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«Le seul bruit de mon nom renverse les murailles…»

Descendant du soldat fanfaron de la comédie latine, le capitan est aussi le personnage de la Commedia dell’Arte célèbre pour sa vantardise poltronne: il passe son temps à exalter ses prétendus exploits militaires et galants. Corneille l’a «inventé exprès pour faire rire». Matamore – celui qui tue les maures, les musulmans espagnols – est un nom sacré en Espagne. Il s’agit bien ici de se moquer d’un pays qui est non seulement très à la mode mais dont les troupes menacent les frontières; pour Corneille, raison d’État oblige. Scarron (cf. p. 170) n’a pas oublié, une quinzaine d’années plus tard, cette caricature hautement burlesque de l’héroïsme exalté, parodie baroque du héros tragique, dont les prouesses se limitent à des explosions verbales placées sous le signe de l’excès, de l’hyperbole. Le langage recherché de ce masque gascon n’interdit pas d’y voir une préfiguration grotesque du héros cornélien.

De l’institution des enfants

Le chapitre 26 du premier livre des Essais est l’un des rares à avoir été expressément sollicités: Diane de Foix, comtesse de Gurson, est enceinte et elle demande à l’auteur de lui donner des conseils sur l’éducation de futur gentilhomme qu’elle souhaite donner à son fils. C’est l’occasion pour Montaigne de formuler son opinion sur un thème très en vogue à l’époque. Une cinquantaine d’années après la «Lettre de Gargantua à Pantagruel» (cf. p. 138), les techniques éducatives ne peuvent qu’avoir évolué; Montaigne a d’ailleurs lui-même bénéficié de ces nouvelles méthodes.
On notera au passage l’art de la citation chez Montaigne qui, pour accréditer la nécessité du dialogue entre l’élève et son maître – une conception absolument novatrice – s’appuie sur de prestigieux exemples venus de l’Antiquité.

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