André Breton (1896-1966)
Etudiant en médecine depuis 1913, Breton interrompt ses études durant, la
Grande Guerre et devient infirmier militaire li Nantes. A partir de 1916, affecté
dans différents centres neuropsychiatriques, il entre en contact avec les
théories de Freud qui le passionnent. Il côtoie Tzara et le Dadaïsme et crée une
revue, Littérature, en I9I9 son but est de rompre avec la tradition du XIX siècle,
surtout avec les symbolistes. A ses côtés, des poètes, Louis Aragon — médecin
lui aussi — Philippe Soupault, Paul Eluard constituent le noyau d’un groupe
dont la géométrie variera au fil des ans selon la volonté du maitre. C’est encore
en 1919 que Soupault signe la première création surréaliste, Les Champs
magnétites, un recueil de vers et prose réalisé en écriture automatique,
autrement dit en abolissant les facultés rationnelles et en donnant libre cours
aux associations spontanées.
Le Dadaïsme perd sa raison d’être et disparait, absorbé par le Surréalisme dont
Breton rédige le premier Manifeste (cf. p. o) en 1924. Le groupe s’élargit avec
l’entrée de poètes, Benjamin Péret (1899-1959), René Crevel (1900-1935) et
Robert Desnos (1900-1945) notamment, du peintre et photographe américain
Man Ray (1890-1976), du cinéaste espagnol Luis Buñuel (1900-1983) et de
bien d’autres intellectuels. Une véritable école est née; elle se donne pour
mission de «transformer le monde», comme a dit Marx, et de «changer la vie»
comme le voulait Rimbaud (Second Manifeste du Surréalisme, 1930), mais les
deux âmes — politique et poétique — se concilient mal:
Soupault et Antonin Artaud (cf. p. 159) sont exclus en 1926 car ils accordent
trop d’importance à la révolution poétique au détriment de la révolution
politique; la quasi totalité du groupe adhère au parti communiste mais Aragon,
qui a choisi la littérature militante, est chassé en 1930. Breton, le «pape»
comme on l’appelle, dirige alors les deux revues du groupe, aux noms
révélateurs: La Révolution surréaliste, de 1924 1929, puis Le Surréalisme au
service de la révolution, de 1930 1933.
Il s’exile aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale et revient à Paris en
1946, mais un nouveau courant d’idées, l’Existentialisme (cf. p. 124), éclipse
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