Habilis 1829 punti

Charles Baudelaire

La vie
L’enfant chasse du «vert paradis des amours enfantines».
Né a Paris en 1822 Charles Baudelaire est le fils d’un homme déjà âgé, disciple des philosophes du XVIII siècle, amateur de peinture. Mais Charles n’avait que six ans lorsque celui-ci meurt, et sa jeune mère se remarie moins de deux ans après avec un militaire, le commandant Aupick – qui deviendra général, ambassadeur et sénateur sous l’Empire. Charles ressent ce mariage comme une trahison, se sent chassé du «vert paradis des amours enfantines» (Les Fleurs du mal, Moesta et errabunda). Au cours des années, sa rancune ne fait que croître.
Le remariage de Madame Baudelaire a fait de Charles un «étranger»: le premier des Petits Poèmes en prose, intitulé L’Etranger, dessine clairement les traits de celui qui, chassé de sa patrie, «ignore sous quelle latitude elle est située», n’a «ni père, ni mère, ni sœur, ni frère», hait l’or et n’aime que «les nuages qui passent ... là-bas».

La révolté est mis en pension d’abord à Lyon, puis au Lycée Louis-le-Grand à Paris, d’où il sera renvoyé en 1839, sans que cela l’empêche d’être reçu au baccalauréat.

La publication des Fleurs du mal (1857)
C’est en 1845 que Baudelaire commence à publier ses poèmes dans différentes revues. Par la suite, les publications continuent régulièrement. Le recueil Les fleurs du mal sera donc un ensemble longuement mûri, lorsqu’il paraîtra en 1857. Cette publication soulèvera l’indignation du monde bien-pensant. Accusé d’outrager la morale publique, Baudelaire est condamné en correctionnelle, et le jugement du tribunal – le même qui, au début de la même année, avait jugé Flaubert pour Madame Bovary – ordonne la suppression de six pièces du recueil. Baudelaire s’empresse de remplacer les poèmes incriminés et publie, dès 1861, une seconde édition enrichie de 35 poésies nouvelles.

L’exil en Belgique
En 1863, déjà miné par la maladie, Baudelaire s’exile en Belgique. Il compte y «récupérer beaucoup d’argent» (lettre à sa mère du 3 mars 1863), en faisant une tournée de conférences et en trouvant un éditeur pour ses œuvres complètes.

La maladie et la mort
Baudelaire avait contracté la syphilis dès ses années de Bohème. Sa vie de désordres avait, par ailleurs, affaibli son organisme. Gravement malade déjà en 1851, il connaît à partir de 1860 des troubles invalidants et douloureux; pour en dissimuler les «graves inconvénients», il a recours à l’opium et au haschich, dont l’usage ne fait que le diminuer encore. En mars 1866, à Namur, il est abattu par une crise, qui le laisse à demi-paralysé et aphasique.

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