gaiabox di gaiabox
Ominide 3551 punti

Le viennois Leo Spitzer (1887-1960) a analysé dans l’un de ses essais (Rabelais et les «rabelaisants», 1960) certaines créations linguistiques de Rabelais. Il est convaincu que quiconque a fortement pensé et senti les choses a introduit des innovations dans sa propre langue, celle-ci se révélant toujours insuffisante face aux exigences d’une personnalité créatrice. Parmi tous les néologismes créés par l’auteur de Gargantua, Spitzer s’attache au terme «pantagruélisme», nom donné par Rabelais à sa philosophie stoïque et épicurienne à la fois. Ce n’est pas seulement une explosion d’une authentique gaieté mais un bond de la réalité dans l’inconnu.
Une forme avec le suffixe -isme évoque une école de pensée sérieuse (aristotélisme, platonisme, etc.); la racine Pantagruel- correspond au nom du géant imaginaire, amuseur, philosophe et roi patriarcal. La juxtaposition du suffixe savant et du nom de ce personnage bizarre façonne une identité entre la réalité et un monde «autre», la philosophie d’un être de fiction.

Les contemporains de Rabelais, devant ce mot nouveau, ont d’abord dû se sentir ébranlés, puis rassurés: lorsqu’on glisse vers l’inconnu, on s’inquiète mais quand on découvre la bizarrerie innocente du résultat final, on ne peut qu’éprouver une sensation de soulagement. Le rire, la réaction physiologique que suscite ce genre de situation, dérive du soulagement qui suit un moment d’incertitude.

Hai bisogno di aiuto in Letteratura Francese?
Trova il tuo insegnante su Skuola.net | Ripetizioni
Registrati via email