Marcel Proust

La petite madeleine

Au début du passage il y a une introduction d’ordre général qui dit l’impossibilité pour l’intelligence de se souvenir du passe. Tout semble perdu pour toujours (le verbe est au présent). Par intelligence on entend l’analyse rationnelle, la capacité de reconstruire clairement le passe. Notre passe est cache dans quelque objet ou mieux encore dans la sensation que cet objet pourrait procurer. Si le hasard le permet on peut être en présence de cet objet nous permet d’évoquer le passe. C’est un texte argumentatif.

Premièr paragraphe

Il s’agit d’une réflexion qui introduit le sujet, nous n’avons pas conscience de ce qui va se passer. L’auteur affirme que le passé appartient au passé et que l’intelligence ne sert à rien. L’auteur a tout oublié de son enfance à Combray sauf les scènes qu’il faisait avant d’aller se coucher. Il évoque le village ou il passait ses vacances chez sa tante Léonie : il attendait sa mère pour qu’elle l’embrasse (il attendait le baiser de sa mère et ne pouvait pas s’endormir sans cela). Il faisait des caprices. Il se souvient seulement des scènes qu’il faisait avent de se coucher (il ne voulait pas que sa mère le laissait seul, il criait, il pleurait). Au moment en sa mère le laissait il commençait à pleurer. Le passé que nous avons oublié ne peut ressurgir que si un objet qu’il fait naitre réveille notre mémoire involontaire. L’épisode de la madeleine et du the en est la preuve. C’est une démonstration du mécanisme psychologique de la mémoire involontaire (ce sont le the et la petite madeleine qui font revivre à Proust un passé qu’il croyait perdu). C’est grâce au parfum et au gout d’une madeleine trempée dans du the qu’il retrouve son passé ; c’est grâce a une sensation liée à une émotion qu’il reconstruit son passe, c’est un souvenir d’un temps passé heureux que le temps avait effacé. Gout et odeur ont permis la réapparition du souvenir. Un soir d’hiver des années âpres Combray, en prenant contre son habitude une tasse de the accompagnée de petites madeleines, il est envahi d’un bonheur incompréhensible. Les conséquences psychologiques sont double, d’une part le monde cesse d’être un problème, il oublie les vicissitudes, les désastres, d’autre part Marcel se sent différent, plus fort, moins médiocre, délivré de la conscience de la mort. Il ne pense plus à la mort (il avait l’obsession de la mort). Le bonheur apporte par le souvenir est comparable à celui de l’amour qui transforme aussi le réel et l’individu lui-même. Il se pose beaucoup de questions qui restent sans réponses. On ne comprend pas ce que Proust veut démontrer. Proust avait une sensibilité anormal.

Il est adulte, il n’est plus enfant. C’est lui qu’il faut trouver la cause de la joie. A’ travers cet expression il passe de la perception du monde à la perception de lui.

C’est sa vision qui s’élargit peu a peu sans s’en rendre compte comme un cône renversé qui s’ouvre. L’épisode célèbre de la madeleine montre la supériorité de la mémoire involontaire qui restitue le passé à la suite d’une sensation fortuite. Mémoire volontaire c’est moi qui désire se souvenir de quelque chose. Mémoire involontaire c’est le souvenir qui revient à l’esprit sans que je le veuille. Proust veut montrer que, à travers les sensations, on peut revivre le passé et que le passé n’est pas mort et qu’il vit dans le présent. Le présent et le passé se fondent, il maitrise le temps (il le domine), il retrouve son immatérialité comme s’il était à l’état pur. Le temps semble s’arrêter. Le souvenir est ce qui permet de dépasser la destruction des choses et des êtres par le temps. Le souvenir permet à l’âme de retrouver son immatérialité, son essence, puisqu’il fait revivre soi même à une autre époque. La sensation de la fuite du temps est abolie et on éprouve un sentiment de plénitude absolue car retrouver ce qu’on croyait perdu par toujours procure le bonheur « les seuls vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus » écrit Proust. Mais pour Proust l’essentiel n’est pas de retrouver le passé mais de vivre en même temps la sensation présente et passée. C’est comme si le temps se fermait. L’expérience de la madeleine est une expérience d’éternité. Un gout, un parfum qui lui permettent d’abandonner la dimension spatio temporelle du temps chronologique pour rejoindre la dimension du temps de la conscience (le temps intérieur est différent pour chacun, le temps chronologiques est le même pour tous). Tous les efforts précédent pour donner un sens à ce plaisir délicieux, à cette sensation inconnue ont échoué. Il n’y a rien de volontaire, de rationnel dans l’apparition du passé « tout d’un coup et des que j’eus reconnu le gout (une sorte de illumination) aussitôt la vieille maison grise » Il retrouve les ambitions du poète symboliste, il veut déchiffrer de confuses paroles (encore une fois c’est le thème du déchiffrage qui revient).

« Et tout d’un coup le souvenir est apparu » le souvenir émerge. La phrase courte et sèche traduit le caractère soudain de l’illumination. C’est le moment où l’auteur découvre brusquement la cause de cette joie extraordinaire. La sensation est la même qu’il avait éprouvée chez sa tante Leonie qui avait l’habitude de lui apporter du the quand elle allait lui dire bonjour dans sa chambre. La vue de la madeleine dans les vitrines des pâtissiers n’avait rien évoqué en lui car son image liée à d’autres images n’avait pas réussi à atteindre la conscience. Il avait tout oublié. Il n’en subsistait rien. Ce sont les sensations les plus fortes, les plus matérielles qui résistent au temps et qui réveillent le souvenir enfoui (l’odeur et la saveur restent encore longtemps).


Cet épisode est analysé en détail et Marcel nous fait percevoir toutes les émotions ressenties alors. Le style de Proust reflète la complexité de la psychologie humaine. Les phrases sont très longues, avec de nombreuses subordonnes et des incises pour souligner la complexité de ce travail d’introspection. Un événement important pour la sensibilité du narrateur, peut être dilaté au fil des pages et disséqué dans ses moindres aspects (le moment du coucher). Il y a sans doute beaucoup de similitudes entre la vie de M Proust et la vie de Marcel, le narrateur de l’œuvre mais il ne s’agit pas de l’autobiographie de l’écrivain, en effet, Marcel Proust affirme qu’un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société.
A la recherche du temps perdu retrace l’itinéraire d’une conscience enquête de son identité. C’est à la fin de l’œuvre dans LE temps retrouve, que le narrateur découvre enfin la vérité : la vie trouve son signification grâce à l’art et le seul moyen qui puisse arrêter le temps est l’écriture. Il décide donc d’écrire une œuvre avec ses souvenirs d’enfance et matière de son livre sera sa propre vie (ses souvenirs forment un immense chantier). L’écrivain a le pouvoir d’annuler la soumission de l’homme au temps et donc en quelque sorte de vaincre la mort. C’est un moyen pour être immortel.

L’écrivain les personnifie, les compare à des âmes prêtes à aider l’homme à reconstituer son passé. A’ l’illumination succède alors l’analyse. Proust se souvient de sa tante Leonie et par extension de son enfance. Le narrateur, par la mémoire volontaire, s’efforce de reconstituer les objets et les événements du passé et il revoit tout Combray : la vieille maison grise avec la chambre de sa tante, le petit pavillon donnant sur le jardin, la ville, la place où on l’envoyait avant le déjeuner, les fleurs du jardin, les nymphéas de la Vivonne, les bonnes gens du village et tout Combray (les rues où il allait faire les courses). C’est tout un monde qui ressuscite tout en moment de l’enfance avec ses larmes, ses couleurs et ses voit.

Proust a lu les écrits du philosophe Bergson qui affirme la primauté de l’intuition sur l’intelligence. Il montre alors comment une sensation actuelle (une odeur, un gout) peut faire remonter à la surface de la conscience les émotions d’autrefois. Après le rappel involontaire du souvenir, tout un travail d’analyse permet la reconstruction du passé. L’intuition est prioritaire

Marcel Proust 1871- 1922

Il appartient à la riche bourgeoisie. Proust ne veut pas raconter une histoire mais explorer un espace intérieur, pas d’aventures, pas d’intrigue mais la découverte des êtres et des choses (beaucoup de pages d’analyse et de réflexion, les phrases plutôt longues suggèrent le rythme de la méditation). Proust est obsédé par l’idée du temps qui passe et qui transforme tout mais le temps et les années ne sont pas perdus mais ils sont en nous. Notre passé est une richesse intime formée de ce que nous avons vecu. C’est la mémoire involontaire qui fait récupérer le passé. La mémoire volontaire ou de l’intelligence fait un travail intellectuel, la mémoire involontaire, déclenchée par des sensations ouvre sur un monde inconnu que l’homme croyait perdu par toujours. Cette recherche du temps est quelque chose de personnel puisque chacun de nous a un espace intérieur, fait de ce qu’il a vécu. Le passé récupère qui joint le présent permet à l’homme d’atteindre le bonheur. Le temps de la Recherche n’est pas le temps chronologique mais un temps intérieur ressuscité par la mémoire involontaire. On ne peut pas parler de roman réaliste étant donné que la vraie réalité selon Proust est intérieure.

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