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La Chanson de geste

Définition. On appelle chanson de geste un poème épique narrant les exploits guerriers de héros devenus légendaires.
Le mot geste vient du latin gesta qui signifie «ce qui a été accompli, les actions».
Ces textes écrits en vers étaient chantés, chacun sur une mélodie propre et accompagnés d’un instrument musical, la vielle.

Origines. Les origines des chansons de geste sont très controversées.
Certes, à la fin de la Chanson de Roland on voit apparaître le nom d’un certain Turold: «çi falt (finit) la geste que Turoldus declinet».
Mais de qui s’agit-il au juste: du trouvère, du jongleur ou du copiste?
Deux thèses s’affrontent; la thèse traditionnaliste met au premier plan la création collective: le texte serait le fruit d’une longue élaboration et d’infinis remaniements de la part des jongleurs en contact étroit avec le public.

Mais d’autres pensent que l’unité de composition de certains textes, comme la Chanson de Roland, n’aurait pu être atteinte si elle ne résultait du travail d’un seul créateur, à partir de sources populaires préexistantes.
C’est la thèse individualiste.
Personne n’est en mesure de donner une réponse définitive.

La matière de France. Les érudits du Moyen âge distinguaient trois «matières», c’est-à-dire trois sources d’inspiration: la matière antique, qui reprend et traduit en roman les textes antiques (histoire d’Alexandre, d’Enée, de Troie), la matière de France centrée sur l’histoire des Carolingiens, et la matière de Bretagne, constituée de mythes et légendes celtiques.
La chanson de geste française développe la matière de France, tandis que le roman courtois s’appuie largement sur la matière de Bretagne.
Il existe de nombreuses chanson de geste que l’on classe par «cycles»: le cycle de Charlemagne où s’affirme le pouvoir impérial, le cycle de Garin de Monglane qui témoigne de l’affaiblissement du pouvoir royal, et le cycle des Barons révoltés dont le motif est la rébellion contre le pouvoir établi et où l’image de l’empereur est de plus en plus ternie.

Le style d’une chanson de geste. Chantée par les jongleurs, la chanson de geste présente les caractéristiques de l’oral.

Elle se définit par la laisse, strophe de longueur variable constituant une unité thématique, et par l’assonance (répétition d’une même voyelle en fin de vers) qui accentue l’aspect mélodique du texte et rend le poème facile à mémoriser pour le jongleur et facile à comprendre pour le public.
La segmentation du récit permet de suspendre la narration, de la reprendre à un autre moment, de répéter plusieurs fois un même épisode avec quelques variantes, ce qui permet au public de mieux mémoriser l’histoire.
Enfin tout au long du texte, on retrouve certaines formules identiques qui forment comme un refrain, et qui devaient soulager la mémoire du jongleur.

Le héros épique. Dans tout poème épique, le héros est au cœur de la narration et il reflète une certaine conception de l’homme.
Le chevalier est bien sûr un homme, avec ses besoins, ses idées, ses faiblesses, mais c’est u homme exemplaire.
On l’appelle le «preux».
Attention! Au Moyen âge, on ne se soucie pas de vraisemblance psychologique.
On ne trouve pas d’analyse détaillée des états d’âme.
On s’intéresse avant tout aux actions.

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