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Le théâtre religieux

Les origines. Le théâtre touche un public beaucoup plus nombreux que celui de la littérature écrite, et il est joué par des groupes d’acteurs réunis en confréries.
Il naît pour les besoins du culte.
Il s’inscrit dans l’ensemble des textes à caractère religieux sont la vocation est d’enseigneur et d’édifier, non seulement à travers la parole, mais aussi et surtout à travers l’action scénique.
Pour commenter les textes de la Bible, on a commencé à jouer en latin de courtes scènes dialoguées et puis de véritable drames sur le thème de la résurrection (Drame de Pâques) ou de la nativité (Drame de Noel), représentés à l’intérieur de l’église.

Mais le latin constitue un obstacle à la compréhension.
L’église ne pouvant y renoncer, on voit apparaître, dès le XII siècle, des drames semi–liturgiques en langue vulgaire que l’on joue hors de l’église, sur le parvis ou dans les cloîtres.
Ils s’appellent d’abord jeux, un mot qui se retrouve encore aujourd’hui dans l’expression jouer une pièce, et ensuite, surtout aux XIV et XV siècles, miracles et mystères.
Les Jeux. Le Jeu d’Adam (XII siècle), dont l’auteur est anonyme, est le plus ancien texte qui témoigne de ce genre nouveau.
Ecrit en vers en français, avec indications scéniques en latin, ce jeu raconte la vie d’Adam et Eve, la meurtre d’Abel par Caïn, l’annonce de la venue du Rédempteur.
Le Jeu de saint Nicolas (XIII siècle): écrit par Jean Baudel, au début du XIII siècle, ce drame semi-liturgique raconte l’histoire de l’évêque Nicolas et ouvre la série des Miracles.
Les Miracles. Les miracles exploitent des contes pieux, des vies de saints et mettent en scène des personnages du quotidien confrontés à d’horribles situations que la Vierge Marie vient sauver.
Le Miracle de Théophile (XIII siècle), écrit par le poète Rutebeuf, raconte l’histoire de Théophile qui a vendu son âme au diable.
Pris de remords, il s’adresse à la Vierge qui arrache à Satan le billet signé par Théophile.
Cette légende a inspiré quelques sculptures de Notre-Dame de Paris et se retrouve dans le Docteur Faustus de Christopher Marlowe, puis dans le Faust de Goethe.
Les Mystères. Les Mystères, drames beaucoup plus développés que les Miracles, se fondent essentiellement sur le récit de la Passion de Jésus Christ.
Ce sont des œuvres ambitieuses qui durent plusieurs jours, avec un nombre énorme de personnages et des mises en scène spectaculaires.
Cette tradition continue de nos jours en quelques endroits, dont le plus célèbre est Oberammergau en Bavière.
Nous connaissons surtout deux grands Mystères de la Passion:
- celui d’Arnoul Gréban, composé vers 1450, chef-d’œuvre des Mystères.
En 35000 vers et en faisant jouer 200 personnages, l’auteur raconte toute l’histoire sacrée, de la création du monde à la résurrection de Jésus Christ:
- celui de Jean Michel, écrit vers 1489 en 65000 vers et qui demandait dix journées pour être représenté.

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