuxième partie on a le champs lexical de la lumière et de la blancheur qui indiquent l’émerveillement du poète devant l’apparition de la jeune fille, comparée à une fée.
Allitérations et assonances
La tristesse mélancolique est rendue par l’allitération en « r », présente aux vers 1, 2, 3, 6 et 8 e par l’assonance en « en », au vers 2, 3, 4 6, 7. A remarquer que, au vers 6 e 7 l’assonance est présente à l’hémistiche
On remarque aussi des correspondances synesthésiques, c’est-à-dire une correspondance entre plusieurs sensation : auditives, visuelle, auditive : les sanglots sont blancs, la tristesse a un parfum, les étoiles sont parfumées. Les synesthésies étaient très chères à Baudelaire et à tout les poètes symbolistes. A souligner aussi la dernière image des mains de la mère du poète où sont réunies à la fois la neige, les fleurs et les étoiles.
Enjambement et symbolisme pictural
Au point de vue formel, on peut dire que, pour nous donner le caractère fugitif de l’apparition, Mallarmé utilise l’enjambement qui mettent en relief certains termes : vers 1, 2, 3, 4 12, 15 : « Rêvant », « Vaporeuses », « De blancs sanglots », « Et dans le soir », « Passait ».
On peut également établir entre ce poèmes et la peinture symboliste (Gustave Moreau, par exemple) qui cherche à rétablir le sens du mystère, en suscitant un climat étrange. Et en utilisant des motifs religieux, philosophiques et naturels pour traduire les sensations et les idées.
Domande da interrogazione
- Quels sont les principaux thèmes abordés dans le poème de Stéphane Mallarmé?
- Comment le poème utilise-t-il les champs lexicaux pour structurer ses idées?
- Quelle est l'importance des allitérations et des assonances dans le poème?
- Comment les synesthésies enrichissent-elles le poème?
- Quel rôle joue l'enjambement dans le poème de Mallarmé?
Le poème explore des thèmes de tristesse et de douceur, illustrés par des images de la lune attristée, des séraphins en pleurs, et une jeune fille qui apporte une lueur de joie.
Le poème est divisé en deux parties avec des champs lexicaux distincts: la première partie se concentre sur la tristesse, la douceur et les fleurs, tandis que la deuxième partie utilise la lumière et la blancheur pour exprimer l'émerveillement.
Les allitérations en "r" et les assonances en "en" renforcent la mélancolie du poème, créant une harmonie sonore qui accentue les émotions exprimées.
Les synesthésies, telles que les sanglots blancs et les étoiles parfumées, créent des correspondances sensorielles qui intensifient l'expérience émotionnelle et visuelle du poème.
L'enjambement accentue le caractère fugitif des apparitions et met en relief certains termes, contribuant à l'atmosphère mystérieuse et symboliste du poème.