Concetti Chiave
- Le colchique, plante vénéneuse, symbolise un faux-amour, empoisonnant lentement la vie du poète et des vaches qui en mangent.
- Le thème de l'amour maléfique est central, illustré par un mélange de beauté et de poison, et une versification libre.
- Apollinaire réinvente le mythe de la femme/fleur, associant la femme à un poison mortel, inversant la joie traditionnelle en souffrance.
- La femme est comparée aux colchiques par la couleur de ses yeux et une inversion temporelle évoquée par les cycles du colchique.
- Le pré évolue d'un cadre bucolique à un espace vide et mal fleuri, symbolisant la fin inévitable de l'amour empoisonné.
Description du colchique
Le colchique est une plante herbacée vivace qui pousse dans les prés et dont les fleurs ressemblent beaucoup au safran soit pour la formes que pour la couleur. Pour cela, on l’appelle aussi « safran bâtard » La fleur est vénéneuse, donc il s’agit d’un poison, soit pour les êtres humains que pour les animaux.
On peut souligner une correspondance entre les vaches et le poète : la vie du poète, en contact avec la femme aimée, s’empoisonne lentement et les vaches, après avoir mangé des fleurs de colchique, abandonnent pour toujours le pré, en meuglant. L’insistance du poète sur l’adjectif « lent » et sur l’adverbe « lentement » marque le voyage presque imperceptible vers la mort.
Le thème de l'amour maléfique
Donc, la femme aimée est un faux-amour comme les colchiques, malgré la beauté de leurs couleurs attrayantes(violet clair ou blanc) ne sont pas de véritables fleurs parce qu’elles véhiculent la mort. Le thème du poème est celui de l’amour maléfique; il réunit des aspects essentiels de l’univers poétique d’Apollinaire :
• mélange de sentiments contraire :le pré est vénéneux parce qu’il est couvert de colchiques, mais en même temps il est joli
• images simples, banales et populaires : le pré, les enfants de l’école, les hoquetons, le gardien du troupeau qui chante
• une grande liberté de versification : le poème se compose de trois strophes, dont la première de 7 vers, la deuxième de 5 et la dernière de 3 vers ; les vers 2 et 3 forment un alexandrin coupé à la césure. Même la combinaison des rimes est très variée
• caractère volontairement indécis de la comparaison qui intervient seulement à la fin des deux premières strophes et disparaît de la dernière
Le mythe de la femme/fleur
Apollinaire réutilise le mythe traditionnel de la femme/fleur : la femme est associée à un poison mortel qui renvoie au sentiment d’être mal aimé et donc au thème de la souffrance. Déjà Ronsard avait comparé la femme à une fleur, mais l’atmosphère était tout à fait différente: c’était la joie, la beauté, l’amour. Donc, on peut dire que chez Apollinaire le mythe est utilisé à l’envers.
La femme et le colchique
La femmes est présente sous deux aspects :
• Les yeux et les paupières rassemblant aux colchiques pour la couleur violâtre et le battement des pétales au moindre souffle de vent ; autours des yeux on remarque des auréoles de la même nuance que celle des fleurs
• Un autre élément qui nous renvoie à la femme est l’expression « comme des mères filles de leurs filles » Cela fait allusion au fait que, au printemps le colchique donne des fruits et des fleurs en automne et par conséquent il y a une inversion du temps
L'évolution du pré
Le lieu constituant la toile de fond du poète est le pré qui subit une évolution. Le cadre semblerait être bucolique (la campagne, les animaux qui paissent, le gardien qui chante tout doucement, les fleurs, les couleurs qui rappellent le lilas, le son de l’harmonica des enfant qui rentrent de l’école). Cependant des termes tels que « vénéneux, « s’empoisonnent » »s’empoisonne » « pour toujours » créent une atmosphère inquiétante. Entre le premier et le dernier vers, le pré évolue : vénéneux, mais joli, les vaches y paissent paisiblement ; à la fin il devient grand, car il est vide et il devient mal fleuri et c’est la faute de l’automne. Ce lieu qui évolue est le symbole d’un amour qui évolue lui aussi vers la fin.
La mélodie du poème
Comme il arrive souvent chez Apollinaire, par ses qualités de suggestion musicale, ce poème a quelque chose d’une mélodie populaire qui sait transmettre un charme mystérieux.
Domande da interrogazione
- Quelle est la signification symbolique du colchique dans le poème d'Apollinaire ?
- Comment Apollinaire utilise-t-il le mythe de la femme/fleur dans son poème ?
- Comment le thème de l'amour maléfique est-il illustré dans le poème ?
- Quelle est l'évolution du pré dans le poème et sa signification ?
- Quelle est l'importance de la mélodie dans le poème d'Apollinaire ?
Le colchique symbolise un amour maléfique et empoisonné. Bien que la fleur soit belle, elle est vénéneuse, reflétant ainsi la relation du poète avec la femme aimée, qui empoisonne lentement sa vie.
Apollinaire inverse le mythe traditionnel de la femme/fleur en associant la femme à un poison mortel, ce qui évoque un sentiment de souffrance et d'amour maléfique, contrairement à la joie et la beauté célébrées par Ronsard.
Le thème est illustré par le mélange de sentiments contraires, où le pré est à la fois joli et vénéneux, et par l'utilisation d'images simples et populaires, créant une atmosphère inquiétante malgré la beauté apparente.
Le pré évolue d'un lieu bucolique à un espace vide et mal fleuri, symbolisant l'évolution de l'amour vers sa fin. Les termes vénéneux et empoisonnés renforcent cette transformation inquiétante.
La mélodie du poème, avec ses qualités de suggestion musicale, ajoute un charme mystérieux et renforce l'atmosphère envoûtante, typique des œuvres d'Apollinaire.