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Vision du monde et organisation de la société médiévale

La société des hommes, dans la pensée médiévale, est une institution divine dont l’organisation est, de ce faite, immuable.
On y distingue trois ordres investis chacun d’une mission bien spécifique:
- les oratores: les religieux qui prient pour tous;
- les bellatores: les aristocrates qui combattent et protègent les autres, ils ne travaillent pas;
- les laboratores: ceux qui travaillent pour tous: paysans et bourgeois.
Main en fait, chaque classe présente une grande diversité de conditions.
Entre un riche classe suzerain et un chevalier sans terre, entre un évêque et un prêtre de campagne, entre un commerçant et un pauvre serf, les intérêts ne sont pas toujours communs.
Une telle conception d’un monde hiérarchisé et clos a justifié en fait le pouvoir d’une minorité d’aristocrates et d’hommes d’église dont les valeurs ont été présentées, en particulier à travers la littérature, comme universelles.

La feodalité.
Origines. Si l’on est faible et que les temps sont difficiles, que faire sinon se mettre sous la protection des plus forts?
Ce réflexe naturel qui a poussé les petits seigneurs à chercher un appui auprès des plus puissants est à l’origine du système féodal.
La féodalité s’impose au XI siècle; elle constitue une étape capitale dans la vie et les mentalités de l’Europe occidentale.
Hommage et lien vassalique. Au cours de la cérémonie de l’hommage, le vassal agenouillé place ses mains dans celles de son suzerain.
Celui–ci le relève, l’embrasse, et le vassal, qui devient ainsi l’homme de son seigneur, prononce le serment de fidélité.
Les deux hommes sont unis dès lors par le lien vassalique qui implique des devoirs réciproques.
Le suzeraine protège son vassal et l’entretient.
Il lui donne un fief, c’est-à-dire des terres dont il lui laisse la jouissance.
En échange, le vassal doit aide militaire et conseil à son seigneur.
Progressivement, le fief se transmet par voie héréditaire et certains vassaux deviennent ainsi de plus en plus puissants.
Un système pyramidal. Le système féodal est un système pyramidal.

Un seigneur peut être à la fois suzerain et vassal d’un seigneur plus puissant.
Au sommet, il y a le roi auquel tous prêtent serment.
Socialement les seigneurs assurent la protection des autres membres de la société, ils ne travaillent pas, mais vivent du travail de leurs serfs.

Le clergé.
Prêtres et évêques. C’est autour de la paroisse et de l’évêché que s’organise la vie religieuse.
Dans les campagnes, la paroisse est le point de ralliement des communautés.
Le prêtre partage le plus souvent des milieux aisés, jouissant d’un grand prestige et de beaucoup d’argent, réside à la ville.
La cathédrale est son église, et il dirige l’école ecclésiastique.
Les clercs. Ce sont les intellectuels du Moyen âge, les savants et les lettrés.
Non seulement ils transmettent la culture chrétienne, mais ils étudient les autres grecs – en particulier Aristote – et latins, à la sauvegarde desquels ils contribuent.
Bien sûr, l’interprétation qu’ils en font est modelée sur leur façon de penser; mais il est donc faux de croire que le Moyen âge se soit entièrement coupé des racines antiques.
Les clercs jouent un rôle fondamental dans la création littéraire de l’époque.
Les moines. Le Moyen âge se caractérise par l’extraordinaire développement de la vie monastique dont les abbayes et les monastères disséminés dans toute l’Europe témoignent encore aujourd’hui.
Les moines ont d’abord été d’infatigables missionnaires et ils ont grandement contribué à l’évangélisation de l’Europe.

Ils ont entrepris la mise en valeur de leurs terres; certaines abbayes étaient du reste très riches.
En France, l’abbaye bénédictine de Cluny, fondée en 910 en Bourgogne, fut jusqu’à la construction de Saint Pierre de Rome l’église la plus grande de la chrétienté.
A la fin du XI siècle, elle avait essaimé partout en Europe: on comptait 884 monastères en France et 228 dans les autres pays européens.
Le XIII siècle voit la naissance d’ordres nouveaux: les cisterciens, ordres mendiants disciples de Francesco d’Assisi, prêchent un idéal de pauvreté, en réaction contre la richesse et l’amour de la vie des Bénédictins.
Abbé de Citeaux en Bourgogne (d’où le nom cistercien), Saint Bernard prêche une réforme de la règle.
Il fonde l’abbaye de Clairvaux en 1115, et 694 monastères y sont affiliés en 1300, tous retirés loin des lieux habités.
L’ordre des dominicains par contre a pour tâche l’évangélisation et la conversion des hérétiques.

Le peuple.
La paysannerie. Les plus misérables, au Moyen âge, ce sont les paysans, ou serfs.
En échange de la protection du château où ils courent se réfugier en cas de danger, ils sont attachés au service de leur seigneur.
Chaque année, ils abandonnent au propriétaire des sols la plus grosse partie de la récolte, et ils doivent payer de lourds impôts au seigneur et au clergé (la dîme = 1/10 des revenus au clergé).

Par manque de techniques et d’outillages, les récoltes sont maigres; de plus elles sont souvent détruites par les guerres.
La bourgeoise. Avec le développement des bourgs, c’est–à–dire des villes, s’affirme au XIII siècle une nouvelle classe: la bourgeoise.
Elle regroupe des artisans, des négociants, des financiers.
Ceux–ci imposent bientôt une éthique nouvelle, à l’opposé des valeurs de l’aristocratie et du clergé: ils affirment la supériorité de la vie active, la volonté de s’enrichir et de gagner du pouvoir par le travail et l’ingéniosité.

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