Concetti Chiave
- Le texte décrit Madame Verdurin, assise sur un siège suédois, entourée de cadeaux hétéroclites offerts par ses fidèles, illustrant une satire du goût bourgeois.
- Madame Verdurin participe aux conversations de son salon en simulant un rire exagéré et factice, soulignant le caractère artificiel de son comportement.
- Le salon de Madame Verdurin est un lieu de plaisanteries et médisances, créant une atmosphère de camaraderie et critique parmi les habitués.
- Proust brosse un portrait satirique de Madame Verdurin, la comparant à un oiseau perché, avec un goût pour les objets inutiles et un rire factice.
- Monsieur Verdurin est décrit comme l'ombre de sa femme, incapable de s'imposer dans le salon face à l'hilarité fictive de Madame Verdurin.
Mme Verdurin et ses dons
« Mme Verdurin était assise sur un haut siège suédois en sapin ciré, qu’un violoniste de ce pays lui avait donné et qu’elle conservait quoiqu’il rappelât la forme d’un escabeau et jurât avec les beaux meubles anciens qu’elle avait, mais elle tenait à garder en évidence les cadeaux que les fidèles avaient l’habitude de lui faire de temps en temps, afin que les donateurs eussent le plaisir de les reconnaître quand ils venaient. Aussi tâchait-elle de persuader qu'on s'en tînt aux fleurs et aux bonbons, qui du moins se détruisent ; mais elle n'y réussissait pas et c'était chez elle une collection de chauffe-pieds, de coussins, de pendules, de paravents, de baromètres, de potiches, dans une accumulation de redites et un disparate d'étrennes. De ce poste élevé elle participait avec entrain à la conversation des fidèles et s’égayait de leurs « fumisteries », mais depuis l’accident qui était arrivé à sa mâchoire, elle avait renoncé à prendre la peine de pouffer effectivement et se livrait à la place à une mimique conventionnelle qui signifiait sans fatigue ni risques pour elle, qu’elle riait aux larmes. Au moindre mot que lâchait un habitué contre un ennuyeux ou contre un ancien habitué rejeté au camp des ennuyeux,- et pour le plus grand désespoir de M. Verdurin qui avait eu longtemps la prétention d’être aussi aimable que sa femme, mais qui riant pour de bon s’essoufflait vite et avait été distancé et vaincu par cette ruse d’une incessante et fictive hilarité—, elle poussait un petit cri, fermait entièrement ses yeux d’oiseau qu’une taie commençait à voiler, et brusquement, comme si elle n’eût eu que le temps de cacher un spectacle indécent ou de parer à un accès mortel, plongeant sa figure dans ses mains qui la recouvraient et n’en laissaient plus rien voir, elle avait l’air de s’efforcer de réprimer, d’anéantir un rire qui, si elle s’y fût abandonnée, l’eût conduite à l’évanouissement. Telle, étourdie par la gaieté des fidèles, ivre de camaraderie, de médisance et d’assentiment, Mme Verdurin, juchée sur son perchoir, pareille à un oiseau dont on eût trempé le colifichet dans du vin chaud, sanglotait d’amabilité ».
Le passage, tiré de A la recherche du temps perdu, est très significatif pour se faire une idée d’un salon bourgeois du début du XX siècle. Il est aussi significatif pour le portrait satirique que Proust nous fait de cette classe sociale composée de faux-semblants. On propos de de partager le texte en trois parties : le salon bourgeois, le portait satirique er la conclusion
La conversation dans le salon
Le sujet de conversation favori des « fidèles » du salon de Madame Verdurin est constitué par des « fumisteries », c’est-à-dire les plaisanteries lancées par l’un et par l’autre. Pour prendre part active à la conversation, il vaut mieux parler des présents (les « habitués ») où mieux ders absents (= « un ancien habitué rejeté au camps des ennuyeux »). La fin de l’extrait illustre l’état d’esprit général de la petite assemblée par l’expression « ivre de camaraderie, de médisance et d’assentiment ». Le salon bourgeois se prend lui-même pour cible et étale sous les yeux de l’observateur ses défauts et ses tares.
Le portrait satirique de Mme Verdurin
Madame Verdurin est d’abord reflétée à travers les cadeaux qu’on lui offre. L’énumération faite de bric et de broc, met en évidence un tas de choses inutiles, sans valeur. On peut voir ici une satire du goût bourgeois, attiré par le cliché, la pacotille, ce qui avait été déjà dénoncé par Flaubert. Madame Verdurin nous est présentée perchée sur son tabouret qui à la fin devient un perchoir sur lequel elle perchée comme un perroquet. Ce zoophormisme se retrouve dans l’utilisation de certaines expressions qui transforment Mme Verdurin en oiseau de compagnie « ses yeux d’oiseau », « juchée sur son perchoir, pareille à un oiseau dont on eût trempé le colifichet dans un vin chaud ». Enfin, le rire factice de Madame Verdurin fait d’elle une sorte d’automate, qui agit ainsi sans en connaître la véritable raison. Monsieur Verdurin nous est présenté comme l’ombre de madame Verdurin. Il est désespéré de ne pas pouvoir participer à cette conversation car il est incapable de s’imposer. Le passage est parcouru par le champ lexical du factice, appliqué soit aux objets qu’aux personnes. « fumisteries », « mimique conventionnelle », « prétention », « incessante et fictive hilarité », « elle avait l’air de s’efforcer », « cacher », etc.
Le tableau peint dans ce texte par Proust peut être considéré comme un réquisitoire. En effet, la
Domande da interrogazione
- Quel est le rôle des cadeaux dans le salon de Mme Verdurin?
- Comment Mme Verdurin participe-t-elle aux conversations dans son salon?
- Quel est le sujet de conversation préféré dans le salon de Mme Verdurin?
- Comment Proust décrit-il Mme Verdurin dans son portrait satirique?
- Quel est le rôle de M. Verdurin dans le salon?
Les cadeaux dans le salon de Mme Verdurin servent à flatter les donateurs en leur permettant de reconnaître leurs présents, bien qu'ils soient souvent des objets inutiles et sans valeur, illustrant ainsi une satire du goût bourgeois.
Mme Verdurin participe aux conversations en simulant un rire exagéré et factice, utilisant une mimique conventionnelle pour montrer son amusement sans réellement rire, ce qui souligne le caractère artificiel de son comportement.
Le sujet de conversation favori dans le salon de Mme Verdurin est constitué de "fumisteries", des plaisanteries et des médisances sur les présents et les absents, créant une atmosphère de camaraderie et de critique.
Proust décrit Mme Verdurin de manière satirique en la comparant à un oiseau perché sur un tabouret, soulignant son goût pour les objets inutiles et son rire factice, ce qui la transforme en une sorte d'automate.
M. Verdurin est présenté comme l'ombre de Mme Verdurin, désespéré de ne pas pouvoir participer pleinement aux conversations, car il est incapable de s'imposer face à l'hilarité fictive de sa femme.