Concetti Chiave
- Bossuet utilise les oraisons funèbres pour faire l'éloge des défunts sans offenser Dieu, en transformant ces discours en leçons de morale chrétienne.
- Ses stratégies incluent l'intégration d'une valeur historique aux discours et la conception des biographies comme des "histoires d'âmes".
- Les portraits historiques peints par Bossuet dans ses oraisons funèbres sont vivants et épiques, mais parfois au détriment de l'exactitude historique.
- Bossuet se documente minutieusement pour ses oraisons funèbres, utilisant des mémoires, des lettres et des témoignages pour composer des "histoires d'âmes".
- Les thèmes centraux des sermons de Bossuet incluent la vanité des grandeurs humaines face à la mort et l'importance de se préparer à la vie véritable.
Indice
L'importance des oraisons funèbres
Le nom de Bossuet est lié surtout aux Oraisons funèbres. Il s’agit d’un genre littéraire que l’écrivain redoutait car il fallait faire l’éloge du personnage décédé, en évitant tout blâme que les parents et les amis du défunt puissent trouver pénible. Voilà donc le problème: comment, ans offenser Dieu, louer les Grands personnages de l’histoire dont l’ambition est un attribut naturel et constant et dont la liberté de vie peut souvent aller jusqu’à la licence et pour qui l’injustice est une tentation continuelle?
Les stratégies de Bossuet
Pour se tirer de cette difficulté, Bossuet a utilisé plusieurs moyens:
a) Il rend solide et ennoblit le discours d’apparat en lui donnant une valeur historique: ses héros sont placés dans le cadre des événements où ils ont joué un rôle et qui sont importants, puisqu’il s’agit de reines, et princes et des princesses ou de ministres.
b) Dans l’éloge funèbre il enlève les intentions purement flatteuses et il conçoit, par conséquent, ses biographies comme de véritables «histoires d’âmes».
c) Il fait tourner le panégyrique vers une leçon de morale chrétienne; pour cela, l’oraison funèbre est transformée en un véritable sermon.
Portraits historiques et critiques
Bossuet peint le tableau de la Révolution anglaise et peint le portrait du roi Charles Ier et de Cromwell, dans l’Oraison Funèbre d’Henriette d’Angleterre, petite fille d’Henri IV; l’Oraison Funèbre de la Princesse Palatine, femme de Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, est une occasion pour peindre le tableau de la Fronde; dans l’Oraison Funèbre de Condé, il esquisse le tableau de la bataille de Rocroi et de Fribourg, avec un parallèle entre Condé e Turenne.
Ces portraits et ces narrations historiques ont beaucoup de lumière, de force et de mouvement; on y respire une atmosphère royale comme s’il s’agissait d’une épopée. De ce point de vue littéraire, les Oraisons Funèbres sont admirables, mais au point de vue historique, plus d’une fois, elles sont discutables. A force de chercher partout des manifestations de la Providence, Bossuet a ôté l’ énergie naturelle à un événement comme la bataille de Rocroi ou à un homme comme Cromwell. Les vraies causes de la Révolution d’Angleterre, que Bossuet croit toute religieuses, en réalité sont été politiques.
Cependant, il est hors discussion que Bossuet a su concilier ses devoirs d’historien avec les nécessités du panégyrique funèbre.
La recherche et la documentation
Tout d’abord il s’est documenté scrupuleusement: sur Henriette de France, il a consulté plusieurs mémoires de l’époque, il a consulté les lettres de la Princesse Palatine et les archives de la famille Condé, sans compter que très souvent, il a connu personnellement les personnages dont il parle. D’une façon très hardie, il laisse deviner, avec franchise, les démêlés conjugaux de Madame e de Monsieur, rappelle la dissipation de la Princesse Palatine et il fait allusion à la trahison de Condé. Naturellement ce ne sont que des allusions sur lesquelles il n’insiste pas trop car ces erreurs étaient très connues par les contemporains: il ne se contente que de les signaler.
C’est ainsi que en lisant les mémoires et la correspondance du défunt et en interrogeant des témoins vivants, il arrive à composer de véritables «histoires d’âmes»: Henriette d’Angleterre, fille du roi et épouse d’un prince, jeune, jolie et intelligente, avait souhaité et méritait d’être aimé, mais le duc d’Orléans ne lui donna pas ce bonheur et la jeune femme se laissa, alors, prendre par la frivolité de la Cour. Toutefois ses qualités d’esprit, très solides, la préservèrent; elle fut la protectrice de Corneille, de Molière et de Racine. Bientôt, le roi utilisa son intelligence et il lui confia, avec succès, une mission diplomatique auprès de Charles II, roi d’Angleterre ce qui attira sur elle les attentions de tous les courtisans de Versailles.
Mais, frappée par la mort, son âme se manifeste dans sa simplicité, sa noblesse et sa force. Elle apparaît donc une «héroïne chrétienne».
Les sermons et leurs thèmes
Chaque oraison funèbre de Bossuet est un véritable sermon pour lequel il emprunte des exemples à la destiné du personnage célébré qui devient, ainsi, un objet de méditation religieuse.
a) L’oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre se présente comme un sermon sur les devoirs des rois, à qui Dieu donne de grandes, mais terribles leçons et, en général sur la bonne et la mauvaise fortune, qu’il faut prendre d’une âme également chrétienne, comme l’a fait la reine, aussi admirable dans ses misères que dans le bonheur des premières années de mariage.
b) Cette oraison est aussi un véritable sermon sur la mort
c) L’oraison du prince de Condé est un sermon sur la pitié opposée à l’ambition. Condé avait d’incomparables qualité d’esprit et de cœur que Bossuet met en lumière. Mais sans la pitié, elles n’auraient servi à rien car sans pitié, le plus grand homme n’est que néant.
d) Tous ces thèmes convergent vers l’intention commune à tous les discours de Bossuet: dénoncer les excès et les dérèglements d’une société emportée par l’orgueil et lui enseigner que tout est néant et que les grands hommes sont, comme tous les autres, dans la main de Dieu; nous naissons tous voués à la mort et notre seule chance est de nous y préparer pour en faire le prélude de la vie véritable.
La mort et la vanité
L’idée de la mort, déjà présente dans le Sermon sur la Mort, caractérise les Oraisons funèbres. A ce propos, Il l’Oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre e le Sermon sur la Mort traitent le thème de même manière.
Bossuet écrit textuellement:
«Tout est néant en nous, si nous considérons les grandeurs humaines, mais tout est grandeur, si nous considérons nos devoirs envers Dieu».
Or, la princesse est le témoin vivant de cette double vérité car:
1. Tant de jeunesse, de grâce et de hautes qualités, tout cela est tombé anéanti prématurément d’un seul coup
2. Cette mort a été une grâce suprême pour la princesse que Dieu avait amenée à lui par des grâces successives; cette mort a arraché Henriette d’Angleterre aux tentations du monde qui pouvaient naître de ses qualités
Dans les Oraisons, Bossuet vante les mérites de ses héros en les faisant remonter jusqu’à Dieu, en proclamant leur vanité si la pitié ne les accompagne pas. En outre, si les héros ont connu de grandes infortunes, les Oraisons ont un caractère tragique.
Domande da interrogazione
- Quelle est l'importance des oraisons funèbres dans l'œuvre de Bossuet?
- Quelles stratégies Bossuet utilise-t-il pour composer ses oraisons funèbres?
- Comment Bossuet aborde-t-il les portraits historiques dans ses oraisons funèbres?
- Quelle est l'approche de Bossuet en matière de recherche et de documentation pour ses oraisons funèbres?
- Quel est le thème central des sermons de Bossuet dans ses oraisons funèbres?
Les oraisons funèbres sont un genre littéraire central pour Bossuet, où il doit louer les défunts sans offenser Dieu, tout en évitant de blesser les proches du défunt. Il transforme ces éloges en leçons de morale chrétienne, les rendant ainsi plus que de simples panégyriques.
Bossuet utilise plusieurs stratégies, notamment en intégrant une valeur historique à ses discours, en concevant les biographies comme des "histoires d'âmes" et en transformant les éloges en sermons moraux, évitant ainsi les flatteries purement superficielles.
Bossuet peint des portraits historiques avec force et mouvement, mais parfois au détriment de l'exactitude historique. Il cherche à montrer la Providence divine, ce qui peut altérer la perception des événements et des personnages historiques.
Bossuet se documente scrupuleusement en consultant des mémoires, des lettres et des archives, et en interrogeant des témoins vivants. Il compose ainsi des "histoires d'âmes" en révélant subtilement les défauts connus des personnages tout en soulignant leurs qualités.
Le thème central des sermons de Bossuet est la vanité des grandeurs humaines face à la mort et l'importance de se préparer à la vie véritable. Il dénonce les excès de la société et enseigne que tous, grands ou petits, sont dans la main de Dieu.