Ominide 1603 punti

Marguerite de Navarre (1492-1549)

La vie.
Fille de Charles D’Orléans et de Louise de Savoie, Marguerite d’Angoulême, sœur de François I, reçut une éducation humaniste solide, et bien vite, détestant les superstitions et l’hypocrisie de l’église, elle se laisse gagner par les idées nouvelles évangélistes, qui lui valurent une condamnation de la Sorbonne.
Très attachée à son frère, elle eut un rôle politique et mondain de premier plan: elle négocia la paix avec Charles Quint après que François I fut emprisonné; elle régna sur la vie de la cour, protégeant les artistes et les intellectuels.
D’abord mariée au duc d’Alençon qu’elle n’aimait pas et qui mourut en 1525, elle épousa ensuite Henri d’Albret, roi de Navarre, et s’éloigna de la cour, surtout après l’Affaire des placards, se retirent sur ses terres de Navarre, où elle accueillit toujours les écrivains compromis pour leurs idées.

Son œuvre.
Parallèlement, Marguerite de Navarre se consacre à la littérature, et elle a beaucoup écrit, souvent des textes inspirés par son sens religieux profond, voire son mysticisme: Miroir de l’âme pêcheresse (1531), Oraison de l’âme fidèle, Discours de l’âme et de la chair.
Elle publie aussi des poèmes, rassemblés sous le titre: les Marguerites de la Marguerite des princesses, où s’affirment sa spontanéité et sa sincérité.
Mais l’œuvre avec laquelle elle est parvenue jusqu’à nous est l’Heptaméron.
Si elle s’est inspirée de Boccace, elle ne l’a pas plagié, et ses nouvelles sont le fruit de son imagination.
Certes, les récites manquent peut-être de pittoresque, mais d’une part, ils offrent une peinture intéressante de la société de l’époque, d’autre part, ils laissent transparaître les convictions morales et religieuses de leur auteur.
Le choix même du monastère et le désir de raconter des faits vrai impliquent une retenue, une gravité et une sécheresse stylistique que n’ont pas les récits du Décaméron.
On y a pourtant vu des contes libertins, sans doute parce que certains récits décrivent par exemple les mœurs corrompues des moines, mais c’est là une erreur, car l’intention de Marguerite de Navarre, qui s’exprime dans les commentaires faits autour de chaque nouvelle, est plutôt de dénoncer ce qu’elle condamne moralement.

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