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Jean Racine (1639-1699)

La vie.
Jean Racine perdit de bonne heure ses parents et fut, à seize ans, conduit à Port–Royal, où il eut pour maîtres des jansénistes et où il devint un excellent helléniste.
Ses premières tragédies le brouillent avec ses anciens maîtres; il mène alors une vie très libre, ami des grand seigneurs et des actrices.
Après dix années fécondes en chefs–d’œuvre, la foi janséniste se réveille dans son cœur; il se reconcilie avec ses anciens maîtres et se retire du théâtre à l’âge de 38 ans.
Il se marie et mène désormais une vie pieuse, consacrée surtout à l’éducation de ses enfants.

Ses œuvres.
Racine a composé onze tragédies dont neuf sont des chefs–d’œuvre: Andromaque, qui eut un triomphe pareil à celui du Cid, Britannicus, Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie, Phèdre, Esther, Athalie.

Ces deux dernières tragédies, inspirées de la Bible, furent écrites après douze ans de silence, à la prière de Mme de Maintenon qui les fit jouer au pensionnat de Saint–Cyr pour les jeunes filles pauvres de la noblesse.
Racine composa encore une amusante comédie, les Plaideurs, où il raille avec esprit les juges et les avocats.

Son théâtre.
Tandis que les héros de Corneille font constamment appel aux lumières de leur raison pour puiser l’énergie dont ils ont besoin et pour lutter contre les impulsions spontanées du cœur, les personnages de Racine, au contraire, écoutent la voix du sentiment et de la passion (triomphe de la passion sur la volonté).
L’amour, qui est la passion la plus commune, la plus dramatique et la plus variée (amour maternel, passionné, déchaîné et furieux, amour de la vertu, du pouvoir, l’amitié, la haine) aura donc une place prépondérante dans le théâtre de Racine.
Corneille est le peintre des grands caractères, et nous présence de préférence des héros et des actions extraordinaires qui sortent de l’ordre commun.
Racine est le peintre des grandes passions; il nous présente les hommes tels qu’ils sont avec leurs vices et leurs vertus et sujets aux faiblesses humaines.
Il nous offre donc le spectacle de la vie réelle, commune, le spectacle de l’humanité éternellement vraie.

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